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  • Instauré depuis 1962 par les États-Unis après un échec de l’invasion de l’île, le blocus non seulement pourrit la vie des Cubains mais constitue également une véritable insulte à la communauté internationale, laquelle, dans sa quasi totalité, le condamne chaque année à l’ONU depuis près de trente ans. Cette négation de la souveraineté des États et cette sanctification du droit d’ingérence par l’asphyxie constitue l’un des plus grands scandales de tous les temps. Dans le carnet de bord qu’il tient tout en réalisant ses interviews sur le blocus, Viktor Dedaj s’exprime sans langue de bois, décrit cette île qui n’est ni un paradis ni un enfer mais respirerait tellement mieux sans les pressions de son puissant voisin. Il montre aussi comment  résiste, tout en donnant au monde entier l’exemple de la dignité et du courage.

    Viktor Dedaj est né dans un pays détruit par l’OTAN (la Yougoslavie), de parents originaires d’un pays occupé par une énorme base militaire US (l’Albanie), et détient la nationalité d’un pays totalement asservi aux États-Unis et qui leur sert de base d’écoute militaire (l’Australie). Il a longtemps exercé le métier de « consultant en systèmes de gestion financière informatiques » pour des multinationales anglo-américaines ‒ un poste d’observation privilégié ‒ et est tombé tout petit dans la marmite de la solidarité avec l’Amérique latine et se définit comme un « observateur engagé de la marche du monde ». Fondateur du comité département du Rhône de l’Association France- Amérique Latine, il suivra de près et s’engagera dans la solidarité avec la révolution sandiniste au Nicaragua de 1979 à 1990. En 1992, il « redécouvre » Cuba et le blocus US et lance le premier bulletin quotidien d’information sur Cuba (Cuba Solidarity Project) qu’il animera jusqu’en 2007 avant de devenir co-administrateur du site d’information alternative Le Grand Soir. Co-auteur de Cuba est une île (avec Danielle Bleitrach, éd. Temps des Cerises, 2004), Les États-Unis de Mal Empire (avec Danielle Bleitrach, Maxime Vivas et Jacques-François Bonaldi, éd. Aden, 2005) et 200 citations pour comprendre le monde passé, présent et à venir (avec Maxime Vivas, éd. La Brochure). Producteur exécutif du disque de rock Pour Cuba (Mano Negra, Têtes Raides… FAL et Australie Musique, 1993) et du documentaire Revolucionarios (de Jérôme Delbalat, Art’Mur Prod & Le Grand Soir , 2016).

    https://editionsdelga.fr/produit/cuba-sous-embargo/

     

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  • Avec son nouveau  scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants l’historienne Annie Lacroix-Riz apporte un éclairage décisif sur l’ du mouvement syndical et le rôle joué par les impérialismes dominants pour fracturer les syndicats et affaiblir les travailleurs.

    Dans cet entretien exclusif avec Fadi Kassem, Annie Lacroix-Riz explique les raisons de ce livre et abordent les leçons à en tirer pour les travailleurs qui veulent faire gagner leur revendication.
    100 ans après le Congrès de Tours qui avaient vu les travailleurs prendre leur indépendance et lancer ainsi avec le Parti Communiste et la  les plus belles victoires du mouvement ouvrier, une vidéo à faire largement circuler en la partageant autour de vous, tout particulièrement auprès de tous les militants syndicaux.

    commander le livre – éditions Delga

    https://editionsdelga.fr/produit/scissions-syndicales-reformisme-et-imperialismes-dominants/

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  • BD Jon Lee Anderson et José Hernandez-Librairie Vuibert (2020), 

    439p, 25€50


     

