• A la suite du coup d’Etat, la junte militaire installé par les USA et l’Union Européenne, parfaitement consciente de ce qu’ avait bien remporté les élections dans les urnes s’est empressé de lui interdire de revenir dans le pays et de pouvoir se présenter aux élections. Après des mois de manifestations pacifiques réprimées dans le sang, son parti le MAS (Mouvement pour le socialisme) se présente aux prochaines élections présidentielles, emmené par . Crédité de 40,3% des voix, devant Carlos Mesa, le candidat de la droite battu à la dernières présidentielle, il devrait l’emporter dès le premier tour, comme le confirme une récente dépêche Reuters citant un sondage de la Fondation Jubileo.

    Un second sondage achevé le 29 septembre mené par la CELAG confirme que Arce devrait l’emporter, en dépassant 40% des voix avec plus de 10% des voix d’avance

     

    Avec respectivement 50,2% des intentions de vote dans le district de Cochabamba et 53.6% dans celui de la Paz, Luis Arce confirme que le MAS obtient bien le soutien majoritaire du peuple bolivien.

    En panique face à la victoire annoncée, et prévisible au regard des élections de l’automne 2019, du MAS, la junte a tenté d’interdire au Mas de se présenter. Prétextant du commentaire d’un sondage dans les média. Peine perdu, le tribunal suprème electoral a refusé ce subterfuge.

    Il ne reste que la force militaire, la répression fasciste et la fraude pour que l’opposition de droite conserve le pouvoir dont elle s’est emparée par un putsch. C’est pourquoi, plus que jamais la a besoin que résonne un maximum de voix pour défendre sa liberté et sa souveraineté en brisant le silence de plomb des médias occidentaux, eux qui avaient de manière si tonitruante soutenu le putsch d’Anez / Mesa.

    JBC 

    La justice bolivienne refuse d'interdire au MAS-IPSP de participer aux électionsLuis Arce, porté par le soutien populaire et militant du MAS

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Pas un jour sans que la ne soit dans le collimateur de ce que l’Occident prétendument civilisé compte de médias « main stream », de « think tanks » et d’officines de propagande en tous genres. Adopté par une commission de la Chambre des Représentants, un récent rapport du Congrès des États-Unis, par exemple, reprend les accusations habituelles contre la et invite les agences de renseignement à unir leurs efforts pour lutter contre cette nouvelle menace. « Si nous nous inclinons maintenant, nos petits-enfants seront à la merci du Parti communiste chinois, dont les actes constituent le premier défi du monde libre », avait déjà déclaré le secrétaire d’État Mike Pompeo, de son côté, le 24 juillet.

    Nos petits-enfants ? Pauvres gosses ! On les a prévenus, au moins, que des hordes de jaunes assoiffés de sang allaient bientôt débarquer pour les dévorer tout crus ? Après avoir exterminé les Ouïghours et revendu leurs organes au rayon boucherie des supermarchés, ils vont faire pareil avec les Américains, c’est sûr. Terrifiante, abominable, cette Chine communiste ! Nouvel empire du Mal, elle étend son emprise démoniaque sur le monde libre. Elle tisse sa toile, méticuleusement, pour prendre au piège de pauvres Occidentaux qui ne demandaient qu’à vivre en paix et en démocratie.

    Ainsi va le monde fictif forgé par homo occidentalis pour les besoins de sa cause perdue ! Servie matin, midi et soir, par les rotatives de la désinformation médiatique, la narration dominante impute à la puissance montante tous les fantasmes qui gangrènent le cerveau malade de celui qui voit le sol se dérober sous ses pieds. Quelle blessure narcissique, en effet, de sentir qu’on n’est plus le maître du monde, et que les ex-colonisés ne baissent plus les yeux devant les fiers représentants de la race supérieure ! En 1945, les USA représentaient 50% du PIB mondial, et Washington détenait 70% de l’or du monde. Aujourd’hui, en parité de pouvoir d’achat, les États-Unis sont derrière la Chine et ils croulent sous les dettes.

