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    En Bretagne ,  contrairement aux apparences, le pouvoir n'est installé  ni à Rennes, ni à Nantes, mais dans un petit village du Centre Bretagne: Locarn. C'est en effet à Locarn qu'est établi un "Institut" qui regroupe nombre de grands patrons de Bretagne (et de France). Merci à Françoise Morvan pour cet éclairage de salubrité publique-L'Hermine Rouge


     L'Institut de Locarn

          par Françoise Morvan

     

    L'Institut de Locarn-par Françoise Morvan

    Bien des Bretons s’étonnent d’assister depuis quelques années à une prolifération de drapeaux noirs et blancs dits « gwenn-ha-du » supposés symboliser la Bretagne éternelle, d’incitations à entonner le « Bro goz », hymne national breton, admirer les productions nationalistes, depuis le Barzaz Breiz jusqu’aux hommages aux grands militants de la cause nationale bretonne, Morvan Marchal, Morvan Lebesque, Polig Monjarret, Youenn Drezen, Roparz Hemon et tant d’autres, en passant sous silence leur adhésion au nazisme. Folklore ? Promotion d’une « identité » enfin reconnue après avoir été opprimée ? Atout pour le tourisme ? 

    Et si la fabrique identitaire était au service d’un projet politique mûrement concerté et peu à peu mis en œuvre par un groupe de pression qui tirerait sa puissance de la soumission des élus — et ce alors même que les Bretons, s’ils en avaient connaissance, s’opposeraient majoritairement à un tel projet ? 

    I. La triple alliance

    Fondée en 1991, l’association « Institut de Locarn, culture et stratégies internationales » déclare avoir « pour objet 

     – de favoriser l’intégration des entreprises bretonnes aux grands courants d’échanges mondiaux en leur permettant de resituer leur stratégie dans un cadre international,

    – d’appuyer cet élargissement du champ d’action des acteurs du développement économique de la Bretagne sur un approfondissement de l’identité culturelle de la région».

    En 1993 est fondée à Locarn une deuxième association dite « Association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand » ayant pour objet l’« association des régions françaises œuvrant pour l’union européenne »

    Enfin, en 1995, l’association Produit en Bretagne dont le siège est aussi à l’Institut de Locarn compléte le dispositif. 

    L’identitaire, l’Europe des régions, le business : une triple alliance conçue dès l’origine comme arme. 

    Le logo de Produit en Bretagne (un phare dressé sur le fond bleu de l’Armorique, le tout cerclé de jaune) est à présent visible partout et les responsables de l’Institut de Locarn ne dissimulent plus leur projet : faire de la Bretagne (qu’ils appellent désormais « l’Armorique ») une nation européenne libérée des lois pesantes de la France républicaine. « Notre problème, c’est la France », clame en 2010 le président de l’Institut de Locarn, Alain Glon, ex-PDG de Glon-Sanders, et représentant type de l’agroalimentaire breton. 

    Le fondateur de l’Institut de Locarn, Joseph Le Bihan, un ancien consultant du SDECE pour les pays d’Extrême-Orient, a produit dès 1993 un essai programmatique où il explique que les Français ne s’en doutent pas mais tout est plié :  la Bretagne est vouée à prendre place dans une Europe des régions comportant 80 à 90 territoires autonomes, organisés selon le principe de subsidiarité imposé par l’Allemagne, une « Europe de la civilisation et de la propreté qui existe déjà en Allemagne, en Suisse et dans certains pays nordiques ».

    L’« Europe de la propreté » est une Europe chrétienne, cultivant ses élites comme le conseille l’Opus Dei. L’Institut de Locarn a été inauguré par l’archiduc Otto de Habsbourg, connu pour ses liens avec l’Opus Dei comme avec les réseaux ethnistes européens, et béni par Dom Le Gall de l’abbaye de Kergonan, avec messe et drapeaux bretons. C’est ce qui a suscité une enquête de journalistes remarquablement informés dénonçant ces « croisés d’un autre âge » et leur idéologie antirépublicaine reposant sur une « vision ethno-différentialiste de l’histoire » (Golias, mars-avril 1998). Hélas, cet « autre âge » est celui qui est en train d’advenir par suite de la soumission des élus et notamment de ceux qui devraient être les premiers à résister. 

     

    II. Les réseaux de l’Institut de Locarn

    L’Institut de Locarn a été créé dans la continuité du Club des Trente, lobby fondé en 1988 par des patrons bretons dans le but de peser sur les élus. Le nom même de « Club des Trente » a d’ailleurs été trouvé par Jean-Pierre Le Roch, créateur d’Intermarché et cofondateur de l’Institut de Locarn. Il s’agit d’une allusion guerrière issue d’un vieux topos de l’historiographie nationaliste. Les piliers du Club des Trente (Alain Glon, Pierre Legris, Louis Le Duff, fondateur de La Brioche dorée, Yves Le Baquer, directeur du Crédit mutuel de Bretagne, Daniel Roullier, Jean Le Calvez, Louis Le Douarin, le PDG de la laiterie Triballat, Vincent Bolloré…) communient dans la même défense d’une « identité bretonne » à promouvoir par tous les moyens possibles en vue de faire de la Bretagne une région autonome. L’agroalimentaire et la grande distribution se rassemblent pour fédérer des entreprises de plus en plus nombreuses. Produit en Bretagne qui se présente sous les dehors aimables d’une fédération d’entreprises locales respectueuses de l’environnement, est une véritable pieuvre qui touche à des domaines allant de la banque aux mutuelles en passant par les saucisses, la culture, l’édition, les médias. Les journaux et les chaînes de télévision sont membres de Produit en Bretagne. Tout discours critique est censuré. 

