• LE PRCF SALUE LE KKE (PARTI COMMUNISTE DE GRECE) A L’OCCASION DE SON CENTENAIRE.(IC.fr-9/02/2018)Un siècle au service de la classe ouvrière, du peuple et de la nation hellénique.

    Un siècle de combats héroïques des communistes, des travailleurs des villes et des campagnes, du peuple grec.

    Un siècle de lutte contre la dictature du capital grec et étranger. Contre les dictatures fascistes de Metaxas (1936 à 1940), des monarchos-fascistes et de la droite dure (de 1944 à 1963), des Colonels (1967 à 1974), un siècle de répression, d’exécutions, de prisons, de camps de concentration, de tortures, d’exil.

    Depuis sa naissance il ya a cent ans le PCG du subir la répression et l’illégalité. Mais malgré cela il su devenir le parti de la classe ouvrière grecque et jouer à tous les moments importants de l’histoire du pays son rôle d’avant-garde.
    Lors de l’attaque de l’Italie fasciste contre la Grèce en octobre 1940, le KKE, hors la loi, violemment réprimé, demande, par la voix de son secrétaire général emprisonné,aux Grecs de combattre l’agresseur fasciste. Il unit le drapeau de la nation et celui de la révolution. Ce faisant il transforme la nature de la guerre qui prend un caractère populaire qui permet aux Grecs de repousser l’attaque mussolinienne, de réaliser l’exploit de faire subir à l’ Axe sa première défaite de la Seconde guerre mondiale et à retarder l’attaque contre l’URSS. Les Allemands ayant été contrains d’aller au secours de leur allié italien et se heurtant à une résistance qui a forcé l’admiration d’Hitler lui-même, et l’a obligé à repousser l’opération Babarossa .

    Un siècle marqué par la Résistance nationale, une des plus puissante d’ occupée.

    C’est le KKE qui est à l’initiative de la création de l’EAM ( Front de Libération Nationale) et de son armée l’ ELAS.
    Dès l’été 1943, l’ ELAS a libéré un tiers du territoire de la Grèce et cela malgré un climat de terreur indescriptible. Le Grèce entière est libérée par l’ EAM-ELAS en 1944, l’ armée hitlérienne étant prise en étau par la Résistance grecque et l’ avancée fulgurante de l’ Armée rouge.

    Sauvagement attaquée par l’ armée britannique de Churchill s’appuyant sur les Kollabos grecs, les Résistants et le KKE tentent de sauver la paix mais la terreur blanche oblige le KKE à reprendre les armes. La guerre civile commence. Les Britanniques sont vaincus mais remplacés par l’impérialisme américain. Truman lance ses dollars, ses avions, son napalm et ses officiers dans la bataille. Le KKE après quatre années de lutte avec l’ AD (Armée Démocratique) est contraint de cesser la lutte armée.

    Viennent des années de combat clandestin, d’une repression sauvage (Beloyannis et ses trois camarades sont fusillés en 1952). Le Parti Communiste de Grèce est traqué ainsi jusqu’à la fin de la dictature des Colonels en 1974 à la chute de laquelle il joue un rôle central avec insurrection de Polytechnique en novembre 1973. Le régime tombe en 1974 et le KKE est légalisé.
    La Résistance nationale (EAM) n’est reconnue officiellement 
en Grèce qu’en 1982 !…

    Depuis le PCG est au premier rang du combat pour une Grèce brisant le carcan de l’ UE, de l’euro, de l’ OTAN et du capitalisme. Pour l’instauration du socialisme.

    Le KKE a su défendre le marxisme-léninisme aux heures difficiles de la victoire de la contre-révolution en URSS comme le “une” de Rizospastis du 26 décembre 1991 le proclame en brandissant fièrement le drapeau rouge frappé des outils “L’espoir est la lutte des peuples”.

    Le PRCF transmet ses fraternels salutations internationalistes à tous les militants du KKE.

     

    VIVE LE CENTENAIRE DU KKE !

     

    La Commission internationale du PRCF, le 9/2/2018

     

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    « Le capitalisme - l'impérialisme sont le passé, le KKE lutte pour le nouveau monde »

    « Un siècle de lutte et de sacrifice, le KKE à l'avant-garde ... ». Ce slogan a retenti dans la ville des ouvriers du Pirée le 22 janvier lors du grand événement organisé par le Comité central du KKE pour le 100e anniversaire de la fondation du Parti.

    Là, au Théâtre municipal, à quelques mètres du bâtiment historique où en novembre 1918 a eu lieu le premier Congrès fondateur du Parti ouvrier socialiste de Grèce (SEKE), qui bientôt a été renommé KKE, le SG du CC KKE, Dimitris Koutsoumpas a présenté la Déclaration du CC publié samedi dernier.

    D. Koutsoumpas a commencé son discours en notant: « Nous vous souhaitons à tous la bienvenue au Pirée, la ville où le KKE est né en 1918, car c’est ici que a eu lieu le premier Congrès fondateur du Parti ouvrier socialiste de Grèce (SEKE), devenu par la suite Parti communiste de Grèce.

    Nous comptons 100 ans de luttes et de sacrifices, restant le seul parti de la société grecque qui est véritablement nouveau. Parce que le KKE est le seul parti luttant pour l'abolition définitive de l'exploitation de l’homme par l'homme.

    En l'honneur du centenaire de la fondation du KKE, nous faisons de notre mieux pour que notre Parti établisse des liens encore plus larges, plus profonds et plus forts avec la classe ouvrière, le peuple grec. Nous donnerons toute notre force pour que, avec de fortes Organisations du Parti, la lutte pour le renversement de la barbarie du pouvoir capitaliste, pour le socialisme, soit renforcée ».

    100 Years KKE, Peiraeus

     

     

    Le programme culturel suivant a présenté une chronique émouvant du voyage héroïque de 100 ans du Parti avec des chansons représentatives, des textes et du matériel audiovisuel.

    Des centaines de travailleurs, de chômeurs, de travailleurs indépendants, de retraités, de cadres du mouvement syndicaliste, de membres du monde de l’Art, de la Culture et du Sport ont assisté à l'événement.

    C'était une grande rencontre : de la nouvelle génération inspirée par les grands idéaux de la lutte pour le renversement du système capitaliste d'exploitation et de la génération héroïque qui a écrit l'Histoire du Mouvement ouvrier et du pays avec ses luttes, de la génération qui a mené la bataille pour que le Parti se tienne debout, pour préserver sa continuité historique.

    Les balcons, la galerie du théâtre municipal étaient bondés, ainsi que la place devant le théâtre, où l'événement a été diffusé en direct sur des écrans TV.

    Tous ensembles, des membres, des amis et des supporteurs du Parti et de la KNE, par leur présence militante, se sont engagés à intensifier les efforts pour renforcer le Parti, tout d'abord dans les lieux de travail, changer les corrélations des forces, regrouper le mouvement, construire l'Alliance sociale, pour que le mouvement ouvrier puisse commencer sa contre-attaque.

    100 years KKE, Piraeus (2)

     

    sources: https://inter.kke.gr/fr &  https://www.initiative-communiste.fr

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  • Nos camarades du PCP () ont adressé un message au secrétaire national du PRCF pour remercier notre organisation dans son rôle d’initiateur et de fédérateur dans l’action de solidarité que nous avons mené le 27 janvier devant l’ambassade de :

    “Au nom du président du Parti et de moi-même, merci d’avoir participé au rassemblement devant l’ ambassade.

    Nous avons vu les vidéo et les photos de l’événement, nous sommes heureux que tant de personnes aient participé à la manifestation”.

    La Commission internationale du PRCF salue l’exemplarité des militants du PRCF et des JRCF particulièrement mobilisés à cette occasion. La Com. internationale souhaite amplifier encore la solidarité avec les camarades polonais menacés par la fascisation en Pologne et travaille pour cet objectif y compris au niveau international.

    VIVE L’ INTERNATIONALISME !

     

    VIVE LE KPP !

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • L’Agenda de la Paix de 2 018, dans sa page du 16 mai, cite la déclaration faite par le 9 mai 1 950, et que voici :

    « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. La contribution qu’une organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d’une unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. »

    Cette citation illustre un court article par lequel son auteur présente tout à la fois Robert Schuman comme un militant pacifiste et l’unification de l’Europe comme le moyen d’assurer durablement la paix.

    En lisant cet article, je me suis demandé quels romans de fiction avaient pu séduire son auteur au point de lui faire prendre le faux pour le vrai, le chef ( re )constructeur de l’Empire européen Robert Schuman pour un homme de paix, et l’unification étatique de l’Europe comme un moyen sûr d’assurer la paix !

    Il faut pour cela qu’il ignore tout, mais vraiment tout, de la vie réelle qui fut la nôtre au lendemain de la Libération de 1 944, et des véritables évènements qui l’ont marquée !

    Depuis des décennies en effet, le premier souvenir de 1944-1 945 qui revient aux survivants, et qu’ils transmettent à leurs enfants est celui d’une fête très amère et très triste : très triste à cause, évidemment, de la mort des nôtres ; mais déjà montait l’amertume, à cause des bruits qui nous parvenaient presque en même temps que la nouvelle de la capitulation allemande. Selon ces bruits, les services secrets et les Etats-majors américano-britanniques s’efforçaient de relancer la guerre en intégrant les restes des armées hitlériennes dans leurs armées, afin de reconquérir les territoires soviétisés par la Révolution de 1 917 à 1 922 et d’y détruire le socialisme, c’est-à-dire, d’y rétablir le capitalisme. De devoir bientôt constater en outre l’incroyable impunité et le retour en activité économique et politique de personnages qui avaient collaboré à un très haut niveau avec l’occupant, au point de s’être rendus coupables de haute trahison, rendait l’amertume insupportable.