    En un sens, on comprend cette amertume qui taraude les dirigeants de la « nation exceptionnelle » à l’égard de son grand rival asiatique. Au début des années 2000, avec Bill Clinton, les petits génies de Washington avaient misé sur l’intégration économique de la Chine en espérant qu’elle précipiterait sa décomposition politique. Soumise à la loi fixée par des multinationales brandissant la bannière étoilée, la Chine devait accomplir la prophétie du néolibéralisme en levant le dernier obstacle à la domination du capital mondialisé. L’inverse a eu lieu : Pékin a utilisé les multinationales pour accélérer sa mue technologique et a ravi à Washington la place de leader de l’économie mondiale. Lénine, pourtant, avait annoncé la couleur : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle on les pendra ».

    Au cours de son histoire mouvementée, la République populaire de Chine en a vu d’autres, et elle n’a pas l’intention de renoncer à un système original dont le réglage a nécessité beaucoup d’efforts. Les pseudo-experts occidentaux nous le répètent bien assez : les Chinois font semblant d’être d’accord avec nous, mais en fait ils n’ont pas changé, ils ont conservé leurs entreprises publiques, ils contrôlent les fluctuations de leur monnaie, les banques chinoises obéissent au gouvernement, et ce dernier planifie le développement de l’économie comme au temps de Mao. Bref, c’est affreux, mais tout se passe, en dépit des apparences, comme si les Chinois étaient toujours communistes. Pas faux, et d’ailleurs on voit le résultat.

     

    Alors que la Chine a quasiment éradiqué, sur son territoire, le virus responsable d’une pandémie qui a déjà fait un million de morts au plan mondial, les États-Unis, qui en comptent 205 000, ont récemment appris que leur président et son épouse avaient contracté la maladie. Il est vrai qu’au moment où Xi jinping paraissait masqué à la télévision chinoise pour appeler à la mobilisation générale contre le « nouveau démon » et engageait une politique dont le succès éclate à la face enfarinée de ses détracteurs occidentaux, Trump et ses homologues persistaient à nier la gravité du phénomène et comptaient sur l’immunité collective pour faire le ménage.

    Au fond, ce contraste entre irresponsabilité occidentale et responsabilité chinoise fait penser au scénario de la précédente crise économique. Face au chaos financier provoqué par des années de dérégulation néolibérale et de rapacité boursière, Washington affecta de réguler la finance. Prisonnier de l’oligarchie bancaire, le pouvoir se contenta en fait de creuser le déficit public pour renflouer les banques privées, y compris celles qui étaient responsables, par leur cupidité sans bornes, du marasme général. De son côté, Pékin a fait à peu près le contraire : l’État a consenti des investissements massifs dans les infrastructures publiques. Ce faisant, il a amélioré les conditions de vie du peuple chinois tout en soutenant la croissance mondiale, sauvée du plongeon auquel la promettait la rapacité de Wall Street.

    Qu’il s’agisse de la crise financière de 2008 ou de la crise sanitaire de 2020, le bilan comparatif est donc le même : incurie américaine, efficacité chinoise. Mais encore faut-il faire la part, dans cette incurie, du cynisme de classe. Car l’incapacité de Washington à juguler les effets délétères de la cupidité financière n’était pas fortuite, ni involontaire. Pas plus que son affligeante nullité dans la gestion de la crise sanitaire en cours n’est le fruit du hasard. Après tout, l’oligarchie au pouvoir s’est contentée de suivre son instinct de classe : à quoi bon, en effet, voler au secours de ces perdants, de ces « losers » dont on sait le sort que leur réserve la « morale » capitaliste au paradis de la liberté d’entreprise ?