    Les figures mythiques des luttes du XX° siècle ne sont pas si nombreuses. Aux côtés des combattants des droits civiques et des militants de la non violence, Ernesto « Che » Guevara est à ranger dans la catégorie des révolutionnaires tout ce qu’il y a de plus classiques: issu de la bourgeoisie argentine il est conquis aux principes du combat anti-impérialiste pan-américain dans une époque où la CIA continue la politique du Big stick dans son pré-carré de l’Amérique latine. Avec des dictatures très accommodantes avec le grand capital états-unien, le grand voyage à moto à travers le continent que Guevara fait pendant ses études de médecine le convainc d’une chose: il convient de mener des politiques d’émancipation déterminées et une résistance militaire s’il le faut. Ce contexte n’est pas relaté par le journaliste Jon Lee Anderson qui vise dans cette adaptation illustrée de sa biographie du Che à nous faire entrer dans la psyché du personnage au travers de toute une série de lettres à sa famille, à ses amis (dont Fidel Castro) ou de discours. Ce portrait passionnant est celui d’un romantique qui a placé ses idéaux avant toute autres considération, pour la vie humaine, pour la famille, pour ses proches ou pour lui-même. C’est en cela que Che Guevara apparaît dans cette galerie de héros de la libération des peuples comme sans doute le plus fascinant car le plus héroïque, comme un véritable personnage de fiction dont l’idéalisme fut sans doute inadapté à une époque dure, injuste, violente et immorale.

    Jon Lee Anderson est une pointure du journalisme, reporter dans de nombreux pays d’Amérique latine pour les plus prestigieux journaux américains il s’est spécialisé dans les biographies de figures du marxisme, dont l’ouvrage de référence sur le Che, paru en 1997 et qui est adapté ici par son auteur avec son collègue mexicain, dessinateur de presse. Il faudrait lire le livre pour pouvoir le comparer à son adaptation. Le parti-pris de l’auteur est ici d’adopter une approche très neutre, s’extrayant des débats sur cette figure controversée de Guevara (de par les reconstructions historiques que le mythe mondial a produit comme par les actions radicales prises lors de la guérilla qui mena au renversement de la dictature cubaine).

    https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH488/che_pages-int-2-bd721.jpg?1601631261

     On aborde l’ouvrage avec le jeune Ernesto tout jeune et brillant diplômé de médecine qui part pour le Guatemala où le président socialiste démocratiquement élu est renversé par un coup d’Etat soutenu par la CIA. Cet évènement est présenté comme une bascule politique dans l’esprit de cet homme déjà hautement déterminé. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour être conquis par le très charismatique Fidel Castro et embarqué avec « douze hommes » vers l’île de Cuba. Anderson ne commente pas particulièrement les propos et actions du Che hormis par des notes de bas de page permettant de resituer la vérité, comme le fait que les « barbudos » débarquèrent plutôt à soixante, faisant comprendre que Guevara a très tôt saisi le rôle de la légende (mieux vaut être douze apôtres que soixante types en treillis…) pour parvenir à renverser des systèmes!

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    Les évènements historiques connus sont traités assez rapidement comme des passages obligés (la crise des missiles,…) mais l’on sent que les auteurs s’intéressent plus aux réflexions, cheminement intérieur de l’homme plutôt qu’à la Geste déjà bien documentée. Une des grandes découvertes pour moi aura été les relations de Guevara avec ses deux femmes et ses enfants issus de deux relations. Là encore, si Anderson ne commente pas son attitude pour le moins distante, il fait insinue que le révolutionnaire n’a jamais cherché une relation matrimoniale. Sa détermination pour la révolution placée au-dessus de tout le reste justifierait le fait que ces enfants lui aient été imposés et José Hernandez ne nous montre pratiquement aucune séquence en famille.

    Le dessinateur mexicain propose dans cette somme très volumineuse dont la lenteur participe à la compréhension du personnage des planches impressionnantes de réalisme et qualités graphiques. Dans un style assez figé (comme tous les dessinateurs hyper-réalistes) on sent les heures passées à analyser le faciès de l’argentin, de son visage enfantin à ses différents et saisissants maquillages utilisés lors de ses pérégrinations entre Afrique et Bolivie pour échapper à ses adversaires. Répondant à un scénario faisant la part belle à l’épistolaire et aux documents d’époque il propose un portrait de presque cinq-cent pages, presque une psychanalyse graphique d’un idéaliste qui a donné littéralement son existence à une cause à laquelle bien peu croyaient.

    Moins médiatisée que l’autre monumental documentaire sur la Bombe paru cette année, Che, une vie révolutionnaire est un magnifique pavé graphique qui exige du temps mais est l’occasion idéale pour pénétrer au cœur du mythe et comprendre ce qu’était et ce qui mouvait Che Guevara.

     

    Blondin

    Bibliothécaire dévoreur de BD et des imaginaires graphiques.

    Source: https://etagereimaginaire.wordpress.com/

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  • À Saint-Avold, en Lorraine, des Gilets jaunes se sont mobilisés dès le 17 novembre 2018, et ont tenu jusqu’à présent. Un livre, qu’ils ont écrit collectivement, retrace leur mouvement.