    C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de « réunification », préalable nécessaire à l’autonomie d’une Armorique retrouvée, avec Nantes pour capitale. C’est aussi dans ce contexte que s’inscrivait le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes réactivé en 2000 par le Club des Trente : il fallait un aéroport international pour faire de Nantes une capitale (et se passer de Paris). 

    Le Conseil régional a fait allégeance à l’Institut de Locarn de manière de moins en moins dissimulée au fil des années. Date clé, le 8 juin 2006, le président alors socialiste du conseil régional Jean-Yves Le Drian choisit d’aller à l’Institut de Locarn présenter son programme officiel pour la Bretagne. Toute opposition est dès lors muselée. 

    Conséquence immédiate, le projet DEB (Diaspora économique bretonne), chargé de fédérer en réseau les Bretons du monde entier qui fait donc de Locarn le point de rencontre des « Bretons de l’extérieur » reçoit le soutien du Conseil régional. 

    La présidence en est confiée à l’indépendantiste Yves Pelle, qui prend en 2010 la présidence du Parti breton (parti nationaliste inspiré par l’Institut de Locarn). 

    Une partie de la formation des cadres est déléguée à l’Institut. En 2012, une nouvelle association, l’« Institut Jules-Verne de prospective et de projets innovants » (sic)  ayant pour objet la formation d’étudiants « à fort potentiel » est fondé avec la bénédiction des élus. La formation des élites, cœur de la stratégie de l’Opus Dei, trouve donc là un prolongement. 

    Ainsi encouragé, en 2013, le lobby patronal décide de passer à la vitesse supérieure. À Pontivy, Alain Glon, Jakez Bernard, Jean Ollivro, Loïc Hénaff et autres membres du lobby lancent un « appel du 18 juin» destiné à lutter contre l’écotaxe, pourtant votée à la quasi-unanimité. Le premier portique tombe le 2 août. Produit en Bretagne lance une « alerte incendie généralisée » le 16 octobre. La jonction avec les autonomistes du collectif « Vivre, décider et travailler au pays » du maire de Carhaix Christian Troadec s’effectue alors et, le 2 novembre, les manifestants sont invités à s’affubler de bonnets rouges en acrylique fabriqués par l’entreprise Armor Lux, l’un des piliers du lobby patronal breton. Les images de la « révolte des bonnets rouges » font le tour du monde. L’État cède. Un « pacte d’avenir pour la Bretagne » consacre la victoire du lobby, une victoire qui aura coûté 11 milliards d’euros à l’État et qui aura provoqué un effet massif de propagande identitaire (sur base de falsification de l’histoire). 

    Contre ce déferlement, quelques voix parviennent à s’élever, mais elles sont vite étouffées. 

     

    III. La Bretagne comme laboratoire

    Le 3 juillet 2017, devant le Congrès réuni à Versailles, le président Macron appelle à conclure des « pactes girondins » avec les « territoires » – non pas, comme on l’a dit, un « pacte girondin » qui s’opposerait à la « centralisation jacobine » mais bien des « pactes girondins » qui permettraient aux collectivités territoriales de déroger à la loi. Ces pactes ne sont qualifiés de girondins que par abus car jamais, pas plus que les jacobins, les girondins n’ont envisagé que l’unité de la loi et l’égalité devant la loi soient mises en question.

    Négociés avec les « territoires », autrement dit avec les lobbies régionalistes, autonomistes et indépendantistes appelant à la fin des États-nations, ces pactes sont en parfait accord avec le projet de l’Institut de Locarn. La balkanisation de l’Europe est une voie ouverte à la dérèglementation appelée par les patrons qui, en Bretagne, entendent être libres de « décider au pays » et de le soumettre à leur loi. 

    Le président de la République déclare le 21 juin 2018 à Quimper qu’il entend faire de la Bretagne le « laboratoire » de ce projet. Il confie à Jean-Michel Le Boulanger, conseiller régional vice-président à la Culture, issu de l’UDB, parti autonomiste, et auteur d’un essai Être Breton ? couronné par le prix Produit en Bretagne, la rédaction d’un rapport qui ouvrirait, sous l’égide de Richard Ferrand, sur une réforme constitutionnelle.  

    En plein confinement, le 23 avril 2020, le chef de l’État se déplace pour « remercier la filière alimentaire» en la personne de Jean-Marc Roué, « paysan-directeur général », incarnation de l’agriculture productiviste (artichauts, choux-fleurs, tomates sous label Prince de Bretagne). Dans la droite ligne d’Alexis Gourvennec, Roué, adepte des opérations commando et membre des Bonnets rouges en 2015, se sent d’abord « actionnaire de la Brittany Ferries ». Il vend des paniers de légumes via Amazon, version locarnienne de l’amap, et a pour slogan « cultivons les couleurs de la Bretagne ». 