    J’ai su plus tard que les bruits concernant le renversement des alliances étaient fondés, que des contacts discrets et au plus haut niveau avaient eu lieu entre l’Etat-major hitlérien et les Etats-majors britanniques et américains, aboutissant à la signature, le 7 mai 1 945 à 2 heures 41 à Reims, d’un acte qui aurait pu passer pour un acte de capitulation séparée si la délégation soviétique, informée en toute dernière extrémité, n’avait pu rejoindre le lieu de la signature.

    Qui était Robert Schuman ?

    Qui était Robert Schuman ? Dans son ouvrage aux origines du carcan européen ( 1900-1960 ), publié par les éditions DELGA en 2 016, Annie Lacroix-Riz présente une relation très documentée de sa carrière, que je résume ici :

    Robert Schuman est né sujet allemand en 1 886 ; il accomplit toutes ses études scolaires et universitaires dans l’empire allemand ( le Deuxième Reich ) ; en 1 914, il est mobilisé dans un service auxiliaire de l’armée impériale ( la Reichswehr ) ; en 1 915, il est détaché dans l’administration civile à Boulay-Moselle. Jusqu’en 1 918, il a vécu comme un bon sujet allemand catholique et loyal à l’Empereur ( Guillaume 2 ), tenant d’une Europe vaticane principalement appuyée sur l’Allemagne. Selon un de ses biographes ( Roth ), aucun membre de sa famille n’a jamais opté pour la France.

    Aussitôt que Robert Schuman fut devenu français, les de Wendel et Seillières le mandatent pour une carrière politique impliquant de diriger en Moselle leur Action catholique lorraine ( ACL ) ; il est élu député dès 1 918 ; l’Action catholique lorraine est tout-à-fait comparable, pour son antimaçonnisme, son antilaïcité, son antisémitisme, son anticommunisme, et à partir de 1 936, son franquisme, aux ligues fascistes qui vont marquer l’entre-deux guerres.

    Robert Schuman adhère dès leur fondation à deux des premières ligues fascistes ( la ligue des Droits du Religieux Ancien Combattant – DRAC, et la Fédération Nationale Catholique du général Castelnau – FNC ), soutient en Alsace le « Heimatbund » financé par le troisième Reich, soutient les séparatismes croates, allemands des monts Sudètes, etc… ; comme député, il pourfend les lois laïques, qu’il qualifie d’« infâmes » et attise sans cesse la question scolaire dans les trois départements revenus à la France en 1 918.

    Il accompagne activement les complots que Philippe Pétain et ses complices fomentent contre la République, devient secrétaire d’Etat aux réfugiés dans le cabinet de Paul Reynaud le 21 mars 1 940 et le restera jusqu’au 13 juillet suivant.

    Donc, Robert Schuman sert le gouvernement Pétain lorsqu’il adresse à l’Etat-major allemand une demande d’armistice, le 17 juin 1 940, ainsi que lorsque le traité d’armistice est signé, le 22 juin 1 940. Le 10 juillet 1 940, il vote, comme tous les siens ( 569 parlementaires contre 80 ), les pleins pouvoirs demandés par Pétain.

    Le 13 juillet, ses mandants et protecteurs de Wendel adressent au chef d’Etat-major allemand un requête de économique dont la conclusion est : « Le but que nous nous proposons correspond entièrement aux vues du gouvernement allemand ».

    En août 1 940, les autorités du Troisième Reich ont de nouveau annexé l’Alsace-Lorraine ; elles autorisent Robert Schuman à revenir en Moselle ; à partir de cette date, sa vie s’entoure d’un épais mystère qui dure deux ans. Il semble avoir été arrêté à Metz et assigné à résidence surveillée en Allemagne. Au début de 1 941, il aurait plaidé sa cause par lettres auprès des chefs hitlériens de Moselle, en les assurant n’avoir rien fait contre l’Allemagne ni contre le Deutschtum avant ou après 1 933, ainsi qu’en arguant de sa formation acquise dans les universités allemandes et de sa tendance naturelle au rapprochement et à la coopération pacifique, etc …


    Ce mystère débouche en août 1 942 sur son arrivée à Lyon, où il est présumé « évadé » ou « réfugié » ; il participe alors à une institution créée dans le cadre de la politique de collaboration pétainiste par le groupement des chambres de commerce d’Alsace et de Lorraine ; un vice-président de cette institution est Hubert de Wendel.

    Lors de la Libération, malgré tout ce passé et le mystère qui en cache une grande partie, Robert Schuman, tout comme le chef d’industrie et de presse Jean Prouvost, fut soustrait aux instructions diligentées par la Haute Cour de Justice et laissé en liberté ; le 15 septembre 1 945, il fit l’objet d’un non-lieu et entreprit alors une ascension vertigineuse : ministre des finances dans le gouvernement Ramadier après juin 1 946, il participe le 4 mai 1 947 à l’éviction des ministres communistes, ce grâce à quoi sont relancées les procédures judiciaires initiées jadis par le gouvernement de Philippe Pétain contre les Résistants, mais que la Libération avait arrêtées ; président du conseil des ministres le 24 novembre 1 947, il organise avec son ministre de l’intérieur Jules Moch la sanglante répression des grandes grèves ; ministre des Affaires étrangères de juillet 1 948 à septembre 1 952, ministre de la justice et garde des sceaux de février à décembre 1 955, président d’un « Mouvement européen » de 1 955 à 1 961, président de l’Assemblée européenne de 1 958 à 1 960. En 1 958, le général De Gaulle redevient président de la République : c’est lui qui met fin aux poursuites pétainistes relancées après juin 1 947 contre les anciens résistants.

    Pendant toute cette période, Robert Schuman apparaît comme un agent de la grande bourgeoisie capitaliste attaché à refondre les organes du gouvernement politique de notre pays de telle manière qu’ils s’intègrent bien dans les organes du futur gouvernement européen eux-mêmes en chantier ; les principales caractéristiques de cette refonte ont été :

    • la substitution de l’hégémonie états-unienne à l’empire allemand sans préjudice de la domination économique du capital allemand sur toute l’Europe ;
    • le renforcement dans toute l’Europe de la répression policière et judiciaire de tous les mouvements populaires de libération qui avaient combattu les armées fascistes et nazies ;
    • l’encadrement de l’évolution des Etats restés capitalistes dans une intention d’hostilité guerrière à l’encontre de l’URSS et des autres pays socialistes, ainsi que dans une représentation de l’humanité fondée dans l’intégrisme catholique et la fidélité vaticane.

    Pour quels motifs, à l’approche de la victoire, les Etats-majors anglo-américains ont-ils tenté en l’absence d’un représentant de l’URSS de signer avec celui du Reich nazi un document qui, en l’absence de la signature soviétique, aurait pu devenir un traité de paix séparée ?

    Le fait est que la guerre avait multiplié la puissance de l’industrie des Etats-unis d’Amérique, et dans une moindre mesure de la Grande-Bretagne, en leur permettant de se débarrasser des machines et des technologies désuètes, ainsi que de serrer au maximum les contraintes matérielles et idéologiques dans leurs empires.

    C’est encore un fait que, tant en Grande Bretagne qu’aux Etats-unis d’Amérique, la guerre avait renforcé les liens étroits tissés entre les « capitaines d’industrie » et les gouvernements : par ces liens, les plus puissants chefs d’industrie transmettaient à leurs gouvernements, et à leurs Etat-majors, la tentation qu’ils éprouvaient de conquérir les territoires de l’Est européen ; la première raison de cette tentation était évidemment la puissance donnée par la guerre au système militaro-industriel des Etats-unis d’Amérique ;

    la deuxième raison était que la guerre avait produit sur l’économie de l’URSS, parce qu’elle était socialiste, des effets exactement contraires à ceux-là : les vingt-trois millions de morts étaient autant de femmes et d’hommes dans la force de l’âge et que rien ni personne ne remplacerait jamais ; les destructions dues à la guerre dans l’ouest de l’Union soviétique furent telles que la crise du logement qui en résultait dans toute l’URSS ne fut pas résolue avant 1 973, et qu’il a fallu y reconstruire de toutes pièces une industrie dans les territoires dévastés en y remontant d’urgence des machines démontées de l’Allemagne de l’est au titre de la réparation des dommages de guerre ; il faut noter que les territoires soviétiques dévastés étaient ceux où l’agriculture produisait le plus, et ceux où avait été développée l’industrie depuis l’empire des Tsars et jusqu’en 1 941 ( veille de l’invasion-surprise de l’URSS par les armées de la coalition nazi-fasciste ).

    Au début de la guerre, l’Union soviétique avait heureusement accompli le véritable exploit de déporter dans l’Oural l’essentiel de l’industrie métallurgique située en Ukraine, puis de bâtir autour d’elle et en Sibérie une puissante industrie sidérurgique et métallurgique tournée vers la production d’armements ; mais les combats coûtaient cher en personnel et en matériel, et parvenue en Allemagne, l’armée soviétique devait combattre pour chaque mètre carré de terrain, pour chaque maison, pour chaque rez-de-chaussée, pour chaque cave ; au lendemain de la victoire, les tâches de la reconstruction de l’ouest de l’Union soviétique imposaient comme une urgence brûlante de bâtir une industrie de paix, ce qui nécessitait de reconvertir vers la paix une grande part de l’industrie de guerre, alors même que les femmes et les hommes nécessaires à toute production manquaient cruellement …

    De sorte qu’une seule conclusion s’imposait aux synthèses de renseignements militaires que produisaient les services occidentaux d’espionnage les mieux informés : l’URSS arrivait au bout de tous ses efforts de guerre possibles, et ne pourrait continuer d’exister que dans la paix.

