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  • Discours d’Eugène Mac Cartan, secrétaire général du Parti communiste d’Irlande, prononcé lors du 54ème congrès du Parti communiste de Grande-Bretagne, en novembre 2016, traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf » Camarades, Au nom du Parti communiste d’Irlande, je voudrais vous adresser l’expression la plus chaleureuse de solidarité au Parti communiste de Grande-Bretagne et, en particulier, aux délégués qui participent à ce 54ème congrès de votre parti. C’est toujours un plaisir d’assister à des événements organisés par votre parti, un parti avec lequel nous partageons un grand nombre d’intérêts communs et de convergences de vue, puisque nous faisons face au même ennemi : l’impérialisme britannique. Camarades, C’est une époque de défis pour le mouvement ouvrier, ici en Grande-Bretagne, en Irlande et dans le monde. Notre classe continue à faire l’expérience quotidiennement de l’attaque incessante du capitalisme monopoliste contre les acquis de la classe ouvrière gagnés par des luttes dures et âpres et par tant d’abnégation. La résistance de la classe ouvrière a été, d’une manière générale, lente à s’affirmer, mais, maintenant, elle progresse en intensité à travers l’Europe. Dans cette lutte, les communistes et la gauche ont de nouveaux enseignements à tirer. Votre congrès arrive à un moment important alors que la classe dirigeante britannique et l’Etat britannique sont toujours confrontés à la suite de la décision, par référendum, de quitter l’Union européenne. Les conséquences du « Brexit » ont eu et auront un impact profond sur la vie des travailleurs aussi bien dans l’Etat britannique que, bien sûr, en Irlande, au nord et au sud. Et elles ont un profond impact sur l’Union européenne elle-même. Les médias britanniques, irlandais et internationaux se sont efforcés de travestir les motivations de ceux qui ont voté pour la sortie en une sorte de rejet droitier et raciste de l’UE. Mais la vision mondialement propagée qu’aucune personne équilibrée, à la pensée libérale, pourrait soutenir la sortie de l’Union européenne est maintenant remise en question dans toute l’UE. Le « Brexit » n’a pas été et n’est pas seulement un phénomène de droite. L’expansion de l’idéologie de droite à travers l’Europe est le résultat direct de l’abandon [en fuyant] par la gauche de l’anti-impérialisme, laissant la voie ouverte au populisme de droite, tels que l’expriment Trump, Le Pen et Farage. La décision du peuple de Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne pose de grandes difficultés à l’UE et a suscité également la panique dans la classe dirigeante irlandaise. La soumission de celle-ci à trois centres de pouvoir à la fois – à Londres, à Bruxelles et à Washington – la met dans un état d’extrême confusion. Le Sinn Fein, qui s’était opposé auparavant à l’intégration européenne, a mené une campagne opportuniste dans le Nord de l’Irlande dans le camp du « maintien », pour rendre possible sa cooptation dans les stratégies et mécanismes de contrôle du système en Irlande et dans l’Union européenne. L’ « engagement critique » réformiste de gauche, que revendique maintenant le Sinn Fein, est bienvenu au club. Les partis de l’exécutif d’Irlande du Nord, loin de rechercher plus de pouvoir sur l’économie, préfèrent renvoyer la décision à l’Etat britannique tellement ils craignent d’endosser la responsabilité des politiques dictées par le gouvernement britannique et qu’ils appliquent. L’impopularité de ces politiques, qui frappent durement la classe ouvrière, a déjà altéré le soutien politique au Sinn Fein. En République d’Irlande, les travailleurs ont été amenés à une campagne de résistance de masse contre l’introduction de la taxe sur l’eau qu’ils ont vue comme un prélude à la privatisation. Le niveau de la résistance d’un grand nombre de syndicats et spécialement d’associations locales [community groups] a contraint le gouvernement à faire marche arrière et à renoncer à collecter cet impôt injuste. La campagne pour le droit à l’eau a élevé l’exigence et a engagé la campagne pour un référendum en vue d’inscrire la propriété et le contrôle populaires de notre eau dans la constitution de l’Etat, une exigence que le PCI a défendue et propagée depuis le tout début de la lutte. Cette campagne a été si forte que la résolution est passée au « Dail Eireann » [Assemblée d’Irlande] sans opposition et que le projet de loi est passé au stade de l’examen en commission. Un référendum sur la propriété de l’eau, s’il s’en tient un, constituerait un obstacle majeur aux plans de la classe dirigeante irlandaise, de l’UE et au TTIP. Ces luttes importantes doivent servir à développer la conscience des travailleurs, en particulier en cette année du centenaire de l’Insurrection de 1916, conscience que le combat contre l’impérialisme n’appartient pas au passé mais doit être placé au cœur de leurs luttes quotidiennes, conscience que pour obtenir des avancées dans les luttes sociales, celles-ci ne peuvent pas être séparées (elles sont interconnectées avec elle) de la rupture avec le triple verrou de contrôle impérialiste – Grande-Bretagne, UE et Etats-Unis – sur la destinée du peuple irlandais. Nous venons juste d’assister en Irlande au scandale impliquant le géant Apple, qui a déversé ses profits mondiaux sur une adresse irlandaise pour éviter de payer des impôts – cela en connivence avec le gouvernement irlandais et avec son soutien. Ces profits provenaient de la surexploitation de travailleurs sous-payés du monde entier. En regardant Apple et les firmes transnationales en général, nous pouvons discerner les tendances à une plus large interconnexion qui façonnent les économies aussi bien des Etats impérialistes puissants du centre que des Etats plus faibles de la périphérie. En périphérie, on observe la surexploitation de travailleurs sous-payés et la captation de la rente impériale au moyen d’avantages financiers et structurels et de l’évasion fiscale, aboutissant à des profits massifs pour les grandes firmes. Dans le centre impérialiste, on observe un déclin des salaires, une baisse nominale de la taxation du capital et de la taxation des entreprises, aboutissant, de même à des profits massifs. Dans les deux cas, nous observons un transfert de richesses massif de la classe ouvrière vers les firmes transnationales et le déplacement de la charge fiscale des entreprises vers les épaules des travailleurs, aboutissant à une réduction des services publics socialisés et à leur remplacement par des services privatisés, marchandisés, tournés vers le profit. Ce modèle de développement économique et social est maintenant soumis à la pression croissante d’événements hors du contrôle de la classe dirigeante irlandaise : l’impact possible du Brexit, la volonté de la Commission européenne d’harmoniser le niveau de l’impôt sur les sociétés d’ici 2021 et l’élection de Trump aux Etats-Unis. La nature dépendante et périphérique de l’Etat irlandais dans la structuration du pouvoir dans l’UE va apparaître de plus en plus visiblement si la Grande-Bretagne se retire dans les quelques prochaines années. Comme le président du syndicat de l’électricité et de l’ingénierie technique, Frank Keoghan, parlant à la conférence annuelle de son syndicat le week-end dernier, l’a constaté : « parce que c’est l’UE, agissant sur la base du vote à la majorité qualifiée (L’Irlande dispose de 0,6% des voix), qui va décider des relations futures de l’Irlande avec à la fois la Grande-Bretagne et l’Irlande-du-Nord et non notre gouvernement agissant indépendamment ». Les conséquences du Brexit pour l’ensemble de notre peuple, au nord comme au sud, pourront être lourdes. Ni la population des six comtés du nord, ni la population de la République – pays soi-disant souverain – n’auront d’influence réelle et de droit à la parole sur les événements qui se déroulent. Le projet d’intégration européenne a heurté un rocher, s’avérant incapable de trouver une réponse viable à la crise économique et sociale. Il ne s’ensuit pas pour autant que la droite populiste et les réformistes sociaux présentent une quelconque alternative. Il est de la responsabilité de la gauche, spécialement des partis communistes, de produire des politiques capables d’organiser la résistance des travailleurs et leur mobilisation pour un changement radical, ouvrant la voie au socialisme. « Le vieux monde se meurt et le nouveau monde tarde à apparaître ».

