• Les programmes des candidats à la présidentielle passés au crible (IC.fr-13/04/2017)

    Notre camarade , jeune et dynamique philosophe, publie avec Clément Brault -journaliste – un d’analyse des programmes des différents candidats à la présidentielle. Un qui utile qui n’a pu être publié plus tôt, les Hamon et autre Macron rechignant à dévoiler leur «  » . Par peur d’inquiéter les français ?

    Revenu universel d’existence, fusion des régimes de retraites, fermeture de frontières, souverainisme… En campagne, les candidats aux élections présidentielles redoublent de propositions, de concepts et d’analyses. Toutes ne sont pas claires, toutes ne disent pas exactement ce qu’elles coûtent ou ce qu’elles recouvrent comme idéologie.
    Chaque candidat multiplie les effets d’annonce pour séduire les électeurs. La plupart du temps en sachant que les promesses ne pourront être tenues. C’est une forme d’imposture. Les différences entres les candidats sont souvent minimes, de simple degré, et pas réellement d’idéologies distinctes. C’est une autre forme de l’imposture.
    Ce livre tente de dépasser cela en analysant les discours et les programmes des cinq principaux candidats à la présidentielle de 2017, pour tenter de dépasser les éléments de langage et décrypter les conséquences des mesures proposées.

    Auteurs

    Clément Brault est journaliste indépendant, ayant collaboré avec les rédactions du Monde, de La Croix et de Ouest-France.
    Loïc Chaigneau est philosophe et physiopathe.
    Il est notamment l’auteur du Nouveau fascisme (2013) et de Faucons rouges (2016).

    Commander le livre : http://www.leseditionsdunet.com/essai/4887-l-imposture-presidentielle-clement-brault-et-loic-chaigneau-9782312051413.html

    source: initiative-communiste.fr

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    Dans vos librairies le 5 janvier, « la fin de l’Union Européenne » est le produit de la collaboration de Coralie Delaume, essayiste et blogueuse, et de David Cayla, maître de conférence en économie à l’université d’Angers et membre des économistes atterrés, que nous avions par ailleurs interviewé sur le protectionnisme. Les deux auteurs nous livrent une analyse à la fois lucide et brillante de ce qu’est devenue l’Union Européenne.

    Tout y est. L’ouvrage est découpé en six chapitres très aboutis. Le premier fait l’analyse des référendums qui ont eu lieu les dernières années, la façon dont les peuples disent de plus en plus « Non » à l’Union Européenne, et les conséquences importantes que ces scrutins auront. Le second revient sur la crise grecque et les leçons qu’on peut tirer de l’échec d’Alexis Tsipras. Dans ce chapitre, la façon dont la BCE a montré toute son « indépendance » orientée et sa puissance de feu contre la Grèce est magistralement décrite. Le troisième expose, à partir de l’histoire longue et de façon accessible aux néophytes de l’économie, la manière dont le marché unique européen et l’euro ont produit de la divergence entre les économies européennes, au profit du bassin rhénan.

    Ensuite, le quatrième montre admirablement comment « Europe » et « dumping » sont devenus de parfaits synonymes à partir du cas du Luxembourg, paradis fiscal au cœur de l’Europe, et de l’Irlande, qui est devenu le grand centre d’accueil des multinationales qui veulent échapper à l’impôt. Le chapitre suivant nous offre une analyse intéressante de la façon dont les institutions supranationales se sont mutuellement renforcées, notamment grâce à la CJUE, cette institution méconnue qui pratique un coup d’État juridique permanent. Enfin, le dernier chapitre s’attarde sur le rôle de l’Allemagne, la manière dont elle est devenue aujourd’hui quasi-omnipotente en Europe, et la situation de servitude volontaire dans laquelle nous nous sommes plongés vis à vis d’elle.

    La fin de l'Union Européenne.
    La fin de l’Union Européenne.

    L’ouvrage est donc très complet sans être trop long pour autant. L’analyse est précise et concise. Ce livre-bilan est néanmoins implacable. L’Union Européenne est aujourd’hui dans une impasse, car elle a voulu se construire comme une fédération à partir de méthodes impérialistes, c’est-à-dire à la fois en dépit des peuples et contre eux. Le « fédéralisme furtif » des technocrates de Bruxelles, celui des conciliabules et des couloirs du Berlaymont, est arrivé à ses limites. Le processus de détricotage a d’ores et déjà commencé avec la suspension de facto de Schengen et de la convention de Dublin, la révolte croissante des pays de la périphérie vis à vis du cœur économique de l’UE, le chaos de la crise migratoire, la prise de distance des pays scandinaves, ou encore le Brexit, qui met fin au mythe de l’irréversibilité de la construction européenne. Bref, la fin de l’Union Européenne a bel et bien commencé.

    A l’appui, de nombreuses citations de responsables européens totalement désabusés. Ainsi, les plus farouches européens auraient déjà renoncé à leur projet : « L’Europe comme nous l’avions imaginée, c’est fini. L’Europe que nous avions voulue, nous ne la connaîtrons jamais. Et les États-Unis d’Europe, il ne faut plus y penser » a déclaré François Hollande, le 23 juillet 2016. Le malade est donc en état de mort clinique. Nos deux auteurs nous invitent à le débrancher afin d’arrêter les frais.

    Cette lecture a été tout à fait stimulante. Nous avons beaucoup apprécié la finesse de l’analyse et sa maturité. L’aspect juridique, que nous maitrisons encore assez mal, est très bien développé. On se rend compte, à l’exposé des méthodes de la CJUE, que c’est bien ici que se jouent les principes de la démocratie. David Cayla, pour sa part, montre très bien comment l’Union Européenne s’est construite en mettant les peuples en concurrence, en fragilisant les modèles sociaux, et en détruisant petit à petit toutes les protections des travailleurs.

    Nous aurions néanmoins aimé que les auteurs mettent davantage en avant des propositions concrètes. Car nous croyons précisément, ainsi que le montre cet ouvrage, que la mort de l’Union Européenne est déjà actée dans les têtes, et qu’à l’heure du démarrage de la campagne présidentielle, il est temps de mettre en débat des propositions et une vision politique pour sortir de cette orniè réellement réfléchir, et qui vous apportera un matériau riche et dense, tout en étare. On nous rétorquera surement que cela ne relève pas de la responsabilité des auteurs de ce ouvrage

    Hormis cette petite réserve, c’est un livre qui vous ferant agréable à lire. Le moment est venu que nous sortions des interminables débats identitaires pour enfin mettre les grands sujets sur la table, ceux qui engagent le destin de la nation tout entière. A lire absolument donc. Courrez chez votre libraire – vous pouvez aussi faire trois clicks et aller sur Amazon, pour les plus feignants .