    L’instrumentalisation de la culture, de la langue bretonne, de la mémoire peuvent se résumer en l’une des grandes réalisations de l’Institut de Locarn, la Vallée des saints, placée sous le sigle de Produit en Bretagne. 

    Cœur de la reconquête identitaire via l’histoire, le Cercle d’étude de l’histoire créé par l’Institut de Locarn achève de faire de la Bretagne le lieu de l’expérimentation : ceux qui, en 1998, semblaient les « croisés d’un autre âge » apparaissent  à présent comme les croisés de l’âge venu d’une grande régression. 

    La Bretagne en est, de fait, devenue l’un des laboratoires. 

    © Françoise Morvan

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    En 2002, Le Monde comme si alertait sur la dérive identitaire induite par le lobby patronal breton. Le débat qu’appelait ce livre a été interdit. Les médias bretons l’ont totalement passé sous silence, les militants de gauche comme de droite se livrant quant à eux à une campagne d’invectives et de calomnies qui dure encore.  

    En 2013, la journaliste Charlotte Perry (dans le cadre de l’émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis ») a diffusé sur France-Inter trois émissions éclairantes

    Tous les essais parus au sujet du lobby breton sont apologétiques. Aucune enquête critique depuis celle de Golias n’a pu être publiée.

    Françoise MORVAN

    source: http://francoisemorvan.com/

     

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  • Nokia prévoit de supprimer 402 postes à Lannion.Nokia prévoit de supprimer 402 postes à Lannion.

    Une part des fonds du plan de relance est destinée à créer les champions industriels de demain. Mais les télécoms n’en font pas partie.

    Le plan de relance, présenté dans le détail, ce jeudi, par le Premier ministre Jean Castex, a été conçu pour être un plan d’investissement massif, destiné à préparer la France aux défis du XXIe siècle. « L’ambition est que la France sorte plus forte de la crise sanitaire et mieux préparée pour l’avenir », explique un ministre de premier plan.

    Des choix ont été faits, comme celui d’accélérer la transition écologique (rénovation thermique des bâtiments, transport ferroviaire, agriculture bio). Des filières d’avenir ont été sélectionnées en vue de créer des champions mondiaux : les moteurs électriques, l’hydrogène, le calcul quantique, l’intelligence artificielle et les biotechnologies.

    Mais pour ce qui concerne les relocalisations, seule la production de médicaments est pour l’instant retenue. Les télécoms n’en font pas partie. Certes, les entreprises du secteur pourront, comme les autres, proposer des projets, pour lesquels un milliard d’euros de subventions a été dégagé.

    Peu d’avancée sur le dossier Nokia

    Mais les équipements liés à la technologie mobile de nouvelle génération 5G, stratégique pour le futur de l’industrie, ne bénéficie pas d’un « fléchage » spécifique. Ce choix, concomitant de l’annonce fin juin de la suppression de 1233 postes à Nokia, pourrait signer la fin des ambitions françaises en matière de télécoms. Un secteur pour lequel le pays disposait pourtant d’atouts forts avec les innovations du Cnet et les brevets d’Alcatel… détenus aujourd’hui par Nokia.

    En fait, l’Exécutif s’en remet à une souveraineté partagée, même si elle n’est pas encore clairement définie, avec les partenaires européens. « La volonté est affirmée, alors que nous avons deux fournisseurs européens - Ericsson et Nokia - d’avoir une vraie solution industrielle européenne, (…) parce qu’il en va de la sécurité de nos communications et de nos réseaux 5G », avait confié, fin août, Emmanuel Macron aux journalistes de la presse présidentielle.

    Le dossier Nokia a peu avancé cet été. La ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé, le 6 août, au nouveau patron de Nokia, Pekka Lundmark, l’opposition ferme du gouvernement au plan social. Un nouvel échange est prévu ces prochains jours. Sans attendre, Bercy s’est mis au travail pour dégager d’autres options. « Si Nokia reprend son plan ce sera tant mieux, sinon on se donne les moyens de disposer de solutions alternatives», précise un proche du dossier.

    La recherche d’un repreneur est sur la table. La Direction générale des entreprises à Bercy finalise une synthèse des atouts et compétences des sites de Nokia. Business France, l’agence chargée de l’attractivité, pourrait aussi être mandatée pour trouver des repreneurs à l’étranger.

    Thierry Mestayer

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Gaële Le Noane, fondatrice de Marguerite & Cie, a déposé un brevet de son distributeur de protections périodiques qui sera installé dans onze lycées bretons.Gaële Le Noane, fondatrice de Marguerite & Cie, a déposé un brevet de son distributeur de protections périodiques qui sera installé dans onze lycées bretons. 

    Le conseil régional finance des distributeurs de protections périodiques dans onze lycées bretons volontaires à la rentrée 2020. L’entreprise qui fournit ces distributeurs, Marguerite & Cie, veut mettre fin aux tabous des règles.

    C’était une proposition du conseil régional des jeunes : mettre en place des distributeurs de protections périodiques dans les lycées pour lutter contre la précarité menstruelle. La Région Bretagne a décidé de suivre les jeunes et met en place, dès la rentrée, des distributeurs gratuits dans onze lycées bretons volontaires après une expérimentation au lycée maritime du Guilvinec (Finistère). La Région finance donc l’achat de distributeurs de l’entreprise finistérienne pour 270 € hors taxe par unité. Les distributeurs seront rechargés au fil des mois par les lycées.

