•  La gauche européenne, du PCF à Tsipras, pour sauver l’UE avec Macron… … au nom évidemment du danger d’extrême droite chanté sur tous les tons.

    En vue des prochaines élections au parlement européen, toutes les formations qui veulent présenter une posture responsable cherchent des alliances européennes pour afficher un front « cohérent », même si parfois les blocs sont faits de bric et de broc… Le « parti de la gauche européenne » est un bon exemple. Dans un projet de manifeste, il se présente comme « la seule alternative » face aux conservateurs et à l’extrême droite. En réalité, la gauche européenne est aujourd’hui préoccupée par les moyens à mettre en oeuvre pour tenter de sauver l’UE que les peuples, à chaque occasion, rejettent massivement.

    De la crise à son traitement

    La langue de bois dont les effets dévastateurs ne sont pourtant pas à démontrer a toujours libre cours. Le projet de manifeste de la gauche européenne dénonce « les politiques d’austérité, trop liées au dogme néolibéral qui impose des mesures criminelles […] au cœur des problèmes que nous rencontrons ». La Gauche européenne estime que l’UE « est encore empêtrée dans une crise économique, sociale et politique profonde », qui a généré une hausse de popularité de l’extrême droite et une crise de la social-démocratie partout en Europe.

    Comment ne pas mieux dédouaner l’UE et ses supporters en faisant porter la responsabilité sur « la crise » qui viendrait d’on ne sait où, alors que l’union européenne en est la cause première, génératrice, coupable par les services rendus au capital financier au détriment du travail et des travailleurs, jeunes, retraités ou salariés dans chaque pays. Assez logiquement donc, le manifeste de la gauche indique que « la gauche doit devenir un équivalent fort et une alternative politique au nationalisme et au racisme de l’extrême droite, ainsi qu’aux politiques néolibérales », ce qui en d’autres termes est la politique suivie depuis des années par la gauche française qui sur tous les tons a voulu promouvoir la transformation de l’UE pour une « Europe sociale », une « Europe plus juste » , une « Europe plus solidaire », autant de formules n’ayant d’autre objectif et d’autre effet que de maintenir l’UE ébranlée par la volonté et le mouvement des peuples.

    Les socialistes en modèle?

    La politique menée par le PS a été sanctionnée par les électeurs. Après l’effondrement de Hollande, après la déroute de Hamon, la politique du PS a permis l’élection de Macron dés le premier tour puisque la partie était jouée avec Marine Le Pen au second.

    En Italie, Mateo Renzi le pro européen a été défait par la coalition Liga-5 étoiles, baptisée « populiste », « nationaliste », voire « fasciste », alors que sur le fond social elle s’affirme mille fois plus à gauche que la gauche officielle. Les dernières mesures du gouvernement actuel en témoignent. Alors qu’il laisse courir les déficits pour satisfaire les intérêts du peuple italien, c’est la social démocratie, Renzi en tête, qui condamne cette politique pour « défaut de rigueur »… La gauche s’affirme ainsi partisane de l’austérité lorsque le gouvernement italien -sous l’impulsion principale du M5S- défie Bruxelles sur son budget…

    « L’absence d’une réponse humanitaire et solidaire à la crise des réfugiés a favorisé l’émergence d’une UE plus raciste et xénophobe », soulignent les auteurs du manifeste qui emboitent le pas d’Emmanuel Macron en instrumentalisant les migrants pour définir d’une part les « progressistes » , d’autre part les « populistes », cela indépendamment des politiques mises en oeuvre. La question des migrants, la substitution d’apparents « bons sentiments » à toute politique permettant de comprendre et de répondre au phénomène migratoire, dans l’intérêt des migrants eux-mêmes, des peuples d’Europe et des différentes nations, sert de maitre étalon de la politique dite « de gauche ».

    Gauche européenne et Macron

    Emmanuel Macron et la gauche européenne sont engagés sur la même ligne. D’un côté les « progressistes », les « démocrates »… De l’autre les « populistes », « l’extrême droite », les « fascistes ».

    Ainsi, Dimitris Papadimoulis, eurodéputé Syriza, estime nécessaire d’établir une alliance très large, « de Macron à Tsipras », afin de contrer l’émergence de l’extrémisme de droite. Quelle évolution! Et quelle leçon! Syriza qui a représenté un temps la résistance à la politique de l’UE, qui ensuite a capitulé devant la troïka et mis en musique la partition dictée par la BCE, le FMI et la Commission Européenne, prend l’initiative de l’union la plus large, jusqu’à Macron, non pour s’opposer à la prétendue menace d’extrême droite, mais pour tenter tout simplement de sauver l’union européenne mise à mal par les peuples qui à chaque occasion, dans tous les pays, la rejettent massivement.

    Si les élus de gauche et socialistes ne sont pas contre cette idée en ce qui concerne la protection des valeurs européennes, ils se disent « sceptiques » quant aux projets sociaux du président français. Ainsi surfent-ils sur la perpétuelle escroquerie qui voudrait séparer les politiques nationales des directives et décisions prises au niveau européen. Pour l’essentiel, les unes procèdent des autres. La politique européenne de Macron et de ses partenaires détermine celle qui est mise en pratique au niveau national. N’est-ce pas une fausse pudeur que de vouloir l’une et de s’inquiéter de l’autre?

    Tsipras en fer de lance et Mélenchon en coeur de cible

    Tsipras, en chef de la gauche européenne -ce qui en soi est déjà tout un programme- affirme que le scrutin des européennes « ne sera pas seulement une élection de plus, ça sera un combat de principes et de valeurs ». Comble de l’ironie, c’est celui qui dans un premier temps avait proposé à son peuple de voter pour rompre avec l’UE, qui ensuite avait bafoué la décision du peuple grec, qui aujourd’hui appelle toutes les forces progressistes, démocratiques et pro-européennes à s’unir et à combattre « le néolibéralisme extrême et le populisme d’extrême droite » pour ne « pas laisser l’Europe glisser vers le passé. »

    La gauche européenne veut resserrer ses rangs pour que l’alliance des « progressistes » contre les « populistes », donc l’alliance avec Macron et compagnie pour sauver l’UE, soit sans faille. Du coup, pour « la gauche européenne » et donc pour ses représentants en France, Jean Luc Mélenchon et la FI deviennent « l’ennemi » à atteindre. Alors qu’ils viennent d’être la cible des attaques politico-judiciaires de la part du gouvernement, les Hamon, Laurent, Faure, Brossat et compagnie ont assuré le service minimum dans la solidarité lorsqu’ils n’ont pas donné le baiser qui tue ou encore simplement gardé le silence. L’attitude de Mélenchon le jour des perquisitions, quoi qu’on pense de son aspect opportun, a été plus proche de la colère réelle du peuple contre la politique macronienne que des préoccupations d’une « gauche » qu’il ne sert à rien de vouloir rallier, puisque par définition elle se range sur le fond dans le camps présidentiel des « progressistes » contre les « populistes », c’est à dire contre le peuple.

    Gabriele Zimmer qui dirige le groupe du parti de la gauche européenne, cible Jean Luc Mélenchon directement, après la création du mouvement « Maintenant le peuple » en vue des élections de 2019. « Il doit comprendre que ses choix nuisent aux autres acteurs de gauche et que c’est problématique » dit Zimmer avant de poursuivre « J’attends de lui qu’il en fasse plus avec les autres dirigeants de gauche et qu’il n’attaque pas les autres simplement parce qu’il n’est pas d’accord. »

    Outre le « simplement » qui a quelque chose de succulent, du point de vue de « la gauche » dont le programme est conditionné par la défense de l’UE, la position de Zimmer est cohérente.
    Mais du point de vue des peuples, de la désobéissance aux traités, de la rupture avec l’UE avant qu’elle ne se disloque dans les pires conditions, prise dans ses contradictions internes, il en est tout autrement. Que valent les références à la « Gauche », dont le programme impose la soumission au capital financier, qui redouble d’efforts pour tenter de sauver l’UE? Que valent les appels à faire barrage à l’extrême droite lorsque celle-ci n’est que le produit de la politique de l’UE, lorsqu’en Italie le gouvernement décide de désobéir dans les faits aux diktats de l’UE en matière budgétaire, décide d’engager une épreuve de force avec Bruxelles au nom des intérêts du peuple italien? Là encore, « gauche » et « gauche de la gauche » font de Mélenchon une cible pour sa position sur l’Italie, conforme au combat déclaré contre l’UE et sa politique austéritaire et aux intérêts du peuple italien…


    Jacques Cotta
    Le 3 novembre 2018

    source: http://la-sociale.viabloga.com/

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  • Grèce : levée de la tutelle de l’ UE ? (PRCF 22/08/2018)

     

    Déclaration de la Commission internationale du PRCF  22 août 2018

    Grèce : levée de la tutelle de l’ UE ? (PRCF 22/08/2018)

    Grèce : levée de la tutelle de l’ UE ?

     

    Des blagues, des “fake news”, des médias-mensonges, du bourrage de crâne…, appelons cela comme on voudra, toujours est-il que la campagne propagandiste menée sur tout les médias-chiens de garde atteint des sommets d’indécence et d’obscénité. Macron en est le chef d’orchestre: ” La fin aujourd’hui du plan de soutien signe pour le peuple grec la sortie de la crise qu’il a affrontée avec un courage et une dignité qui forcent le respect. La France demeure à ses côtés pour que nous construisions ensemble, avec nos partenaires, l’avenir de l’.”

    La  “sort de la tutelle budgétaire imposée par l’UE et le FMI ” il y a huit ans en échange de trois plans d’austérité. De qui parle-t-on ? D’un enfant, d’un malade, d’un aliéné ? Non on parle d’une nation et d’un peuple. D”un peuple qui outre son histoire et son legs à l’humanité toute entière a su montrer au monde durant la Deuxième guerre mondiale ce que Résister veut dire. La BBC proclamait : “Désormais on ne dira plus : les Grecs se battent comme des héros mais les héros se battent comme des Grecs”. 574.000 Grecs sont morts durant le conflit pour une population de 7 millions. A comparer avec la France 541.000 morts pour 41 millions, les Etats-Unis, 418.000 morts pour 130 millions… Ces chiffres donnent une idée de la Résistance de masse qui fut celle des Grecs. C’est ce peuple-là que l’UE et l’Allemagne revancharde ont mis “sous tutelle”.

    Tsipras, le traître, et sa clique vendue au grand capital grec et européen, a violé la décision souveraine du peuple grec lors du référendum du 5 juillet 2015 qui avait voté OXI (NON) à 61,31% au diktat de l’ UE.

    Il a imposé à ses citoyens sur les ordres des bouchers de l’UE, de la BCE et du FMI la baisse drastique des salaires (entre 25 et 50%), des pensions de retraite (de 50%), il a privatisé tout le pays, les capitalistes allemands, français, chinois ont fait main basse sur les richesses de la Grèce. La santé publique et la Sécurité sociale ne sont qu’un souvenir. L’espérance de vie a chuté. En effet d’après l’Insee, le premier signe des conséquences de l’austérité est sans doute à trouver dans l’espérance de vie en bonne santé, calculé par Eurostat. Un indicateur qui baisse en Grèce entre 2007 et 2013 : de 67.6 ans à 65.1 ans pour les femmes et de 66 ans à 64,7 ans pour les hommes. La moitié des Grecs vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Le nombre de suicides a augmenté de 35,7%. Le chômage est à 22% (premier trimestre 2018), le taux le plus élevé en . Des centaines de milliers de Grecs, dont une majorité de jeunes, ont quitté le pays pour gagner leur vie tant bien que mal. Et les choses ne font que s’aggraver.