    source: solidarite-internationale-pcf

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  • Il ne saurait y avoir de bons États Unis d’Europe ! #ICWPE (IC.fr-25/01/2017)

    Le 10 décembre 2016 était organisé à Ahtène un séminaire internationale sur le thème  » Un siècle après la publication du travail de « Sur le slogan des Etats Unis d’  » par la délégation du parti communiste grec (KKE) au parlement européene, en réponse à l’appel du Plenum des Partis de « l’Initiative Communiste Européenne  » dont le PRCF est membre pour la France.

    A la demande de nos camarades du P.C. de Grèce, l’article ci-dessous a été adressé en plusieurs langues à nos camarades en vue du colloque d’Athènes sur le centenaire de l’article fameux de Lénine : « A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe ».

    Voici la première publication sur internet de l’analyse produite à ce sujet par la commission internationale du PRCF. (Read in english below / Leer en español a continuación )


    Les délégations de 20 partis communistes et ouvriers ont participé à ce séminaire qui a mi en lumière les problèmes actuels sérieux et complexes posés aux travailleurs par les unions et accords supranationaux capitalistes. (Parti des travailleurs d’autriche, parti communiste du Venezuela, Nouveau Parti Communiste de Grande Bretagne, Parti Communiste unifié de Géorgie. Parti Communiste du Danemark, KKE, Parti des travailleurs d’Irlande, Parti Communiste des Peuples d’Espagne, Parti Communiste Italie, Mouvement socialiste du Kazakhstan, Parti communiste des ouvriers de Biélorussie. Front socialist populaire de Lituaniie? Parti Communiste Mexicain, Parti Communiste Norvégien, Parti des travailleurs de Hongrie, Union des Communistes d’Ukraine, Parti Communiste des ouvriers russes, Nouveau parti communiste de Yougoslavie, Parti communiste de Suède, Parti Communiste Turquie)

    L’ensemble des contributions sont disponibles sur le site de l‘Initiative communiste européenne.

    source: initiative-communiste.fr

     

     

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  • #Kommunistiska Partiet : 18e congrès du Parti Communiste de Suède – le PRCF y était, compte rendu ! (IC.fr-19/01/2017)

    Le 18e du parti communiste suédois Kommunistiska Partiet,s’est tenu à Göteborg du 5 au 8 janvier 2017 à Göteborg, dans un quartier populaire.

    Christophe, représentant de la commission du PRCF y a représenté les communistes français. Compte rendu de ce congrès à travers quelques questions d’Initiative Communiste à Christophe.


    IC : Tu peux décrire rapidement le Kommunistiska Partiet (Parti Communiste Suédois) aux lecteurs d’IC ?

    CP : Le parti a été créé en 1970 suite à une scission de « la ligue communiste marxiste léniniste» qui avait à l’époque une orientation plutôt maoïste. Le parti a plusieurs fois changé de nom et a adopté son nom actuel lors de son congrès de 2005. C’est un parti marxiste-léniniste dont la ligne est très proche du PRCF – c’est ce qui ressort clairement de la teneur des débats des deux premiers jours de congrès. Il est présidé depuis 2014 par Robert Mathiasson.

    Le Kommnistika Partiet rassemble plus de 3000 membres, et ils disposent de plusieurs permanents. Il publie un journal hebdomadaire, le Proletären, vendu 20 couronnes (environ 2 e) et diffusé à 3000 exemplaires
    (2000 abonnés).