    Lenny  Benbara

    source: lvsl.fr

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  • Une fresque représentant son portrait vient d'être réalisée dans le quartier de Pontanézen pour nous rappeler l'action de cette militante féministe.

    par martine desaintjan

    Dessin : Blequin.Dessin : Blequin.

    Par Benoît Quinquis

    Nathalie Duval naît à Brest le 24 août 1826. Elle est scolarisée, fait rare pour l’époque, jusqu’à douze ans. Dans le café tenu par sa mère, les conversations des ouvriers assurent sa première formation politique et sociale. Elle se marie en 1845 à un ouvrier dont elle prend le nom, Le Mel, avec qui elle aura trois enfants et apprendra le métier de relieuse. En 1849, le couple obtient la gérance d’une librairie à Quimper, mais le commerce est déclaré en faillite en 1861 : la famille part alors à Paris.

    Déléguée syndicale

    Nathalie Le Mel y rencontre Eugène Varlin ; avec son soutien, elle joue un rôle de plus en plus important au sein du mouvement ouvrier. Elle lutte pour l’égalité des salaires entre les ouvriers relieurs hommes et femmes, adhère à la 1re Internationale, est élue déléguée syndicale puis participe à la création de l’épicerie coopérative La Ménagère et du restaurant ouvrier La Marmite. Son engagement déplaît à son mari qui sombre dans l’alcool : elle le quitte en 1868 sans divorcer.

    Avec Louise Michel

    Pendant la Commune, elle monte sur les barricades aux côtés de Louise Michel avec qui elle crée le Comité de l’union des femmes pour la défense de Paris. Après la défaite, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie avec Louise Michel.

    En 1879, Nathalie Le Mel est graciée. Revenue en métropole, elle continue à lutter malgré ses forces déclinantes. Elle perd peu à peu la vue mais s’accroche à son logement des Gobelins jusqu’à 89 ans : elle se retire dans un hospice où elle meurt, en 1921, sans avoir renié aucun de ses combats.

    (photo Brest métropole).La fresque réalisée rue Sisley par Guy Denning et Shoof (photo Brest métropole).

    Une exposition et une fresque

    Une bande dessinée va être consacrée à Nathalie Le Mel (parution en mars 2017), dessinée par Laetitia Rouxel sur un scénario de Roland Michon. Une exposition montre les 20 premières planches racontant la partie brestoise de sa vie.
    > Jusqu’au 2 avril à la médiathèque de l’Europe, 9 rue Sisley à Brest.

    Par ailleurs, une fresque monumentale représentant son portrait a été réalisée par Guy Denning et Shoof, sur les murs de la Cafèt’ d’Ahmed, 3 rue Sisley.

     
    source:cotebrest.fr
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  • BD. L'ultime assaut ****  (LT.fr-11/11/2016)Jacques Tardi poursuit inlassablement sa dénonciation des guerres à travers celle de 14-18. Dans les tranchées de la bataille de la Somme, il décrit l’enfer des brancardiers chargés de récupérer les blessés et les morts travers les lignes de défense. C’est un véritable voyage au cœur de l’enfer et de l’inhumain, qui permet à Tardi de crier sa haine des guerres et de tous ceux qui contribuent à faire monter au front de la chair à canon. En prime, l’album est enrichi d’un CD de chansons et de textes antimilitaristes de Dominique Grange, la compagne de Tardi et de Tardi lui-même. Un album choc, à la limite du soutenable, mais indispensable et toujours d’actualité.
     
    Tardi, Casterman, 23 €

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    ll y a 100 ans, publiait une de ses plus fameuses études, L’,stade suprême du capitalisme.

    , philosophe, montre la stupéfiante actualité de l’analyse léniniste de l’impérialisme.

    Georges Gastaud est notamment l’auteur de Marxisme et Universalisme, Classes, Nations, Humanité paru aux Editions Delga (2015) et de Lumières Communes, cours de philosophie laique à la lumières du matérialisme dialectique. A paraitre aux Editions Delga

    Le 13 octobre 2016

    UN LIVRE DE LÉNINE QUI PARLE D’AUJOURD’HUI… et de DEMAIN.

     

    Écrite en 1916 voici cent ans, l’étude magistrale de Lénine intitulée L’impérialisme, stade suprême de capitalisme, reste d’une confondante actualité.

    I – VOIR CLAIR SUR LES CARTELS « HYPER-IMPÉRIALISTES »

    En la relisant, on est frappé par la hauteur de vue de l’auteur qui, joignant la théorie à la pratique, conduira bientôt au succès la première Révolution prolétarienne de l’histoire menée à l’échelle d’un grand pays. Dans cette brochure parue en pleine guerre mondiale, Lénine ne se contente pas de réfuter les conceptions dites « hyper-impérialistes » chères aux ténors de la Deuxième Internationale (les Kautsky et autre Hilferding prédisaient sans rire l’extinction prochaine des guerres impérialistes alors même que les ouvriers socialistes, russes, allemands, anglais, s’entretuaient dans les tranchées à l’appel de leurs partis respectifs !). Ces théoriciens faillis masquaient ainsi sous leurs « savantissimes discours » les contradictions explosives inhérentes auxquelles le stade monopoliste du mode de production capitaliste était parvenu depuis la fin du 19ème siècle. Lénine prouve l’inverse : le capitalisme moderne ne marche aucunement vers le dépassement spontané de ses contradictions par la mise en place d’un ou de plusieurs Etats capitalistes mondiaux ou continentaux qui, sans cesser d’exploiter les travailleurs, deviendraient du moins des facteurs de paix et d’équilibre géopolitique. Au contraire, dit Lénine, les contradictions inter-impérialistes ne peuvent que s’aiguiser ; sur ce point, Lénine s’accordait avec Jean Jaurès quand ce dernier, assassiné deux ans plus tôt par un partisan de la guerre impérialiste, déclarait que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée orageuse porte la foudre ».