    Sur la dette, il n’est pas question d’un allégement. Bref rien ne changera en Grèce et la loi d’airain de l’ UE capitaliste, le talon de fer du capitalisme, continueront à peser sur le peuple grec. Comme l’ a dit le “salopard” Moscovici – comme l’avait qualifié Jean-Luc Mélenchon -, il faut « garantir aux créanciers et aux investisseurs que la Grèce continuera à respecter ses objectifs budgétaires convenus ».

    C’est l’ Union Européenne qui impose cette politique, tutelle formelle ou pas. Et qu’il faut briser.

    C’est de l’ Union Européenne que les peuples d’Europe doivent sortir.

    Plus que jamais, l’UE, pour s’en sortir, il faut en sortir : et tôt ou tard, ne pas en sortir, c’est prendre le risque majeur d’ « y rester »

    Il n’y a pas d’autre moyen, pas d’autre plan, pour se libérer de la tutelle mortelle de l’UE du grand capital.

     

    La Commission internationale du PRCF-22 août 2018

    Source: https://www.initiative-communiste.fr/

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    Il est un certain nombre de groupes politiques, dont certain se réclament même du communisme comme le PCF, qui refusent encore malgré l’expérience historique des ravages de l’, de se mobiliser pour la sortie de l’. Certains appelent ainsi à la réforme de la Banque Centrale Européenne ou à des réformes de la monnaie unique. Si le PRCF explique depuis sa création en 2004, et dans la continuité du combat de toujours des communistes, que sortir de l’ est un impératif pour permettre de développer des politiques de progrès social, de plus en plus de voix s’élèvent pour faire ce constat. Et pour démontrer qu’une réforme de la BCE ou de l’ est de la poudre aux yeux. En effet, sur le plan opérationnel, il faudrait l’unanimité des états membres de la zone  pour réformer la BCE et l’ et les traités instituant l’ interdisent tout contrôle populaire sur l’outil monétaire. Au delà des communistes Henri Sterdyniak économiste reconnu, membre du collectif des économistes atterrés, livre une analyse détaillée faisant pièce aux dangereuses opérations de communication visant à faire croire qu’il est serait possible de mener des réformes sociales en France, sans sortir de la zone . (Initiative communiste, le 8.08.18)


     

    Aucun domaine en économie ne donne lieu à des théories farfelues plus que celui de la monnaie. Nous en avons une nouvelle preuve avec le projet de monnaie fiscal complémentaire. Huit économistes auraient découvert le Graal : un moyen magique de concilier la relance économique et l’euro, une innovation monétaire qui rendrait inutile le combat politique pour changer les traités européens.

    Aucun domaine en économie ne donne lieu à des théories farfelues plus que celui de la monnaie. Nous en avons une nouvelle preuve avec le projet de monnaie fiscale complémentaire. On en trouve une présentation dans l’article de Thomas Coutrot et Bruno Théret : « Monnaie fiscale complémentaire: sortir des impasses européiste et souverainiste » paru sur Médiapart le 26 juin 2018 et dans une tribune parue le 8 mars 2017 dans Libération  intitulée :  « Sortir de l’austérité sans sortir de l’euro… grâce à la monnaie fiscale complémentaire » signée par  Gaël Giraud, Benjamin LemoineDominique PlihonMarie FareJérôme BlancJean-Michel ServetVincent GayonThomas CoutrotWojtek Kalinowski et Bruno Théret[1].  Ces huit économistes éminents auraient découvert le Graal : un moyen magique de concilier la relance économique et l’euro, une innovation monétaire qui rendrait inutile le combat politique pour changer les traités européens : la monnaie fiscale permettrait « d’imaginer d’autres politiques sans remettre en cause la monnaie commune ».

    Selon ces huit économistes, un pays européen qui souffre d’un déficit de demande, mais qui ne peut pratiquer une politique budgétaire expansionniste en raison des contraintes européennes, pourrait émettre une monnaie fiscale complémentaire. Celle-ci serait constituée de bons du Trésor de faible dénomination (de 5 à 50 euros), de durée limitée mais renouvelable, libellés, selon le pays émetteur, en euro-franc, euro-lire, euro-drachme….Cette monnaie serait créée en réglant sous cette forme une partie des salaires des fonctionnaires, des prestations sociales et des achats publics. La monnaie fiscale ne serait pas convertible, mais, sa parité avec l’euro serait assurée par le fait qu’elle serait acceptée à sa valeur faciale pour le paiement des impôts. Les huit économistes écrivent que ce ne serait pas une « monnaie ayant cours légal », toutefois elle circulerait en tant que « moyen de paiement au niveau national ». Ils ne précisent pas si elle aurait un pouvoir libératoire, si un commerçant ou une banque serait tenu de l’accepter à sa valeur faciale.  On apprend cependant que « la circulation géographiquement limitée de l’euro-franc inciterait à relocaliser la production ». Ce dispositif serait « un outil durable de stabilisation de la zone euro ». Il aurait été expérimenté dans certaines provinces de l’Argentine entre 1984 et 2003.  Selon ces huit économistes, cet instrument permettrait «  de réduire la dette publique et de financer les services publics ». Cette mesure pourrait être mise en œuvre unilatéralement par un pays sans aller à l’encontre des traités européens.

    Soyons clair. Ce projet est farfelu. Cela pour plusieurs raisons. Commençons par a moindre. Il est totalement contraire aux traités européens. Certes, un État a le droit d’émettre des bons du trésor à sa guise, mais ces bons augmentent obligatoirement la dette publique. De même, l’émission de ces bons augmente obligatoirement le déficit public. De sorte que la proposition ne se différencie guère de celle de ne plus respecter le Pacte de Stabilité et le Traité budgétaire. Pourquoi pas ? Un gouvernement peut légitimement décider d’ouvrir ainsi une crise en Europe, mais est-il utile de passer par l’artifice de bons du Trésor qui ne seraient pas comptés dans le déficit ou la dette publiques, contre les principes de la Comptabilité Nationale ? Par ailleurs, l’article 128 du TFUE stipule : « La Banque centrale européenne est seule habilitée à autoriser l'émission de billets de banque en euros dans l'Union. Les billets de banque émis par la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales sont les seuls à avoir cours légal dans l'Union ». Là encore, un pays qui émettrait des billets ayant vocation servir de moyens de paiement, dont la valeur serait garantie en euros, se placerait en dehors des traités.

    Plus fondamentalement, dans un pays moderne, la Banque centrale assure l’homogénéité des moyens des paiements dont le pouvoir libératoire est garanti. Il n’y a pas plusieurs monnaies en circulation, de pouvoirs libératoires différents et non garantis, que les commerçants pourraient refuser ou n’accepter que pour certains produits ou avec une décote. Aussi, une monnaie fiscale qui circulerait à côté de la monnaie légale, garantie par la Banque Centrale, serait un retour en arrière.

    Proposer de s’inspirer des procédés utilisés jadis par des provinces argentines en détresse pour réformer le système monétaire de pays développés est assez surprenant. Pourquoi ne pas demander aux restaurants de reprendre les recettes de bouillon à la rate de bœuf du siège de 1870 ? et à la médecine moderne de s’inspirer des médecins de Molière  ?

    Sur le plan pratique, les auteurs multiplient les contradictions. Sous quelle forme cette monnaie fiscale existerait-elle ? Coutrot et Théret affirment, à la fin de leur texte : « pencher pour l’émission de billets », mais ils écrivent peu avant qu’il s’agira de « bons du trésor au porteur et de petites dénominations ». On voit mal comment ces billets (ou pire ces bons au porteur) pourront être utilisés pour les paiements courants d’autant que les auteurs nous disent : « la non-convertibilité limite le report de ce pouvoir d’achat supplémentaire sur les importations » : les personnes qui recevraient ces euro-francs ne pourraient-il pas acheter de l’essence, du fuel, des fruits espagnols, des chemises chinoises ? Ils devront négocier avec les commerçants pour que ceux-ci acceptent cette monnaie pour tel ou tel produit. Les commerçants devront avoir deux caisses. Quel progrès !

     On voit mal comment ces billets seraient distribués : des agents de la CAF, de la CNAV iront-ils, de maison à maison, verser les prestations sociales et les retraites ?  Les fonctionnaires recevront-ils des enveloppes à la fin du mois ? On voit mal comment ces billets seront concrètement utilisés pour payer les impôts. Faudra-il aller dans les services du Trésor avec une sacoche remplie de billets ? Par ailleurs, souvent, les bénéficiaires de prestations sociales (RSA, minimum vieillesse) ne paient pas d’impôt, de sorte que la garantie de pouvoir les utiliser pour régler leurs impôts ne les concernerait pas.

    Sans voir la contradiction, les auteurs nous disent, à la fois « cette monnaie ne sera pas convertible » et « sa parité avec l’euro sera garantie ». En fait, il faut choisir. Soit, effectivement, le commerçant pourra l’utiliser immédiatement pour régler ses impôts (en particulier la TVA et les cotisations sociales) en apportant ses billets au Trésor et dans ce cas, la parité pourra être assurée (mais l‘euro-franc ne sera pas accumulé et ne servira donc pas à financer l’État). Soit, les bons ne seront remboursables qu’avec un certain délai (2 ans, par exemple) ; ils ne rapporteront pas d’intérêt ; les commerçants les refuseront et la parité sera fictive.

    Coutrot et Théret ne voient pas une autre contradiction. D’un côté, ils estiment que l’émission de la monnaie fiscale permettra de relancer la demande, ce qui implique que les bénéficiaires dépensent rapidement les sommes reçues en euro-franc, donc que l’euro-franc soit liquide. L’État augmenterait son déficit de 1% du PIB en versant 22 milliards de prestations supplémentaires. Les bénéficiaires les dépenseraient immédiatement ; les commerçants utiliseraient ces euro-francs pour payer la TVA. De sorte, que ex post, le déficit public et la dette augmenteraient de 22 milliards qu’il faudrait  bien financer par émission d’obligations en euros. L’effet sur le PIB et les finances publiques serait le même qu’un financement direct en euros. De l’autre, ils estiment que cette monnaie fiscale permettrait de financer les dépenses et les services publics, ce qui implique qu’elle soit épargnée. Mais qui voudrait détenir de grandes quantités d’un actif qui ne rapporterait aucun rendement ? On peut certes imaginer qu’il s’agisse de bons au porteur, remboursable dans deux ans, donc une épargne forcée, mais dans ce cas, l’effet sur l’activité serait nul (voire négatif si les versements en euro-francs remplacent des versements en euros). On ne peut guère imposer cette épargne forcée à des bénéficiaires de prestations sociales, familles, retraités ou chômeurs, qui doivent pouvoir les dépenser immédiatement.