    Les délégué(e)s à ce 18e  congrès font la preuve d’un parti bien implanté dans la jeunesse, et comptant dans ses rangs de nombreux ouvriers. Ce qui n’empêche pas les camarades suédois de vouloir augmenter la participation des ouvriers, des femmes et des jeunes.

    IC : Quels ont été les principaux points de discussion au programme du congrès ?

    CP : Parmi les sujets de discussion au cours du congrès :

    • la journée de six heures/semaine de quatre jours;
    •  la question du logement;
    • la lutte contre l’adhésion à l’OTAN;
    • le lancement d’une campagne de « svexit » ;
    • le soutien à la grève en cours des dockers de Göteborg (le secrétaire général du
      syndicat des dockers, membre de la FSM, a fait une déclaration au congrès).

    Quelles délégations étrangères étaient présentes et as tu pu rencontrer ?

    Parmi les invités  :

    • Un dirigeant du PC danois, également un journaliste du Dagbladet Arbejderen (Quotidien du travailleurs)
    • Doug Nicholls représentant du Workers Party of Britain et du mouvement « syndicalistes contre l’UE », l’un des leaders du Brexit de gauche
    • L’ambassadrice de Cuba en Suède, l’ambassadrice du Venezuela en Suède. l’ambassadeur du Laos en Suède, l’ambassadeur de la République populaire démocratique de Corée
    • Un dirigeant du Parti Communiste Philippin
    • Un dirigeant du Front populaire de libération du Sri Lanka (JYP)
    • un représentant du PC syrien en Suède
    • le représentant en Suède des PC salvadorien et hondurien

    Après le discours d’ouverture du secrétaire du parti, Pär Johansson, les invités étrangers ont été accueillis et salués. Les différents ambassadeurs ont fait des déclarations en « séance plénière » au cours des deux premiers jours. Le représentant du PRCF a pu faire au coté des autres délégations internationales une déclaration en ouverture du diné. Doug Nicholls qui a mené au printemps 2016 la campagne pour le Brexit de Gauche en Grande Bretagne a été mis à l’honneur, avec une déclaration en séance plénière, brillante, constituant un véritable coup de poing dans la gueule de l’UE. [NDLR son intervention, traduite sera bientôt publiée par Initiative Communiste).

    Le représentant en Suède du PC syrien a fait une déclaration assez émouvante lors du dîner de jeudi soir (déclaration en suédois, traduite en anglais par un camarade suédois). Il y a expliqué avoir quitté la Syrie au début des années 90 à cause des persécutions dont lui et sa famille étaient victimes. Il était enseignant et tous les fonctionnaires devaient être membres du parti Baas; les familles de militants communistes étaient mises à l’index (pas d’accès aux postes de fonctionnaires, etc.). Il n’a donc clairement pas présenté la Syrie comme un paradis sur le plan des libertés politiques. Il a néanmoins rappelé/souligné que son pays est (était) un état véritablement laïc, avec accès à la santé et à l’éducation gratuitement pour tous, sans grande pauvreté et égalité de traitement pour les femmes. Il a rappelé la position du PC syrien de soutien à Bashar, car il ne peut y avoir de démocratie sans paix et que c’est aux Syriens et à eux seuls de régler leurs problèmes (après la mise en échec de l’intervention étrangère).


    Le message du PRCF au 18e congrès du PC Suèdois :

    Chers camarades,
    Permettez-moi de vous remercier pour votre chaleureux accueil et vous transmettre le fraternel salut des communistes de France, des militants du Pôle de Renaissance Communiste en France à l’occasion de votre 18e congrès.
    Vous le savez le PRCF travaille à la renaissance du Parti Communiste en France et à la constitution d’un vaste Front Antifasciste Populaire Patriotique et Écologique. Ces deux objectifs loin d’être contradictoires sont complémentaires, ces deux objectifs sont en synergie pour permettre une alternative progressiste dans notre pays. Inspirée des principes du VIIe congrès de l’Internationale communiste notre stratégie vise à permettre à un processus révolutionnaire de vivre dans notre pays sur la base des 4 sorties : de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme. Là encore les objectifs d’émancipation sociale et de souveraineté nationale-populaire se soutiennent mutuellement et permettent d’isoler le grand capital monopoliste et supranational. Bien entendu d’autres tâches s’ouvrent à nous. Nous devons lutter contre les menaces de guerre que l’impérialisme en crise fait peser sur tous les pays. La lutte pour la paix et donc pour la sortie de l’OTAN belliciste est prioritaire. Nous devons lutter contre la criminalisation du communisme et de l’action syndicale de classe. Car cette criminalisation cache une véritable fascisation de nos pays, des attaques toujours plus violentes contre nos conquêtes sociales et les libertés démocratiques afin d’imposer les politiques anti-populaires des bourgeoisies de nos pays. Chez nous des élections présidentielles auront lieu dans 5 mois. Le PRCF a décidé d’y participer à sa façon : en diffusant à 100 000 exemplaires un tract reprenant ses grands axes programmatiques devant les entreprises, sur les marchés populaires, à l’université. . . en mettant donc en avant nos propres positions. Et en apportant un soutien critique à JL Mélenchon avec lequel nous avons des convergences, mais aussi des divergences que nous exprimons publiquement. Soutien critique qui a pour but de préserver un espace politique de gauche qui puisse servir de relai aux luttes sociales. Car les élections bourgeoises ne doivent pas faire oublier que les luttes sociales restent le lieu principal de l’affrontement de classe. Enfin, chers camarades, nous allons, comme tous les communistes du monde, célébrer le centenaire de la Révolution d’octobre 1917. Car le léninisme n’est pas seulement une page d’histoire, mais une pensée qui nous permet aujourd’hui de construire un avenir de paix, de démocratie, de progrès social c’est-à-dire le socialisme. J’ai donc le plaisir de vous transmettre une invitation à l’occasion du meeting que nous organisons à cette occasion le 4 novembre 2017 à Paris. Nous comptons sur votre présence,Renforçons les liens qui unissent les communistes d’ et du monde.