    Lever un tabou

    Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, indique :  Nous pouvons être fiers qu’une entreprise bretonne puisse nous aider à faire progresser un peu plus la société vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.  Gaële Le Noane, fondatrice et directrice de Marguerite & Cie, se réjouit de la mise en place de distributeurs de protection menstruelle :  Cela permet de mettre fin à un certain tabou et donner une visibilité. Le sujet devient politique et c’est une bonne chose . Emmanuel Ethis, recteur de l’académie de Rennes, espère  lever un tabou et lutter contre la précarité menstruelle qui peut être un facteur d’absentéisme à l’école  .

    Un fleuron breton

    Au-delà d’une démarche pour l’égalité hommes femmes, l’entreprise, basée à Lesconil dans le Finistère, s’engage dans une approche écologique :  Nous distribuons des serviettes et des tampons, réalisés avec des matériaux respectueux de l’environnement et du corps des femmes », explique Gaële Le Noane.

    Marguerite & Cie ne cesse de se développer. Depuis sa création en 2018, de nombreux organismes publics font appel à ses distributeurs : l’université de Rennes-2, mais aussi la Région Île-de-France pour la rentrée.  J’ai réussi à créer trois emplois depuis cet hiver », note la fondatrice.

    Pauline BOUTIN

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • ENTRETIEN. Médecins du monde investit dans l’usine de masques des Côtes-d’Armor (OF.fr-28/08/20-19h15)

     

    L’ONG humanitaire est entrée au capital de l’usine de confection de masques de Grâces (Côtes-d’Armor). Une première pour l’association.

    Soutenue par les collectivités, une usine de masques va voir le jour, à Grâces, près de Guingamp (Côtes-d’Armor), sous forme de société coopérative d’intérêt collectif. Médecins du monde est entrée au capital, une première pour l’organisation à but non lucratif.

    ENTRETIEN. Médecins du monde investit dans l’usine de masques des Côtes-d’Armor (OF.fr-28/08/20-19h15)Entretien avec Jean-Baptiste Martray, directeur de la communication et du développement de Médecins du monde France.

    Pourquoi Médecins du monde est-elle entrée au capital de la future usine de masques de Grâces ?

    Au départ, nous avons été contactés par notre délégation de Nantes, qui avait eu vent du projet. C’était vers début avril, en pleine crise du Covid-19, alors que nous faisions face à une pénurie de masques et à de grosses difficultés d’approvisionnement. Il nous est apparu qu’un projet de relocalisation sur le territoire français, qui profite à l’ensemble des acteurs d’une filière, méritait que nous montrions, symboliquement, notre solidarité.

    Ce n’est pas une démarche naturelle pour votre ONG… À quelle hauteur vous engagez-vous ?

    Nous rentrons au capital à hauteur de 5 000 €, dans le collège des associations. Cela reste symbolique, mais cela marque notre soutien à ce projet. C’est la première fois de son histoire que l’association investit dans une structure de nature commerciale. Il y a eu un débat au sein du conseil d’administration. Mais le fait qu’il s’agisse d’une coopérative, sans redistribution du capital, nous a convaincus. C’est un choix politique, en tant qu’association médicale de premier plan.

    Allez-vous donc vous fournir en masques auprès de cette usine ? Combien en consommez-vous ?

    Nous représentons près de 5 000 personnes, salariés et bénévoles, à l’international, et consommons des centaines de milliers de masques chaque mois, et cela risque d’augmenter. Mais nous n’avons pas voulu relier cette prise de capital à une obligation d’acheter des masques à la coopérative. Elle rentrera dans nos fournisseurs référencés, et sera interrogée sur les appels d’offres. Cette production en France impliquera peut-être un surcoût marginal, mais il sera compensé par la sécurisation des approvisionnements. Nous devons quand même rester dans l’optimisation de nos coûts, financés par les dons.

     

    www.medecinsdumonde.org

    Entretien réalisé par Fabrice BERNAY (source:  https://www.ouest-france.fr/ )

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  • L’État français estime que certaines antennes 5G à Rennes et Brest, conçues par Huawei, sont trop proches d’installations militaires sensibles. L’État français estime que certaines antennes 5G à Rennes et Brest, conçues par Huawei, sont trop proches d’installations militaires sensibles. (EPA-EFE)

    L’opérateur Bouygues Telecom a annoncé jeudi qu’il allait retirer 3 000 antennes de téléphonie mobile Huawei d’ici à 2028 dans les zones très denses en population à la demande du gouvernement français, pour des raisons de sécurité du futur réseau 5G. Rennes et Brest sont concernées.

    « Nous n’aurons plus aucune antenne Huawei dans les zones très denses » d’ici à 2028, a expliqué Olivier Roussat, le président de Bouygues Telecom, lors d’une conférence téléphonique organisée à l’occasion de la publication des résultats semestriels. Cela implique de démonter 3 000 antennes, a-t-il expliqué.

    Bouygues Telecom compte, au total, environ 21 500 antennes sur le territoire national.

    « Le gouvernement a choisi une gestion pragmatique, qui laisse le temps aux opérateurs de s’adapter », a commenté Sylvain Chevallier, spécialiste en télécoms et associé du cabinet conseil Bearing Point. « Mais à terme, c’est clair, il n’y aura plus de Huawei dans le paysage » concerné par la 5G.