    L’, une création belliqueuse pour défendre le système capitaliste et attaquer contre l’Union Soviétique

    Des atouts de poids confirmaient la tentation anglo-américaine de continuer la guerre en renversant leurs alliances : les forces armées allemandes, aussi bien la Wehrmacht que la SS, n’étaient pas entièrement détruites : la cessation de toute défense contre les armées anglo-américaines après qu’elles eurent franchi le Rhin n’a pas seulement permis à celles-ci de parvenir en quelques jours et sans pertes sur l’Elbe, où avait été fixé le rendez-vous avec l’armée soviétique : elle a surtout permis à un certain nombre de régiments allemands de se rendre ; ces régiments n’ont en général pas été immédiatement désarmés.

    L’impérieuse tentation ressentie par les capitaines d’industrie des Etats-unis et de Grande-Bretagne devait faire que les Etats-majors anglo-américains évaluent comme une intention du commandant suprême l’éventualité de repartir en guerre contre l’URSS en intégrant les restes des armées hitlériennes : le premier facteur de l’étude, le rapport des forces armées en présence, leur serait évidemment favorable, et défavorable à l’armée soviétique.

    Les Etats-majors devaient alors examiner un autre facteur important dans toute guerre : l’état d’esprit des populations qui habitent les théâtres de la guerre envisagée, tous situés en Europe ; c’est là que le beau projet des capitaines d’industrie a capoté !

    Les populations d’Europe en effet étaient opposées à toute reprise de la guerre ; leurs raisons étaient que beaucoup des membres des peuples de l’Europe connaissaient très bien la contribution majeure de l’Armée Rouge, puis de l’Armée Soviétique à la victoire sur l’empire nazi-fasciste ; que dans l’ouest européen aussi, on avait un besoin vital de reconstruire en paix les pays dévastés, plutôt que d’ajouter les dévastations aux dévastations, et l’injustice profonde au malheur !

    Les bourgeoisies européennes elles-mêmes avaient été diversement affectées par la guerre, par l’action de leurs gouvernements alliés à l’empire nazi-fasciste et par leur participation à son effort de guerre : si la bourgeoisie franquiste espagnole en sortait sans grand dommage, la bourgeoisie italienne avait sauvé les meubles en mettant fin au gouvernement de Mussolini remplacé par le comte Ciano.

    Avant-guerre, la solidarité capitaliste avait porté les plus puissants chefs de la bourgeoisie financière et industrielle française vers une coopération aussi étroite que possible avec leurs collègues allemands et s’était encore resserrée lorsque ceux-ci ont revêtu l’uniforme des dignitaires de la SS ; à l’approche de la défaite du Troisième Reich, la solidarité capitaliste s’approfondissant et s’étendant vers le niveau mondial, la grande bourgeoisie française passait progressivement sous l’égide ( sous le bouclier ) de la grande bourgeoisie états-unienne ; ce faisant, elle ne renonçait pas à gouverner notre pays.

    Mais la bourgeoisie française s’était divisée ; pendant que ses membres économiquement les plus puissants se compromettaient gravement dans la kollaboration avec l’empire nazi, quelques-uns sauvaient leur honneur en préférant suivre le général De Gaulle jusque dans la « belle et bonne alliance » avec l’Union soviétique.

    Divisée avant-guerre, la bourgeoisie britannique s’était regroupée derrière Winston Churchill, sauvegardant sa discipline de classe afin de sauver l’empire de Sa Majesté, c’est-à-dire son empire colonial.

    Quant aux bourgeoisies allemande et autrichienne, privées du bouclier de leurs Etats, elles ne pouvaient plus se refaire que sous la protection du plus puissant de leurs alliés naturels, la bourgeoisie capitaliste des Etats-Unis.

    L’autorité des bourgeoisies européennes sur les peuples de leurs pays était donc diversement et gravement compromise …

    Pour toutes ces raisons, les services d’espionnage états-uniens et britanniques ont estimé que les populations européennes s’opposeraient partout, à des degrés divers, à une nouvelle guerre dont le but serait de détruire le pays qui avait supporté l’effort principal dans la guerre contre le nazi-fascisme : en France, la puissance du mouvement progressiste issu de la Résistance est attestée par les résultats électoraux obtenus par le parti communiste français lors des élections politiques qui ont suivi la Libération de notre territoire, par la persistance de ces résultats après la démission du général De Gaulle ( janvier 1 946 ) et pendant quelques années ensuite, ainsi que par le retentissement de l’appel à la création d’un grand mouvement pacifiste lancé en 1 947 par dix résistants français de grand renom et par l’immense mobilisation populaire au sein de ce mouvement.

    Dans les autres pays d’Europe, divers mouvements d’opinion prenaient des orientations progressistes, notamment celle de défendre la paix ; la défense de la paix prit bientôt la force d’un mouvement mondial, comme le confirme le succès que nous pouvons aujourd’hui considérer comme extraordinaire de la campagne de signatures au bas de l’Appel de Stockholm contre la bombe atomique.

    Tout cela était évidemment observé de semaine en semaine par les états-majors occidentaux pour évaluer l’attitude négative qui serait celle des peuples d’Europe et notamment du peuple de France, en cas de relance de la guerre contre l’URSS ; au mieux, les peuples ralentiraient les mouvements des troupes au point de condamner toute offensive à l’échec, et au pire, ils les immobiliseraient complètement ; aucun général ne peut envisager de faire la guerre dans de telles conditions.

    Il fallait d’abord rétablir la discipline capitaliste dans les territoires européens ; tel était l’objet du Plan Marshall, qui fut aussi le moyen politique d’une première tentative de reconquête énonomique des pays libérés par l’Armée soviétique ou avec son aide ( Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie ).

    Aux origines de l’Union Européenne

    Le Plan Marshall fit l’objet d’une grande campagne de propagande dans toute l’Europe occidentale et centrale ; cette campagne flamboyante avait deux effets : obtenir l’adhésion des gouvernements aux termes d’échanges tout-à-fait inégaux du Plan Marshall, et masquer les premières mesures d’élaboration de l’empire occidental, qui étaient clandestines ; l’élaboration de cet empire aux vues et au su du public était impossible tant que les peuples éprouvaient de la gratitude envers l’ennemi désigné ; les maîtres du capitalisme devaient donc d’abord réprimer cette gratitude et faire naître la haine de l’URSS, tout en encadrant fermement les populations.

    S’est alors développée dans chacun des pays d’Europe occidentale une intense propagande visant à créer l’illusion d’une menace soviétique et communiste pesant sur chacun de ces pays ; il fallait donner à cette illusion une dimension telle qu’elle justifie l’élaboration prochaine d’un Etat capitaliste encadrant l’Europe occidentale, et ayant vocation à encadrer l’Europe entière ; il fallait aussi masquer aux yeux des peuples l’élaboration des premières structures de cet Etat.

    En premier lieu, cette campagne définissait le croquemitaine :

    • elle reprenait et intensifiait le dénigrement de l’URSS que les partis bourgeois développaient avant-guerre, en mettant une très lourde emphase sur la transfiguration des soviets en organes de pouvoir de la dictature personnelle de Staline ;
    • elle relatait de façon mensongère les évènements qui avaient lieu dans les pays qui refusaient d’adhérer au Plan Marshall ( Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie, Pologne, Bulgarie )
    • elle caricaturait les partis communistes en décrivant faussement leurs principes de fonctionnement :
    • elle interprétait le centralisme démocratique comme un principe d’obéïssance au chef,
    • elle interprétait le matérialisme dialectique comme une forme de jésuitisme ;
    • elle niait absolument l’indépendance des partis communistes, faisant d’eux autant de services extérieurs de diable sait quel ministère du gouvernement soviétique.

    En second lieu et au moins en France, cette campagne étendait la définition du croquemitaine, en accusant toutes les associations et autres organisations démocratiques de notre pays de dépendre organiquement du parti communiste français, et donc, d’être autant de services extérieurs de ministères soviétiques ; il suffisait pour subir cette accusation que des communistes soient membres de ces associations ou organisations, et que l’un de ces communistes soit élu dans son bureau ; cela visait :

    • parmi les mouvements de résistance : la CGT, le Front national ( celui de la Résistance ), les FTP-F et FTP-MOI ;
    • dans le mouvement ouvrier : Tourisme et Travail ;
    • dans le mouvement pacifiste : l’ARAC, les associations d’amitié avec les peuples d’Europe centrale et orientale, le Mouvement de la Paix ;
    • parmi les associations de vulgarisation scientifiques : l’Association française des Amis de Mitchourine et de Jean Daniel ;
    • parmi les mouvements d’enfance : l’Union des Vaillants et Vaillantes.