    En Lorraine, ancienne région minière, région industrielle où les entreprises ferment les unes après les autres, des Gilets jaunes se sont mobilisés dès le 17 novembre 2018. Et ils sont restés, sur les ronds-points, dans les cabanes. Le livre Le rond-point de Saint-Avold. Nous, Gilets jaunes, nos 600 premiers jours, publié aux éditions Syllepse, retrace cette mobilisation, en textes et en photos, à travers les voix de ceux qui l’ont vécue. Fait de de photos et de souvenirs rassemblés, le livre a été écrit à une centaine de mains. C’est le « nous » qui s’y exprime. Extraits.

    « Le rond-point de Saint-Avold, c’est nous, les écrivains en herbe. C’est notre histoire que nous allons raconter plus en détails pour que vous nous connaissiez mieux. Nous en sommes fiers, de l’appellation GJ de Saint-Avold, frappée d’un sigle GJ en forme de cœur que nous portons sur nos dos et sur nos drapeaux. Nous avons été de tous les combats depuis le 17 novembre, levant les barrières des péages, bloquant la circulation, apportant notre soutien aux grévistes de la région, allant le samedi dans toutes les grandes villes de Lorraine, montant régulièrement à Paris en plusieurs bus pour les grands actes nationaux. Nous avons connu des hauts et des bas. Mais nous sommes toujours là. Nous avons tenu notre cabane jusqu’à fin mai 2020 et puis on nous l’a enlevée. Mais nous sommes toujours sur le rond-point. Et, alors que l’épidémie de corona a révélé encore plus visiblement tout ce contre quoi nous luttions – inégalités sociales criantes, pauvreté, isolement social, autoritarisme du gouvernement, abandon des services publics et sous-financement du système de santé, nous espérons que notre combat sera rejoint par de nombreux autres. Et nous affirmons, encore une fois : « On lâche rien ! »

    (…)

    Lundi 19 novembre 2018

    Dès le matin, quelques GJ attendent l’ouverture du magasin. Ils récupèrent le matériel entreposé et le barnum est vite monté. Nous installons deux tables pour y stocker les dons reçus la veille ainsi que les croissants que certains ont apportés pour bien commencer la journée. Quelqu’un propose d’apporter une vieille machine à café dont il ne se sert plus.
    – « Je vais la chercher à la maison !
    – OK, lui répond-on, mais où va-t-on la brancher ?
    – J’ai une idée, s’exclame l’un des gars. Apporte
    aussi une rallonge ! »
    Ni une ni deux, le gars part demander au marchand de sapins installé non loin de là si nous pouvons brancher une rallonge sur son coffret de chantier. Le marchand accepte et nous lui offrons café et croissant pour le remercier. Hourra ! Le branchement fonctionne, nous avons désormais l’électricité. Nous branchons deux machines à café et installons un néon pour l’après-midi, car la nuit vient déjà assez vite. Nous pensons aussi à nous procurer les murs de toile du barnum pour nous mettre à l’abri de la pluie. Toute la journée, on nous offre des denrées : du pain, des conserves, des saucisses et des merguez. Le tas déborde. Demain, il faudrait prévoir un barbecue, ou improviser quelque chose de ce genre. Toute la journée aussi, les voitures nous saluent d’un Klaxon. Souvent, elles arborent un gilet jaune sur le tableau de bord. Les camionneurs s’en donnent à cœur joie, certains font deux fois le tour du rond-point avant de prendre la bonne direction. Contents, nous répondons d’un signe de la main à chaque coup de Klaxon. Nous restons jusqu’à la tombée de la nuit, puis nous partons après avoir à nouveau rangé tout le matos dans le magasin.