    Renforçons nos échanges, partageons nos expériences, affirmons ensemble nos positions de
    classe, forgeons l’internationalisme prolétarien du XXIe siècle dans le respect de l’indépendance de chaque parti communiste.

    VIVE LE CENTENAIRE D’OCTOBRE!

    VIVE LE COMMUNISME!

     

     source: initiative-communiste.fr

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  • 2016 aura été l’année du vote en faveur du Brexit. En France, la majorité des citoyens se prononce pour un référendum pour la sortie de l’UE et de l’euro (lire ici). Une pétition en ce sens initiée par le PRCF a d’ailleurs recueilli plusieurs milliers de signatures.

    Et si ce référendum était organisé, il est probable qu’une majorité de français voterait pour la sortie de l’UE et de l’Euro. Logique puisque l’ et l’Euro, c’est

    la guerre contre les salaires et les droits sociaux, la libéralisation et la privatisation des services publics, le dumping social à travers les délocalisations et la « concurrence libre et non faussée », l’évasion fiscale avec la « libre circulation des capitaux ». L’UE c’est également la guerre et la fascisation, comme les guerres sanglantes en Yougoslavie, et désormais en Ukraine l’ont démontré. L’UE et l’Euro sont en effet des armes d’exploitation massive des travailleurs, renforçant et sanctuarisant la dictature de plus en plus dure et visible de la classe capitaliste.

    Dans ces conditions, il est légitime que nombreux soient ceux qui déplorent – rejoignant ainsi les analyses et propositions des communistes, portées par le PRCF et rejointes par de plus en plus de personnalités et mouvements politiques qui lui donnent raison – que perdure encore l’illusion d’une réforme de l’Union Européenne. Ce « plan A » décrédibilise d’ailleurs les programmes populaires, faisant peser par exemple un flou sur la campagne de Mélenchon, un flou démobilisant qui permet d’ailleurs au FN de se poser hypocritement en critique de l’UE, et ce alors que Marine Le Pen a par ailleurs promis qu’elle élue la France ne sortirait ni de l’UE, ni de l’Euro, mais « négocierait » (lire ici).

    Mais il faut également déplorer le flou et la confusion entretenus par d’autres, tel le mouvement de M. Asselineau, candidat à la présidentielle, qui tout en prétendant être pour la sortie de l’UE et de l’Euro, indique que l’ refuse une sortie de l’UE qui ne se feraient pas aux conditions de l’ du traité de fonctionnement de l’Union Européenne. Une condition bien étrange, venant limiter la souveraineté populaire à l’opposé de l’engagement clair, net, précis et détaillé dans son programme candidat 2017, du PRCF pour le populaire, sans autre condition que celle que les travailleurs français le décide. Pour faire place aux peuples.

    Car de fait, l’article 50 interdit en pratique une sortie dans de bonnes conditions pour le peuple français de l’Union Européenne et de l’Euro. Il interdit, qui plus est, pendant 2 ans de mener une politique par et pour les travailleurs français, laissant les mains libres à la dictature des marchés financiers – via l’Euro – pour écraser une France pieds et poings liés par l’article 50. Rappelons par ailleurs aux partisans inconditionnels de l’article 50 qui se réfèrent au Brexit, cette différence qui ne peut leur avoir échappé que le Royaume Uni dispose de sa monnaie et contrôle sa banque centrale, ce qui change considérablement les effets des négociations en cours sous l’égide de l’article 50. Par ailleurs, chacun peut observer les menaces scandaleuses, violentes, exercées par la Commission Européenne, qui prennent appui justement sur l’activation d’une sortie par l’Article 50.

    www.initiative-communiste.fr avait dès 2014 posé clairement les dangers de l’art 50, démasquant cette illusion. En cette période électorale, alors que les passions se déchaînent, la majorité des français qui souhaitent, il est important de repartager cette analyse, ainsi que les précisions apportées par le M’PEP

    L’illusion de la sortie de l’UE par l’ du

    Certains partis à prétention hégémonique fondés par des politiciens venus de l’UMP cherchent à faire croire que le seul moyen viable de sortir de l’Union Européenne est l’.

    Examinons ce que dit le traité et donc les conditions de sortie de l’UE par l’article 50.

    Voici ce fameux article 50:

    1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
    2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
    3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
    4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
    5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.

    Donc en conclusion, tant que les autres États de l’UE ne sont pas d’accord sur les conditions du retrait, le pays reste soumis à la Commission Européenne (Commission de Bruxelles) pendant deux ans. On voit bien que dans cette configuration, le pays qui veut sortir par l’article 50 est en position de faiblesse au cours des négociations du retrait. Pour sûr la Commission Européenne et les puissances atlantistes ne se priveraient pas de mettre la pagaille dans le pays réfractaire s’il était trop dur dans les négociations (NDLR. cf. notre article au sujet des menaces de la BCE). On ne peut donc que s’attendre à ce qu’un gouvernement passionnément épris de légalisme se plie à leurs exigences, surtout s’il est favorable au système capitaliste, c’est-à-dire au pouvoir des détenteurs du capital.