    En effet, les accords de type « hyper-impérialiste » par lesquels les États capitalistes peuvent transitoirement s’associer, ne peuvent être que fort instables. Le capitalisme est en effet marqué par un développement inégal, foncièrement dissonant et déséquilibré, des prétendus « États associés » ; de par leur nature exploiteuse, ceux-ci ne peuvent avoir pour but la paix et la coopération internationale mais seulement la prédation à l’intérieur et à l’extérieur de leurs propres frontières : aggravation de l’exploitation des travailleurs par les bourgeoisies coalisées de différents pays, pillage des États plus faibles par les États plus forts (naïfs partisans de l’ « Europe sociale », cela ne vous rappelle-t-il rien ?), menaces militaires, ingérence et invasion (au nom, bien entendu, de la « civilisation »…) contre les États ne faisant pas partie du cartel… Car le but incessant de ces ententes interétatiques transitoires entre mafias capitalistes est le repartage incessant du monde dans le cadre de la chasse au profit maximal, de l’exportation des capitaux et de l’extorsion coloniale (devenu aujourd’hui pour l’essentiel, néocoloniale) du surprofit arraché aux travailleurs de l’ « Orient » surexploités (aujourd’hui, du Sud et de l’Est), tandis que les forces productives des pays dominants sont démantelées et/ou dévoyées vers le « parasitisme économique ». Passant tantôt par de tels cartels « hyper-impérialistes » et tantôt par des phases de confrontation interétatique directe, l’objectif de classe des oligarchies impérialistes est toujours d’augmenter la rentabilité des investissements capitalistes et aussi, bénéfice secondaire non négligeable pour les bourgeoisies dominantes, de se donner les moyens d’« acheter » et de « corrompre » les couches supérieures du salariat, de les « institutionnaliser » dirait-on aujourd’hui. En particulier, le surprofit impérialiste arrachés aux travailleurs des pays dominés sert à acheter (souvent de façon indirecte…) une partie des dirigeants syndicaux et des élus « socialistes » des pays dominants. De la sorte, l’oligarchie et l’État impérialiste qui la sert s’assure de neutraliser le mouvement ouvrier organisé : une part du « tribut » impérialiste est ainsi prélevée par les capitalistes sur leur butin néocolonial sert à « arroser » de mille façons ce que Lénine appelle sarcastiquement les « lieutenants ouvriers de la classe capitaliste » : telle est, plus que jamais de nos jours, la base matérielle, « social-impérialiste » (c’est-à-dire « socialiste en paroles, impérialiste en pratique ») de l’émergence contre-révolutionnaire  d’une social-démocratie qui vire ordinairement du rouge au jaune en passant par le rose vif, comme c’est aujourd’hui plus que la tentation de nombre de « chiens de Berger » affiliés à la C.E.S. pro-Maastricht…

    En conséquence, Lénine montre que la lutte anti-impérialiste coïncide avec la lutte anti-opportuniste et anti-révisionniste puisque cette gangrène du mouvement prolétarien s’ancre dans les prébendes impérialistes accordées à certains états-majors dont la mission peu ragoûtante et pseudo- « internationaliste » est de paralyser les organisations ouvrières en soutenant les cartels impérialistes présentés comme potentiellement « sociaux, démocratiques et pacifiques ».

    II – DÉMASQUER LE MOT D’ORDRE des ÉTATS-UNIS « SOCIALISTES » D’EUROPE

    On ne s’étonnera pas que dans ces conditions, Lénine ait vu juste à la même époque sur la signification de classe réelle des « États-Unis d’Europe », ou de leur variante trotskiste, les États-Unis « socialistes » d’Europe ». S’agissant de ce mot d’ordre, au sens propre hyper-impérialiste, Lénine affirmait alors qu’il est, soit inutile en tant qu’il fait double emploi avec l’idée de la révolution socialiste (de l’entente entre pays déjà socialistes ou en transition vers le socialisme), soit utopique (la paix, voire l’Entente cordiale durable est impossible entre pays capitalistes, chacun cherche nécessairement à dévorer l’autre), soit franchement réactionnaire car tournée contre l’ensemble des classes ouvrières et aussi contre les nations plus faibles. A la même époque Lénine polémique d’ailleurs contre Rosa Luxemburg qui, certes, se situe du même côté que les bolchéviks russes dans l’affrontement avec les tenants de la guerre impérialiste en cours, mais qui niait le droit des nations (notamment de sa Pologne natale) à disposer d’elles-mêmes : au contraire, à l’époque impérialiste où le développement des pays est de plus en plus inégal et sauvage, il faut défendre le droit des nations à former leur propre État, à parler leur propre langue (voire à se détacher de la Russie des soviets pour former leur propre République, quitte à se fédérer ensuite à la Russie rouge dans le cadre d’une Fédération soviétique…). Si bien qu’il faut élargir le mot d’ordre classique de Marx et d’Engels « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » en associant la révolution socialiste à la lutte pour l’émancipation nationale des peuples asservis : « prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde, unissez-vous » deviendra ainsi le mot d’ordre de la naissante Internationale communiste (le « Komintern » en acronyme russe).

    Il faut donc être du dernier aveuglement, comme le sont aujourd’hui, non seulement les sociaux-eurocrates du PS européen, mais les dirigeants « eurocommunistes » à la Pierre Laurent (président du Parti de la Gauche Européenne), de la Confédération Européenne des Syndicats, les partis euro-trotskistes (Lutte ouvrière et le NPA notamment) et même quelques pseudo- « marxistes-léninistes » qui confondent systématiquement nationalisme et défense de la souveraineté nationale, pour ne pas voir que les prévisions de Lénine se sont totalement, voire sinistrement vérifiées et qu’en conséquence, l’allégeance au principe, sinon aux modalités, de la « construction » européenne, ne saurait conduire qu’à la vassalisation totale du mouvement ouvrier par la grande bourgeoisie « européenne ». Déjà la prétendue « Société des nations » consécutive à la Première Guerre Mondiale n’a rien fait d’autre en son temps qu’organiser le repartage du monde entre États impérialistes vainqueurs (cf les Accords Sykes-Picot qui explosent aujourd’hui au nez des habitants du Proche-Orient), mais elle a elle-même implosé quand la corde s’est de nouveau tendue entre l’impérialisme allemand et le bloc anglo-américain. Quant à la « construction » européenne, conçue initialement par Monnet et Schuman comme un glacis anti-soviétique arrimé à l’OTAN et fortement accélérée par la contre-révolution à l’Est, elle est de plus en plus identifiée par les OUVRIERS d’Europe à ce qu’elle est vraiment : une prison des peuples broyant les acquis sociaux, écrasant les souverainetés nationales, dressant l’Europe atlantique contre la Russie, associée aux USA pour mater les peuples de l’est et du Sud, rendant sa noire splendeur à l’impérialisme allemand. Pendant que les USA construisent l’accord « transpacifique » avec le Japon revanchard et avec la dictature sud-coréenne pour encercler les BRICS, notamment la Chine et la Russie, déstabiliser l’Alternative bolivarienne des Amériques, marginaliser les langues et les cultures nationales faisant obstacle au « libre » échange tel que l’entend l’Oncle Sam, et de préparer le troisième repartage mondial des pôles impérialistes « transatlantiques » et « trans-« pacifiques ». Si bien que voir dans la « construction » européenne un espace possible pour l’ « Europe sociale, démocratique et pacifique », comme le fait le PS européen et ses satellites eurocommunistes et euro-trotskistes, nier la possibilité pour chaque pays de tenter de sortir de l’UE/OTAN sans attendre les autres afin d’engager la construction du socialisme, cela ne peut être, au sens précis du mot, qu’une vaste duperie social-maastrichtienne, même si de tels slogans douçâtres se dissimulent ordinairement derrière des tirades « antinationalistes ». Alors que l’UE/OTAN est engagée dans une escalade militaire anti-russe qui peut déraper à tout moment vers la guerre mondiale, les camarades, y compris ceux qui militent au sein du PCF-PGE, doivent voir à temps que ce parti n’est plus seulement, tel qu’il est devenu à l’issue de quarante années de révisionnisme (l’abandon de la dictature du prolétariat date déjà de 1976 !), un parti réformiste, mais – nonobstant sa petite taille électorale – un instrument important du social-impérialisme à l’intérieur du mouvement ouvrier politique et syndical.