    Mardi 20 novembre 2018

    Toujours les mêmes têtes qui s’affairent à mettre le QG en place. Ce matin, les automobilistes se déchaînent sur le Klaxon. On se demande ce qui leur prend… C’est là qu’on remarque sur le grand écran publicitaire une inscription géante : « Un Klaxon = un soutien ». On ne sait pas qui a fait le coup, mais ça a de la gueule (merci, inconnu !). Le groupe prend forme. Une tasse de café à la main, on se parle, on apprend à mieux se connaître, d’où on vient, ce qu’on fait, ce qui nous amène ici. Il y a là les deux Christian, Raymond, Rose, Philippe, Juan, Willy, JB, Angelo, Sylvie, Antoine, Julien, Hasan, Nadia, Tony, Ali, Bébel, Véro, Paolo, Laurent, Guy, Raph, Bernard, Martin, Jojo la Flèche et d’autres encore… Mais pas facile au bout de trois jours de retenir tous les noms…

    Jeudi 22 novembre 2018

    Il fait de plus en plus froid. Nous avons besoin d’un abri plus solide car on ne sait pas combien de temps tout cela durera. Nous faisons un appel au don de palettes, outils, clous – tout pour construire un petit coin en dur. Tout va très vite, le matériel s’amoncelle et arrive de tous les côtés. Nous construisons donc une annexe en palettes contre le barnum. Sur le rond-point, la routine s’installe peu à peu. Parmi les seniors, Bernard et Freddy déambulent lentement mais sûrement sur les passages piétons pour freiner la circulation. Parmi les plus jeunes, JB vient à vélo tous les matins à 9 h 30 se placer sur la bretelle d’accès au Cora pour filtrer la circulation. À chaque fois que des flics s’approchent trop près, il les filme avec son smartphone en récitant l’article du code pénal l’autorisant à le faire. Puis, à 17 heures, il enfourche son vélo et s’en va. On s’active, ça bouge de tous les côtés. La baraque avance bien, des planches arrivent par dizaines.

    (…)

    Samedi 1er décembre 2018

    8 h 30 du matin, rond-point du Cora à Saint-Avold. Déjà près de 300 GJ sont en train de bloquer le rond-point. Comme depuis quinze jours, chaque nouvel arrivant fait le tour pour saluer tous ceux qui sont déjà sur place. Christian P., délégué syndical de l’entreprise Neuhauser (gros groupe de l’agroalimentaire), est venu avec une petite délégation pour distribuer aux gens des viennoiseries qu’ils produisent, mais surtout pour sensibiliser les GJ à la crise que traversent les salariés du groupe. Neuhauser, dont le patron est millionnaire, symbolise bien les dégâts que fait à notre industrie le capitalisme actuel. Le groupe a bénéficié de plus de 80 millions d’euros d’aides du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) pour moderniser les locaux et soi-disant favoriser les embauches. Or, il s’apprête à licencier 185 personnes. Le personnel est en grève et, ce matin, les grévistes font signer une pétition aux GJ présents. Bien sûr, tout le monde y va de sa signature. Sandra, accompagnée d’Émile, un cameraman amateur, en profite pour faire un reportage sur l’affaire Neuhauser pour le quotidien local, le Républicain lorrain. De plus en plus de GJ arrivent. Parmi eux, il y a des nouveaux, comme Thomas, un jeune professeur des écoles, et François, un mineur à la retraite.

    Après un café et une part de gâteau, nous nous regroupons au centre du rond-point. Et, vers 11 heures, sidérés, nous voyons se dessiner à l’horizon des gyrophares bleus… Première visite des FDO dans notre petite ville. Six estafettes, une trentaine de CRS. Ils prennent position sur toute la largeur de la route. Personne ne comprend le pourquoi de la manœuvre… Première sommation. Ils nous demandent de quitter le rond-point. Personne ne bouge. Deuxième sommation. Et, tout de suite, gazage intensif. Dans un premier temps, les gens, qui ne s’attendaient pas à ça, se mettent à l’abri. Mais, très vite, ils ripostent avec tout ce qui peut servir de projectiles. La bataille venait de commencer. Un bras de fer se joue. Le rond-point disparaît doucement dans un nuage de gaz et de fumée noire de pneus brûlés. Nous sentons que nous sommes les plus forts ; les CRS reculent.

    C’est alors que nous subissons pour la première fois, dans notre petite ville, des tirs de LBD. L’un des GJ est grièvement blessé à la mâchoire. Pendant que quelques personnes, en particulier Angelo, s’occupent de lui, tentant d’arrêter les saignements et de faire un bandage, le reste des troupes repousse les indésirables hors de la ville. Grâce aux téléphones portables, les nouvelles vont très vite. D’un côté, nous apprenons ce qui se passe à l’Arc de Triomphe, de l’autre, nous alertons toute la région sur les événements qui se produisent chez nous. L’atmosphère est fébrile. On sent qu’on vit un moment historique, que le rapport de force est en train de basculer.