    En troisième lieu, elle assurait au gouvernement bourgeois la liberté de gouverner dans l’intérêt de la grande bourgeoisie capitaliste en adjoignant à tout cela des actes, processus et moyens de répression suivant, qui ont tous commencé de fonctionner au cours des mois qui ont précédé et suivi notre Libération et n’ont pas cessé de produire leurs effets :

    • contre les mouvements de résistance : les militants réactionnaires, miliciens et autres, avaient toujours pris le relais de la diffusion des mensonges que publiaient la SS ou la Wehrmacht en même temps qu’elles accomplissaient leurs crimes de guerre ou leurs crimes contre l’humanité ; ces mensonges tendaient à accuser de ces crimes les communistes et les résistants ; diffuser ces mensonges était un moment essentiel du système de terreur nazi-fasciste, qui accompagnait chaque crime ; remarquons que cette diffusion terroriste a quelque peu diminué lors de notre libération, mais qu’elle n’a jamais cessé : en réalité, les tentatives actuelles de réécrire l’ pour glorifier le nazi-fascisme et le pétainisme en dénigrant la Résistance ne sont rien d’autre que la continuation du terrorisme idéologique dont les nazis accompagnaient chacun de leurs crimes de guerre et de leurs crimes contre l’humanité : elles prolongent la propagande de criminels qui n’ont pas été punis ;
    • contre la culture nationale : en signant les « accords Blum-Byrnes » Léon Blum met en place dès avant que la guerre soit finie un mécanisme qui va faire obstacle à la renaissance du cinéma français ; ce mécanisme bénéficie aussi aux sociétés capitalistes d’édition de disques, qui vont exploiter la sympathie que notre peuple éprouve pour les soldats américains en diffusant massivement leur musique, qui est en général un très bon jazz, mais en le diffusant au détriment des chanteurs français, de nos musiques de concert et de nos musiques à danser ( musette, « variété » et autres musiques nationales et régionales ) ;
    • contre l’instruction publique : une lourde propagande réactionnaire handicape la commission Langevin-Wallon chargée en novembre 1 944 de définir selon le programme du CNR une rénovation complète de notre système scolaire et universitaire ; cette commission n’a pas pu produire le véritable plan de renouvellement que la Résistance espérait : elle n’a pu remettre au gouvernement, début juin 1 947, qu’un schéma de principes théoriques ; après l’éviction des ministres communistes ( 4 juin 1 947 ), le gouvernement cède à la pression réactionnaire, et renonce à réaliser la rénovation du système scolaire et universitaire, jette aux oubliettes les principes inscrits dans le programme du Conseil national de la Résistance ; on ne fera que quelques expériences limitées, sans véritables lendemains, et quelques changements partiels et de pure forme ;
    • au gouvernement : le 4 juin 1 947, les ministres communistes sont évincés ;
    • depuis cette date, l’action du gouvernement français se développe contre le mouvement populaire français :
    • dans l’administration judiciaire de toute la France : les procédures diligentées pour faits de résistance par le gouvernement de Philippe Pétain et arrêtées lors de la Libération du territoire sont relancées à la faveur de l’éviction des ministres communistes ; elles accusent un millier de FTP ( une dizaine en moyenne par département ) et conduisent à leur emprisonnement ; ils resteront dix ans en prison, jusqu’à ce que le Général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1 958, ordonne de les libérer ;
    • les industriels et beaucoup de hauts fonctionnaires kollaborateurs de l’occupant sont amnistiés ;
    • dans la vie économique et sociale : le gouvernement réprime les grèves ouvrières en faisant arrêter et condamner les syndicalistes de la CGT ; il s’attache à aveugler la classe ouvrière et la paysannerie sur les possibilités d’évolution sociale ouvertes tant par la création du régime général de retraites par répartition que par les deux articles du statut d’EDF-GDF qui créent les Caisses d’action sociale de cette entreprise ; à cette fin, il brise l’unité du régime général proposée par Ambroise Croizat et détourne l’attention de tous les travailleurs du fait que le statut d’EDF-GDF aurait permis aux caisses d’aides sociales d’entrer en synergie avec les mouvements associatif, coopératif et mutualiste en vue de toutes sortes d’initiative communales, cantonnales et départementales de progrès tant culturel et social qu’économiques ;
    • en politique générale : les manifestations pacifistes contre le développement de l’OTAN sont réprimées avec la dernière violence, alors même que des groupes terroristes liés à l’OTAN ( « les armées secrètes de l’OTAN » ) commettent des attentats meurtriers, notamment en Belgique et en Italie ; on trouvera des études sans doute partielles de ces activités criminelles dans les ouvrages consacrée aux réseaux Gladio et Stay-behind par quelques auteurs, dont Daniele Ganser : à partir du moment où fut signé l’acte de capitulation des armées allemandes, ces réseaux ont causé de nombreux morts et blessés pour réprimer le mouvement progressiste que les peuples d’Europe de l’ouest avaient développé en prolongement de leurs mouvements de résistance à l’empire nazi-fasciste ;
    • en matière d’instruction publique et d’éducation nationale : au milieu du siècle, l’action gouvernementale met en chantier quatres sabotages : celui de la laïcité de l’école, celui de la cohérence humaniste de nos enseignements généraux héritée de la Troisième République ( notamment en effaçant l’unité de l’organisme vivant des programmes de sciences de la vie et de la terre, et en effaçant la chronologie des programmes d’histoire ), celui de tous les niveaux des enseignements diplômants, ainsi que celui des enseignements professionnels publics, … ;
    • en matière de relations civiques et humaines quotidiennes : depuis quelques années, l’ensemble des mesures par lesquelles nos gouvernements travaillent à généraliser l’enseignement et l’usage de la langue anglaise des affaires au détriment de l’enseignement et de l’usage de la langue française et des langues régionales se présente comme un véritable feu d’artifice du sabotage non seulement de l’enseignement public en France, mais de la culture française dans son ensemble, tant nationale que régionale et locale.

    Dès les premiers mois de ce sabotage général, les idéologues bourgeois ont pris conscience de l’utilité d’élargir la désignation de leur ennemi : les associations accusées d’être inféodées au parti communiste s’en défendaient trop bien, simplement en rappelant que leurs membres ne faisaient qu’exercer leurs droits humains et civiques ; afin de tourner cette défense, les idéologues bourgeois se mirent à distinguer les associations politiques et les associations a-politiques, et se mirent à accuser simplement d’être politiques les associations qu’ils voulaient réprimer : c’est ainsi que désormais, la bourgeoisie au pouvoir admet toutes les associations qui ne font pas de politique !

    En vérité, la bourgeoisie réprime l’activité politique des citoyens afin de réduire le mouvement communiste ; elle révèle ainsi que l’a-politisme n’est rien d’autre qu’un déguisement de l’anticommunisme ; il est remarquable qu’elle assimile ainsi au communisme toute politique que font les citoyens.

    Que les grands notables de la bourgeoisie capitaliste, les principaux chefs de nos plus grosses entreprises, ceux qui gouvernaient notre pays et certains « intellectuels » connus se soient engagés dans le lancement et dans la promotion de la campagne visant à rendre durable l’illusion d’une menace soviétique et communiste montre bien comment les grands bourgeois se situent par rapport à l’éventualité d’une guerre contre l’URSS : les anciens kollaborateurs, profiteurs de la politique de collaboration signée par Pétain et Hitler, voulaient cette guerre ; il est évident qu’ils ne croyaient pas à la menace soviétique ! Ils prenaient par contre très au sérieux la véritable menace que le mouvement populaire faisait peser sur le pouvoir politique totalitaire que leurs biens leur assurent, et par conséquent sur leurs biens : c’est cette menace qu’ils appellent la menace communiste.

    Il faut noter cependant, que lors de la Libération, certains chefs d’entreprise français refusaient la guerre de reconquête des territoires soviétiques : il faut les chercher parmi ceux qui s’étaient ralliés au gouvernement de la France libre présidé par le général De Gaulle ; dans l’après-guerre, ils auraient préféré faire vivre sur le plan économique la « belle et bonne alliance » franco-soviétique ; mais dans le concert tonitruant de la propagande réactionnaire, les liens économiques du capitalisme ne leur laissaient déjà plus la liberté de se faire entendre : peu après la Libération, les bourgeois gaullistes, je veux dire partisans de la « belle et bonne alliance » gaulliste avec l’URSS, ont dû se sentir bien seuls au sein de la bourgeoisie française …

    Une institution supranationale pour renforcer la dictature de la classe capitaliste contre les peuples

    Le gros problème, pour les profiteurs français du système capitaliste, c’était la puissance du mouvement progressiste français ; afin de reprendre le contrôle de la France, ils devaient réprimer ce mouvement : ils se sont d’abord appuyés sur le grand allié états-unien pour évincer les ministres communistes ( 4 juin 1 947 ) ; ensuite de quoi le gouvernement français prit en charge la répression violente du mouvement ouvrier ainsi que la répression judiciaire des témoins de la Résistance …

    Robert Schuman expose la ligne politique de tous ces évènements, que jalonnent d’incessantes provocations anticommunistes, dans un article publié en avril 1 951 dans la Revue de Paris ; on lira cet article en annexe ci-après : Robert Schuman argue d’un danger devant lequel se trouveraient placés les pays d’Europe qu’il dit « libres » : ce danger serait « l’expansionnisme communiste », attesté selon lui par « la présence russe au cœur de l’Europe et plus spécialement au cœur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exercerait sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation », ainsi que par les menaces que feraient peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes. Dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe, les mêmes problèmes résulteraient selon lui de tout cela.

    En vérité, Robert Schuman ne croyait pas davantage que ses mandants à la « menace soviétique » ; il proclamait seulement, en 1 951, que le communisme est violent, expansionniste et étranger à tous les pays dits « libres » ; contre lui, il préconise un Etat supranational, dont l’autorité serait indépendante, car dépendant des intérêts de la communauté supranationale qu’il pose en principe comme distincts des intérêts et des objectifs des nations encadrées par cet Etat.

    Ce projet est en réalité un projet violent et antipopulaire, comme le montre la recommandation que fait Robert Schuman d’exclure tout arbitrage entre les intérêts nationaux et à cette fin, de les fusionner. Mais comment une autorité politique supranationale pourrait-elle fusionner les intérêts nationaux sans faire violence aux peuples ?

    C’est dans ces circonstances que le député Maurice Thorez, qui était secrétaire général du parti communiste français, a prononcé son célèbre discours à l’Assemblée nationale dans lequel il dénonçait la calomnie antisoviétique et en appelait aux intérêts nationaux, lesquels sont portés par chacun des membres des peuples ; il déclarait notamment que le peuple de France ne ferait jamais la guerre au peuple de l’URSS, parce que l’URSS est le pays de la paix.