    Dans les deux cas, ce sont les pauvres qui paieront les pots cassés : comme les ménages endettés jusqu’au cou arnaqués par les banques, les victimes pauvres, âgées et souvent afro-américaines d’une pandémie prise à la légère, à leur tour, passeront par pertes et profits d’une politique qui sert d’autres intérêts. Valeurs occidentales contre valeurs chinoises ? Faites la comparaison si vous voulez, mais faites-la vite, au pas de course, pour éviter les mauvaises surprises et les révisions déchirantes. On dira ce qu’on voudra du système chinois, mais il s’avère qu’il s’est préoccupé de la santé publique avec davantage de sérieux que nous, comme il a géré les conséquences de la crise financière avec un sens de l’intérêt général inconnu de nos prétendues démocraties.

    Ce double succès devrait donner à réfléchir à ceux qui n’ont pas encore résolu d’enfouir leur tête dans le sable. Un système qui réagit à la crise économique en privilégiant les équipements publics, et qui gère la crise pandémique en privilégiant la santé publique, mérite beaucoup mieux qu’un déluge de poncifs et de calomnies. Cerise sur le gâteau : dans ses dernières prévisions, l’OCDE affirme que la Chine est le seul pays industrialisé à connaître la croissance en 2020 (+1,8%), tous les autres pays se trouvant dans le rouge, et qu’elle aura un taux de 8% en 2021. Sauver, à la fois, l’économie du pays et l’espérance de vie des plus vulnérables, c’est quand même autre chose que laisser crever les vieux et subir une récession sans précédent. Ainsi, de 2008 à 2020, la grande muraille s’est agrandie de deux tours de guet supplémentaires. Mais la cause est entendue : seul un régime abominable est capable d’une telle performance.

    Bruno GUIGUE

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Ce texte n’a pas seulement une valeur historique il a aussi le sens d’une orientation pour aujourd’hui, et à ce titre il concerne d’abord le peuple cubain confronté une fois de plus à un moment historique du paroxysme de sa résistance à l’agression. Mais pour les communistes français qui sont également confrontés à une période charnière à la fois de l’existence de leur parti et d’une crise du capitalisme qui s’amplifie, il devrait être médité comme une expérience que nul ne peut ignorer. Contribution au prochain débat sur le socialisme du 6 novembre sur le thème, quel parti pour le socialisme, c’est-à-dire pour le progrès, pour la cohésion sociale, pour la souveraineté et la liberté. (note et traduction de danielle Bleitrach)

    La constitution du Comité central a fourni une base solide à la conception de Fidel concernant l’unité idéologique et organisationnelle et au rôle de l’avant-garde politique dans la société socialiste; et il a consolidé la structure organique du parti, en ayant des organes de base, des organismes et des organisations à travers tous le pays et dans les forces armées

    Auteur: Elvis R. Rodríguez Rodríguez internet@granma.cu

    3 octobre 2020 01:10:54

    La constitución del Comité Central en 1965 significó, como señaló Fidel, uno de los pasos más trascendentales de la historia de Cuba, el momento en que las fuerzas unificadoras fueron superiores a las fuerzas que dispersaban y dividían.La création du Comité central en 1965 a signifié, comme Fidel l’a souligné, l’une des étapes les plus importantes de l’histoire de Cuba, à partir de laquelle les forces unificatrices étaient supérieures aux forces qu’elles dispersaient et se séparaient. Photo: Juvenal Balan

    Le 3 octobre 1965, le Comité central du Parti communiste de Cuba a été créé, il y a exactement 55 ans.

    Sans aucun doute, un événement historique dans la vie du pays, dont la valeur a transcendé le caractère essentiellement partisan lui-même, en marquant le début d’une étape supérieure dans l’unité des principales forces révolutionnaires qui ont combattu la tyrannie batistienne – le Mouvement du 26 juillet, le Directoire révolutionnaire et le Parti socialiste Populaire – dans la consolidation et le renforcement de la vie intérieure et l’institutionnalisation du Parti et un pas supérieur dans la direction politique de la société.

    L’union a également apporté un capital précieux d’expériences et de cadres aguerris , nécessaires pour l ‘édification socialiste et les tâches complexes de la Révolution dans un contexte historique caractérisé par une confrontation constante avec les plans déstabilisateurs de l’impérialisme américain.