    Derrière le paravent de l’Art 50, une porte de sortie pour le système…

    On voit donc bien que les partis qui proclament la sortie de l’UE par l’article 50 offrent objectivement une issue de secours au grand capital dans la situation où le maintien dans l’Union Européenne du pays concerné serait combattu massivement par la population

    Donc en conclusion, tant que les autres États de l’UE ne sont pas d’accord sur les conditions du retrait, pendant une durée qui peut aller jusqu’à deux longues années, le pays reste soumis à la Commission Européenne (Commission de Bruxelles).

    MF pour www.initiative-communiste.fr

    La tribune du M’PEP le 30 novembre 2015.

    Pour sortir de l’Union européenne, ne surtout pas utiliser le miroir aux alouettes de l’article 50 du traite de Lisbonne !

    Jusqu’à présent, le Mouvement politique d’émancipation populaire, devenu depuis le Parti de l’émancipation du peuple, a considéré que la sortie de l’Union européenne, et donc de la zone euro, pouvait se faire au moyen de l’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne (voir cet article intégralement à la fin de ce texte). Comme nous pensons que la sortie de l’Union européenne et de l’euro est la condition fondamentale pour résoudre les difficultés du pays, et principalement le chômage et la précarité, même si elle ne suffit pas, nous avons donc préconisé la sortie par l’article 50. Aujourd’hui, après de nombreuses discussions, notamment avec des juristes, et surtout après l’expérience de la Grèce, nous arrivons au constat que la sortie de l’Union européenne en utilisant l’article 50 est non seulement illusoire, mais qu’elle est extrêmement dangereuse. Elle constitue une grave diversion ne pouvant aboutir qu’à l’enlisement du processus de retrait et à la démobilisation de la population. La sortie de l’Union européenne et de l’euro doit au contraire se faire par une décision unilatérale d’un pays, en créant une situation de fait, démarche qui ressemble à la politique de la « chaise vide » menée par le Général de Gaulle entre juin 1965 et janvier 1966.

     Respecter la parole de la France ?

    On entend dire, ici ou là, que ne pas utiliser l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui permettrait précisément de sortir légalement de l’Union européenne, puisque c’est écrit, reviendrait à ne pas respecter la parole de la France, notre pays ayant ratifié ce Traité. Mais c’est exactement le contraire ! Ce serait en activant l’article 50 que la souveraineté du peuple français serait bafouée ! En effet, le Traité de Lisbonne est illégitime depuis 2005. Il ne faudrait quand même pas oublier que le peuple français, le 29 mai 2005, à 55%, a dit NON au Traité constitutionnel européen. Or le Traité de Lisbonne n’est qu’un résumé du Traité constitutionnel européen. En outre, le Traité de Lisbonne a été ratifié par la France à la suite d’un coup d’État parlementaire. Le Congrès (réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat) a d’abord révisé la Constitution française le 4 février 2008 pour introduire un Titre XV intitulé « De l’Union européenne » qui fait de l’appartenance à l’Union européenne, en citant le Traité de Lisbonne, une obligation constitutionnelle. Puis, le 8 février, le Congrès (PS, droite, verts) a ratifié le Traité de Lisbonne, passant outre le vote du peuple lors du référendum.

    Si nos concitoyens votaient pour la sortie de l’Union européenne et de l’euro, la France aurait alors toute légitimité pour en sortir par un acte unilatéral, sans passer par l’article 50. Ajoutons que le mandat politique donné à la nouvelle majorité imposera qu’elle le respecte ce qui est incompatible avec le recours à l’article 50.

     La sortie par l’article 50 est illusoire car c’est un parcours du combattant organisé pour empêcher toute sortie de l’UE

    Une lecture attentive de l’article 50, éclairée par l’expérience grecque, montre le caractère parfaitement illusoire de l’utilisation de l’article 50. Qu’on en juge :

    Un processus de négociation qui dépend uniquement du bon vouloir du Conseil européen

    L’alinéa 2 de l’article 50 stipule que « l’Union négocie et conclut avec cet État [celui qui veut sortir de l’UE] un accord fixant les modalités de son retrait ». Pour nous, la souveraineté d’un État ne peut se « négocier ». Certes, il est évident que des discussions doivent s’engager entre l’État qui veut sortir de l’UE et les représentants de l’UE au niveau du Conseil. Mais en aucun cas il ne peut s’agir de « négociations », ce ne peut être que des discussions, pouvant déboucher – ou non – sur un protocole d’accord. Si aucun « accord » n’est trouvé, l’État souhaitant sortir sera bien obligé de prendre une décision. Par conséquent, autant prendre cette décision le plus vite possible afin d’éviter d’entrer dans le processus de l’article 50.

    En outre, cet « accord » doit être « négocié » conformément à l’article 188 N, paragraphe 3 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Ce dernier prévoit que « la Commission […] présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations. » Autrement dit, le Conseil peut décider de ne pas ouvrir de « négociations ». C’est une raison supplémentaire pour se passer de son avis et indiquer au Conseil, si ce dernier tarde ou refuse d’ouvrir ces « négociations » ou les retarde, les conditions mises par l’État sortant.

    Il faut « l’approbation du Parlement européen »

    Si le Parlement européen vote pour la sortie de l’État demandeur (dans quels délais ?), il ouvre la voie à la décision du Conseil. Mais s’il vote contre, que va-t-il se passer ? Une nouvelle fois, le plus simple est de ne pas entrer dans ce garrot et de prendre une décision unilatérale.

    Le Conseil doit statuer à la majorité qualifiée

    Celle-ci est définie par l’article 205 du TFUE, paragraphe 3, point b, qui stipule : « la majorité qualifiée se définit comme étant égale à au moins 72% des membres du Conseil représentant les États membres participants, réunissant au moins 65% de la population de ces États. » Ainsi, une majorité « qualifiée » peut refuser la sortie d’un État souverain qui le demande, ou lui proposer des conditions inacceptables. Là encore le plus simple est de ne pas mettre le doigt dans cet engrenage.