    Huawei, numéro un mondial des équipements 5G, est dans le collimateur des États-Unis qui le soupçonnent d’espionnage potentiel au profit de Pékin. L’administration Trump fait pression sur les pays alliés pour qu’ils renoncent à utiliser ses équipements.

    Base sous-marine et cybersécurité

    Début juillet, l’agence nationale chargée de la sécurité informatique en France avait fait savoir qu’elle restreindrait fortement les autorisations d’exploitation des opérateurs français partenaires du groupe.

    Ces derniers avaient alors évoqué la nécessité de démonter leurs équipements actuels en cas d’incompatibilité avec ceux d’autres fabricants.

    Dans le détail, Bouygues Telecom, qui n’utilise déjà pas d’antennes Huawei à Paris, ne pourra pas utiliser d’antennes Huawei pour la 5G à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes, a expliqué l’opérateur.

    Dans ces villes se trouvent des installations stratégiques pour la France, comme le port militaire de Brest et la base de sous-marins nucléaires de l’Île-Longue, le siège d’Airbus à Toulouse, ou les installations de cyberdéfense de Saint-Jacques-de-la-Lande et Bruz, près de Rennes.

    Dans quatre autres villes qu’il n’a pas citées, Bouygues Telecom pourra continuer d’utiliser des antennes Huawei pour la 5G jusqu’en 2023.

    Pour un autre paquet de neuf villes, le délai est porté à 2025, tandis que sur le reste de la zone très dense, il est porté à 2028.

    Dans les zones qui ne sont pas des zones très denses (57 % de la population française), « a priori l’État français n’a pas de contre-indication dans l’usage des équipements Huawei » pour la 5G, a précisé M. Rossat.

    Pour M. Rossat, le temps laissé pour démonter les antennes est « assez raisonnable en termes d’impact financier dans nos résultats opérationnels ». Bouygues n’en est pas moins en train de négocier avec l’État une compensation financière pour ce démontage, a-t-il rappelé.

     
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  • Frédérique Lalys, Gwénaël Le Paih et Matthieu Mahéo, du Snes-Fsu, attendent avec impatience le nouveau protocole sanitaire covid-19 de cette rentrée. Frédérique Lalys, Gwénaël Le Paih et Matthieu Mahéo, du Snes-Fsu, attendent avec impatience le nouveau protocole sanitaire covid-19 de cette rentrée. 

    À quelques jours de la rentrée des classes, le Snes-Fsu s’inquiète de l’annonce tardive du protocole sanitaire à appliquer dans les établissements scolaires. Le syndicat rappelle également que les enjeux pédagogiques de cette rentrée sont complexes.

    « Nous sommes très inquiets pour la rentrée scolaire », ne cache pas Gwénaël Le Paih, secrétaire général du syndicat enseignant Snes-Fsu. « Rien n’est anticipé. Nous n’avons toujours pas de cadre général donné par le ministère. À moins d’une semaine de la rentrée, nous ne connaissons pas le protocole sanitaire qu’il va falloir appliquer. Il va tomber au dernier moment, en même temps que la pré-rentrée, alors que nous devons gérer des questions pédagogiques majeures. Que fait-on avec les programmes non terminés ? Comment gère-t-on les inégalités qui se sont exacerbées avec le confinement ? ».

    105 postes en moins dans les collèges et lycées publics

    Dans le même temps, le syndicat déplore que 105 postes en équivalent temps plein soient supprimés dans les collèges et lycées publics lors de cette rentrée scolaire 2020-2021. « Selon les estimations d’avril-mai, baisse démographique oblige, les effectifs devaient perdre 400 élèves dans les établissements publics de l’académie », ajoute Frédérique Lalys, membre du secrétariat académique du Snes-FSU. « Mais le confinement a poussé des familles à s’installer en Bretagne. La crise économique qui touche les bassins de Morlaix et Lannion amène des familles à se tourner davantage vers les établissements publics. Les effectifs ne vont pas baisser tant que ça. Nous aurons les chiffres la semaine prochaine. »

    Une multitude de questions

    Le monde enseignant attend l’allocution de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, ce mercredi, pour obtenir des directives sur les protocoles sanitaires à mettre en place. « Le dernier protocole date de juillet », ajoute Gwénaël Le Paih. « L’épidémie n’était pas au même niveau ! », une multitude de questions planent encore. Comme, par exemple : ne faut-il pas aérer les salles toutes les heures au lieu de trois fois par jour ? Comment se fera l’accès à la cantine ? Quel brassage dans les couloirs ? etc.

    « Lors de son allocution, nous attendons que le ministre annonce que l’Éducation nationale prend en charge financièrement les masques devenus obligatoires pour les collégiens et lycéens », souffle Frédérique Lalys. « Les parents d’élèves le souhaitent mais les enseignants aussi ». (ce mardi, en début de soirée le gouvernement a annoncé qu’il ne fournira pas de masques gratuits NDLR)

    Une fois que le ministre aura donné les grandes lignes du protocole à suivre, le syndicat Snes-Fsu souhaite pouvoir échanger avec le recteur d’académie lors d’un comité technique extraordinaire.