    Gilets jaunes face à la justice : 3000 condamnations prononcées, 1000 peines de prison ferme

    L’après-midi, des GJ arrivent de toutes parts, coloriant en jaune le bitume gris de la chaussée. Un hélicoptère de la Gendarmerie tourne au-dessus de nos têtes. Tout le monde prend place sur notre rond-point. Avec la venue de toute cette foule, une catégorie nouvelle pour notre rond-point fait également son apparition. Des personnes arrivent qui sont équipées de boucliers rudimentaires et arborent une barre de fer à la ceinture. Elles érigent des barricades, font des stocks de canettes de bières vides et de pavés démontés sur le rond-point. Des groupes de GJ se forment, et ça discute vivement partout. 17 h 30. La cavalerie débarque avec l’arrivée de la nuit, cette fois-ci, en surnombre. Il n’est plus question désormais de sommation, les ordres sont clairs : il faut dégager le rond-point. Tout est fait pour y arriver le plus vite possible : grenades, gaz, tirs de LBD, tout y passe. Très vite, les gens reculent. Mais certains restent tétanisés.

    Gérard remarque une personne âgée en difficulté. Il décide de se porter à son secours et de l’aider à évacuer. Mais il s’effondre tout à coup, sans savoir dans un premier temps qu’il vient d’être touché par une balle de LBD qui l’a blessé au flanc. Quand il essaie de se relever, une deuxième balle percute sa jambe. Plus qu’une chose à faire : surmonter la douleur, dégager la personne en difficulté et rejoindre la voiture pour aller se faire soigner. Les FDO repoussent tout le monde vers le centre-ville. Christian, qui est resté en première ligne pour voir l’évolution des choses, constate qu’il ne reste plus beaucoup de GJ mais que la chaussée est occupée par les gens venus armés et déterminés à en découdre. L’affrontement devenant de plus en plus violent, il décide à son tour de quitter les lieux. Beaucoup d’entre nous constatent par les médias les dégâts qu’a subis le centre-ville : vitrines brisées, incendies de poubelles… Certains sont choqués, d’autres comprennent et pensent qu’il faut user de tous les moyens dans la lutte que nous menons.

    Certains se demandent s’il s’agit de l’œuvre de casseurs, d’autres suspectent une opération des FDO pour discréditer le mouvement, un troisième groupe présume que les GJ aussi peuvent être enragés. L’affaire fait débat. En tout cas, le lendemain, on n’entend plus parler que de la casse dans le centre-ville, rien sur notre légitime colère et nos revendications. Nous comprenons que le gouvernement nous a déclaré la guerre et que nous allons devoir nous organiser pour inverser le rapport de forces. »

                                 Nous, Gilets jaunes, nos premiers 600 jours, Syllepses, octobre 2020.                            Le livre peut être commandé depuis le site de l’éditeur.Photo de une : Un rassemblement de Gilets le 17 novembre 2018 / Wikimédia Commons.

     

    source: https://www.bastamag.net/

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  • 20.00

    Table des matières :

    Préface, 5

    La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites, 15

    La scission de 1947 (1943-1947), 55

    Autour d’Irving Brown : l’AFL, le Free Trade Union Committee, le département d’État et la scission syndicale française (1944-1947), 97

    Recension de l’ouvrage de Peter Weiler : British Labor and the Cold War, 157

    La reconstitution du syndicalisme ouest-allemand : stratégies occidentales et triomphe américain 1945-1949, 175

    1947-1948 : Du Kominform au coup de Prague : L’Occident eut-il peur des Soviets et du communisme?, 269