    Les délais peuvent atteindre deux ans !

    Le délai commence à partir de la « notification » de l’État au Conseil. Mais en deux ans il peut se passer beaucoup de choses, notamment des tentatives de déstabilisation du gouvernement qui s’engagerait dans cette voie.

    Des « négociations » qui excluent le pays demandeur !

    Il est en effet indiqué que l’État qui demande à bénéficier de l’article 50 « ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil qui le concernent ». C’est cela que le Traité de Lisbonne appelle des « négociations » ! Et c’est à cette mascarade que nous avons cru jusqu’ aujourd’hui.

     Utiliser l’article 50 est extrêmement dangereux et même fatal

    De fausses « négociations » qui placent le pays voulant sortir en position de faiblesse

    Le pays qui voudrait sortir par l’article 50 se mettrait lui-même en position de faiblesse au cours de « négociations » jouées d’avance, qui reviennent à se mettre la tête dans la gueule du loup.

    Offrir aux européistes de tous poils le temps de mettre la pagaille dans le pays sortant.

    L’exemple de la Grèce au cours de l’année 2015 doit être médité. Si le Premier ministre Tsipras a capitulé, c’est aussi à la suite des pressions énormes exercées par les oligarques européens et leurs relais en Grèce : grand patronat, grands médias, certains syndicats… Les conditions mises par l’article 50 sont telles, qu’elles sont de nature à empêcher toute réaction immédiate de l’État concerné à des attaques des marchés financiers ou à des troubles organisés par les classes dirigeantes.

    Étaler une profonde incohérence politique

    Un gouvernement qui s’engagerait dans cette voie serait un gouvernement à 60%, avec un président de la République qui accepterait de sacrifier 40% de son mandat (2 années sur 5) au nom du respect de la signature de la France d’un traité dont il veut pourtant se débarrasser. Où est la cohérence de cette position qui consiste à respecter à 100% les traités européens pendant les deux années de la « négociation », pour pouvoir ensuite en sortir totalement, mais uniquement passé ce délai ? C’est une attitude totalement incompréhensible pour la population à qui on expliquerait qu’elle doit attendre deux ans pour voir appliquer le programme pour lequel elle a voté. C’est même franchement ridicule et suicidaire.

    L’article 50 vise en réalité à engluer dans des procédures juridiques interminables et incompréhensibles pour la majorité de la population, les États qui voudraient sortir de l’UE.

     Sortir vite en créant un état de fait

    Charles de Gaulle, dans C’était de Gaulle, tome 2, d’Alain Peyrefitte, écrit que « C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu au cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça » ». Nous sommes entièrement d’accord avec cette remarque frappée au coin du bon sens.

    La sortie de la France de l’Union européenne ne se fera surtout pas au moyen de l’article 50 du traité de Lisbonne. Pour sortir, la France invoquera les articles 61 et 62 de la Convention de Vienne du 23 mai 1969 sur le droit des traités. Ces articles décrivent le droit de retrait d’un traité international par un État, au motif notamment d’un « changement fondamental de circonstances ».

    La sortie de l’Union européenne devra être rapide et unilatérale, autrement dit la France décidera, seule, de sortir. Son geste, à n’en pas douter, provoquera une réaction en chaîne souhaitable, incitant les peuples des autres pays à se mobiliser pour retrouver leur liberté.

    La sortie de l’Union européenne s’accompagnera d’un référendum pour réviser la Constitution française afin d’en éliminer tous les articles qui placent le droit français sous la tutelle du droit communautaire européen, particulièrement ceux contenus dans le titre XV intitulé « De l’Union européenne ».

    La tragédie grecque démontre qu’aucune négociation n’est possible avec les représentants de l’Union européenne. Ses dignitaires ont dit à plusieurs reprises que les pays membres de la zone euro y étaient pour toujours. Il faut donc éviter la moindre naïveté et préparer dès à présent nos concitoyens à des épreuves qui ne pourront pas être « sereines ». L’angélisme, le juridisme, la naïveté, réels ou simulés, constituent une très grave faute politique.

    La voie juridique de l’article 50, ce miroir aux alouettes, est une impasse politique aux conséquences désastreuses.

     

    source: initiative-communiste.fr

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  • « La fin de l’Union Européenne » – Un constat implacable  (lvsl.fr-4/01/2017)

    Dans vos librairies le 5 janvier, « la fin de l’Union Européenne » est le produit de la collaboration de Coralie Delaume, essayiste et blogueuse, et de David Cayla, maître de conférence en économie à l’université d’Angers et membre des économistes atterrés, que nous avions par ailleurs interviewé sur le protectionnisme. Les deux auteurs nous livrent une analyse à la fois lucide et brillante de ce qu’est devenue l’Union Européenne.

     

    Tout y est. L’ouvrage est découpé en six chapitres très aboutis. Le premier fait l’analyse des référendums qui ont eu lieu les dernières années, la façon dont les peuples disent de plus en plus « Non » à l’Union Européenne, et les conséquences importantes que ces scrutins auront. Le second revient sur la crise grecque et les leçons qu’on peut tirer de l’échec d’Alexis Tsipras. Dans ce chapitre, la façon dont la BCE a montré toute son « indépendance » orientée et sa puissance de feu contre la Grèce est magistralement décrite. Le troisième expose, à partir de l’histoire longue et de façon accessible aux néophytes de l’économie, la manière dont le marché unique européen et l’euro ont produit de la divergence entre les économies européennes, au profit du bassin rhénan.