    Claire Staes

    source: https://www.letelegramme.fr/

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    L’usine de méthanisation, à Châteaulin, à l’origine de la pollution de l’Aulne.
    L’usine de méthanisation, à Châteaulin, à l’origine de la pollution de l’Aulne.

    « En matière de méthanisation, il ne faut pas perdre la raison », insiste Arnaud Clugery, directeur d’Eau et rivières de Bretagne.

    Que vous inspire la pollution de l’Aulne provoquée par le déversement accidentel de matières provenant de l’usine de méthanisation de Châteaulin (29) ?

    C’était malheureusement prévisible. À force de multiplier le nombre de telles installations en bord de rivière, le risque est grand. L’industrialisation à tout va dans des milieux naturels n’est pas assez prise en compte. Le développement de la méthanisation est une façon détournée d’obtenir de l’argent public afin de financer le maintien d’une agriculture industrielle qui n’est pas celle défendue par des associations comme la nôtre. Nous allons porter plainte pour pollution des eaux. On veut faire appliquer le principe de « pollueur-payeur », lequel n’est guère appliqué jusqu’à présent.

    jean yves kermarrec et Arnaud ClugeryArnaud Clugery, directeur d’Eau et rivières de Bretagne.

    Ces méthaniseurs sont-ils des « bombes à retardement » comme on peut parfois l’entendre ?

    Ce ne sont pas des bombes à retardement mais plutôt une épée de Damoclès au-dessus de nos rivières. Dès lors que l’on multiplie les zones de stockage de matières organiques riches en ammoniaque et d’autres polluants, on fait peser davantage de risques sur nos cours d’eaux. On dépense des millions d’euros en faveur de la protection de l’eau et on laisse s’installer une industrie potentiellement polluante à moins de deux kilomètres d’une prise d’eau qui alimente plus de 150 000 foyers.

    Pour ou contre la méthanisation ?

    La méthanisation est une bonne technologie mais ce n’est pas parce qu’on a une bonne technologie plus intéressante que l’énergie fossile et le nucléaire que, pour autant, il faut perdre complètement la raison. Ne pas perdre la raison, c’est réfléchir et avoir une réelle concertation. On ne peut pas mettre des éoliennes et du solaire n’importe où et faire de la méthanisation avec n’importe quoi.

    On est contre le développement anarchique de la méthanisation en Bretagne et on est favorable à une technologie de méthanisation adaptée à des petites fermes ou certaines filières. Méthaniser les biodéchets des villes est, par exemple, quelque chose de très intéressant.

    En Bretagne, on développe de la méthanisation tout en ne se posant pas toutes les questions au niveau de la ressource, de la quantité de matières organiques générées… En matière d’énergie, l’alternative à la méthanisation serait de réfléchir à un mix énergétique et de ne pas foncer tête baissée dès qu’apparaît une nouvelle technologie.

    Qu’entendez-vous par mix énergétique ?

    Eh bien que l’on puisse avoir de la petite méthanisation, de l’éolien, du solaire… Il faut mixer tout ça pour réduire notre relation avec le nucléaire et les hydrocarbures. Il faut avant tout réduire nos besoins en énergie, c’est-à-dire isoler les logements, faire un habitat de meilleure qualité. Il faut aussi réduire nos déplacements. En Bretagne, il y a surproduction de déchets organiques issus des élevages et de l’industrie de transformation agroalimentaire. Il faut baisser la quantité d’animaux produits en Bretagne et aller vers une meilleure valorisation de la qualité de ces produits.

    Jacques Chanteau

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • Le navire l’Armorique cessera ses traversées dès le 31 août (le Pont-Aven le remplacera sur la ligne Plymouth/Roscoff à partir du 10 septembre).Le navire l’Armorique cessera ses traversées dès le 31 août (le Pont-Aven le remplacera sur la ligne Plymouth/Roscoff à partir du 10 septembre). (Le Télégramme/Laura Baudier)

     

    La Brittany Ferries réduit la voilure, les salariés, eux, naviguent à vue entre flou et inquiétudes…

    Mercredi 19 août, la Brittany Ferries a annoncé la réduction des traversées entre le France et l’Angleterre. En un seul week-end, la compagnie a enregistré près de 35 000 annulations ou reports. Une situation qui s’explique par la quatorzaine imposée par le Royaume-Uni pour tous les voyageurs en provenance de France depuis le 15 août.

    La compagnie n’exploitera plus que six ferries (sur 11) à la rentrée. La Brittany Ferries, premier employeur de marins français (avec un effectif moyen de 2 828 emplois en 2019), a également dû recourir au chômage partiel. L’objectif est clair : réduire les coûts d’exploitation et, ainsi, surmonter cette période.

    La compagnie espère une aide de l’État au-delà du prêt garanti par l’État (PGE) de 117 millions d’euros à rembourser à partir de 2021. En visite, ce 20 août, à Morlaix, le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a réaffirmé son soutien à la compagnie maritime bretonne.