    Certes, il serait souhaitable de (re)constituer un secteur bancaire et financier public, qui pourrait financer des investissements publics et des investissements productifs créateurs d’emplois, s’inscrivant dans la transition écologique. Ceci nécessite qu’il ait la capacité de proposer aux épargnants des dépôts garantis, normalement rémunérés, mais aussi des placements de long terme, leur permettant de participer au développement des activités productives, sans courir le risque des fluctuations financières.  Un combat idéologique devra être mené pour convaincre les citoyens de l’utilité économique et sociale de ce secteur relativement aux placements financiers spéculatifs et risqués. Cela est préférable au projet illusoire d’introduire une pseudo-monnaie fiscale, des bons du trésor, non rémunérés, à pouvoir libératoire ambigu.  

    Pour rendre le projet populaire, les huit économistes proposent, eux, qu’une « fraction des euro-francs crées soient distribués aux PME et aux ménages endettés comme moyen de règlement de leurs dettes privées ».  C’est saugrenu : selon quels critères ferait-on ce cadeau à des agents privés ? La dette publique augmenterait d’autant que diminueraient les dettes privées. Surtout, les agents qui recevraient ces euro-francs les porteraient à leurs banques, qui ne les accepteraient que si elles peuvent immédiatement se les faire rembourser par l’État (car, en période normale, les banques n’ont aucune raison de détenir des bons qui ne rapportent pas d’intérêt), de sorte qu’il ne resterait vite aucun des euro-francs ainsi créés en circulation. 

    Comment expliquer que des économistes éminents, spécialistes des questions monétaires s’associent à un projet aussi mal pensé[2] ?  Faut-il évoquer l’amitié[3] ?  Faut-il évoquer un aveuglement politique : le refus de mettre en cause l’euro (et la construction européenne telle qu’elle est) ? D’ailleurs, Coutrot et Théret écrivent : « La sortie sèche de l’euro n’est pas un objectif politique de gauche ». Ils prônent donc une stratégie illusoire, qui ne tient pas sur le plan technique, qui aurait certes le mérite d’ouvrir une crise en Europe, mais qui ne l’assume pas, en prétendant rester dans le cadre des traités.

     L’euro n’est pas seulement une monnaie unique en Europe. C’est un projet politique des classes dirigeantes. Dans l’état présent des forces politiques et sociales, l’euro est indissociable des traités budgétaires, de l’austérité budgétaire (c’est-à-dire de la pression sur les dépenses publiques et sociales), des réformes structurelles, de la liberté de circulation des capitaux, de la concurrence libre et non faussée.  On ne peut en sortir par une innovation monétaire comme la monnaie fiscale. La seule question qui vaille est donc : un pays, où les forces progressistes seraient au gouvernement, peut-il à lui seul ouvrir une crise en Europe pour faire éclater l’euro tel qu’il est ? ou doit-il attendre  une modification du rapport de force à l’échelle de la zone euro ?  

    Henri Sterdyniak-le 23/07/2018

    source: https://blogs.mediapart.fr/henri-sterdyniak

     

    [1] Ce projet a aussi des partisans en Italie : voir : «Free fiscal money: exiting austerity without breaking up the euro » (Une monnaie fiscale gratuite : comment sortir de l’austérité sans casser l’euro)  de Biagio Bossone, Marco Cattaneo, Luciano Gallino, Enrico Grazzini et Stefano Sylos Labini. Le projet figure même dans le programme du nouveau gouvernement italien sous le nom de mini-Bots (pour Bons Ordinaires du Trésor).

    [2] On notera aussi que le texte signé par ces économistes approuve le projet de « retirer aux banques leur privilège de création de monnaie » qui a donné lieu à une votation en Suisse, bien que certains d’entre eux savent bien que le crédit est indispensable pour anticiper le profit et l’épargne. Sur ce point, voir : Henri Sterdyniak : « Monnaie pleine, la votation du 10 juin 2018 », blog de l'OFCE, juin 2018.

    [3] Beaucoup de ces huit économistes sont liés à l’Institut Veblen, soutenu par la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'Homme. On peut penser que ce projet commun, une économie au service de l’homme,  les a fait oublier leur compétence en matière monétaire.

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  • Pas d’adhésion «automatique» de la Serbie à l’UE en 2025 ...17 juillet 2018-Conférence de presse conjointe des présidents serbe et français

    A l’occasion de la visite en France du président serbe M , Macron a déclaré être ouvert à l’entrée de la  dans l’Union européenne en 2025, à condition que le pays ait rempli les conditions exigées et que l’Union se soit réformée. En réalité, il s’agit de faire pression sur la  pour qu’y soit sous la pression de l’Union Européenne mis en œuvre une nouvelle série de mesures anti-populaire.

     

    Déclaration commune NKPJ-PRCF

    MACRON VUCIC , OPPRESSEURS DES PEUPLES

     

     

    Le nouveau Parti communiste de  (NKPJ) et le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) estiment que la visite du président serbe Aleksandar Vucic en France à l’invitation du président Emmanuel Macron représente une nouvelle pression de l’impérialisme occidental, y compris de l’impérialisme français , sur la Serbie pour qu’elle mette en œuvre de manière cohérente le cours dévastateur des “réformes” infligées aux travailleurs de Serbie et dans l’intérêt du capital étranger et national sous l’impulsion de l’ Union Européenne du grand capital supranational mené par l’impérialisme allemand.

    Le régime bourgeois pro-impérialiste d’Aleksandar Vucic le fait, il met constamment en œuvre le service la politique répondant aux intérêts de l’impérialisme occidental, y compris de l’impérialisme français, sans se préoccuper des intérêts des travailleurs serbes ou de celui des travailleurs français. L’une des raisons principales de la visite de Vucic en France à l’appel de Macron est la volonté de l’impérialisme occidental à amener la Serbie à reconnaître «l’indépendance» de l’État fantoche appelé  Kosovo-et-Métochie occupée par l’OTAN pour les intérêts des grands capitaux. Le but de cette manœuvre est, en forçant la Serbie à ratifier la dislocation de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie, de l’amener à entrer de plain-pied dans l’Union européenne, cette prison des peuples associée à l’OTAN, que les communistes serbes et français doivent rejeter et combattre ensemble.

    Le PRCF et le NKPJ soulignent que le Kosovo-et-Métochie est une partie inaliénable de la Serbie, occupée par l’impérialisme occidental, et exigent que les troupes de l’OTAN quittent immédiatement le territoire de la province serbe du sud.

    NKPJ et PRCF soulignent que Macron et Vucic sont des politiciens bourgeois dont la politique est contraire aux intérêts des travailleurs de la France et de la Serbie et entièrement soumis à la politique impérialiste de l’UE dominée par l’impérialisme allemand revanchard.

    Le PRCF et le NKPJ condamnent les mesures anti-populaires que le régime bourgeois d’Emmanuel Macron applique contre les intérêts des travailleurs de la France, tout en condamnant les mesures anti-populaires que le régime bourgeois d’Alexander Vucic applique contre les intérêts de la population les travailleurs de Serbie, pour satisfaire aux injonctions de l’UE néolibérale et pour abonder la course aux armements de l’OTAN et ses projets de guerre antirusse.

    NKPJ et PRCF saluent la lutte des travailleurs de Serbie et de France contre l’exploitation et l’asservissement national !

    A bas la politique anti-populaire de Macron et Vucic! L’OTAN hors du Kosovo – le Kosovo c’est la Serbie! – Vive l’amitié entre les peuples travailleurs de France et de Serbie forgée dans la lutte convergente des Résistants antifascistes à l’oppresseur hitlérien !

        

    Secrétariat du nouveau parti communiste de Yougoslavie NKPJ

    Commission internationale  du Pôle de Renaissance Communiste en France PRCF

    Belgrade, Paris 23 juillet 2018 

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  • Au dernier jour de leur congrès, les délégués du (PG) ont acté leur sortie du Parti de la gauche européenne () dans une déclaration approuvée dimanche par 208 voix contre 2 et 3 abstentions.

    Saluons cette décision qui est l’aboutissement logique de la prise de conscience que le PGE est un cheval de Troie du grand capital européiste au sein de la gauche en .
    Comme la CES au niveau syndical, le PGE est l’expression partisane de la collaboration de classes et du réformisme. En enfermant la gauche dans le carcan par nature réactionnaire de l’ Union Européenne, le PGE est devenu une courroie de transmission entre l’UE visant à déconsidérer la gauche et à faire apparaître l’extrême-droite fascisante comme la seule force anti-UE ce que d’ailleurs elle n’est pas. Comme on le voit partout où droite et extrême-droite gouvernent ensemble (Autriche, Hongrie…), comme on le voit dans les acrobaties verbales du FN (RN).

    De plus il est vrai que la présence dans le PGE de Syriza qui mène une politique de casse sociale et de casse nationale d’une ampleur effrayante et inouïe, discrédite totalement ceux qui, comme le PCF, refusent d’appeler un traître par son nom.

    Rien ne doit légitimer ce monstre institutionnel impérialiste, réactionnaire et belliciste qu’est l’UE. Rien : ni le PGE, ni la CES, ni la future mascarade électorale européiste délégitimée déjà et chaque fois davantage par tous les peuples d’ Europe et par les classes populaires de façon massive.

    Antoine Manessis, commission action unitaire du PRCF – 8 juillet 2018

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  • LE PRCF SALUE LE KKE (PARTI COMMUNISTE DE GRECE) A L’OCCASION DE SON CENTENAIRE.(IC.fr-9/02/2018)Un siècle au service de la classe ouvrière, du peuple et de la nation hellénique.

    Un siècle de combats héroïques des communistes, des travailleurs des villes et des campagnes, du peuple grec.

    Un siècle de lutte contre la dictature du capital grec et étranger. Contre les dictatures fascistes de Metaxas (1936 à 1940), des monarchos-fascistes et de la droite dure (de 1944 à 1963), des Colonels (1967 à 1974), un siècle de répression, d’exécutions, de prisons, de camps de concentration, de tortures, d’exil.

    Depuis sa naissance il ya a cent ans le PCG du subir la répression et l’illégalité. Mais malgré cela il su devenir le parti de la classe ouvrière grecque et jouer à tous les moments importants de l’histoire du pays son rôle d’avant-garde.
    Lors de l’attaque de l’Italie fasciste contre la Grèce en octobre 1940, le KKE, hors la loi, violemment réprimé, demande, par la voix de son secrétaire général emprisonné,aux Grecs de combattre l’agresseur fasciste. Il unit le drapeau de la nation et celui de la révolution. Ce faisant il transforme la nature de la guerre qui prend un caractère populaire qui permet aux Grecs de repousser l’attaque mussolinienne, de réaliser l’exploit de faire subir à l’ Axe sa première défaite de la Seconde guerre mondiale et à retarder l’attaque contre l’URSS. Les Allemands ayant été contrains d’aller au secours de leur allié italien et se heurtant à une résistance qui a forcé l’admiration d’Hitler lui-même, et l’a obligé à repousser l’opération Babarossa .

    Un siècle marqué par la Résistance nationale, une des plus puissante d’ occupée.

    C’est le KKE qui est à l’initiative de la création de l’EAM ( Front de Libération Nationale) et de son armée l’ ELAS.
    Dès l’été 1943, l’ ELAS a libéré un tiers du territoire de la Grèce et cela malgré un climat de terreur indescriptible. Le Grèce entière est libérée par l’ EAM-ELAS en 1944, l’ armée hitlérienne étant prise en étau par la Résistance grecque et l’ avancée fulgurante de l’ Armée rouge.