     

    Ensuite, le quatrième montre admirablement comment « Europe » et « dumping » sont devenus de parfaits synonymes à partir du cas du Luxembourg, paradis fiscal au cœur de l’Europe, et de l’Irlande, qui est devenu le grand centre d’accueil des multinationales qui veulent échapper à l’impôt. Le chapitre suivant nous offre une analyse intéressante de la façon dont les institutions supranationales se sont mutuellement renforcées, notamment grâce à la CJUE, cette institution méconnue qui pratique un coup d’État juridique permanent. Enfin, le dernier chapitre s’attarde sur le rôle de l’Allemagne, la manière dont elle est devenue aujourd’hui quasi-omnipotente en Europe, et la situation de servitude volontaire dans laquelle nous nous sommes plongés vis à vis d’elle.

    La fin de l'Union Européenne.La fin de l’Union Européenne.

    L’ouvrage est donc très complet sans être trop long pour autant. L’analyse est précise et concise. Ce livre-bilan est néanmoins implacable. L’Union Européenne est aujourd’hui dans une impasse, car elle a voulu se construire comme une fédération à partir de méthodes impérialistes, c’est-à-dire à la fois en dépit des peuples et contre eux. Le « fédéralisme furtif » des technocrates de Bruxelles, celui des conciliabules et des couloirs du Berlaymont, est arrivé à ses limites. Le processus de détricotage a d’ores et déjà commencé avec la suspension de facto de Schengen et de la convention de Dublin, la révolte croissante des pays de la périphérie vis à vis du cœur économique de l’UE, le chaos de la crise migratoire, la prise de distance des pays scandinaves, ou encore le Brexit, qui met fin au mythe de l’irréversibilité de la construction européenne. Bref, la fin de l’Union Européenne a bel et bien commencé.

     

    A l’appui, de nombreuses citations de responsables européens totalement désabusés. Ainsi, les plus farouches européens auraient déjà renoncé à leur projet : « L’Europe comme nous l’avions imaginée, c’est fini. L’Europe que nous avions voulue, nous ne la connaîtrons jamais. Et les États-Unis d’Europe, il ne faut plus y penser » a déclaré François Hollande, le 23 juillet 2016. Le malade est donc en état de mort clinique. Nos deux auteurs nous invitent à le débrancher afin d’arrêter les frais.

     

    Cette lecture a été tout à fait stimulante. Nous avons beaucoup apprécié la finesse de l’analyse et sa maturité. L’aspect juridique, que nous maitrisons encore assez mal, est très bien développé. On se rend compte, à l’exposé des méthodes de la CJUE, que c’est bien ici que se jouent les principes de la démocratie. David Cayla, pour sa part, montre très bien comment l’Union Européenne s’est construite en mettant les peuples en concurrence, en fragilisant les modèles sociaux, et en détruisant petit à petit toutes les protections des travailleurs.

     

    Nous aurions néanmoins aimé que les auteurs mettent davantage en avant des propositions concrètes. Car nous croyons précisément, ainsi que le montre cet ouvrage, que la mort de l’Union Européenne est déjà actée dans les têtes, et qu’à l’heure du démarrage de la campagne présidentielle, il est temps de mettre en débat des propositions et une vision politique pour sortir de cette ornière. On nous rétorquera surement que cela ne relève pas de la responsabilité des auteurs de ce ouvrage

     

    Hormis cette petite réserve, c’est un livre qui vous fera réellement réfléchir, et qui vous apportera un matériau riche et dense, tout en étant agréable à lire. Le moment est venu que nous sortions des interminables débats identitaires pour enfin mettre les grands sujets sur la table, ceux qui engagent le destin de la nation tout entière. A lire absolument donc. Courrez chez votre libraire – vous pouvez aussi faire trois clicks et aller sur Amazon, pour les plus feignants – !

    Lenny Benbara

    lvsl.fr

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  • Alors que l’extrême droite (FN, LR …) menace en France, chacun doit se souvenir des dangers de l’extrême droite. Un collectif de grecs, pour partager le témoignage de ceux qui ont vécu les horreurs d’un pouvoir d’extrême droite diffuse une courte vidéo de 9 minutes de témoignages. Une vidéo à faire circuler, à partager auprès de vos proches et amis, pour ne rien oublier des dangers qui nous menacent.


    Bonjour,

    Voici un petit cadeau, non pas au pied d’un sapin, mais d’un pin de la mer Égée :

     

    Il s’agit d’un extrait du film Je lutte donc je suis qui nous a semblé utile à isoler, car il témoigne de l’expérience de l’extrême-droite au pouvoir en , il n’y a pas si longtemps (1967-1974).

    Quatre témoins (Dimitris Papachristos, Angélique Ionatos, Stathis Kouvélakis et Dimitris Poulikakos) racontent :

    •  la suppression totale de la liberté d’expression ;
    •  les autodafés ;
    •  les arrestations et incarcérations massives d’opposants ;
    •  l’exil de nombreux Grecs ;
    •  la peur ;
    •  la résistance ;
    •  la répression meurtrière de l’insurrection de novembre 1973 ;
    •  la chute du régime.

    A défaut d’une expérience récente similaire en France, nous vous transmettons la nôtre : une mémoire pour éviter que les faits ne se répètent. Car peu importe la forme de l’accession au pouvoir (putsch, urnes, occupation), le vingtième siècle l’a montré : les moyens diffèrent mais les conséquences sont presque toujours les mêmes.

    Cette vidéo ne dure que 9 minutes : une durée idéale pour faire une pause, entre amis ou entre parents, avec les plus âgés comme avec les plus jeunes (à partir de douze ans, c’est parfait), de façon à informer et susciter la réflexion et la discussion. N’hésitez pas également à partagez, bloguer, diffuser, autant que vous le voulez.