    III – TENDANCES EXTERMINISTES DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN

    Mais au-delà des aspects stratégiques du texte de Lénine, il faut saisir sa portée historico-anthropologique.

    Car Lénine ne se contente jamais d’analyser le « moment actuel » ; comme Hegel, Marx ou Engels l’ont fait avant lui, Lénine situe toujours les grandes étapes de la conjoncture dans l’histoire générale de l’humanité. Et en effet, à bien relire cette brochure, on est frappé par la haute conscience qu’a Lénine du danger majeur que le stade impérialiste du capitalisme est devenu une menace terrible de régression absolue, voire de destruction pour l’humanité. Alors que la première phase du capitalisme analysée par Marx/Engels était encore partiellement et momentanément progressiste (comme le montre sans fard le Manifeste du Parti communiste), le capitalisme « monopoliste, agonisant et pourrissant » qu’est l’impérialisme se caractérise en effet par la « réaction sur toute la ligne ». Lénine avait déjà sous les yeux les dévastations terrifiantes de la Première Guerre Mondiale, qui a littéralement broyé une génération d’humains. La seconde Guerre mondiale a comme on le sait, provoqué la mort de plus de cinquante millions de personnes et elle s’est conclue par la promesse de faire pire encore à l’avenir qu’a signifié de fait la destruction gratuite de villes allemandes désarmées comme Dresde ou l’arasement nucléaire, sans la moindre nécessité militaire, si ce n’est de menacer l’URSS, d’Hiroshima et de Nagazaki. Le tout fut suivi d’une effarante course aux armements dont toutes les étapes furent initiées par les États-Unis (l’URSS n’a cessé de proposer la destruction de TOUT l’arsenal nucléaire et d’annoncer que pour sa part, elle renonçait à jamais à user de l’arme atomique la première, ce que n’ont jamais accepté pour eux-mêmes les USA). Cette course aux armements imposée et menée « au bord de l’abîme » a largement plombé la construction du socialisme dans l’URSS (à peine sortie de l’invasion hitlérienne qui l’avait privée de 30 millions de citoyens et de la majorité masculine de la jeune génération, l’URSS a dû consacrer une part majeure de ses ressources à contenir militairement les USA bien plus riches, qui sortirent économiquement renforcés de la guerre). Dans les années 1980, c’est carrément l’humanité que les impérialistes occidentaux conduits par Reagan et Thatcher, suivis par Mitterrand, justifiés par les pseudo-philosophes BHL et A. Glucksmann, ont pris pour otage de leur chantage nucléaire antisoviétique. « Les dirigeants soviétiques doivent savoir, expliquait crûment Nixon dans Le mythe de la paixqu’ils auront la guerre s’ils ne changent pas leur système communiste ». La réaction allemande renchérissait : « plutôt morts que rouges ! » (lieber tot, als rot !)tandis que Reagan vaticinait en public à moult reprises sur l’imminence d’Harmaghédon (= la bataille biblique qui précède le Jugement dernier et où l’ « Empire du Mal » et des « mécréants » est vaincu par les amis de Dieu). Quant à Glucksmann, il allait jusqu’à écrire sans ciller en pleine crise des euromissiles (1984) : « je préfère succomber avec mon enfant que j’aime à l’occasion d’un échange de tirs nucléaires plutôt que l’imaginer entraîné vers quelque Sibérie planétaire ». Il est stupéfiant que tant d’analystes, y compris marxiste, du processus contre-révolutionnaire à l’Est, ne disent mot de cet énorme chantage exterministe qui a pesé sur l’URSS post-brejnévienne (en difficultés, nul ne le nie) et qui a grandement aidé le social-pacifiste, ou plutôt, néo-munichois et capitulard de Gorbatchev, a prendre le pouvoir dans le PCUS. Comme il est proprement scandaleux que tant de « théoriciens » actuels, y compris parmi ceux qui se disent marxistes, voire léninistes, ne prennent pas en compte ce caractère exterministe du capitalisme impérialiste contemporain qui est désormais devenu si réactionnaire, pas seulement sur le plan militaire, mais sur les plans économique, politique (fascisation, réduction de la démocratie bourgeoise à une pure mascarade de « choix » pipés), environnemental, culturel (marchandisation galopante de tous les aspects de la vie sociale), qu’il est incompatible à moyen, voire à court terme, avec la survie de la civilisation, voire avec la survie de l’humanité tout court. Tout cela, Fidel Castro l’a bien vu, et cela transparaît encore dans l’ultime discours du vieux sage de la Révolution devant le congrès du PC de Cuba. Tout cela, Engels, puis Rosa l’avaient annoncé quand ils posaient la question : « socialisme ou barbarie ? » au décours du 19ème siècle et à l’orée du 20ème siècle.