    Sauvagement attaquée par l’ armée britannique de Churchill s’appuyant sur les Kollabos grecs, les Résistants et le KKE tentent de sauver la paix mais la terreur blanche oblige le KKE à reprendre les armes. La guerre civile commence. Les Britanniques sont vaincus mais remplacés par l’impérialisme américain. Truman lance ses dollars, ses avions, son napalm et ses officiers dans la bataille. Le KKE après quatre années de lutte avec l’ AD (Armée Démocratique) est contraint de cesser la lutte armée.

    Viennent des années de combat clandestin, d’une repression sauvage (Beloyannis et ses trois camarades sont fusillés en 1952). Le Parti Communiste de Grèce est traqué ainsi jusqu’à la fin de la dictature des Colonels en 1974 à la chute de laquelle il joue un rôle central avec insurrection de Polytechnique en novembre 1973. Le régime tombe en 1974 et le KKE est légalisé.
    La Résistance nationale (EAM) n’est reconnue officiellement 
en Grèce qu’en 1982 !…

    Depuis le PCG est au premier rang du combat pour une Grèce brisant le carcan de l’ UE, de l’euro, de l’ OTAN et du capitalisme. Pour l’instauration du socialisme.

    Le KKE a su défendre le marxisme-léninisme aux heures difficiles de la victoire de la contre-révolution en URSS comme le “une” de Rizospastis du 26 décembre 1991 le proclame en brandissant fièrement le drapeau rouge frappé des outils “L’espoir est la lutte des peuples”.

    Le PRCF transmet ses fraternels salutations internationalistes à tous les militants du KKE.

     

    VIVE LE CENTENAIRE DU KKE !

     

    La Commission internationale du PRCF, le 9/2/2018

     

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    « Le capitalisme - l'impérialisme sont le passé, le KKE lutte pour le nouveau monde »

    « Un siècle de lutte et de sacrifice, le KKE à l'avant-garde ... ». Ce slogan a retenti dans la ville des ouvriers du Pirée le 22 janvier lors du grand événement organisé par le Comité central du KKE pour le 100e anniversaire de la fondation du Parti.

    Là, au Théâtre municipal, à quelques mètres du bâtiment historique où en novembre 1918 a eu lieu le premier Congrès fondateur du Parti ouvrier socialiste de Grèce (SEKE), qui bientôt a été renommé KKE, le SG du CC KKE, Dimitris Koutsoumpas a présenté la Déclaration du CC publié samedi dernier.

    D. Koutsoumpas a commencé son discours en notant: « Nous vous souhaitons à tous la bienvenue au Pirée, la ville où le KKE est né en 1918, car c’est ici que a eu lieu le premier Congrès fondateur du Parti ouvrier socialiste de Grèce (SEKE), devenu par la suite Parti communiste de Grèce.

    Nous comptons 100 ans de luttes et de sacrifices, restant le seul parti de la société grecque qui est véritablement nouveau. Parce que le KKE est le seul parti luttant pour l'abolition définitive de l'exploitation de l’homme par l'homme.

    En l'honneur du centenaire de la fondation du KKE, nous faisons de notre mieux pour que notre Parti établisse des liens encore plus larges, plus profonds et plus forts avec la classe ouvrière, le peuple grec. Nous donnerons toute notre force pour que, avec de fortes Organisations du Parti, la lutte pour le renversement de la barbarie du pouvoir capitaliste, pour le socialisme, soit renforcée ».

    100 Years KKE, Peiraeus

     

     

    Le programme culturel suivant a présenté une chronique émouvant du voyage héroïque de 100 ans du Parti avec des chansons représentatives, des textes et du matériel audiovisuel.

    Des centaines de travailleurs, de chômeurs, de travailleurs indépendants, de retraités, de cadres du mouvement syndicaliste, de membres du monde de l’Art, de la Culture et du Sport ont assisté à l'événement.

    C'était une grande rencontre : de la nouvelle génération inspirée par les grands idéaux de la lutte pour le renversement du système capitaliste d'exploitation et de la génération héroïque qui a écrit l'Histoire du Mouvement ouvrier et du pays avec ses luttes, de la génération qui a mené la bataille pour que le Parti se tienne debout, pour préserver sa continuité historique.

    Les balcons, la galerie du théâtre municipal étaient bondés, ainsi que la place devant le théâtre, où l'événement a été diffusé en direct sur des écrans TV.

    Tous ensembles, des membres, des amis et des supporteurs du Parti et de la KNE, par leur présence militante, se sont engagés à intensifier les efforts pour renforcer le Parti, tout d'abord dans les lieux de travail, changer les corrélations des forces, regrouper le mouvement, construire l'Alliance sociale, pour que le mouvement ouvrier puisse commencer sa contre-attaque.

    100 years KKE, Piraeus (2)

     

    sources: https://inter.kke.gr/fr &  https://www.initiative-communiste.fr

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  • Nos camarades du PCP () ont adressé un message au secrétaire national du PRCF pour remercier notre organisation dans son rôle d’initiateur et de fédérateur dans l’action de solidarité que nous avons mené le 27 janvier devant l’ambassade de :

    “Au nom du président du Parti et de moi-même, merci d’avoir participé au rassemblement devant l’ ambassade.

    Nous avons vu les vidéo et les photos de l’événement, nous sommes heureux que tant de personnes aient participé à la manifestation”.

    La Commission internationale du PRCF salue l’exemplarité des militants du PRCF et des JRCF particulièrement mobilisés à cette occasion. La Com. internationale souhaite amplifier encore la solidarité avec les camarades polonais menacés par la fascisation en Pologne et travaille pour cet objectif y compris au niveau international.

    VIVE L’ INTERNATIONALISME !

     

    VIVE LE KPP !

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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  • L’Agenda de la Paix de 2 018, dans sa page du 16 mai, cite la déclaration faite par le 9 mai 1 950, et que voici :

    « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. La contribution qu’une organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d’une unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. »

    Cette citation illustre un court article par lequel son auteur présente tout à la fois Robert Schuman comme un militant pacifiste et l’unification de l’Europe comme le moyen d’assurer durablement la paix.

    En lisant cet article, je me suis demandé quels romans de fiction avaient pu séduire son auteur au point de lui faire prendre le faux pour le vrai, le chef ( re )constructeur de l’Empire européen Robert Schuman pour un homme de paix, et l’unification étatique de l’Europe comme un moyen sûr d’assurer la paix !

    Il faut pour cela qu’il ignore tout, mais vraiment tout, de la vie réelle qui fut la nôtre au lendemain de la Libération de 1 944, et des véritables évènements qui l’ont marquée !

    Depuis des décennies en effet, le premier souvenir de 1944-1 945 qui revient aux survivants, et qu’ils transmettent à leurs enfants est celui d’une fête très amère et très triste : très triste à cause, évidemment, de la mort des nôtres ; mais déjà montait l’amertume, à cause des bruits qui nous parvenaient presque en même temps que la nouvelle de la capitulation allemande. Selon ces bruits, les services secrets et les Etats-majors américano-britanniques s’efforçaient de relancer la guerre en intégrant les restes des armées hitlériennes dans leurs armées, afin de reconquérir les territoires soviétisés par la Révolution de 1 917 à 1 922 et d’y détruire le socialisme, c’est-à-dire, d’y rétablir le capitalisme. De devoir bientôt constater en outre l’incroyable impunité et le retour en activité économique et politique de personnages qui avaient collaboré à un très haut niveau avec l’occupant, au point de s’être rendus coupables de haute trahison, rendait l’amertume insupportable.

    J’ai su plus tard que les bruits concernant le renversement des alliances étaient fondés, que des contacts discrets et au plus haut niveau avaient eu lieu entre l’Etat-major hitlérien et les Etats-majors britanniques et américains, aboutissant à la signature, le 7 mai 1 945 à 2 heures 41 à Reims, d’un acte qui aurait pu passer pour un acte de capitulation séparée si la délégation soviétique, informée en toute dernière extrémité, n’avait pu rejoindre le lieu de la signature.

    Qui était Robert Schuman ?

    Qui était Robert Schuman ? Dans son ouvrage aux origines du carcan européen ( 1900-1960 ), publié par les éditions DELGA en 2 016, Annie Lacroix-Riz présente une relation très documentée de sa carrière, que je résume ici :

    Robert Schuman est né sujet allemand en 1 886 ; il accomplit toutes ses études scolaires et universitaires dans l’empire allemand ( le Deuxième Reich ) ; en 1 914, il est mobilisé dans un service auxiliaire de l’armée impériale ( la Reichswehr ) ; en 1 915, il est détaché dans l’administration civile à Boulay-Moselle. Jusqu’en 1 918, il a vécu comme un bon sujet allemand catholique et loyal à l’Empereur ( Guillaume 2 ), tenant d’une Europe vaticane principalement appuyée sur l’Allemagne. Selon un de ses biographes ( Roth ), aucun membre de sa famille n’a jamais opté pour la France.

    Aussitôt que Robert Schuman fut devenu français, les de Wendel et Seillières le mandatent pour une carrière politique impliquant de diriger en Moselle leur Action catholique lorraine ( ACL ) ; il est élu député dès 1 918 ; l’Action catholique lorraine est tout-à-fait comparable, pour son antimaçonnisme, son antilaïcité, son antisémitisme, son anticommunisme, et à partir de 1 936, son franquisme, aux ligues fascistes qui vont marquer l’entre-deux guerres.

    Robert Schuman adhère dès leur fondation à deux des premières ligues fascistes ( la ligue des Droits du Religieux Ancien Combattant – DRAC, et la Fédération Nationale Catholique du général Castelnau – FNC ), soutient en Alsace le « Heimatbund » financé par le troisième Reich, soutient les séparatismes croates, allemands des monts Sudètes, etc… ; comme député, il pourfend les lois laïques, qu’il qualifie d’« infâmes » et attise sans cesse la question scolaire dans les trois départements revenus à la France en 1 918.

    Il accompagne activement les complots que Philippe Pétain et ses complices fomentent contre la République, devient secrétaire d’Etat aux réfugiés dans le cabinet de Paul Reynaud le 21 mars 1 940 et le restera jusqu’au 13 juillet suivant.

    Donc, Robert Schuman sert le gouvernement Pétain lorsqu’il adresse à l’Etat-major allemand une demande d’armistice, le 17 juin 1 940, ainsi que lorsque le traité d’armistice est signé, le 22 juin 1 940. Le 10 juillet 1 940, il vote, comme tous les siens ( 569 parlementaires contre 80 ), les pleins pouvoirs demandés par Pétain.

    Le 13 juillet, ses mandants et protecteurs de Wendel adressent au chef d’Etat-major allemand un requête de économique dont la conclusion est : « Le but que nous nous proposons correspond entièrement aux vues du gouvernement allemand ».