    Bonne année de luttes en 2017.

    Fraternellement,

    Yannis Youlountas et le collectif artistique et solidaire Anepos

     

    source:  http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-les-dangers-de-lextreme-droite-temoignages-de-ceux-qui-lont-vecu-en-grece/http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-les-dangers-de-lextreme-droite-temoignages-de-ceux-qui-lont-vecu-en-grece/

     

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  •  Europe : la gauche radicale ne doit pas avoir peur de son ombre-par Eric Toussaint (CADTM 22/12/2016)

    En douze minutes, Eric Toussaint donne son point de vue sur ce que la gauche radicale devrait adopter comme orientation face à l’Union européenne suite à l’expérience de la capitulation de Syriza en 2015 en Grèce. Il explique quelles mesures prioritaires un gouvernement de gauche devrait prendre.

    Cette intervention a été réalisée lors de la conférence internationale intitulée « France et Europe après Brexit » réalisée à Paris les 2 et 3 décembre 2016 à l’initiative du réseau EReNSEP (voir le programme complet).

    Parmi les autres conférenciers qui ont participé à cette rencontre internationale : Josep Maria Antentas (Podemos, Catalogne), Jeanne Chevalier (Parti de gauche, France), Alexis Cukier (Ensemble !, France), Fabio De Masi (eurodéputé, Die Linke, Alemagne), Stefano Fassina (député, ex-vice ministre des finances, Sinistra Italiana, Italie), Heiner Flassbeck (Allemagne), Costas Lapavitsas (ex-député Syriza, Grèce), Patrick Saurin (Sud BPCE, CADTM, France), Miguel Urbán (eurodéputé, Podemos).

     

    source: cadtm.org

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  • Ajoutée le 5 juil. 2016

    Intervention de Jean-Luc Mélenchon sur le Brexit au Parlement européen le 5 juillet 2016. ➡️ Pour la sortie des traités européens : http://www.jlm2017.fr ➡️ Abonnez-vous à la chaîne : http://bit.ly/290J2yC

    Voici la retranscription de cette intervention :

    Vous dites que vous avez l’intention de prendre acte du départ de l’Angleterre de l’Union européenne et qu’il faut pour cela, maintenant, très tristement, réformer l’Europe. Mais vous vous gardez bien de dire comment vous comptez le faire. La seule chose qu’on a entendue jusqu’à présent, c’est monsieur Schäuble nous indiquer que, pour lui, le développement futur de l’Europe, c’est un durcissement encore plus rigide du contrôle sur les budgets des États-nations et un contrôle de plus en plus rigide sur les règles sociales qui sont en train de détruire nos sociétés en faveur du capital.

    Je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place. Une Europe de la violence politique comme nous l’avons vu appliquée à Chypre et à la Grèce. Et une Europe de la violence guerrière, comme celle que vous êtes en train de préparer face à la Russie.

    Tout ça est une folie ! Et je vous le dis : cette Europe-là, les peuples ne cessent de vous le dire, ou bien vous la changez en faveur des êtres humains, ou bien nous la quitterons tous, car personne n’a plus envie de vivre dans un espace pareil s’il s’oppose au moindre fait de sa propre vie pour se développer soi et ses enfants.

    En attendant, la vérité est que soit on la change, soit on la quitte. Et cette leçon, vous devez l’entendre. Non, la Grande-Bretagne n’est pas faite de citoyens racistes et xénophobes. Non, le vote « non » n’est pas un vote pour la guerre et contre l’Europe. C’est tout le contraire. Le vote des Anglais comme celui de mon propre pays est un vote pour l’union des peuples, pour la paix et pour la coordination sociale. Mais vous n’en voulez pas !

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  • Sur l’issue de l’élection présidentielle autrichienne: réaction d’Elke Kahr, dirigeante de la fédération de Styrie du Parti communiste autrichien (KPÖ)

     

    Sur l’issue de l’élection présidentielle autrichienne: réaction d’Elke Kahr, dirigeante de la fédération de Styrie du Parti communiste autrichien (KPÖ)« Nous nous réjouissons du résultat de l’élection présidentielle. Je félicite le nouveau président fédéral élu, Van der Bellen » a déclaré la vice-maire de Graz, Elke Kahr (KPÖ) dimanche après l’annonce des premiers résultats dans sa ville.

    Dans le même temps, elle a appelé à bien percevoir, ce qu’a tellement montré la confrontation désormais derrière nous, à savoir que, sans changement politique en Autriche, ce sera toujours de nouveau que l’on se refera froid dans le dos.

    « Il s’agit impérativement d’améliorer le quotidien de la population ».

    C’est pourquoi Elke Kahr a exhorté le président fédéral élu à toujours avoir en tête à l’avenir qu’entre les intérêts sociaux des élites et ceux de la grande majorité de la population, il y a un écart gigantesque. « La division de la société entre le haut et le bas n’est pas une découverte du KPÖ, mais un fait. Le résultat de l’élection du 4 décembre ne représente ainsi aucune digue contre une nouvelle vague de droite en Autriche.

    Si, par exemple, aucune réforme du droit des locataires, avec des plafonds de loyer selon les revenus, n’arrive, ou si, les promesses volontaristes en faveur du logement, de logements accessibles, restent lettre morte, ou encore s’il y a des emplois pour toujours moins de personnes, dont elles puissent vivre, alors la perte de confiance à l’égard du système politique établi grandira encore. »

    4 décembre 2016,

    source: solidarite-internationale-pcf

    traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ». Elke Kahr est aussi vice-maire de la ville de Graz (280.000 habitants), où le KPÖ (région de Styrie) est la deuxième force politique aux élections avec 20% des voix.

     

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