    En conséquence de quoi la présente critique de l’exterminisme impérialiste justifie plus que jamais un slogan cubain qui, outre son appel flamboyant à l’héroïsme révolutionnaire, comporte également une signification à la fois patriotique et anti-exterministe : « Patria o muerte, socialismo o morir ». Car si l’humanité ne parvient pas à liquider le capitalisme et à construire le socialisme au 21ème siècle, alors oui, le capitalisme étant parvenu à son stade suprême, l’impérialisme, et ce dernier s’étant lui-même quintessencié en exterminisme (en un immense « après moi le déluge », tout-profit maximal über alles !), le capitalisme aura tôt fait d’éliminer l’humanité, et peut-être la vie, de la surface du globe…

    IV – COMBATTRE LE PARASITISME FINANCIER, DEFENDRE LES FORCES PRODUCTIVES

    Un dernier mot pour souligner la modernité économique fulgurante du texte de Lénine qui fait paraître très « petit-bras » quantité d’ouvrages « modernes » déplorant sans l’expliquer le « déclin » des pays occidentaux « industrialisés », France incluse. S’appuyant notamment sur les études de l’économiste anglais Hobson, Lénine montre que dans la plupart des pays occidentaux, l’économie productive –industrie, agriculture… – sera de plus en plus éliminée au profit d’activités parasitaires, financières. En outre, comme l’écrivait Hobson, « de larges parties de l’Europe occidentale ressembleront à la Suisse ou à la Riviera », si bien que « les principales branches de production disparaîtront », que la « production matérielle affluera de l’Orient comme un tribut », que seules seront maintenues en Occident les activités industrielles stratégiques permettant la domination néocoloniale et qu’émergera pour finir un « énorme danger de parasitisme occidental ». Les habitants des pays impérialistes, y compris une masse de prolétaires déclassés et transformés en plèbe, risquent alors de se heurter durement à l’humanité productive, mais esclavagisée : cet isolement croissant de l’ « Occident » ne pourra que rendre préventivement plus agressifs ces pays auto-marginalisés car coupés de l’EFFORT mondial pour produire ses moyens d’existence, qui reste jusqu’à nouvel ordre la base de la vie humaine. C’est pourquoi lorsque les militants franchement communistes du PRCF ont, les premiers, relancé la bataille du « produire en France » qu’avait abandonnée le PCF eur-boboïsé de R. Hue, ils ont rempli leur triple devoir de patriotes (non pas dans l’ « union sacrée » avec leur bourgeoisie, comme le fit Jules Guesde en 1914, mais CONTRE le patronat « français » délocalisateur), de défenseurs des travailleurs salariés productifs et d’amis inébranlables de la paix et du droit à la vie.

    V – L’ANALYSE LÉNINISTE DE L’IMPÉRIALISME, UN ANTIDOTE CONTRE LE SECTARISME ET L’OPPORTUNISME

    Mais L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ne se contente pas d’accumuler les mauvaises nouvelles. Lénine ne cesse d’y insister sur le fait que « le capitalisme monopoliste est l’antichambre du socialisme », tant il socialise, concentre et organise l’organisation de la production… tout en privatisant au maximum la concentration des richesses : un antagonisme éclatant qui ne peut avoir d’autres issues logiques que l’alternative : révolution prolétarienne ou… guerres mondiales à répétition.

    Cela ne signifie nullement que désormais, les communistes n’auraient rien qu’à attendre fiévreusement a « lutte finale » : au contraire, ils doivent prendre la tête de toutes les luttes, de tous les fronts populaires, pour l’indépendance nationale, la paix, l’égalité hommes-femmes, la démocratie (à notre époque ajoutons : l’environnement !) de manière à orienter ces luttes contre l’oligarchie parasitaire, à isoler au maximum cette dernière et à ouvrir ainsi la voie à la révolution socialiste. A notre époque, il ne saurait y avoir de longues étapes entre capitalisme et socialisme et ce constat aboutit logiquement à la conclusion, non pas que les communistes devraient se retirer dédaigneusement des combats jugés « sectoriels » intéressant la survie quotidienne de la classe ouvrière, des nations étouffées, des libertés démocratiques et de la paix. Le n’est ni le rassemblement amorphe derrière la social-démocratie, type « rassemblement des deux gauches » (comme le souhaite ardemment le social-européiste Chassaigne), ni à l’inverse, la proposition trotskisante du « pouvoir ouvrier sinon rien ! », qui ne peut qu’isoler le prolétariat en l’envoyant à l’abattoir.

    A l’inverse, l’alliance ouvrière et paysanne pour la paix, la démocratie soviétique et la nationalisation des terres, permit la victoire des bolcheviks surla réaction coalisée en entraînant des millions d’hommes dans la lutte pour le socialisme. Ni isolement sectaire et dogmatique, ni fusionnement amorphe dans un bloc petit-bourgeois, le léninisme montre le chemin vers une large alliance anti-monopoliste conduite par la classe travailleuse dont le terme progressiste ne peut être que la révolution prolétarienne effectuée sur les bases les plus larges possible. Car la défaite de l’impérialisme est nécessaire, non seulement pour émanciper notre classe, mais pour que, sous l’égide de la classe ouvrière à l’offensive, l’humanité continue sa route vers le progrès obstruée par un capitalisme de plus en plus barbare, fascisant et déshumanisant.

    Georges GASTAUD

     

     L’impérialisme, stade suprême du capitalisme : UN LIVRE DE LÉNINE QUI PARLE D’AUJOURD’HUI… et de DEMAIN – par Georges Gastaud

     

    source: initiative-communiste.fr

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  • Anthropologue et économiste, célèbre pour avoir notamment anticipé la crise des subprimes en 2007, l’universitaire belge publie Le dernier qui s’en va éteint la lumière, essai sur l’extinction de l’humanité.

    Paul Jorion

    Le dernier qui s'en va éteint la lumière

    Editeur Fayard-288 pages-parution 16/03/2016-prix : 19 €         

     

    Paul Jorion : “Ce monde passe en mode cataclysmique”-entretien avec Patrick Cohen et les auditeurs de la station (France Inter 25/03/2016)

    Le genre humain se découvre, à sa très grande surprise, au bord de l’extinction. À cette menace, il ne réagit que mollement, en tentant de manière dérisoire de dégager un bénéfice commercial de toute tentative de réponse.

    Sommes-nous outillés pour empêcher notre propre extinction ? Notre constitution psychique et notre histoire jusqu’ici suggèrent malheureusement que notre espèce n’est pas à la hauteur de la tâche : la découverte que chacun d’entre nous est mortel l’a plongée dans une stupeur profonde dont plusieurs milliers d’années de rumination ne sont pas parvenues à la faire émerger.