    En août 1 940, les autorités du Troisième Reich ont de nouveau annexé l’Alsace-Lorraine ; elles autorisent Robert Schuman à revenir en Moselle ; à partir de cette date, sa vie s’entoure d’un épais mystère qui dure deux ans. Il semble avoir été arrêté à Metz et assigné à résidence surveillée en Allemagne. Au début de 1 941, il aurait plaidé sa cause par lettres auprès des chefs hitlériens de Moselle, en les assurant n’avoir rien fait contre l’Allemagne ni contre le Deutschtum avant ou après 1 933, ainsi qu’en arguant de sa formation acquise dans les universités allemandes et de sa tendance naturelle au rapprochement et à la coopération pacifique, etc …


    Ce mystère débouche en août 1 942 sur son arrivée à Lyon, où il est présumé « évadé » ou « réfugié » ; il participe alors à une institution créée dans le cadre de la politique de collaboration pétainiste par le groupement des chambres de commerce d’Alsace et de Lorraine ; un vice-président de cette institution est Hubert de Wendel.

    Lors de la Libération, malgré tout ce passé et le mystère qui en cache une grande partie, Robert Schuman, tout comme le chef d’industrie et de presse Jean Prouvost, fut soustrait aux instructions diligentées par la Haute Cour de Justice et laissé en liberté ; le 15 septembre 1 945, il fit l’objet d’un non-lieu et entreprit alors une ascension vertigineuse : ministre des finances dans le gouvernement Ramadier après juin 1 946, il participe le 4 mai 1 947 à l’éviction des ministres communistes, ce grâce à quoi sont relancées les procédures judiciaires initiées jadis par le gouvernement de Philippe Pétain contre les Résistants, mais que la Libération avait arrêtées ; président du conseil des ministres le 24 novembre 1 947, il organise avec son ministre de l’intérieur Jules Moch la sanglante répression des grandes grèves ; ministre des Affaires étrangères de juillet 1 948 à septembre 1 952, ministre de la justice et garde des sceaux de février à décembre 1 955, président d’un « Mouvement européen » de 1 955 à 1 961, président de l’Assemblée européenne de 1 958 à 1 960. En 1 958, le général De Gaulle redevient président de la République : c’est lui qui met fin aux poursuites pétainistes relancées après juin 1 947 contre les anciens résistants.

    Pendant toute cette période, Robert Schuman apparaît comme un agent de la grande bourgeoisie capitaliste attaché à refondre les organes du gouvernement politique de notre pays de telle manière qu’ils s’intègrent bien dans les organes du futur gouvernement européen eux-mêmes en chantier ; les principales caractéristiques de cette refonte ont été :

    • la substitution de l’hégémonie états-unienne à l’empire allemand sans préjudice de la domination économique du capital allemand sur toute l’Europe ;
    • le renforcement dans toute l’Europe de la répression policière et judiciaire de tous les mouvements populaires de libération qui avaient combattu les armées fascistes et nazies ;
    • l’encadrement de l’évolution des Etats restés capitalistes dans une intention d’hostilité guerrière à l’encontre de l’URSS et des autres pays socialistes, ainsi que dans une représentation de l’humanité fondée dans l’intégrisme catholique et la fidélité vaticane.

    Pour quels motifs, à l’approche de la victoire, les Etats-majors anglo-américains ont-ils tenté en l’absence d’un représentant de l’URSS de signer avec celui du Reich nazi un document qui, en l’absence de la signature soviétique, aurait pu devenir un traité de paix séparée ?

    Le fait est que la guerre avait multiplié la puissance de l’industrie des Etats-unis d’Amérique, et dans une moindre mesure de la Grande-Bretagne, en leur permettant de se débarrasser des machines et des technologies désuètes, ainsi que de serrer au maximum les contraintes matérielles et idéologiques dans leurs empires.

    C’est encore un fait que, tant en Grande Bretagne qu’aux Etats-unis d’Amérique, la guerre avait renforcé les liens étroits tissés entre les « capitaines d’industrie » et les gouvernements : par ces liens, les plus puissants chefs d’industrie transmettaient à leurs gouvernements, et à leurs Etat-majors, la tentation qu’ils éprouvaient de conquérir les territoires de l’Est européen ; la première raison de cette tentation était évidemment la puissance donnée par la guerre au système militaro-industriel des Etats-unis d’Amérique ;

    la deuxième raison était que la guerre avait produit sur l’économie de l’URSS, parce qu’elle était socialiste, des effets exactement contraires à ceux-là : les vingt-trois millions de morts étaient autant de femmes et d’hommes dans la force de l’âge et que rien ni personne ne remplacerait jamais ; les destructions dues à la guerre dans l’ouest de l’Union soviétique furent telles que la crise du logement qui en résultait dans toute l’URSS ne fut pas résolue avant 1 973, et qu’il a fallu y reconstruire de toutes pièces une industrie dans les territoires dévastés en y remontant d’urgence des machines démontées de l’Allemagne de l’est au titre de la réparation des dommages de guerre ; il faut noter que les territoires soviétiques dévastés étaient ceux où l’agriculture produisait le plus, et ceux où avait été développée l’industrie depuis l’empire des Tsars et jusqu’en 1 941 ( veille de l’invasion-surprise de l’URSS par les armées de la coalition nazi-fasciste ).

    Au début de la guerre, l’Union soviétique avait heureusement accompli le véritable exploit de déporter dans l’Oural l’essentiel de l’industrie métallurgique située en Ukraine, puis de bâtir autour d’elle et en Sibérie une puissante industrie sidérurgique et métallurgique tournée vers la production d’armements ; mais les combats coûtaient cher en personnel et en matériel, et parvenue en Allemagne, l’armée soviétique devait combattre pour chaque mètre carré de terrain, pour chaque maison, pour chaque rez-de-chaussée, pour chaque cave ; au lendemain de la victoire, les tâches de la reconstruction de l’ouest de l’Union soviétique imposaient comme une urgence brûlante de bâtir une industrie de paix, ce qui nécessitait de reconvertir vers la paix une grande part de l’industrie de guerre, alors même que les femmes et les hommes nécessaires à toute production manquaient cruellement …

    De sorte qu’une seule conclusion s’imposait aux synthèses de renseignements militaires que produisaient les services occidentaux d’espionnage les mieux informés : l’URSS arrivait au bout de tous ses efforts de guerre possibles, et ne pourrait continuer d’exister que dans la paix.

    L’, une création belliqueuse pour défendre le système capitaliste et attaquer contre l’Union Soviétique

    Des atouts de poids confirmaient la tentation anglo-américaine de continuer la guerre en renversant leurs alliances : les forces armées allemandes, aussi bien la Wehrmacht que la SS, n’étaient pas entièrement détruites : la cessation de toute défense contre les armées anglo-américaines après qu’elles eurent franchi le Rhin n’a pas seulement permis à celles-ci de parvenir en quelques jours et sans pertes sur l’Elbe, où avait été fixé le rendez-vous avec l’armée soviétique : elle a surtout permis à un certain nombre de régiments allemands de se rendre ; ces régiments n’ont en général pas été immédiatement désarmés.

    L’impérieuse tentation ressentie par les capitaines d’industrie des Etats-unis et de Grande-Bretagne devait faire que les Etats-majors anglo-américains évaluent comme une intention du commandant suprême l’éventualité de repartir en guerre contre l’URSS en intégrant les restes des armées hitlériennes : le premier facteur de l’étude, le rapport des forces armées en présence, leur serait évidemment favorable, et défavorable à l’armée soviétique.

    Les Etats-majors devaient alors examiner un autre facteur important dans toute guerre : l’état d’esprit des populations qui habitent les théâtres de la guerre envisagée, tous situés en Europe ; c’est là que le beau projet des capitaines d’industrie a capoté !

    Les populations d’Europe en effet étaient opposées à toute reprise de la guerre ; leurs raisons étaient que beaucoup des membres des peuples de l’Europe connaissaient très bien la contribution majeure de l’Armée Rouge, puis de l’Armée Soviétique à la victoire sur l’empire nazi-fasciste ; que dans l’ouest européen aussi, on avait un besoin vital de reconstruire en paix les pays dévastés, plutôt que d’ajouter les dévastations aux dévastations, et l’injustice profonde au malheur !

    Les bourgeoisies européennes elles-mêmes avaient été diversement affectées par la guerre, par l’action de leurs gouvernements alliés à l’empire nazi-fasciste et par leur participation à son effort de guerre : si la bourgeoisie franquiste espagnole en sortait sans grand dommage, la bourgeoisie italienne avait sauvé les meubles en mettant fin au gouvernement de Mussolini remplacé par le comte Ciano.

    Avant-guerre, la solidarité capitaliste avait porté les plus puissants chefs de la bourgeoisie financière et industrielle française vers une coopération aussi étroite que possible avec leurs collègues allemands et s’était encore resserrée lorsque ceux-ci ont revêtu l’uniforme des dignitaires de la SS ; à l’approche de la défaite du Troisième Reich, la solidarité capitaliste s’approfondissant et s’étendant vers le niveau mondial, la grande bourgeoisie française passait progressivement sous l’égide ( sous le bouclier ) de la grande bourgeoisie états-unienne ; ce faisant, elle ne renonçait pas à gouverner notre pays.

    Mais la bourgeoisie française s’était divisée ; pendant que ses membres économiquement les plus puissants se compromettaient gravement dans la kollaboration avec l’empire nazi, quelques-uns sauvaient leur honneur en préférant suivre le général De Gaulle jusque dans la « belle et bonne alliance » avec l’Union soviétique.

    Divisée avant-guerre, la bourgeoisie britannique s’était regroupée derrière Winston Churchill, sauvegardant sa discipline de classe afin de sauver l’empire de Sa Majesté, c’est-à-dire son empire colonial.

    Quant aux bourgeoisies allemande et autrichienne, privées du bouclier de leurs Etats, elles ne pouvaient plus se refaire que sous la protection du plus puissant de leurs alliés naturels, la bourgeoisie capitaliste des Etats-Unis.

    L’autorité des bourgeoisies européennes sur les peuples de leurs pays était donc diversement et gravement compromise …

    Pour toutes ces raisons, les services d’espionnage états-uniens et britanniques ont estimé que les populations européennes s’opposeraient partout, à des degrés divers, à une nouvelle guerre dont le but serait de détruire le pays qui avait supporté l’effort principal dans la guerre contre le nazi-fascisme : en France, la puissance du mouvement progressiste issu de la Résistance est attestée par les résultats électoraux obtenus par le parti communiste français lors des élections politiques qui ont suivi la Libération de notre territoire, par la persistance de ces résultats après la démission du général De Gaulle ( janvier 1 946 ) et pendant quelques années ensuite, ainsi que par le retentissement de l’appel à la création d’un grand mouvement pacifiste lancé en 1 947 par dix résistants français de grand renom et par l’immense mobilisation populaire au sein de ce mouvement.

    Dans les autres pays d’Europe, divers mouvements d’opinion prenaient des orientations progressistes, notamment celle de défendre la paix ; la défense de la paix prit bientôt la force d’un mouvement mondial, comme le confirme le succès que nous pouvons aujourd’hui considérer comme extraordinaire de la campagne de signatures au bas de l’Appel de Stockholm contre la bombe atomique.

    Tout cela était évidemment observé de semaine en semaine par les états-majors occidentaux pour évaluer l’attitude négative qui serait celle des peuples d’Europe et notamment du peuple de France, en cas de relance de la guerre contre l’URSS ; au mieux, les peuples ralentiraient les mouvements des troupes au point de condamner toute offensive à l’échec, et au pire, ils les immobiliseraient complètement ; aucun général ne peut envisager de faire la guerre dans de telles conditions.