    La lutte pour l’unité des forces révolutionnaires et du peuple a été le pilier de la stratégie politique de Fidel avant et après la victoire. Si, dans les années de la lutte insurrectionnelle, il préférait éviter les discussions théoriques pour concentrer l’énergie sur la mise en œuvre d’une conception de la lutte qui s’est avérée être la plus correcte, convaincu que, dans ce contexte, ce serait la pratique qui pourrait résoudre avec le moins dégâts internes les différences idéologiques et politiques des différents groupes révolutionnaires; après le triomphe, son action dans la poursuite de l’unité a été la boussole qui a conduit, à partir des points communs, d’abord à la discussion des différences, puis à la coordination des activités, puis à la dissolution et à l’intégration et finalement à l’union.

    L’unité a donné force, cohérence et intégrité au processus révolutionnaire face aux tentatives de divisions permanentes des ennemis de classe, qui, mécontents des transformations réalisées à partir des premières années, ont cherché à renverser l’oeuvre accomplie et à réinstaller le capitalisme dans le pays.

    Dans la conception stratégique de Fidel, l’un de ses éléments constitutifs et de la plus grande importance a été l’organisation du peuple grâce à la création d’un système d’organisations de masse, de jeunesse, d’étudiants et culturels qui, dès le début, a été développé sur l’île, dans la même mesure où il a été travaillé hardiment à l’unification de l’avant-garde politique responsable de la direction de la société. Avec cela, la Révolution a acquis une force extraordinaire.

    La création du Comité central a fourni une base solide à la conception de l’unité idéologique et organisationnelle de Fidel et au rôle de l’avant-garde politique dans la société socialiste; et il a consolidé la structure organisationnelle du parti en ayant des organes, des organismes et des organisations de base dans tout le pays et dans les institutions armées.

    Quelques jours avant sa création, à la fin septembre, après plusieurs réunions entre les dirigeants des partis des comités provinciaux, régionaux et sectionnels et les principaux secrétaires du Parti uni de la révolution socialiste de Cuba (Pursc) de tout le pays, il a été procédé à l’intégration au sein du Comité central .

    Le 1er. octobre, ot été constitués le Comité central et le Bureau politique, dirigés par Fidel et Raul, en tant que premier et deuxième secrétaires respectivement.

    Le deuxième jour, le Comité central a ratifié les mesures élaborées par l’ancienne Direction nationale, le Bureau politique, le Secrétariat et les comités de travail, ainsi que par le membre élu au poste de Secrétaire à l’organisation; En outre, il a adopté deux accords importants, qui à leur tour avaient été suggérés par cet organe de direction, pour faire un nouveau et unique journal de nature politique quotidien, qui porterait le nom de Granma, symbole de notre conception révolutionnaire et de notre chemin et une autre chose encore plus important, sur la proposition de Fidel lui-même, de l’appeler Pursc comme le Parti communiste de Cuba.

    Il ne s’agissait pas de changer le nom du Parti par le simple fait de le nommer autrement. C’était quelque chose de plus essentiel.

    Dans les premiers pas de l’union des forces révolutionnaires, des organisations révolutionnaires intégrées ont été créées, avec leurs aspects positifs et négatifs; puis, après leur dissolution, le Pursc a été fondé, qui, bien qu’il signifia des progrès extraordinaires dans la création de l’appareil politique de direction partisan, comme Fidel l’a précisé, devait encore donner l’idée de la nécessité d’être uni, tout en rappelant encore un peu les origines de chacun.

    D’autre part, avait été atteint un tel degré de conscience révolutionnaire que disparaissaient toutes sortes de nuances et toutes sortes d’origine qui distinguaient certains révolutionnaires des autres.

    Le Parti, tant ence qui concerne son nom qu’en ce qui concerne les objectifs, devait s’identifier aux objectifs de la Révolution. Alors, quand Fidel demande aux personnes présentes… quel est, à votre avis, le nom que notre parti devrait avoir ? Par acclamation unanime la réponse a été communiste!