     Présentation du livre

    L’unité a assuré, depuis la fondation du syndicalisme, la puissance et la cohésion de la classe ouvrière et des salariés. Elle fut la cible permanente du patronat national et de l’État à son service, secondés, à l’ère impérialiste, par leurs homologues allemands et américains : ces derniers, investisseurs de capitaux à l’étranger, avaient aussi besoin d’écraser les salaires, donc d’abattre la résistance ouvrière en en divisant les forces. Le camp patronal, unifié lui, trouva d’emblée d’efficaces alliés contre les syndicalistes combatifs dans les éléments réformistes, majoritaires dans les pays du « Centre » impérialiste. L’intervention étrangère se développa pendant les années 1930, où le Reich allemand organisa, y compris parmi les salariés, la non-résistance à son invasion puis à son exploitation directe des ressources des pays visés. Elle se déploya pendant la guerre, où les États-Unis préparèrent leur installation définitive en Europe en tout domaine, sphère syndicale incluse. L’immixtion de cette super-puissance, considérablement renforcée par le deuxième conflit mondial, emprunta partout des formes similaires. Une gigantesque corruption du syndicalisme « modéré » en assura précocement puis en consolida, via les dollars du Plan Marshall, le succès : témoignent ici d’une situation générale les exemples français, britannique et allemand. Avant-coureur d’une tutelle globale, le contrôle du syndicalisme, dans chaque pays et au niveau international, constituait la condition sine qua non d’une exploitation maximale des salariés européens. La transformation spectaculaire en loups- garous, via la propagande et la répression de « Guerre froide », des militants les plus combatifs, fort appréciés des salariés, surtout depuis la guerre, facilita et accéléra la réalisation de cet objectif.


     l'auteur

    Annie LACROIX-RIZ, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot, a notamment publié : Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2016, Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016, et La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950, Paris, Armand Colin, 2019.


    Comment commander ce livre aux Editions DELGA  ?

    Tous les livres ou DVD présentés sur le site  des Editions DELGA ( https://editionsdelga.fr/ ) peuvent être commandés dans toutes les librairies.Le libraire peut effectuer la commande par DILICOM.
     
    Si vous n’avez pas de libraire près de chez vous, vous pouvez également nous envoyer un chèque à :
    Editions Delga
    38 rue Dunois
    75013 Paris
    N’oubliez pas d’indiquer votre adresse et le ou les titre(s) souhaité(s) !

     
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  • Présentation de" Lumières communes" https://editionsdelga.fr/produit/lumi... Georges GASTAUD, Philosophe et professeur de philosophie Mercredi 14 OCTOBRE 2020 Séminaire ‘Marx au XXIe siècle’ année 2020-2021

     


     
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  • L’enquête d’Inès Léraud (ci-dessus) et Pierre Van Hove, publiée sous forme de bande dessinée, a été vendue à plus de 75 000 exemplaires. L’enquête d’Inès Léraud (ci-dessus) et Pierre Van Hove, publiée sous forme de bande dessinée, a été vendue à plus de 75 000 exemplaires. 

    Elle restitue une rigoureuse et longue (trois ans) enquête de terrain sur ce qu’il convient désormais de reconnaître comme le scandale de la pollution des algues vertes : la bande dessinée intitulée « Algues vertes - L’histoire interdite » écrite par Inès Léraud et illustrée par Pierre Van Hove (Ed. Delcourt-06.2019-163 pages, vendue à plus de 75 000 exemplaires) a été récompensée du Prix du journalisme 2020 décerné par les Assises du journalisme, à Tours, le jeudi 1er octobre. La reconnaissance d’un travail d’investigation qui jette d’abord une lumière crue sur la gestion politique d’événements dramatiques. Elle parvient, surtout, à percer les silences sédimentés par la constellation d’intérêts autour de l’agro-industrie bretonne.

    PHOTO CLAUDE PRIGENT / LE TELEGRAMME. MORLAIX (29) : Bande dessinee , BD , algues vertes , de Ines Leraud et Pierre Van Hove , Algues vertes l'histoire interdite .L’enquête d’Inès Léraud (ci-dessus) et Pierre Van Hove, publiée sous forme de bande dessinée, a été vendue à plus de 75 000 exemplaires.
     
     
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  • Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de Sauvegarde du Trégor, est l’auteur du livre Algues vertes, un scandale d’État.Yves-Marie Le Lay, fondateur et président de Sauvegarde du Trégor, est l’auteur du livre Algues vertes, un scandale d’État.

    Il est l’un des plus offensifs opposants à leur prolifération. Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor, dont le siège est à Locquirec (Finistère), signe Algues vertes, un scandale d’État. Nitrates et gaz toxiques, 50 ans de déni… Entretien.

    Cela a fait cinquante ans que les marées vertes souillent les plages bretonnes. En faisant ce livre, vous avez voulu dénoncer « le déni » ambiant.