    Des salariées en attente de réponses

    Jeudi 20 août, syndicats et direction se sont rencontrés au cours d’un comité social et économique (CSE). « La direction attend des décisions de l’État pour la fin août, début septembre avant de faire des annonces ; ils ne peuvent pas nous répondre pour le moment, il faut attendre de savoir s’ils vont avoir des aides supplémentaires », confie un salarié à l’issue de ce CSE. Ce qui est certain en tout cas, c’est l’inquiétude des salariés : « Tout le monde commence à s’inquiéter, on est dans le flou… », déplore le membre du CSE. « Aucune suppression d’emplois n’a été évoquée, ils ont seulement parlé de "pérennité de l’entreprise" », poursuit le salarié qui craint, à terme, d’éventuels licenciements pour sauver l’entreprise.

    Des négociations à prévoir

    Des négociations seraient envisagées : « La direction nous a dit qu’elle était prête à rentrer dans des négociations, notamment pour la réorganisation du temps de travail. On attend une date », indique le salarié pour qui « six années difficiles sont à prévoir ».

    Le prochain CSE est prévu pour le 1er octobre, si, d’ici là, d’autres annonces ne sont pas faites…

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • L’une à Guingamp, l’autre à Ploufragan, les deux dans les Côtes d’Armor : deux projets d’usines de masques sont en bonne voie. L’une à Guingamp, l’autre à Ploufragan, les deux dans les Côtes d’Armor : deux projets d’usines de masques sont en bonne voie.

    La pandémie fait toujours rage. Néanmoins, deux usines de fabrication de masques dans les Côtes d’Armor - un projet public et un projet privé - n’est-ce pas trop ? À long terme, seront-elles viables ?

    Fin mars, le syndicat Sud 22, en pleine pandémie et en pénurie de masques, rappelle que l’usine Honeywell, à Plaintel (22), a été fermée et délocalisée deux ans plus tôt, et les machines détruites. Et d’émettre l’idée de relancer le site. Région et Département des Côtes d’Armor s’emparent du projet.

    Guy Hascoët, ex-secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire, est missionné pour monter une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) et relocaliser la fabrication de masques en Bretagne. Le Briochin Jean-Jacques Fuan, ancien directeur de l’usine de Plaintel, est également impliqué dans le projet. Fin avril, coup de théâtre : le député Marc le Fur sort de son chapeau un autre projet ; Abdallah Chatila, milliardaire suisse, est prêt à investir 15 millions d’euros sur les derniers 25 000 m² de l’ex-site Chaffoteaux, à Ploufragan.

    David contre Goliath ?

    Objectif : 250 millions de masques/an produits par 120 salariés, dans un premier temps. Avec 5,5 millions d’euros d’investissements et 30 à 40 emplois pour 45 millions de masques, la SCIC fait pâle figure. Mais elle a d’autres atouts. Outre l’engagement « citoyen » (25 % du capital), elle repose sur l’engagement à s’approvisionner auprès de la « Coop des masques », de collectivités, de fondations médicales, d’hôpitaux privés mais aussi de professionnels bretons de la santé, du médico-social, du bâtiment et travaux publics, de l’industrie navale ou de l’agroalimentaire pour leurs besoins courants.

    La future usine de production de masques occupera une partie des anciens locaux d'AOIP (Association des ouvriers en instruments de précision), dans la zone industrielle de Grâces.La future usine de production de masques occupera une partie des anciens locaux d’AOIP (Association des ouvriers en instruments de précision), dans la zone industrielle de Grâces, à Guingamp. 

    Deux philosophies

    Deux projets, deux philosophies. D’un côté, une démarche capitalistique ; de l’autre, « un projet citoyen visant à la sécurisation de l’approvisionnement en masques et de l’emploi local », selon Serge Quéau (Sud 22). À ne pas mettre en concurrence, selon Martin Meyrier, ex-vice-président Économie à la Région : « L’un s’adresse à un marché mondial, l’autre veut sortir la production de masques de la seule logique du marché ». Lors de la naissance officielle de la SCIC, le 2 juillet, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, parle, lui, d’acte de « souveraineté régionale, de volonté de relocaliser et de reprendre en main une filière stratégique par et pour les Bretons ».

    Mais si un jour - que l’on espère tous d’un point de vue sanitaire - le marché ralentit ou s’effondre, que va-t-il se passer ? Les deux entités affirment s’être préparées à la diversification.

    En concurrence ?

    Soit. Mais les deux usines ne vont-elles pas se retrouver en concurrence à un moment ou un autre ? Pour l’instant, le besoin en masques est toujours fort et 90 % sont importés de Chine. Mais si un jour - que l’on espère tous d’un point de vue sanitaire - le marché ralentit ou s’effondre, que va-t-il se passer ? Les deux entités affirment s’être préparées à la diversification. Toutes deux sont aussi candidates à l’appel à projet national pour fabriquer le média filtrant, matière première des masques, élément stratégique. « Nous étoffons le service recherche et développement » affirme Jean-Jacques Fuan, aujourd’hui conseiller du projet privé. « L’objectif de Monsieur Chatila étant de transformer le masque en un vrai outil, adapté tant à la physionomie de la personne qui va le porter qu’à son activité, plus confortable et plus efficace ». Guy Hascoët, lui, affirme que la SCIC est, elle aussi, parée pour répondre à la diversification de la production en contact étroit avec des laboratoires extérieurs.

    Chaffoteaux et Maury , PloufraganAprès avoir fermé en 2009, les anciens établissements Chaffoteaux et Maury, à Ploufragan, devraient accueillir la nouvelle usine de masques.

    Pas assez de soutiens publics ?