    Dans un numéro du Social-Démocrate publié le 23 août 1 915, Lénine examinait le contenu et la portée économiques du mot d’ordre socialiste des Etats-unis d’Europe ; il écrivait :

    « Au point de vue des conditions économiques de l’impérialisme, c’est-à-dire des exportations de capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales “avancées” et “civilisées”, les États-Unis d’Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires. »

    Lénine décrit alors ces conditions économiques :

    « Le capital est devenu international et monopolisateur. Le monde se trouve partagé entre une poignée de grandes puissances, c’est-à-dire de puissances qui s’enrichissent dans le pillage en grand et dans l’oppression des nations. Quatre grandes puissances d’Europe : Angleterre, France, Russie et Allemagne, avec une population de 250-300 millions d’habitants et une superficie de près de 7 millions de kilomètres carrés, possèdent des colonies dont la population est d’environ un demi-milliard de personnes (494,5 millions), et la superficie est de 64,6 millions de kilomètres carrés, soit près de la moitié du globe (133 millions de kilomètres carrés sans les régions polaires). Ajoutez à cela les trois pays d’Asie : la Chine, la Turquie, la Perse actuellement déchirées par les forbans qui font la guerre “émancipatrice” : le Japon, la Russie, l’Angleterre et la France. Ces trois pays asiatiques, que l’on peut appeler semi-colonies (en réalité ils sont maintenant, pour les neuf dixièmes, des colonies) comptent 360 millions d’habitants et 14,5 millions de kilomètres carrés de surface (c’est-à-dire près d’une fois et demie la surface de toute l’Europe).

    « Poursuivons. L’Angleterre, la France et l’Allemagne ont placé à l’étranger un capital d’au moins 70 milliards de roubles. Pour toucher un appréciable profit “légitime” sur cette agréable somme, – profit qui dépasse trois milliards de roubles par an, – il existe des comités nationaux de millionnaires, appelés gouvernements, qui sont pourvus d’une armée et d’une flotte militaire et qui “installent” dans les colonies et semi-colonies, fils et frères de “monsieur le milliard”, en qualité de vice-rois, consuls, ambassadeurs, fonctionnaires de toute sorte, popes et autres vampires. »

    Depuis 1 915, la guerre a ravagé toute l’Europe, y détruisant quatre empires ( allemand, austro-hongrois, ottoman et russe ) ; la Révolution socialiste s’est imposée dans les terres de l’ancien empire russe, y a instauré une Fédération ( l’URSS ) et apporté à l’être humain de très importants progrès, puis a été minée de l’intérieur du territoire fédéral par une contre-révolution qui a remis l’économie capitaliste en fonctionnement et disloqué l’URSS.

    De sorte qu’aujourd’hui, l’impérialisme domine à nouveau presque toute la terre, sauf Cuba et la Corée du Nord, et sauf quelques pays tels la Chine, la Russie, le Vénézuéla et d’autres pays dans lesquels le mouvement populaire revendique au moins de limiter les pouvoirs politiques des propriétaires des plus gros capitaux : partout ou presque, l’impérialisme impose aux utopies socialistes les mêmes obstacles réels.

    Nous pouvons donc, et nous devons considérer aujourd’hui comme Lénine le faisait en 1 915, que dans les conditions économiques de l’impérialisme, qui consistent dans le régime capitaliste, l’exportation des capitaux et le partage du monde par les puissances riches qui se prétendent civilisées, les Etats-unis d’Europe sont ou bien impossibles, ou bien réactionnaires.

    Un siècle d’expérience nous donne à constater que Lénine avait raison de réfuter le mot d’ordre des Etats-unis d’Europe : dans le territoire même de l’Union Européenne, l’élaboration de l’Etat supranational n’a jamais été et ne peut être que violence systématiquement faite aux peuples par le gouvernement capitaliste des sociétés.

    Non, Robert Schuman n’était pas un homme de paix, et son œuvre, la construction européenne, n’a jamais assuré la paix : nous avons constaté de nombreuses preuves contraires, notamment en Yougoslavie et en Ukraine, où elle a soutenu et soutient le fascisme dans sa prise du pouvoir et dans la guerre civile par laquelle il tente de se maintenir …

    Annexe

    En avril 1951, La Revue de Paris publie l’article :

    Faire l’Europe

    par Robert Schuman

    « Notre objectif est de réintégrer l’Allemagne dans le circuit productif et économique des pays démocratiques. Les Français, dans leur grande majorité, sont persuadés qu’il ne faut pas recommencer l’erreur commise au lendemain de la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire nous obstiner à chercher une garantie contre la revanche ou contre l’hégémonie allemande dans l’isolement de l’Allemagne, qu’on tiendrait enserrée dans un système de restrictions et de prohibitions. (…)

    « Dans un autre ordre d’idées, les nécessités de la défense des pays libres d’Europe nous amènent à une conclusion identique. Ces pays se trouvent placés devant un même danger : l’expansionnisme communiste. La présence russe au coeur de l’Europe et plus spécialement au coeur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exerce sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation, les menaces que font peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes, tout cela pose les mêmes problèmes dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe. Il faut à ces pays une politique harmonisée. (…)

    « Désormais, les traités devront créer non seulement des obligations, mais des institutions, c’est-à-dire des organismes supranationaux dotés d’une autorité propre et indépendante. De tels organismes ne seront pas des comités de ministres, ou des comités composés de délégués des gouvernements associés. Au sein de ces organismes, ne s’affronteront pas des intérêts nationaux qu’il s’agirait d’arbitrer ou de concilier ; ces organismes sont au service d’une communauté supranationale ayant des objectifs et des intérêts distincts de ceux de chacune des nations associées. Les intérêts particuliers de ces nations se fusionnent dans l’intérêt commun, comme ceux des citoyens se confondent avec l’intérêt national. »

    JP COMBE

    source  https://www.initiative-communiste.fr

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  • Initié par le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), Les Amis d’Edward Gierek et le PRCF, et porté par une dizaine d’organisations, le rassemblement de solidarité avec les communistes polonais a été couronné de succès, ce samedi 27 janvier 2018.

    En dépit de demandes répétées, Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir la délégation qui souhaitait lui exposer ses doléances.

    Solidarité avec les communistes polonais, au nom de l’internationalisme prolétarien

    « KPP, solidarité ! » « Kaczynski fasciste, vive le Parti communiste ! » « Elle est pourrie l’Union européenne qui bénit les fascistes et traque les communistes ! »

    Les slogans fusent. Il est 14h 30 ce samedi 27 janvier 2018 lorsque des dizaines de personnes manifestent devant l’ambassade de Pologne à Paris leur solidarité avec le Parti communiste polonais (KPP) dont deux militants sont poursuivis par la « Justice » polonaise.

    Ils risquent deux ans de prison pour avoir écrit des articles… Pour avoir exprimé une opinion, dans Brzask, la revue du KPP, et sur le site internet d’une organisation pourtant légale ! Quel bel exemple de « démocratie » et de « respect du pluralisme » que cette Pologne de la restauration capitaliste ! A l’ombre des drapeaux rouges marqués du marteau et de la faucille ou aux couleurs du pays de Mickiewicz, les intervenants se succèdent*.

    La situation économique dans cette Pologne capitaliste devenue un « réservoir de main-d’oeuvre taillable et corvéable à merci ». La répression anticommuniste qui affecte non seulement la Pologne, mais aussi la Hongrie, les pays baltes ou encore l’Ukraine. La montée de l’autoritarisme en France même, à travers la criminalisation soutenue du mouvement social (4 300 militants poursuivis dans le cadre de la lutte contre la loi Travail). La fascisation qui « accompagne la marche de l’Europe supranationale et néolibérale » et la nécessaire solidarité internationaliste de classe qui unit les communistes par-delà les frontières. Le ton est à la contre-offensive.

    Un premier pas vers la délégalisation du KPP

    Une représentante du KPP est alors invitée à prendre la parole. Une ovation lui est réservée.

    « En Pologne, on se sent parfois bien seuls, envahis par l’anticommunisme et aux prises avec la démonisation de notre passé et de la Pologne populaire », commente-t-elle. Elle se dit « ravie de vous voir ici. C’est un grand espoir pour nous ».

    Et de rappeler que « ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste en Pologne. Cette accusation est le premier instrument afin d’interdire, de délégaliser le Parti communiste polonais et de criminaliser l’idée communiste ». A ses côtés ont pris position une figure de la résistance communiste en Indonésie, un membre du conseil national du PCF et aussi des « camarades italiens »… Le rassemblement se termine aux sons de La Varsovienne et de L’Internationale interprétée en polonais !

    Manifestations en Europe

    De Varsovie, prévenus du succès de cette mobilisation, les dirigeants du KPP se félicitent ! Des manifestations similaires ont eu lieu à Berlin, Londres, Moscou, Leningrad, Madrid et Barcelone… Une ombre au tableau cependant : Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir une délégation sous prétexte d’un « agenda chargé ». « La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

    Ont successivement pris la parole lors de ce rassemblement : Les Amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), la Coordination communiste 59/62, le Front syndical de classe (FSC), Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), Parti communiste de la Fédération de Russie, Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Parti communiste polonais (KPP).

    JK – pour les amis d’Edward Gierek.