    Celui des pouvoirs publics et d’élus qui, face à ce scandale sanitaire, ont nié le danger qu’elles représentent pour la santé. Et ce, pour préserver le modèle agricole dominant, qui est précisément à l’origine de cette pollution. J’ai mené une enquête et ai pris le problème à la racine pour expliquer comment les algues vertes sont arrivées sur le territoire et comment elles ont été traitées. En tant qu’historien et philosophe, j’ai confronté documents et synthèses à ma propre expérience du combattant que je suis au sein de l’association Sauvegarde du Trégor.

    Vous évoquez une grande faille des mouvements écolos, quelle est-elle ?

    Nous sommes passés à côté de cette toxicité révélée au grand jour en 2008 lors de la mort d’un chien à Hillion. Il faudra attendre 2009 pour qu’elles soient reconnues toxiques et présentant un risque grave pour la santé. Pourtant, le mélange de soufre et d’hydrogène est toujours présent sur les plages et dans les estuaires, dans le sable et la vase. La vie est dissoute dans le jus noir putride issu de la décomposition des algues. Dernière victime en date, un jogger terrassé en 2016 et il a fallu que des associations dénoncent les mensonges de l’administration et des élus pour que cette intoxication mortelle soit révélée.

    Selon vous, les différents plans algues vertes sont de véritables impostures … ?

    Si l’idée des plans algues vertes est bonne, elle est une parfaite collusion entre les pouvoirs publics et le monde agricole. Certes, les taux des nitrates ont baissé mais ils sont toujours trop élevés : ils se situent autour de 20 mg/litre, alors que nous savons qu’ils devraient tomber à 5, voire 10 mg/l pour qu’on puisse espérer enrayer ce phénomène des marées vertes.

    Algues vertes, un scandale d’État. Nitrates et gaz toxiques, 50 ans de déni, aux éditions Libre & Solidaire, 300 pages. Prix : 18 €.

     

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Véritable tache aveugle de l’Europe au niveau social, le système bélarusse est un héritage direct de l’URSS : 80% de l’industrie y est la propriété de l’État et ses bénéfices sont reversés dans des caisses publiques et redistribués pour l’investissement et pour un système de protection social intégral (enseignement et santé gratuits, transports et logements subventionnés, retraite à 60 ans pour les hommes et 55 pour les femmes, etc.). Il n’y a quasiment pas de chômage (1 %), l’économie y est dynamique (croissance proche de 8 % par an entre 2000 et 2010), la main d’oeuvre hautement qualifiée, la distribution des revenus égalitaire, les oligarques inexistants, ce qui a conduit tout naturellement Loukachenko à être réélu avec des résultats d’environ 80 % à chaque élection depuis vingt-cinq ans. Cela amenait Chávez, en visite à Minsk en 2006, à dire que le Bélarus (ex-Biélorussie) offrait « un modèle de développement social que nous [Venezuela] n’avons fait que commencer à instaurer chez nous ».

    Ce paradigme représente donc un défi sérieux et une menace pour l’ordre néolibéral occidental hégémonique. Ce dernier s’emploie donc à rendre suspect le processus électoral en déversant dans le grand nombre de chaînes de télévision « indépendantes » qu’il sponsorise au Bélarus un flux d’émissions hostiles au gouvernement. L’ingérence des ambassades des nations occidentales et de leur créature l’OSCE dans le processus démocratique bélarusse est par ailleurs permanent, à travers toutes formes de déstabilisations imaginables brandissant le mythe de l’absence des libertés au Bélarus, comme par exemple lors de la contre-révolution colorée « révolutionnaires en jeans » (sic) en 2006 qui fit d’ailleurs un flop… Et pour cause : tout au contraire il n’y a pas de demandeur d’asile politique bélarusse recensé dans les classements des organismes internationaux oeuvrant pour les droits de l’homme, pas d’hémorragie migratoire vers l’extérieur du pays, des référendums très fréquents, un accès universel à toutes les chaînes de télévision étrangères, etc. 

    Stewart Parker réunit ici de manière extrêmement salutaire, en un seul endroit, l’information nécessaire pour une évaluation authentique du Bélarus, débarrassée des contre-vérités médiatiques habituelles.

    Préface de Bruno Drweski

    Prix public 22 euros

    Éditions DELGA - contact: https://editionsdelga.fr/produit/la-derniere-republique-sovietique/

     

    source: http://www.communcommune.com/2020/08/la-bielorussie-la-derniere-republique-sovietique.html

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