    Le dernier qui s’en va éteint la lumière propose une description réaliste et véridique de notre espèce, de ses grandes forces et de ses immenses faiblesses. Nous comprendre nous-mêmes est la condition pour renverser la tendance qui nous conduit, si nous ne réagissons pas immédiatement avec la plus extrême vigueur, droit vers l’extinction.

    Anthropologue et sociologue de formation, Paul Jorion est connu du public pour avoir annoncé la crise des subprimes. Depuis, il a révolutionné le regard porté sur l’économie et la finance. Commentant l’actualité sur « Le blog de Paul Jorion », il est également chroniqueurier au journal Le Monde et dans divers périodiques.

     


    Paul Jorion répond aux questions des auditeurs... par franceinter

     

     

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  • Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »Invité de Livre Paris, Park Kun-woong n’a pas (encore) la notoriété d’un Spiegelman ou d’un Tardi. Il est cependant de ces auteurs dont les œuvres enrichissent la mémoire universelle par le roman graphique. Après « Fleur » (Casterman) et « Massacre au pont de No Gun Ri » (Vertige graphique), il poursuit l’exploration de l’histoire de la Corée avec les deux volumes de « Je suis communiste » (Cambourakis). Nous l’avions rencontré l’été dernier à l’occasion du Festival de Bucheon dont il était le Président. Nous le retrouvons à Paris.

    Après avoir été honoré par ses aînés qui l’ont nommé président de la plus importante manifestation de BD coréenne, Park Kun-woong s’était retrouvé en haut de l’affiche de la 18e édition du Festival de Bucheon.

    Né en 1972, cet auteur semble agir comme un relais entre les pionniers de la bande dessinée sociale coréenne, témoins directs des drames du passé, et la nouvelle génération, tournée vers le numérique. Ainsi, les œuvres de Park Kun-woong rappellent les ravages de l’occupation japonaise, de la guerre entre le Nord et le Sud et de la dictature militaire qui s’en est suivie.

    Du fait de l’actualité éditoriale française, l’entretien qui suit évoque en priorité Je suis communiste dont les deux volumes viennent d’être adaptés en français aux éditions Cambourakis. Cette épaisse biographie, présente Hur Young-chul, coréen du Sud, pétri d’idéaux marxistes qui a combattu du côté du Nord avant d’être emprisonné durant trente-six années dans les geôles du Sud.

    Cependant, il sera également question du Temps des bêtes, son dernier roman graphique en date qui n’a pas encore été traduit en France. Cette nouvelle somme retrace le calvaire de Kim Geun-Tae, figure de l’opposition à la dictature sud-coréenne, emprisonné et torturé en 1985. Lors du festival de Bucheon, ce livre a fait l’objet d’une exposition impressionnante, réalisée par Park Kun-woong lui-même.

    Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

    « Je suis communiste », en Corée avez-vous publié ce livre avec le même titre ?

    Oui. « Je suis communiste » était le titre du livre pour sa première publication en deux volumes. Mais lors de sa réédition de 2014 en intégrale, le titre est devenu « Mémoires d’un révolutionnaire ». Des groupes conservateurs qui défendent les idées du gouvernement actuel [Mme Park Geun-hye -Présidente de la République du pays depuis 2013- est la fille de l’ancien dictateur militaire, Park Chung-hee, NDLR] ont attaqué mon livre parce qu’ils l’estiment partisan de la Corée du Nord. Ainsi il a été retiré de certaines bibliothèques. Cela montre que le terme « communiste » est toujours interdit, comme à l’époque de la dictature. Aujourd’hui la chasse aux sorcières ne fonctionne plus, mais les manipulations sont toujours à l’œuvre.

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    Extrait de "Je suis communiste, Tome 1"
    © Park Kun-woong, Hur Young-chul - Cambourakis

    Pour quelles raisons pensez-vous que votre livre été la cible des conservateurs ?

    Il l’a été à la fois pour son titre et pour son contenu. Hur Young-chul, dont j’expose le parcours, a refusé de se fondre dans le capitalisme pendant plus trente ans. Il témoigne aujourd’hui que le système de l’ennemi des années 1950 lui semblait plus abouti d’un point de vue social. C’est ce qui a valu au livre d’être retiré de quelques bibliothèques sous la pression des conservateurs. Je le ressens comme une atteinte au droit à la culture et à l’expression.
    Il s’agit de l’histoire d’une personne emprisonnée pendant trente-six ans pour avoir déclaré déclaré : « Je suis communiste ». Je crois que la démocratie signifie la diversité d’opinion. Le fait de ne pas reconnaître le communisme dans la Corée du Sud actuelle m’amène à douter de cette démocratie. Nous ne sommes pas encore libérés de la guerre des idéologies.

    Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire ?

    Je raconte l’histoire d’une personne qui a pris le parti du Nord. Pendant ses trente-six années de détention, ses photos et ses écrits ont été brûlés par sa propre famille pour ne pas subir plus de répression. À sa sortie de prison le seul support sur lequel il pouvait s’appuyer pour raconter son parcours était sa mémoire. Il en a tiré un livre, c’est ce qui constitue ma bande dessinée.
    Son témoignage permet d’équilibrer notre regard sur l’affrontement entre le Nord et le Sud. On voit par exemple que l’armée chinoise qui est perçue aujourd’hui comme invasive, a été reçue par une partie de la population dans un esprit de solidarité et que les soldats chinois faisaient preuve de comportements positifs…

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    Extrait de "Je suis communiste, Tome 2"
    © Park Kun-woong, Hur Young-chul - Cambourakis

    Pourquoi aborder autant de sujets douloureux de l’histoire de votre pays ?

    Après la guerre, la dictature a empêché de bien connaître notre passé. La vérité historique a été enterrée. J’ai pris la bande dessinée en tant qu’outil pour la révéler. Depuis peu, j’utilise un second outil, la caricature, pour aborder la satire politique. Le passé est important, l’histoire actuelle aussi.

    Au festival de Bucheon, vous semblez plus proche de l’ancienne génération d’auteurs ?

    C’est vrai. D’ailleurs des lecteurs qui me découvrent ici me pensaient plus âgé. J’aborde des sujets lourds pour un « jeune » auteur. Cependant l’histoire contemporaine intéresse de plus en plus ma génération parce que le pouvoir actuel rappelle l’époque de la dictature. Les groupes qui dirigeaient le pays reviennent aux affaires. Il reste beaucoup de sujets à traiter. La bande dessinée a de plus l’avantage d’être facilement abordée par les jeunes.