    Le compte rendu et le discours des JRCF

    Depuis presque trois ans nos camarades communistes polonais du KPP sont poursuivis pour avoir écrit un article dans leur journal, un texte qui comparait la situation industrielle sous la Pologne populaire et celle du retour au capitalisme. On leur reproche de faire de la propagande totalitaire, mais pendant ce temps là les mouvements fascistes (qui sont aussi les électeurs du parti Droit et justice au pouvoir) peuvent manifester, se balader avec des symboles fascistes, appeler à un nouvel holocauste, à massacrer leurs ennemis et à une Europe blanche, cela ne pose aucun problème.

    C’est face à cette situation que Les amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste de solidarité de classe et le PRCF ont décidé d’organiser le 27 janvier un rassemblement devant l’Ambassade de Pologne à Paris, pour protester contre cette injuste poursuite d’une justice de classe et montrer notre solidarité avec le KPP.

    Nous étions une centaine de personne et ce fut un beau moment de solidarité internationaliste.

    Dans les autres intervenants nous avons eu l’immense plaisir d’avoir la participation de représentants du PCRF, de la Coordination communiste 59/62, de FVR-PCF, du Front syndical de classe, de deux camarades communiste polonais et aussi, de manière inattendu, d’un camarade communiste russe !

    Les JRCF ont bien sûr prononcé un discours pour assuré de leur soutien les camarades polonais.

    Ce rassemblement n’est pas une fin en soi. Nous rappelons que nos camarades passent en procès le jeudi 1er février prochain. Les JRCF tiennent à rappeler leur engagement contre la répression des communistes partout dans le monde, mais aussi de tous ceux qui sont persécutés pour leurs activités progressiste. Nous tenons donc à rappeler qu’il n’y a pas que la Pologne qui se fascise, car chez nous en France depuis les manifestations contre la loi travail de 2016, plus de 4000 personnes ont été poursuivis pour leur activité syndicale, politique ou associative. Que notre cher président ne trouve rien de mieux que de matraquer les migrants à Calais et d’envoyer au tribunal les personnes qui les aident !

    Hier comme aujourd’hui : SOLIDARITÉ DE CLASSE !  

    source: https://www.initiative-communiste.fr
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  • Chasse aux sorcières en Pologne : la répression des communistes (IC.fr-21/01/2018)

    Le 1er février 2018, s’ouvrira en Haute-Silésie le procès de militants du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / ). En signe de protestation et en guise de solidarité, ce samedi 27 janvier 2018 (1), à l’initiative du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une dizaine d’organisations appelle à un rassemblement devant l’ambassade de à Paris. Historien et géopoliticien spécialiste de l’ centrale et de l’est, Bruno Drweski évoque les enjeux d’un procès appréhendé par les autorités polonaises comme un premier pas vers une délégalisation d’une organisation fondée en 2002.

    http://solidarite-classe.blogspot.fr/2018/01/la-solidarite-internationaliste-comme.html


    Combien de militants du KPP ont été mis en accusation ? Que la « Justice » polonaise leur reproche-t-elle ?

    Il y avait au départ trois militants concernés, mais les accusateurs avaient négligé de bien s’informer puisque l’un des trois accusés était décédé au moment de la rédaction de l’acte d’accusation ; ce qui prouve leur amateurisme. Il n’y a donc plus que deux accusés en ce moment. On leur reproche d’avoir appelé à renverser le système constitutionnel polonais ; ce qui n’a d’ailleurs pas été précisé dans l’acte d’accusation puisqu’on mentionne en bloc l’ensemble de la revue du KPP intitulée Brzask, sans pointer aucun élément précis… Et pour cause ! Aucun de ces éléments n’est en fait condamnable au regard de la loi, le KPP respectant scrupuleusement le fonctionnement légal ; ce qui explique d’ailleurs qu’il ait été légalement enregistré comme parti politique malgré le fait que la Constitution polonaise « interdise les partis utilisant des méthodes fascistes et communistes ». Des « méthodes » que le législateur n’a d’ailleurs jamais été en état de définir.

    Quel est le poids du KPP en Pologne ? De quel courant de pensées se réclame-t-il ?

    Le KPP est un petit parti qui se réfère à l’ensemble du patrimoine de la gauche radicale et marxiste polonaise à partir du Parti social-révolutionnaire Proletaryat des années 1880, de la Social-démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie fondée par Rosa Luxemburg et Feliks Dzierżyński au Parti ouvrier unifié polonais (POUP) des années 1942-1990 en passant par le Parti communiste polonais des années 1918-1938.

    Revendique-t-il l’héritage de la Pologne populaire (1944 – 1989) ?

    Il n’a pas de position unique sur la période de la Pologne populaire qu’il considère comme une période de grandes avancées sociales et économiques parcourues par des phénomènes négatifs que les membres du KPP ont le droit d’interroger dans une vision pluraliste.

    Où est-il principalement implanté ?

    Le KPP a des sections dans plusieurs régions du pays mais son centre d’influence se trouve dans la région de Dąbrowa Górnicza – Sosnowiec de la voïévodie de Silésie appelée depuis la fin du XIXe siècle le « bassin rouge » en raisin du fort radicalisme de ses ouvriers et mineurs. Le KPP appartient à la mouvance des partis de gauche radicaux et marxisants. Des organisations qui existent en Pologne et qui peuvent diverger sur les méthodes et l’analyse du passé, mais qui se retrouvent dans la critique commune de la restauration du capitalisme, de l’anticommunisme et de l’adhésion de la Pologne à l’OTAN.

    D’aucuns prétendent que ce procès est un premier pas vers une tentative de délégalisation du KPP. Qu’en pensez-vous ?

    C’est explicitement ainsi que le considèrent plusieurs dirigeants de l’actuel gouvernement polonais pour qui le fait que ce parti soit légal est inacceptable alors même qu’ils tolèrent les violences commises par des groupuscules d’extrême droite visant les étrangers, les militants de gauche, les féministes, les minorités nationales.

    Cette organisation constituerait-elle ainsi une menace pour le régime ?

    Le KPP ne constitue pas en soi pour le moment une réelle menace pour le régime imposé au peuple polonais en 1989. En revanche le communisme constitue clairement une menace qui explique la constance des campagnes médiatiques visant à la fois le communisme, le passé soviétique, la Pologne populaire, la gauche sociale, le syndicalisme indépendant, les mouvements d’émancipation, les courants libres-penseurs, etc. Toutes les enquêtes sociales montrent, sans aucune exception depuis 1989 jusqu’à aujourd’hui, qu’une majorité (relative sur certaines questions, absolue sur d’autres) de Polonais considèrent que la période de la Pologne populaire a été globalement positive pour le pays et pour leur propre promotion sociale et culturelle. Tout au long des gouvernements libéraux jusqu’en 2015, à plusieurs reprises, des militants syndicaux ou politiques ont ainsi été arrêtés et fait quelques jours de prison puis relâchés.

    Comment la situation a-t-elle évolué depuis le retour au pouvoir de Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość / PiS) à l’automne 2015 ?

    Avec l’arrivée au gouvernement de ce parti d’essence « national-catholique », les choses se sont durcies. Si l’opposition libéral (et avec elle l’Union européenne) considère que l’indépendance formelle du système judiciaire polonais qu’elle n’avait d’ailleurs pas hésité à manipuler quand elle était elle-même au pouvoir, est aujourd’hui menacé, il n’y a en revanche aucune mesure de répressions contre des représentants de cette mouvance libérale. En revanche, depuis plus d’un an, Mateusz Piskorski, un journaliste et politologue polonais activement engagé contre l’appartenance de la Pologne à l’OTAN et contre l’appui à la junte ukrainienne par Varsovie, a été arrêté sans que jusqu’à présent on ne lui présente un acte d’accusation en bonne et due forme ! On l’accuse d’ « espionnage » en faveur de la Russie et de la Chine, alors que ses activités journalistiques étaient publiques et connues ; ce qui est bien sûr tout le contraire de l’espionnage. Au même moment, on a commencé à assister à la dénonciation du KPP puis à la mise en accusation de ses dirigeants.

    Quels objectifs poursuit le pouvoir ?

    Il est clair que ces mesures visent à intimider tous les opposants radicaux aux choix stratégiques, politiques et économiques faits depuis 1988/89. Et aussi à isoler les opposants les plus résolus à essayer de lutter dans le cadre de plus en plus étroit des libertés publiques tolérées. Pour le pouvoir la répression simultanée d’un acteur médiatique et d’un parti se référant au communisme vise à tester la capacité d’unité et de mobilisation des secteurs anticapitalistes et anti-OTAN de la société polonaise. On voit se rejouer en Pologne, en plus « soft » et en plus « smart » selon la formule nord-américaine, la partie si bien décrite par le pasteur Martin Niemöller (2). Ce dernier avait compris que le ciblage par les nazis d’un groupe au départ restreint (syndicalistes, communistes, juifs puis sociaux-démocrates) constituait un moyen de prendre en finale le contrôle total de la société.

    Ces pratiques ont été étendues à d’autres pays européens ?

    En effet, depuis 1988/89, les anciens pays socialistes ou les pays de la périphérie de l’Union européenne comme la Grèce constituent le plus souvent des terrains d’expérimentation pour des pratiques antisociales et antidémocratiques. Des pratiques qui peuvent être ensuite reprises dans les pays du « noyau » occidental de l’Union européenne. Il faut donc pour les élites possédantes partout noircir la mémoire du combat antifasciste, la mémoire de l’Armée rouge, le rôle historique des partis communistes et du camp de la Paix ainsi que de tous les autres mouvements émancipateurs pour pouvoir ensuite s’attaquer aux mobilisations syndicales, politiques, anti-impérialistes, antiguerres, en commençant par faire subir un chantage à l’anticommunisme. La gauche sociale doit comprendre, par-dessus ses différences d’analyses, qu’elle ne peut accepter de se placer au sein du chantage élaboré par les pouvoirs entre extrême droite brûlante et libéralisme glacial. Elle doit reprendre le chemin de l’indépendance et de l’audace. Le chemin de la mobilisation populaire et unitaire ; ce qui implique antiracisme et dénonciation de l’anticommunisme et des aventures impérialistes. Et donc soutien à tous ceux qui s’y opposent.