    Il fallait d’abord rétablir la discipline capitaliste dans les territoires européens ; tel était l’objet du Plan Marshall, qui fut aussi le moyen politique d’une première tentative de reconquête énonomique des pays libérés par l’Armée soviétique ou avec son aide ( Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie ).

    Aux origines de l’Union Européenne

    Le Plan Marshall fit l’objet d’une grande campagne de propagande dans toute l’Europe occidentale et centrale ; cette campagne flamboyante avait deux effets : obtenir l’adhésion des gouvernements aux termes d’échanges tout-à-fait inégaux du Plan Marshall, et masquer les premières mesures d’élaboration de l’empire occidental, qui étaient clandestines ; l’élaboration de cet empire aux vues et au su du public était impossible tant que les peuples éprouvaient de la gratitude envers l’ennemi désigné ; les maîtres du capitalisme devaient donc d’abord réprimer cette gratitude et faire naître la haine de l’URSS, tout en encadrant fermement les populations.

    S’est alors développée dans chacun des pays d’Europe occidentale une intense propagande visant à créer l’illusion d’une menace soviétique et communiste pesant sur chacun de ces pays ; il fallait donner à cette illusion une dimension telle qu’elle justifie l’élaboration prochaine d’un Etat capitaliste encadrant l’Europe occidentale, et ayant vocation à encadrer l’Europe entière ; il fallait aussi masquer aux yeux des peuples l’élaboration des premières structures de cet Etat.

    En premier lieu, cette campagne définissait le croquemitaine :

    • elle reprenait et intensifiait le dénigrement de l’URSS que les partis bourgeois développaient avant-guerre, en mettant une très lourde emphase sur la transfiguration des soviets en organes de pouvoir de la dictature personnelle de Staline ;
    • elle relatait de façon mensongère les évènements qui avaient lieu dans les pays qui refusaient d’adhérer au Plan Marshall ( Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie, Pologne, Bulgarie )
    • elle caricaturait les partis communistes en décrivant faussement leurs principes de fonctionnement :
    • elle interprétait le centralisme démocratique comme un principe d’obéïssance au chef,
    • elle interprétait le matérialisme dialectique comme une forme de jésuitisme ;
    • elle niait absolument l’indépendance des partis communistes, faisant d’eux autant de services extérieurs de diable sait quel ministère du gouvernement soviétique.

    En second lieu et au moins en France, cette campagne étendait la définition du croquemitaine, en accusant toutes les associations et autres organisations démocratiques de notre pays de dépendre organiquement du parti communiste français, et donc, d’être autant de services extérieurs de ministères soviétiques ; il suffisait pour subir cette accusation que des communistes soient membres de ces associations ou organisations, et que l’un de ces communistes soit élu dans son bureau ; cela visait :

    • parmi les mouvements de résistance : la CGT, le Front national ( celui de la Résistance ), les FTP-F et FTP-MOI ;
    • dans le mouvement ouvrier : Tourisme et Travail ;
    • dans le mouvement pacifiste : l’ARAC, les associations d’amitié avec les peuples d’Europe centrale et orientale, le Mouvement de la Paix ;
    • parmi les associations de vulgarisation scientifiques : l’Association française des Amis de Mitchourine et de Jean Daniel ;
    • parmi les mouvements d’enfance : l’Union des Vaillants et Vaillantes.

    En troisième lieu, elle assurait au gouvernement bourgeois la liberté de gouverner dans l’intérêt de la grande bourgeoisie capitaliste en adjoignant à tout cela des actes, processus et moyens de répression suivant, qui ont tous commencé de fonctionner au cours des mois qui ont précédé et suivi notre Libération et n’ont pas cessé de produire leurs effets :

    • contre les mouvements de résistance : les militants réactionnaires, miliciens et autres, avaient toujours pris le relais de la diffusion des mensonges que publiaient la SS ou la Wehrmacht en même temps qu’elles accomplissaient leurs crimes de guerre ou leurs crimes contre l’humanité ; ces mensonges tendaient à accuser de ces crimes les communistes et les résistants ; diffuser ces mensonges était un moment essentiel du système de terreur nazi-fasciste, qui accompagnait chaque crime ; remarquons que cette diffusion terroriste a quelque peu diminué lors de notre libération, mais qu’elle n’a jamais cessé : en réalité, les tentatives actuelles de réécrire l’ pour glorifier le nazi-fascisme et le pétainisme en dénigrant la Résistance ne sont rien d’autre que la continuation du terrorisme idéologique dont les nazis accompagnaient chacun de leurs crimes de guerre et de leurs crimes contre l’humanité : elles prolongent la propagande de criminels qui n’ont pas été punis ;
    • contre la culture nationale : en signant les « accords Blum-Byrnes » Léon Blum met en place dès avant que la guerre soit finie un mécanisme qui va faire obstacle à la renaissance du cinéma français ; ce mécanisme bénéficie aussi aux sociétés capitalistes d’édition de disques, qui vont exploiter la sympathie que notre peuple éprouve pour les soldats américains en diffusant massivement leur musique, qui est en général un très bon jazz, mais en le diffusant au détriment des chanteurs français, de nos musiques de concert et de nos musiques à danser ( musette, « variété » et autres musiques nationales et régionales ) ;
    • contre l’instruction publique : une lourde propagande réactionnaire handicape la commission Langevin-Wallon chargée en novembre 1 944 de définir selon le programme du CNR une rénovation complète de notre système scolaire et universitaire ; cette commission n’a pas pu produire le véritable plan de renouvellement que la Résistance espérait : elle n’a pu remettre au gouvernement, début juin 1 947, qu’un schéma de principes théoriques ; après l’éviction des ministres communistes ( 4 juin 1 947 ), le gouvernement cède à la pression réactionnaire, et renonce à réaliser la rénovation du système scolaire et universitaire, jette aux oubliettes les principes inscrits dans le programme du Conseil national de la Résistance ; on ne fera que quelques expériences limitées, sans véritables lendemains, et quelques changements partiels et de pure forme ;
    • au gouvernement : le 4 juin 1 947, les ministres communistes sont évincés ;
    • depuis cette date, l’action du gouvernement français se développe contre le mouvement populaire français :
    • dans l’administration judiciaire de toute la France : les procédures diligentées pour faits de résistance par le gouvernement de Philippe Pétain et arrêtées lors de la Libération du territoire sont relancées à la faveur de l’éviction des ministres communistes ; elles accusent un millier de FTP ( une dizaine en moyenne par département ) et conduisent à leur emprisonnement ; ils resteront dix ans en prison, jusqu’à ce que le Général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1 958, ordonne de les libérer ;
    • les industriels et beaucoup de hauts fonctionnaires kollaborateurs de l’occupant sont amnistiés ;
    • dans la vie économique et sociale : le gouvernement réprime les grèves ouvrières en faisant arrêter et condamner les syndicalistes de la CGT ; il s’attache à aveugler la classe ouvrière et la paysannerie sur les possibilités d’évolution sociale ouvertes tant par la création du régime général de retraites par répartition que par les deux articles du statut d’EDF-GDF qui créent les Caisses d’action sociale de cette entreprise ; à cette fin, il brise l’unité du régime général proposée par Ambroise Croizat et détourne l’attention de tous les travailleurs du fait que le statut d’EDF-GDF aurait permis aux caisses d’aides sociales d’entrer en synergie avec les mouvements associatif, coopératif et mutualiste en vue de toutes sortes d’initiative communales, cantonnales et départementales de progrès tant culturel et social qu’économiques ;
    • en politique générale : les manifestations pacifistes contre le développement de l’OTAN sont réprimées avec la dernière violence, alors même que des groupes terroristes liés à l’OTAN ( « les armées secrètes de l’OTAN » ) commettent des attentats meurtriers, notamment en Belgique et en Italie ; on trouvera des études sans doute partielles de ces activités criminelles dans les ouvrages consacrée aux réseaux Gladio et Stay-behind par quelques auteurs, dont Daniele Ganser : à partir du moment où fut signé l’acte de capitulation des armées allemandes, ces réseaux ont causé de nombreux morts et blessés pour réprimer le mouvement progressiste que les peuples d’Europe de l’ouest avaient développé en prolongement de leurs mouvements de résistance à l’empire nazi-fasciste ;
    • en matière d’instruction publique et d’éducation nationale : au milieu du siècle, l’action gouvernementale met en chantier quatres sabotages : celui de la laïcité de l’école, celui de la cohérence humaniste de nos enseignements généraux héritée de la Troisième République ( notamment en effaçant l’unité de l’organisme vivant des programmes de sciences de la vie et de la terre, et en effaçant la chronologie des programmes d’histoire ), celui de tous les niveaux des enseignements diplômants, ainsi que celui des enseignements professionnels publics, … ;
    • en matière de relations civiques et humaines quotidiennes : depuis quelques années, l’ensemble des mesures par lesquelles nos gouvernements travaillent à généraliser l’enseignement et l’usage de la langue anglaise des affaires au détriment de l’enseignement et de l’usage de la langue française et des langues régionales se présente comme un véritable feu d’artifice du sabotage non seulement de l’enseignement public en France, mais de la culture française dans son ensemble, tant nationale que régionale et locale.

    Dès les premiers mois de ce sabotage général, les idéologues bourgeois ont pris conscience de l’utilité d’élargir la désignation de leur ennemi : les associations accusées d’être inféodées au parti communiste s’en défendaient trop bien, simplement en rappelant que leurs membres ne faisaient qu’exercer leurs droits humains et civiques ; afin de tourner cette défense, les idéologues bourgeois se mirent à distinguer les associations politiques et les associations a-politiques, et se mirent à accuser simplement d’être politiques les associations qu’ils voulaient réprimer : c’est ainsi que désormais, la bourgeoisie au pouvoir admet toutes les associations qui ne font pas de politique !

    En vérité, la bourgeoisie réprime l’activité politique des citoyens afin de réduire le mouvement communiste ; elle révèle ainsi que l’a-politisme n’est rien d’autre qu’un déguisement de l’anticommunisme ; il est remarquable qu’elle assimile ainsi au communisme toute politique que font les citoyens.

    Que les grands notables de la bourgeoisie capitaliste, les principaux chefs de nos plus grosses entreprises, ceux qui gouvernaient notre pays et certains « intellectuels » connus se soient engagés dans le lancement et dans la promotion de la campagne visant à rendre durable l’illusion d’une menace soviétique et communiste montre bien comment les grands bourgeois se situent par rapport à l’éventualité d’une guerre contre l’URSS : les anciens kollaborateurs, profiteurs de la politique de collaboration signée par Pétain et Hitler, voulaient cette guerre ; il est évident qu’ils ne croyaient pas à la menace soviétique ! Ils prenaient par contre très au sérieux la véritable menace que le mouvement populaire faisait peser sur le pouvoir politique totalitaire que leurs biens leur assurent, et par conséquent sur leurs biens : c’est cette menace qu’ils appellent la menace communiste.