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    Extrait du "Temps des bêtes", encore inédit en français
    © Park Kun-woong

    La bande dessinée numérique -le webtoon- semble connaître un impact profond en Corée. Songez-vous à œuvrer dans ce secteur ?

    Oui bien sûr. Avec Le Temps de la bête, j’achève un cycle de trois témoignages qui avait commencé avec Massacre au Pont de No Gun Ri, puis par Je suis communiste. Je travaille actuellement sur un projet de science-fiction où il sera question de pouvoir politique. Cette bande dessinée sera à la fois diffusée en webtoon et imprimée sur papier.

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    L’Affiche du Festival de Bucheon
    © Park Kun-woong - KOMAKON

    La science-fiction est aussi le thème de votre affiche pour le festival de Bucheon. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

    En sortant de mon style habituel, j’ai voulu apporter un visuel ludique et divertissant pour le grand public. J’ai pensé à une bouteille d’encre comparable à un corps humain. Sa tête s’envole vers un espace mystérieux en emportant les lecteurs. Que la bande dessinée conquière de nouveaux territoires, est dans l’esprit des auteurs. Sur quelle étoile et quelle histoire la tête va-t-elle atterrir ? C’est à l’imaginaire des auteurs de le déterminer.

    Pour le festival, vous avez conçu une exposition autour du « Temps des bêtes » à propos des tortures subies dans les années 1980 par le militant des droits de l’homme, Kim Geun-tae. Vous y avez notamment reconstitué la cellule où eurent lieu les sévices. On a été surpris de vous y voir pris en photo avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-tae. Ils semblaient sourire, ce qui pour nous, Occidentaux, paraît étrange dans une telle circonstance. Que signifiait ce sourire ?

    Je ne pense qu’ils souriaient, ils étaient sereins. J’ai longuement discuté avec Mme Chae Keun, sa veuve, pour préparer ce livre. Je pense que ce sourire est une satisfaction du fait que l’histoire de son mari devienne le sujet d’une exposition et que lui-même serait heureux de savoir que son histoire est aujourd’hui connue. Comme une revanche contre l’oubli.

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    "Une revanche contre l’oubli". Au coeur de l’exposition consacrée au "Temps des bêtes", Park Kun-woung entouré par ses ainés Park Jae-dong et Lee Hee-jae avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-Tae dont il a raconté le calvaire dans son livre et son exposition.

    Les éditions étrangères de vos livres étaient présentes dans l’exposition. Cela représente-t-il une grande importance pour vous ?

    Je traite de l’histoire contemporaine coréenne, sous l’angle de thématiques universelles, les droits de l’homme, le refus de la guerre. Je remercie le public français de me lire, car ces thématiques méritent des réflexions communes. On publie aussi des bandes dessinées françaises en coréen. J’espère que l’échange va se poursuivre. C’est à l’humanité entière de résoudre ces problèmes.

    Propos recueillis par Laurent Melikian.

    source: histoireetsociete.wordpress.com

     

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  • Lumières Communes : cours de philosophie -par Georges Gastaud [pré-commande]Les éditions viennent d’annoncer la sortie d’un nouveau cours de , par le philosophe marxiste , bien connu des lecteurs d’Initiative Communiste, sous le titre de « Lumières Communes« .

    Au-delà des combats quotidiens qu’il mène avec acharnement au coté des militants franchement communistes du PRCF, des syndicalistes, avec son dernier ouvrage, le philosophe Georges Gastaud rappelle à chacun d’entre nous qu’il faut faire vivre, défendre, actualiser la théorie marxiste qui, avec le travail de terrain en direction de la classe ouvrière, avec l’effort de réorganisation franchement communiste qui est celui du PRCF, est le socle de la résistance intellectuelle et de la future reconquête communiste en France et ailleurs. Défendons (-nous avec) le  !

    Se laisser enfermer dans la nasse de l’idéologie dominante, celle de la classe capitaliste dominante, c’est condamner le mouvement populaire à la spirale de la défaite, c’est condamner l’humanité à la spirale de la regression dans tous les domaines. www.initiative-communiste.fr invite chacun de ses lecteurs à acheter, à faire acheter, à lire et faire lire, en un mot à utiliser au maximum ce qui bien plus qu’un livre est un événement éditorial pour transmettre absolument aux jeunes générations de militants et d’intellectuels le flambeau du dialectique qui, comme le reste, court le risque d’une rupture de transmission dans l’aire francophone. Et ce d’autant plus que ce livre de Georges Gastaud que les Editions Delga ont le courage de publier permet d’aller au-delà d’une « défense et illustration » du pour confronter l’outil marxiste aux réalités d’aujourd’hui dans les champs , scientifique, esthétique, éthique, etc.

    En cette période des fêtes de fin d’années, pourquoi ne pas faire cadeau utile avec ce livre ?

    Et pourquoi pas proposer à vos bibliothèques universitaires, municipales, scolaires etc. de répondre à leur mission en achetant cet ouvrage et en le mettant à disposition des étudiants et de l’ensemble des citoyens.

    Participez à la campagne de précommande participative en répondant à l’appel à souscription organisée par les éditions Delga pour permettre la plus large diffusion de cet ouvrage.

    Lumières Communes : cours de philosophie -par Georges Gastaud [pré-commande]Le prochain livre de Georges Gastaud, en 4 tomes grand format, « . Cours de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique », s’annonce comme un événement éditorial.

    Afin d’accompagner cette publication ambitieuse, preuve de la vitalité de la pensée marxiste et progressiste aujourd’hui, nous lançons une grande souscription. Ne tardez donc pas à envoyer votre bon de commande ci-dessous.

    • Pour commander les 4 tomes et les recevoir à votre domicile, envoyer un chèque de 70 euros (frais de port inclus) à :

    Editions Delga / 38 rue Dunois / 75 013 Paris

    N’oubliez pas d’indiquer votre adresse ainsi que le titre souhaité.

    NB : Les Editions Delga s’engagent à n’encaisser aucun chèque avant la livraison des exemplaires à tout demandeur.

     

    source: initiative-communiste.fr

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  • Dictionnaire. L'hommage aux résistants  (LT-27/05/2015)Le chercheur Serge Tilly et l'historien Alain Prigent tiennent dans leurs mains l'ouvrage « Les fusillés », publié ce mois-ci.