    Propos recueillis par JACQUES KMIECIAK


    (1) A 14h 30, devant l’ambassade de Pologne, 1, rue de Talleyrand, à Paris (7e).

     

    (2) C’est à Martin Niemöller (1892 – 1984) que l’on doit la fameuse citation : « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • Tout occupé à dissoudre la souveraineté nationale et les acquis sociaux du peuple français dans l' UE  (« défense européenne » intégrée à l’OTAN, «  gouvernement de la zone euro », listes transnationales aux européennes…), Emmanuel Macron voudrait imposer le  drapeau européen, aujourd’hui dénué de statut officiel, comme le drapeau officiel-bis de notre pays. Or, en refusant par référendum la constitution européenne, qui prétendait institutionnaliser le drapeau et l’ hymne européens, le peuple français s’est déjà souverainement opposé à ce coup d’État symbolique le 29 mai 2005.  

    Les signataires de ce texte refusent que cet emblème anti-laïque (renvoyant au drap marial entouré des étoiles apostoliques), supranational (et non « internationaliste ») et antipatriotique, qui sert de référence aux supporteurs de l’UE néolibérale et atlantique, soit imposé à l’ensemble du peuple français.

    Premiers signataires :

    Léon Landini - résistant FTP MOI Commandant de la quatrième compagnie du Bataillon FTP-MOI Carmagnole, à Lyon Président de l’Amicale des Anciens  FTP-MOI de la région Rhône-Alpes.Gand Mutilé de Guerre suite aux tortures endurées au Fort-Montluc à Lyon au cours de son arrestation par la Gestapo.Médaille de la Résistance - président du PRCF
    Antoine Manessis - Commission Internationale du PRCF
    Pierre Pranchère - résistant FTP  - député européen honoraire
    Michel Debray - ancien président de l’Institut Charles De Gaulle.- Amiral
    Fabrice Fernandez, responsable national de Penser la France

    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Le 29 mai 2005 à une large majorité les français ont voté contre le Traité Constitutionnel Européen et donc contre l'article I -8 indiquant :

    "Le drapeau de l'Union représente un cercle de 12 étoile d'or sur fond bleu" et "L’hymne de l’Union est tiré de l’« Ode à la joie » de la Neuvième 

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  • Italie : victoire des syndicats contre les lois travail-par Olivier Doubre (politis.fr-21/04/2017)

    Les organisations syndicales italiennes ont contraint le gouvernement à abolir deux dispositifs néfastes pour les salariés : les chèques services et l’irresponsabilité des donneurs d'ordre.

    Equivalent de la CGT française, la CGIL avait déjà remporté il y a quelques mois la bataille des signatures pour imposer un référendum abrogatif sur certaines dispositions des « lois travail » transalpines : 1,1 million de personnes (500 000 suffisent selon la Constitution) avaient ainsi signé pour abroger ces lois iniques votées d’abord par le gouvernement Berlusconi en 2008 puis renforcées en 2015 par Matteo Renzi – et à côté desquelles la loi El Khomri passerait pour timide.

    La Cour constitutionnelle avait alors validé le principe du référendum, fixé au 27 mai prochain. Celui-ci devait supprimer en particulier le recours aux fameux « vouchers », ces chèques services (de 10 euros de l’heure) avec lesquels les employeurs pouvaient rémunérer les précaires pour quelques heures de travail (avec des cotisations sociales ultraréduites), mais aussi abroger le principe de non-responsabilité des donneurs d’ordre dans un contrat de sous-traitance ne respectant pas le droit du travail.

     

    Le gouvernement de Paolo Gentiloni, successeur de Renzi à la présidence du Conseil suite à l’échec de ce dernier à faire approuver une réforme constitutionnelle en novembre dernier (également) par référendum, n’avait aucune envie de prendre le risque d’une nouvelle consultation populaire.

     

    Le Parlement italien a donc voté mercredi 19 avril dans la soirée un texte gouvernemental abolissant les vouchers – dont l’utilisation avait été multipliée par 270 entre 2008 et 2016 ! – et rétabli la responsabilité des donneurs d’ordre. Le référendum du 27 mai n’a donc plus lieu d’être, les syndicats se félicitant de cette issue après des mois de lutte sur ces deux points.

     

    Le très social-libéral Parti démocrate, dont une partie de l’aile gauche a fait scission il y a quelques semaines, s’évite ainsi une campagne sur une des lois phares (mais honnie dans la population, surtout des précaires) de l’ère Renzi, alors que des primaires internes au parti doivent avoir lieu le 30 avril en vue de rétablir l’ancien président du Conseil au poste de secrétaire général de la formation. Des circonstances qui ont permis cette victoire syndicale, hautement symbolique.

    Olivier DOUBRE

    source: https://www.politis.fr/   (21 avril 2017)

     

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  • Communiqué

    de la Commission Internationale du PRCF

    L’ ne manque pas une occasion pour montrer sa nature de classe.

    En effet l’Union Européenne refuse de reconnaître l’Assemblée constituante récemment élue au et fait à grand bruit part de sa préoccupation sur le “sort de la démocratie” au .

    L’UE piétine les votes des électeurs

    Il est vrai que le célèbre axiome anti-démocratique de Juncker “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens” s’exporte partout : que la Crimée vote massivement pour son intégration à la Russie, que les Syriens décident de leur chef d’État, que les Vénézuéliens votent pour une Constituante, rien n’y fait : l’ UE décide ce qui est démocratique ou pas, y compris en Europe quand les peuples boycottent massivement le pseudo-parlement européen . Que les Français, les Hollandais, les Grecs votent NON à l’UE, rien n’y fait. L’UE se fiche éperdument du vote des citoyens, de la souveraineté des peuples.

    En fait l’UE est par nature anti-démocratique. Son histoire, ses actions, sa vocation, ses objectifs, sa nature de classe démontrent ce fait fondamental : l’Union Européenne est une arme politique, économique, idéologique du grand capital, par le grand capital et pour le grand capital. C’est pourquoi l’objectif de sortie de l’UE et de l’euro par la porte de gauche possède un véritable potentiel révolutionnaire.

    Union Européenne, dictature du Capital ou démocratie avec le Venezuela Bolivarien ?

    Reprenons l’exemple du Venezuela : qu’est ce qui est démocratique ? Une politique favorable aux intérêts populaires ou une politique dédiée au grand capital ? La démocratie c’est la pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple donc elle s’oppose par nature aux puissants, aux riches, aux possédants. Or Chavez et Maduro ont mené une politique favorable aux masses populaires même si on peut penser que le processus révolutionnaire engagé au Venezuela doit désormais se fixer plus clairement l’objectif du socialisme et les mesures concrètes que ce choix implique : appropriation collective des moyens de production et d’échange, pouvoir du peuple, fin de tous les obstacles et tracasseries opposés à l’organisation du PCV dans les entreprises et dans le pays.

    Laisser les moyens à l’oligarchie de mener sa politique contre-révolutionnaire est donc anti-démocratique. Laisser les grands intérêts capitalistes préparer une société de chômage et de misère pour le peuple et d’une richesse insolente pour les multi-milliardaires et leurs valets est anti-démocratique. Laisser le grand capital vendre la patrie à l’impérialisme est anti-démocratique et défendre la souveraineté nationale-populaire est démocratique.

    La démocratie a donc nécessairement et inéluctablement un caractère de classe. Ce que les traîtres réformistes sont incapables d’assumer comme on le voit avec indignation sous la plume de Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député (PCF)-PGE au Parlement européen. Tourner le dos à Jaurès, fondateur de l’Huma, à Vaillant-Couturier, à Sampaix, à Cachin… ne gêne évidement pas la clique de P. Laurent. Ajouter leur voix à la meute déchaînée de la contre-révolution ne les gêne pas non plus : lorsqu’on a renié ses idées, la dignité et l’honneur ne sont que de vains mots.

    Le combat des communistes du PCV, des patriotes et progressistes bolivariens, le combat de la Constituante, le gouvernement Maduro, voire la mise hors d’état de nuire des Pinochet locaux qui ont déjà causé des flots de sang et qui ciblent les forces populaires et constitutionnelles, sont éminemment démocratiques.

    source: https://www.initiative-communiste.fr

     

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  • En Europe, une fenêtre est ouverte pour une alternative de gauche radicale, de rupture anticapitaliste, internationaliste, anti-impérialiste, féministe, écologiste... |1| Cependant, si la gauche radicale, comme cela s’est passé en Grèce, ne respecte pas ses engagements, s’adapte à la gestion de l’austérité et à la poursuite des réformes néolibérales, cette fenêtre va se refermer et de nouvelles perspectives favorables se présenteront pour l’extrême droite et la droite dure |2|. Une force de gauche qui prétend parvenir à un changement doit s’engager à désobéir aux institutions européennes et aux créanciers, à mobiliser les citoyens et à rechercher la solidarité entre les peuples. Pour les pays périphériques comme la Grèce, la désobéissance implique la suspension du paiement de la dette pour avoir une marge de manœuvre afin d’investir dans la relance de son économie et dans la satisfaction des droits humains fondamentaux. Il est nécessaire de construire un rapport de forces face aux créanciers pour les obliger à s’asseoir à une table de négociations et leur imposer les solutions qui respectent les droits des peuples.