    Quoi qu’il en soit, la course est lancée. La SCIC, qui s’installe dans la zone industrielle de Grâces, à Guingamp (22), aimerait entamer sa production à l’automne. L’usine des Châtelets, elle, vise le premier trimestre 2021. Sera-t-elle au rendez-vous ? Jean-Jacques Fuan, il y a quelques jours, regrettait, en effet, que le soutien des pouvoirs publics soit timide : « On ne demande rien d’autre que les aides habituelles accordées par la loi dans ce genre de cas. Ce qui permettrait d’aller plus vite et plus loin dans ce projet majeur ». Non sans souligner que des contacts existaient toujours avec la Haute-Savoie, également candidate à ce type d’usine… Faut-il s’en inquiéter ? Rappelons simplement qu’Abdallah Chatila, dans une interview au Télégramme, le 1er mai dernier, déclarait que s’il espérait bénéficier du soutien de l’État par des achats ou sous toute autre forme, « celui-ci ne conditionnerait pas la réalisation du projet ».

    Deux fois moins chers à produire

    En tout cas, Alain Cadec, président du Conseil départemental des Côtes d’Armor, estime qu’il faut accompagner ces deux projets complémentaires, « à partir du moment où des engagements fermes sont pris quant à la sécurisation à long terme des emplois et de l’outil industriel… Il est important que toutes les bonnes volontés puissent se réunir au bénéfice de l’intérêt général ». On le souhaite. Pour l’emploi mais aussi pour les consommateurs qui pourront acheter des masques “made in Breizh” de qualité garantie.

    Hervé Queillé

    source: https://www.letelegramme.fr/

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  • «Cette mesure de quarantaine imposée par les autorités britanniques est clairement un coup d’arrêt catastrophique pour les transports maritimes », s’alarme Christophe Mathieu, Président directeur Pôle «Cette mesure de quarantaine imposée par les autorités britanniques est clairement un coup d’arrêt catastrophique pour les transports maritimes », s’alarme Christophe Mathieu, Président directeur Pôle stratégie et commercial à la Britanny Ferries. 

     

    Christophe Mathieu, directeur général de Brittany Ferries, a pris de plein fouet l’annonce du rétablissement de la quarantaine au Royaume-Uni. Une très mauvaise nouvelle pour la compagnie.

    Comment avez-vous réagi à l’annonce du rétablissement de la quarantaine au Royaume-Uni ?

    Annoncé aussi brutalement et précipitamment, c’est un véritable coup de massue. On vient véritablement de nous mettre le second genou à terre. Après quatre mois d’inactivité, nous étions soulagés que l’on puisse relancer l’activité et travailler en juillet. Même si elle est mauvaise, au moins c’est une saison. Or, là, on vient de nous casser les pattes avec une batte de base-ball. On va perdre immédiatement 20 à 30 % de réservations sur les jours qui viennent et on se dirige vers une saison exécrable. Et les conséquences seront d’autant plus lourdes que nous avions engagé du personnel supplémentaire pour l’été.

    Vous attendiez-vous à ce genre de décision de la part du gouvernement britannique ?

    Je ne suis même pas sûr que cette quarantaine ait une quelconque influence sur la situation sanitaire. Peut-on se dire que si tout le monde portait un masque et respectait les gestes barrières, on n’en serait pas arrivé là ? En fait, ce qui est frustrant, c’est de se dire que nous ne sommes que des spectateurs, les otages d’enjeux politiques qui nous dépassent, dans un contexte où les relations entre la Grande-Bretagne et l’Union Européenne sont tendues dans énormément de domaines.

    Comment voyez-vous l’arrière-saison ? Les Britanniques, qui constituent 85 % de vos passagers, vont-ils quand même avoir envie de voyager ?

    Le problème est que nous n’avons aucune visibilité sur la durée de cette mesure. Combien de temps  ? 15 jours, un, deux, trois mois ? Nul ne le sait et le mal est fait, en tout cas, pour la deuxième quinzaine d’août. Mais si ça dure, il est évident que les Anglais ne se déplaceront pas, comme d’habitude, pour quatre jours ou une semaine en septembre ou octobre, s’ils doivent passer 14 jours en quarantaine. Et ce, non seulement en rentrant chez eux mais dans le pays qu’ils viennent visiter, puisque la France prévoit d’annoncer des mesures de réciprocité.

    Quelles pourraient être les conséquences économiques pour la Brittany Ferries ?

    Il faut que tout le monde ait bien en tête et prenne la mesure de la gravité de la situation. Cette mesure de quarantaine imposée par les autorités britanniques est clairement un coup d’arrêt catastrophique pour les transports maritimes. En ce qui concerne Brittany Ferries, le mois de juillet n’a pas été bon. Nous n’avons transporté que 95 000 passagers contre 300 000, l’an passé, sur l’ensemble de nos lignes, y compris vers l’Espagne. Nous n’allons pas arrêter la flotte. Mais il est permis de s’interroger en ce qui concerne l’avenir. Nous avons, certes, souscrit un PGE (prêt garanti par l’État) à hauteur maximale. Mais, aujourd’hui, on se pose sérieusement la question de savoir s’il sera suffisant ou pas en fonction de l’évolution de la situation.

    Propos recueillis par Hervé Queillé

    source:  https://www.letelegramme.fr/

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