     
    Historien et chercheur trégorrois, Alain Prigent et Serge Tilly ont participé, durant huit ans, à l'écriture d'un ouvrage unique, « Les fusillés ». Écrit par plus d'une centaine d'auteurs, dont ces deux fils de résistants, ce dictionnaire hors norme recense 4.235 biographies de personnes exécutées par les nazis en France, entre 1940 et 1944.
     
    Depuis les années 70, ils sortent de l'ombre des centaines de résistants, oubliés de la Seconde Guerre mondiale. De leur travail de bénédictin accouchent ainsi divers ouvrages, des « Cahiers de la Résistance », publiés dans les Côtes-d'Armor, au dernier né : « Les fusillés ». Un dictionnaire hors du commun qui recense 4.235 biographies de victimes du nazisme, entre 1940 et 1944, en France. Des personnages célèbres ou anonymes, des héros dont nos rues portent le nom aux martyrs qui ne figurent pas tous sur les plaques commémoratives.
     
    Un livre inédit et pharamineux
     
    Ce dernier projet a requis huit années de travail et 111 auteurs. Un groupe national a été piloté par l'historien Jean-Pierre Besse, décédé en 2012, Claude Pennetier, directeur du Maitron et chercheur au CNRS, Delphine Leneveu et Thomas Pouty, historiens. Des noms qui font autorité dans le récit de la Résistance. Réunis deux à trois fois par an au siège de l'association pour les études de la Résistance, à Paris, Serge Tilly et Alain Prigent ont pris part aux échanges pour constituer le dictionnaire. « La première difficulté a été de définir le terme fusillé », explique le binôme costarmoricain. « Après de longs débats, nous avons décidé de concentrer nos recherches sur les personnes fusillées en France, entre 40 et 44, après avoir été jugées par les autorités allemandes ». Un inventaire jusqu'alors inédit, publié 70 ans après la capitulation nazie du 8 mai 1945.
     
    « Des kilomètres d'archives »
     
    Retraités de l'enseignement, Serge Tilly, 73 ans, et Alain Prigent, 66 ans, fréquentent régulièrement les archives départementales, en Bretagne. « Chaque fois, on collecte des centaines de dossiers pour remonter des mines d'or, des kilomètres d'archives. Il peut s'agir de jugements, de fiches de disparition établies en gendarmerie à l'époque ou de listes de fusillés constituées à la Libération ». Autant de traces écrites pour recouper les informations, à la manière de véritables enquêteurs. « Après toutes ces années d'investigation, nous pouvons nous reposer sur des témoignages d'anciens et de familles pour croiser nos sources et raconter les faits réels ». Le binôme trégorrois a ainsi rédigé 250 biographies de Bretons, Costarmoricains en majorité, sur les 4.235 que compte le dictionnaire des fusillés. « Pour chacune, nous avons détaillé les notices, les références, pour que notre travail puisse être complété par ceux qui le désirent ».
     
    Un pari éditorial
     
    Publié par les Éditions de l'Atelier, « Les fusillés » représente un pari éditorial. Plus de 2.000 pages de papier bible, des biographies classées par ordre alphabétique, en partie illustrées par des photographies de résistants. « C'est un travail d'histoire et de mémoire pour mieux comprendre l'Occupation », précise la maison d'édition. « Il s'agit aussi de rendre toute leur place à celles et ceux qui, d'une manière ou d'une autre, se sont opposés aux forces nazies, à la Milice, au régime de Vichy ou aux chemises noires mussoliniennes et qui en ont été victimes ». Les coauteurs de l'ouvrage le concèdent : « On ne rentre pas dans ce livre par hasard. On cherche une notice, un nom... ». Ce n'est pas un roman, bien que les définitions de ces héros se lisent comme des récits épiques et tragiques. Ils racontent l'Histoire d'une façon singulière, plus intime. Les grands noms de la Résistance se mêlent aux acteurs locaux. Communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes ou simples patriotes. Juifs, chrétiens ou libres penseurs... Tous trouvent aujourd'hui leur place dans ce dictionnaire, pour la plus grande satisfaction de Serge Tilly et Alain Prigent. Qui se penchent désormais sur d'autres oubliés... « Nous travaillons sur les massacrés, ces personnes qui ont été tuées sans procès durant la Seconde Guerre mondiale par les Allemands. Il s'agira là aussi de leur rendre l'hommage qu'ils méritent ». Le dernier combat de ces deux fils de résistants...
     
    « Les Fusillés (1940-1944) » Aux éditions de l'Atelier, 1.952 pages, 200 photos, 30 €. Rencontre avec Alain Prigent et présentation de l'ouvrage, samedi, de 15 h à 18 h, à la librairie Gwalarn, rue des Chapeliers, à Lannion (22). Le vendredi 24 juillet, présentation, à Saint-Cyr Coëtquidan (56), au Salon du livre militaire.
     
     
    Romain Daniel
     

    Les fusillés (1940-1944)

     

     

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    1952 PAGES • Relié
    Date de parution : 4 Mai 2015
    ISBN 978-2-7082-4318-7
    EAN-ISBN 9782708243187
    Prix Unitaire: 30,00 €

     

    Les fusillés (1940-1944)


     COLLECTIF


    Ils étaient communistes, gaullistes, socialistes, syndicalistes, ou bien tout simplement patriotes ; juifs, chrétiens, ou libres-penseurs. Certains étaient des résistants actifs, d’autres furent arrêtés en raison de leurs origines, de leur engagement militant ou de leur refus de l’Occupation. Tous subirent jusqu’à en perdre la vie l’appareil répressif mis en place par les occupants nazis, les fascistes italiens et les autorités vichystes. Leurs parcours, d’une extrême diversité, convergent le plus souvent vers un but commun : lutter contre la barbarie.

    Ce livre réunit les biographies de ceux qui furent fusillés en France entre 1940 et 1944. Il rappelle les conditions de leur arrestation et de leur exécution et retrace leur itinéraire, leur vie, leurs engagements. Fruit d’un exceptionnel travail d’historiens, cet ouvrage rend aux fusillés de la Seconde Guerre mondiale un hommage citoyen. Ils sont présents à nos mémoires.

    Ce dictionnaire biographique a été rédigé par un collectif d’une centaine d’auteurs, sous la direction de Claude Pennetier (directeur du Maitron, chercheur CNRS/CHS Paris-I), Jean-Pierre Besse (1949-2012, historien), Thomas Pouty (historien), Delphine Leneveu (CRHQ-UCBN/CNRS). Il s’inscrit dans la collection Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

     
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