    L’alternative de gauche radicale en Europe

    Il n’a manqué que 1,7% des voix à Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise pour parvenir au second tour |3|. Aux États-Unis, si Bernie Sanders avait été le candidat face à Trump, il est probable qu’il aurait gagné. Avec 800 000 voix supplémentaires, le parti travailliste de Corbyn aurait pu gagner face au parti conservateur en juin 2017. Corbyn a fait une campagne fort marquée à gauche, en rupture totale avec l’orientation de Blair. Il avait choisi de donner une orientation internationaliste au Brexit avec une campagne économique de renationalisation. En Irlande du Nord, le Sinn Fein est passé de 4 à 7 députés. En Belgique, dans les sondages, les intentions de vote en faveur du PTB augmentent fortement. Tous ces exemples montrent bien que dans une partie de l’Europe, il y a une recherche de la part d’une partie importante du peuple d’une orientation de gauche radicale, de rupture anticapitaliste, internationaliste, anti-impérialiste, féministe, écologiste...

    Des gouvernements du changement

    Le problème réside dans la capacité qu’a l’État capitaliste à tous ses niveaux de pouvoir d’absorber la gauche radicale quand celle-ci gagne des positions dans les conseils municipaux et dans les parlements. Depuis mai 2015, dans l’État espagnol, des gouvernements du changement sont parvenus au pouvoir au niveau municipal. La marge de manœuvre des municipalités est très limitée : en raison de l’obligation du paiement de la dette, les services publics qui peuvent être remunicipalisés après avoir été confiés au privé sont extrêmement limités puisqu’ils ne peuvent investir des moyens importants pour la remunicipalisation.

    À Cadix, a eu lieu début juin 2017 la rencontre des municipalités contre la dette illégitime et les mesures d’austérité. Cette initiative a été lancée en novembre 2016 à partir du manifeste d’Oviedo qui réclame l’audit de la dette pour en déterminer la part illégitime. Ce manifeste « demande » aux municipalités fortes (Ahora Madrid, Barcelona en común...) de s’unir aux municipalités de taille moyenne et petite, étranglées par la dette, pour faire face au gouvernement. Si les gouvernements du changement optent uniquement pour agir comme de meilleurs gestionnaires de la misère des finances publiques, cela va être frustrant. S’ils combinent la meilleure gestion avec la réalisation d’une alliance des municipalités pour affronter ensemble le gouvernement espagnol alors il y a une alternative possible.

    Les leçons de la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras en Grèce

    Une force de gauche qui prétend au changement doit s’engager à désobéir, à mobiliser les citoyens et à rechercher la solidarité des autres peuples. Si elle arrive au gouvernement, elle se doit de désobéir aux traités européens, aux diktats de la Commission européenne et des créanciers. Le cas grec en est l’exemple contraire. Tsipras est parvenu fin janvier 2015 au poste de premier ministre avec un appui populaire très fort mais il a fait le pari de maintenir une bonne relation avec la Commission européenne à travers des négociations interminables tout en continuant à payer la dette. Il pensait qu’il pourrait parvenir ainsi à une réduction importante de la dette, concédée par les autorités européennes. Cela n’est pas possible. L’Union européenne n’est pas réformable. Un gouvernement du changement doit utiliser la marge de manœuvre qui découle de l’appui populaire dont il bénéficie pour affronter la Commission européenne avec des arguments de justice sociale et la volonté d’en finir avec l’austérité. C’est là l’option de la désobéissance.

    Une seconde leçon est qu’un gouvernement du changement doit s’engager à mobiliser les citoyens de son pays et du reste du continent. Tsipras et Varoufakis voyageaient régulièrement à l’étranger pour négocier avec des représentants de la Commission ou du FMI sans mobiliser le peuple grec, ni en appeler aux peuples européens à se solidariser avec les Grecs pour affronter la Commission européenne. Si Tsipras avait informé l’opinion publique en permanence du contenu réel des négociations et du chantage auquel son gouvernement était soumis, s’il avait convoqué des mobilisations, s’il avait adopté un discours offensif appelant les peuples d’Europe à se mobiliser pour des objectifs communs, la situation aurait été radicalement différente. La Grèce, un des pays les plus faibles et périphérique de la zone euro aurait été – en suspendant le paiement de la dette - en condition de gagner la bataille contre la Commission européenne.

    Pour payer la dette, Tsipras a vidé le Trésor Public et exigé des administrations et entreprises publiques qu’elles transfèrent leurs liquidités à la Banque centrale. À cause de cela, il n’avait plus de ressource pour financer un plan d’urgence humanitaire à un niveau suffisamment important. Entre février et juin 2015, la Grèce a payé 7 milliards d’euros à ses créanciers sans recevoir un euro en contrepartie. Pendant ce temps, la BCE a utilisé tous les moyens de pression dont elle disposait. Dès le 4 février 2015, alors que le gouvernement Tsipras n’avait qu’une semaine d’existence, la BCE a bloqué les liquidités à l’égard des banques grecques ne mettant à leur disposition que les liquidités d’urgence bien plus coûteuses. Quelques mois plus tard lorsque Tsipras a convoqué le référendum, la BCE a également bloqué les liquidités d’urgence et le gouvernement grec a dû fermer les banques. La BCE a utilisé tous les moyens dont elle disposait contre le gouvernement de Tsipras tandis que lui n’en a utilisé aucun. Malgré le chantage auquel il était soumis, le peuple grec a rejeté massivement les exigences des créanciers le 5 juillet 2015. Tsipras a trahi ce mandat.

    Pour les pays périphériques comme la Grèce, la désobéissance implique la suspension du paiement de la dette pour dégager une marge de manœuvre pour investir dans son économie.

    Il faut combiner à cela d’autres mesures unilatérales : le contrôle des capitaux, la socialisation du secteur bancaire et l’augmentation du déficit budgétaire pour augmenter les dépenses publiques. C’est possible et nécessaire. C’est vrai que cela peut déboucher sur l’expulsion de la zone euro, même si les statuts de l’eurozone ne le prévoient pas puisque c’est à chaque pays de décider si il quitte ou non l’union monétaire. Je pense qu’avant de sortir il faut désobéir et ouvrir une marge de manœuvre pour activer une transition dans laquelle il est possible d’accumuler des forces et de maintenir l’appui populaire par la mobilisation, la participation et l’auto-organisation populaire.

    C’est une option radicale et un gouvernement peut prendre des mesures fortes si il est parvenu à convaincre les citoyens de la nécessité d’une telle perspective : il y a des secteurs stratégiques qui doivent être transférés au secteur public. La santé, l’éducation, l’énergie ou le secteur financier privé doivent être transférés au secteur public. Les pouvoirs publics ont besoin d’instruments pour investir massivement dans la transition écologique et cela implique de socialiser le système bancaire.

    L’Union européenne n’est pas réformable. Il faut donc mener la bataille à son encontre et montrer aux peuples qu’il y a des possibilités en utilisant la capacité de prendre des mesures unilatérales souveraines.


    Traduction de l’espagnol : Virginie de Romanet en collaboration avec la rédaction du site CADTM.

     Source orginale : Manu Robles-Arangiz Institutua

     Notes

    |1| Ce texte correspond à la conférence donnée lors de la conférence internationale organisée à l’occasion du congrès statutaire de ELA, le principal syndicat basque, qui est un partenaire du CADTM international depuis une quinzaine d’années.

    |2| Cela ne concerne pas que l’Europe. En Amérique latine, au Brésil, la politique désastreuse appliquée par le Parti des Travailleurs au pouvoir entre 2003 et 2016 a permis à la droite de revenir avec force au gouvernement.

    |3| Ce qui importe dans le résultat de la campagne de JL Mélenchon et de la France Insoumise, c’est qu’elle a été perçue comme une rupture à gauche par rapport aux trahisons du PS et qu’elle a mobilisé des dizaines de milliers de citoyens et de citoyennes dans des rassemblements massifs.

    Auteur:

    L'Union européenne n’est pas réformable, il faut désobéir-par Eric Toussaint (cadtm.org-25/07/2017)Eric Toussaint, docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est l’auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.

    source: http://www.cadtm.org

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  • Communiqué de la Commission internationale du PRCF

    GRAVES MENACE SUR LE PARTI COMMUNISTE DE .

    Nous apprenons que de graves menaces pèsent sur l’existence légale du PC Polonais (KPP).

    Le pouvoir cléricalo-fascisant du PiS (Droit et Justice), qui déjà, poursuit des militants du KPP devant les tribunaux, est en train de monter un dossier pour obtenir l’interdiction du KPP. C’est le ministère de la justice qui prépare ce mauvais coup contre la démocratie.

    Le pouvoir tente de présenter le programme du PC comme anti-constitutionnel en s’appuyant sur l’article 13 de la Constitution qui condamne “les pratiques du système totalitaire”. L’utilisation du symbole ouvrier et paysan de la Faucille et du Marteau étant utilisé pour “démontrer” le lien entre le PC de Pologne et le .

    C’est la Cour constitutionnelle qui tranchera sachant que le ministre de la justice est également procureur général et que les membres de cette Cour constitutionnelle ont été nommés par le pouvoir PiS…

    Cette grave attaque contre le KPP et les libertés démocratiques en Pologne est le symbole de ce qu’est aujourd’hui l’UE : la Grèce matraquée à mort par une austérité sauvage et les libertés de pensée et d’organisation niées en Pologne.

    Le PRCF appelle tous les démocrates à protester contre cette menace auprès de l’ ambassade de Pologne à Paris : paris.amb.info@msz.gov.pl

     

     

    Poème de Martin Niemöller

    Quand ils sont venus chercher les communistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’étais pas communiste.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas juif.

    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas catholique.

    Puis ils sont venus me chercher,
    Et il ne restait personne pour protester

     

    source:  initiative-communiste.fr

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