    Il faut noter cependant, que lors de la Libération, certains chefs d’entreprise français refusaient la guerre de reconquête des territoires soviétiques : il faut les chercher parmi ceux qui s’étaient ralliés au gouvernement de la France libre présidé par le général De Gaulle ; dans l’après-guerre, ils auraient préféré faire vivre sur le plan économique la « belle et bonne alliance » franco-soviétique ; mais dans le concert tonitruant de la propagande réactionnaire, les liens économiques du capitalisme ne leur laissaient déjà plus la liberté de se faire entendre : peu après la Libération, les bourgeois gaullistes, je veux dire partisans de la « belle et bonne alliance » gaulliste avec l’URSS, ont dû se sentir bien seuls au sein de la bourgeoisie française …

    Une institution supranationale pour renforcer la dictature de la classe capitaliste contre les peuples

    Le gros problème, pour les profiteurs français du système capitaliste, c’était la puissance du mouvement progressiste français ; afin de reprendre le contrôle de la France, ils devaient réprimer ce mouvement : ils se sont d’abord appuyés sur le grand allié états-unien pour évincer les ministres communistes ( 4 juin 1 947 ) ; ensuite de quoi le gouvernement français prit en charge la répression violente du mouvement ouvrier ainsi que la répression judiciaire des témoins de la Résistance …

    Robert Schuman expose la ligne politique de tous ces évènements, que jalonnent d’incessantes provocations anticommunistes, dans un article publié en avril 1 951 dans la Revue de Paris ; on lira cet article en annexe ci-après : Robert Schuman argue d’un danger devant lequel se trouveraient placés les pays d’Europe qu’il dit « libres » : ce danger serait « l’expansionnisme communiste », attesté selon lui par « la présence russe au cœur de l’Europe et plus spécialement au cœur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exercerait sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation », ainsi que par les menaces que feraient peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes. Dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe, les mêmes problèmes résulteraient selon lui de tout cela.

    En vérité, Robert Schuman ne croyait pas davantage que ses mandants à la « menace soviétique » ; il proclamait seulement, en 1 951, que le communisme est violent, expansionniste et étranger à tous les pays dits « libres » ; contre lui, il préconise un Etat supranational, dont l’autorité serait indépendante, car dépendant des intérêts de la communauté supranationale qu’il pose en principe comme distincts des intérêts et des objectifs des nations encadrées par cet Etat.

    Ce projet est en réalité un projet violent et antipopulaire, comme le montre la recommandation que fait Robert Schuman d’exclure tout arbitrage entre les intérêts nationaux et à cette fin, de les fusionner. Mais comment une autorité politique supranationale pourrait-elle fusionner les intérêts nationaux sans faire violence aux peuples ?

    C’est dans ces circonstances que le député Maurice Thorez, qui était secrétaire général du parti communiste français, a prononcé son célèbre discours à l’Assemblée nationale dans lequel il dénonçait la calomnie antisoviétique et en appelait aux intérêts nationaux, lesquels sont portés par chacun des membres des peuples ; il déclarait notamment que le peuple de France ne ferait jamais la guerre au peuple de l’URSS, parce que l’URSS est le pays de la paix.

    Dans un numéro du Social-Démocrate publié le 23 août 1 915, Lénine examinait le contenu et la portée économiques du mot d’ordre socialiste des Etats-unis d’Europe ; il écrivait :

    « Au point de vue des conditions économiques de l’impérialisme, c’est-à-dire des exportations de capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales “avancées” et “civilisées”, les États-Unis d’Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires. »

    Lénine décrit alors ces conditions économiques :

    « Le capital est devenu international et monopolisateur. Le monde se trouve partagé entre une poignée de grandes puissances, c’est-à-dire de puissances qui s’enrichissent dans le pillage en grand et dans l’oppression des nations. Quatre grandes puissances d’Europe : Angleterre, France, Russie et Allemagne, avec une population de 250-300 millions d’habitants et une superficie de près de 7 millions de kilomètres carrés, possèdent des colonies dont la population est d’environ un demi-milliard de personnes (494,5 millions), et la superficie est de 64,6 millions de kilomètres carrés, soit près de la moitié du globe (133 millions de kilomètres carrés sans les régions polaires). Ajoutez à cela les trois pays d’Asie : la Chine, la Turquie, la Perse actuellement déchirées par les forbans qui font la guerre “émancipatrice” : le Japon, la Russie, l’Angleterre et la France. Ces trois pays asiatiques, que l’on peut appeler semi-colonies (en réalité ils sont maintenant, pour les neuf dixièmes, des colonies) comptent 360 millions d’habitants et 14,5 millions de kilomètres carrés de surface (c’est-à-dire près d’une fois et demie la surface de toute l’Europe).

    « Poursuivons. L’Angleterre, la France et l’Allemagne ont placé à l’étranger un capital d’au moins 70 milliards de roubles. Pour toucher un appréciable profit “légitime” sur cette agréable somme, – profit qui dépasse trois milliards de roubles par an, – il existe des comités nationaux de millionnaires, appelés gouvernements, qui sont pourvus d’une armée et d’une flotte militaire et qui “installent” dans les colonies et semi-colonies, fils et frères de “monsieur le milliard”, en qualité de vice-rois, consuls, ambassadeurs, fonctionnaires de toute sorte, popes et autres vampires. »

    Depuis 1 915, la guerre a ravagé toute l’Europe, y détruisant quatre empires ( allemand, austro-hongrois, ottoman et russe ) ; la Révolution socialiste s’est imposée dans les terres de l’ancien empire russe, y a instauré une Fédération ( l’URSS ) et apporté à l’être humain de très importants progrès, puis a été minée de l’intérieur du territoire fédéral par une contre-révolution qui a remis l’économie capitaliste en fonctionnement et disloqué l’URSS.

    De sorte qu’aujourd’hui, l’impérialisme domine à nouveau presque toute la terre, sauf Cuba et la Corée du Nord, et sauf quelques pays tels la Chine, la Russie, le Vénézuéla et d’autres pays dans lesquels le mouvement populaire revendique au moins de limiter les pouvoirs politiques des propriétaires des plus gros capitaux : partout ou presque, l’impérialisme impose aux utopies socialistes les mêmes obstacles réels.

    Nous pouvons donc, et nous devons considérer aujourd’hui comme Lénine le faisait en 1 915, que dans les conditions économiques de l’impérialisme, qui consistent dans le régime capitaliste, l’exportation des capitaux et le partage du monde par les puissances riches qui se prétendent civilisées, les Etats-unis d’Europe sont ou bien impossibles, ou bien réactionnaires.

    Un siècle d’expérience nous donne à constater que Lénine avait raison de réfuter le mot d’ordre des Etats-unis d’Europe : dans le territoire même de l’Union Européenne, l’élaboration de l’Etat supranational n’a jamais été et ne peut être que violence systématiquement faite aux peuples par le gouvernement capitaliste des sociétés.

    Non, Robert Schuman n’était pas un homme de paix, et son œuvre, la construction européenne, n’a jamais assuré la paix : nous avons constaté de nombreuses preuves contraires, notamment en Yougoslavie et en Ukraine, où elle a soutenu et soutient le fascisme dans sa prise du pouvoir et dans la guerre civile par laquelle il tente de se maintenir …

    Annexe

    En avril 1951, La Revue de Paris publie l’article :

    Faire l’Europe

    par Robert Schuman

    « Notre objectif est de réintégrer l’Allemagne dans le circuit productif et économique des pays démocratiques. Les Français, dans leur grande majorité, sont persuadés qu’il ne faut pas recommencer l’erreur commise au lendemain de la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire nous obstiner à chercher une garantie contre la revanche ou contre l’hégémonie allemande dans l’isolement de l’Allemagne, qu’on tiendrait enserrée dans un système de restrictions et de prohibitions. (…)

    « Dans un autre ordre d’idées, les nécessités de la défense des pays libres d’Europe nous amènent à une conclusion identique. Ces pays se trouvent placés devant un même danger : l’expansionnisme communiste. La présence russe au coeur de l’Europe et plus spécialement au coeur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exerce sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation, les menaces que font peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes, tout cela pose les mêmes problèmes dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe. Il faut à ces pays une politique harmonisée. (…)

    « Désormais, les traités devront créer non seulement des obligations, mais des institutions, c’est-à-dire des organismes supranationaux dotés d’une autorité propre et indépendante. De tels organismes ne seront pas des comités de ministres, ou des comités composés de délégués des gouvernements associés. Au sein de ces organismes, ne s’affronteront pas des intérêts nationaux qu’il s’agirait d’arbitrer ou de concilier ; ces organismes sont au service d’une communauté supranationale ayant des objectifs et des intérêts distincts de ceux de chacune des nations associées. Les intérêts particuliers de ces nations se fusionnent dans l’intérêt commun, comme ceux des citoyens se confondent avec l’intérêt national. »

    JP COMBE

    source  https://www.initiative-communiste.fr

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  • Initié par le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), Les Amis d’Edward Gierek et le PRCF, et porté par une dizaine d’organisations, le rassemblement de solidarité avec les communistes polonais a été couronné de succès, ce samedi 27 janvier 2018.

    En dépit de demandes répétées, Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir la délégation qui souhaitait lui exposer ses doléances.

    Solidarité avec les communistes polonais, au nom de l’internationalisme prolétarien

    « KPP, solidarité ! » « Kaczynski fasciste, vive le Parti communiste ! » « Elle est pourrie l’Union européenne qui bénit les fascistes et traque les communistes ! »

    Les slogans fusent. Il est 14h 30 ce samedi 27 janvier 2018 lorsque des dizaines de personnes manifestent devant l’ambassade de Pologne à Paris leur solidarité avec le Parti communiste polonais (KPP) dont deux militants sont poursuivis par la « Justice » polonaise.

    Ils risquent deux ans de prison pour avoir écrit des articles… Pour avoir exprimé une opinion, dans Brzask, la revue du KPP, et sur le site internet d’une organisation pourtant légale ! Quel bel exemple de « démocratie » et de « respect du pluralisme » que cette Pologne de la restauration capitaliste ! A l’ombre des drapeaux rouges marqués du marteau et de la faucille ou aux couleurs du pays de Mickiewicz, les intervenants se succèdent*.

    La situation économique dans cette Pologne capitaliste devenue un « réservoir de main-d’oeuvre taillable et corvéable à merci ». La répression anticommuniste qui affecte non seulement la Pologne, mais aussi la Hongrie, les pays baltes ou encore l’Ukraine. La montée de l’autoritarisme en France même, à travers la criminalisation soutenue du mouvement social (4 300 militants poursuivis dans le cadre de la lutte contre la loi Travail). La fascisation qui « accompagne la marche de l’Europe supranationale et néolibérale » et la nécessaire solidarité internationaliste de classe qui unit les communistes par-delà les frontières. Le ton est à la contre-offensive.

    Un premier pas vers la délégalisation du KPP

    Une représentante du KPP est alors invitée à prendre la parole. Une ovation lui est réservée.

    « En Pologne, on se sent parfois bien seuls, envahis par l’anticommunisme et aux prises avec la démonisation de notre passé et de la Pologne populaire », commente-t-elle. Elle se dit « ravie de vous voir ici. C’est un grand espoir pour nous ».

    Et de rappeler que « ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste en Pologne. Cette accusation est le premier instrument afin d’interdire, de délégaliser le Parti communiste polonais et de criminaliser l’idée communiste ». A ses côtés ont pris position une figure de la résistance communiste en Indonésie, un membre du conseil national du PCF et aussi des « camarades italiens »… Le rassemblement se termine aux sons de La Varsovienne et de L’Internationale interprétée en polonais !

    Manifestations en Europe

    De Varsovie, prévenus du succès de cette mobilisation, les dirigeants du KPP se félicitent ! Des manifestations similaires ont eu lieu à Berlin, Londres, Moscou, Leningrad, Madrid et Barcelone… Une ombre au tableau cependant : Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir une délégation sous prétexte d’un « agenda chargé ». « La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

    Ont successivement pris la parole lors de ce rassemblement : Les Amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), la Coordination communiste 59/62, le Front syndical de classe (FSC), Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), Parti communiste de la Fédération de Russie, Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Parti communiste polonais (KPP).

    JK – pour les amis d’Edward Gierek.

    Le compte rendu et le discours des JRCF

    Depuis presque trois ans nos camarades communistes polonais du KPP sont poursuivis pour avoir écrit un article dans leur journal, un texte qui comparait la situation industrielle sous la Pologne populaire et celle du retour au capitalisme. On leur reproche de faire de la propagande totalitaire, mais pendant ce temps là les mouvements fascistes (qui sont aussi les électeurs du parti Droit et justice au pouvoir) peuvent manifester, se balader avec des symboles fascistes, appeler à un nouvel holocauste, à massacrer leurs ennemis et à une Europe blanche, cela ne pose aucun problème.

    C’est face à cette situation que Les amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste de solidarité de classe et le PRCF ont décidé d’organiser le 27 janvier un rassemblement devant l’Ambassade de Pologne à Paris, pour protester contre cette injuste poursuite d’une justice de classe et montrer notre solidarité avec le KPP.

    Nous étions une centaine de personne et ce fut un beau moment de solidarité internationaliste.

    Dans les autres intervenants nous avons eu l’immense plaisir d’avoir la participation de représentants du PCRF, de la Coordination communiste 59/62, de FVR-PCF, du Front syndical de classe, de deux camarades communiste polonais et aussi, de manière inattendu, d’un camarade communiste russe !

    Les JRCF ont bien sûr prononcé un discours pour assuré de leur soutien les camarades polonais.

    Ce rassemblement n’est pas une fin en soi. Nous rappelons que nos camarades passent en procès le jeudi 1er février prochain. Les JRCF tiennent à rappeler leur engagement contre la répression des communistes partout dans le monde, mais aussi de tous ceux qui sont persécutés pour leurs activités progressiste. Nous tenons donc à rappeler qu’il n’y a pas que la Pologne qui se fascise, car chez nous en France depuis les manifestations contre la loi travail de 2016, plus de 4000 personnes ont été poursuivis pour leur activité syndicale, politique ou associative. Que notre cher président ne trouve rien de mieux que de matraquer les migrants à Calais et d’envoyer au tribunal les personnes qui les aident !

    Hier comme aujourd’hui : SOLIDARITÉ DE CLASSE !  

    source: https://www.initiative-communiste.fr
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  • Chasse aux sorcières en Pologne : la répression des communistes (IC.fr-21/01/2018)

    Le 1er février 2018, s’ouvrira en Haute-Silésie le procès de militants du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / ). En signe de protestation et en guise de solidarité, ce samedi 27 janvier 2018 (1), à l’initiative du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une dizaine d’organisations appelle à un rassemblement devant l’ambassade de à Paris. Historien et géopoliticien spécialiste de l’ centrale et de l’est, Bruno Drweski évoque les enjeux d’un procès appréhendé par les autorités polonaises comme un premier pas vers une délégalisation d’une organisation fondée en 2002.

    http://solidarite-classe.blogspot.fr/2018/01/la-solidarite-internationaliste-comme.html


    Combien de militants du KPP ont été mis en accusation ? Que la « Justice » polonaise leur reproche-t-elle ?

    Il y avait au départ trois militants concernés, mais les accusateurs avaient négligé de bien s’informer puisque l’un des trois accusés était décédé au moment de la rédaction de l’acte d’accusation ; ce qui prouve leur amateurisme. Il n’y a donc plus que deux accusés en ce moment. On leur reproche d’avoir appelé à renverser le système constitutionnel polonais ; ce qui n’a d’ailleurs pas été précisé dans l’acte d’accusation puisqu’on mentionne en bloc l’ensemble de la revue du KPP intitulée Brzask, sans pointer aucun élément précis… Et pour cause ! Aucun de ces éléments n’est en fait condamnable au regard de la loi, le KPP respectant scrupuleusement le fonctionnement légal ; ce qui explique d’ailleurs qu’il ait été légalement enregistré comme parti politique malgré le fait que la Constitution polonaise « interdise les partis utilisant des méthodes fascistes et communistes ». Des « méthodes » que le législateur n’a d’ailleurs jamais été en état de définir.

    Quel est le poids du KPP en Pologne ? De quel courant de pensées se réclame-t-il ?

    Le KPP est un petit parti qui se réfère à l’ensemble du patrimoine de la gauche radicale et marxiste polonaise à partir du Parti social-révolutionnaire Proletaryat des années 1880, de la Social-démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie fondée par Rosa Luxemburg et Feliks Dzierżyński au Parti ouvrier unifié polonais (POUP) des années 1942-1990 en passant par le Parti communiste polonais des années 1918-1938.

    Revendique-t-il l’héritage de la Pologne populaire (1944 – 1989) ?

    Il n’a pas de position unique sur la période de la Pologne populaire qu’il considère comme une période de grandes avancées sociales et économiques parcourues par des phénomènes négatifs que les membres du KPP ont le droit d’interroger dans une vision pluraliste.

    Où est-il principalement implanté ?

    Le KPP a des sections dans plusieurs régions du pays mais son centre d’influence se trouve dans la région de Dąbrowa Górnicza – Sosnowiec de la voïévodie de Silésie appelée depuis la fin du XIXe siècle le « bassin rouge » en raisin du fort radicalisme de ses ouvriers et mineurs. Le KPP appartient à la mouvance des partis de gauche radicaux et marxisants. Des organisations qui existent en Pologne et qui peuvent diverger sur les méthodes et l’analyse du passé, mais qui se retrouvent dans la critique commune de la restauration du capitalisme, de l’anticommunisme et de l’adhésion de la Pologne à l’OTAN.

    D’aucuns prétendent que ce procès est un premier pas vers une tentative de délégalisation du KPP. Qu’en pensez-vous ?

    C’est explicitement ainsi que le considèrent plusieurs dirigeants de l’actuel gouvernement polonais pour qui le fait que ce parti soit légal est inacceptable alors même qu’ils tolèrent les violences commises par des groupuscules d’extrême droite visant les étrangers, les militants de gauche, les féministes, les minorités nationales.

    Cette organisation constituerait-elle ainsi une menace pour le régime ?

    Le KPP ne constitue pas en soi pour le moment une réelle menace pour le régime imposé au peuple polonais en 1989. En revanche le communisme constitue clairement une menace qui explique la constance des campagnes médiatiques visant à la fois le communisme, le passé soviétique, la Pologne populaire, la gauche sociale, le syndicalisme indépendant, les mouvements d’émancipation, les courants libres-penseurs, etc. Toutes les enquêtes sociales montrent, sans aucune exception depuis 1989 jusqu’à aujourd’hui, qu’une majorité (relative sur certaines questions, absolue sur d’autres) de Polonais considèrent que la période de la Pologne populaire a été globalement positive pour le pays et pour leur propre promotion sociale et culturelle. Tout au long des gouvernements libéraux jusqu’en 2015, à plusieurs reprises, des militants syndicaux ou politiques ont ainsi été arrêtés et fait quelques jours de prison puis relâchés.

    Comment la situation a-t-elle évolué depuis le retour au pouvoir de Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość / PiS) à l’automne 2015 ?

    Avec l’arrivée au gouvernement de ce parti d’essence « national-catholique », les choses se sont durcies. Si l’opposition libéral (et avec elle l’Union européenne) considère que l’indépendance formelle du système judiciaire polonais qu’elle n’avait d’ailleurs pas hésité à manipuler quand elle était elle-même au pouvoir, est aujourd’hui menacé, il n’y a en revanche aucune mesure de répressions contre des représentants de cette mouvance libérale. En revanche, depuis plus d’un an, Mateusz Piskorski, un journaliste et politologue polonais activement engagé contre l’appartenance de la Pologne à l’OTAN et contre l’appui à la junte ukrainienne par Varsovie, a été arrêté sans que jusqu’à présent on ne lui présente un acte d’accusation en bonne et due forme ! On l’accuse d’ « espionnage » en faveur de la Russie et de la Chine, alors que ses activités journalistiques étaient publiques et connues ; ce qui est bien sûr tout le contraire de l’espionnage. Au même moment, on a commencé à assister à la dénonciation du KPP puis à la mise en accusation de ses dirigeants.

    Quels objectifs poursuit le pouvoir ?

    Il est clair que ces mesures visent à intimider tous les opposants radicaux aux choix stratégiques, politiques et économiques faits depuis 1988/89. Et aussi à isoler les opposants les plus résolus à essayer de lutter dans le cadre de plus en plus étroit des libertés publiques tolérées. Pour le pouvoir la répression simultanée d’un acteur médiatique et d’un parti se référant au communisme vise à tester la capacité d’unité et de mobilisation des secteurs anticapitalistes et anti-OTAN de la société polonaise. On voit se rejouer en Pologne, en plus « soft » et en plus « smart » selon la formule nord-américaine, la partie si bien décrite par le pasteur Martin Niemöller (2). Ce dernier avait compris que le ciblage par les nazis d’un groupe au départ restreint (syndicalistes, communistes, juifs puis sociaux-démocrates) constituait un moyen de prendre en finale le contrôle total de la société.

    Ces pratiques ont été étendues à d’autres pays européens ?

    En effet, depuis 1988/89, les anciens pays socialistes ou les pays de la périphérie de l’Union européenne comme la Grèce constituent le plus souvent des terrains d’expérimentation pour des pratiques antisociales et antidémocratiques. Des pratiques qui peuvent être ensuite reprises dans les pays du « noyau » occidental de l’Union européenne. Il faut donc pour les élites possédantes partout noircir la mémoire du combat antifasciste, la mémoire de l’Armée rouge, le rôle historique des partis communistes et du camp de la Paix ainsi que de tous les autres mouvements émancipateurs pour pouvoir ensuite s’attaquer aux mobilisations syndicales, politiques, anti-impérialistes, antiguerres, en commençant par faire subir un chantage à l’anticommunisme. La gauche sociale doit comprendre, par-dessus ses différences d’analyses, qu’elle ne peut accepter de se placer au sein du chantage élaboré par les pouvoirs entre extrême droite brûlante et libéralisme glacial. Elle doit reprendre le chemin de l’indépendance et de l’audace. Le chemin de la mobilisation populaire et unitaire ; ce qui implique antiracisme et dénonciation de l’anticommunisme et des aventures impérialistes. Et donc soutien à tous ceux qui s’y opposent.

    Propos recueillis par JACQUES KMIECIAK


    (1) A 14h 30, devant l’ambassade de Pologne, 1, rue de Talleyrand, à Paris (7e).

     

    (2) C’est à Martin Niemöller (1892 – 1984) que l’on doit la fameuse citation : « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

    source: https://www.initiative-communiste.fr

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