    Le Comité central était composé de précieux camarades, qui représentaient les porteurs d’idées socialistes, le travail extraordinaire dans d’importants secteurs du pays et la défense de la Patrie. Un comité central dans lequel, comme l’a dit Fidel:

    « il n’y a pas d’épisode héroïque dans l’histoire de notre Patrie ces dernières années qui n’est pas représenté là; il n’y a pas un sacrifice, pas un combat, pas un exploit – aussi militaire que civil – héroïque ou créatif qui ne soit représenté; il n’y a pas de secteur social révolutionnaire qui ne soit représenté. Je ne parle pas d’organisations. Quand je parle de secteur, je parle de travailleurs, je parle des jeunes, je parle des paysans, je parle de nos organisations de masse.

    Le peuple cubain a accueilli avec satisfaction le nom du Parti et la composition du Comité central.

    Le Parti communiste de Cuba est l’héritier légitime de la tradition patriotique et culturelle de l’avant-garde politique cubaine.

    De la même manière que Martí fonda le Parti révolutionnaire cubain en avril 1892 pour préparer et mener la guerre sans laquelle Cuba n’aurait pas obtenu l’indépendance totale; et Baliño et Mella fondèrent le premier Parti communiste cubain en 1925 pour combattre le système capitaliste et tous ses maux, Fidel fonda le Parti communiste de Cuba pour mener à bien la Révolution et la construction du socialisme.

    Dans sa conception stratégique, il a conçu la responsabilité historique de l’organisation parti dans la défense et la continuité de la construction socialiste, dans l’importance du lien du Parti avec les masses, dans le besoin d’une direction collective, avec exigence de qualité et de caractère sélectif pour l’entrée dans le Parti, l’exemplarité de ses cadres et militants et, surtout, la capacité d’assimiler de façon critique ses propres erreurs , non pas pour imposer des critères ou pour supplanter l’activité de l’État ou du Gouvernement, mais pour ne pas pas perdre pied face aux problèmes de la société.

    La création du Comité central représentait, comme Fidel l’a souligné, l’une des étapes les plus importantes de l’histoire de Cuba, le moment où les forces unificatrices étaient supérieures aux forces divergentes et cherchanr à se séparé, lorsque le peuple révolutionnaire s’unit étroitement, lorsque l’esprit collectif triomphait de tous les individualismes, atteignant le plus haut degré d’union et d’organisation avec les plus modernes. , les conceptions politiques les plus scientifiques, ainsi que les plus révolutionnaires et les plus humaines.

    De la constitution

    Article 5:.

    Le Parti communiste de Cuba, unique, martien, fideliste, marxiste et léniniste, avant-garde organisée de la nation cubaine, dans un effort soutenu en son caractère démocratique et le lien permanent avec le peuple, est la principale force politique de la société et de l’État.

    Il organise et guide les efforts communs dans la construction du socialisme et l’avancement vers la société communiste. Il s’efforce de préserver et de renforcer l’unité patriotique des Cubains et de développer des valeurs éthiques, morales et civiques.

     

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  • Dans la situation d’incertitude, voire de chaos dans laquelle s’enfoncent les Etats-Unis, avec y compris la maladie du président, et les incertitudes sur l’issue d’une campagne électorale chaotique peut-être y a-t-il de l’insensibilité à ne parler des Etats-Unis que pour montrer ce dont ils sont capables, si ce n’est que la presse américaine s’acharne sur le président d’une manière qui montre où en est cette société. Si ce n’est surtout que Mike Pompeo, dont les ambitions présidentielles sont évidentes, continue à agir pour tenter de créer en Europe et en Asie une digue anti-chinoise en bloquant partout les contacts commerciaux et culturels avec la Chine, et de même partout sans relâche les Etats-Unis, directement ou indirectement provoquent des révolutions de couleur sous couvert de donner des leçons de démocratie qui se terminent sur des guerres civiles et des drames.

    Une «révolution de couleur» fait référence à un type spécifique d’attaque coordonnée que le gouvernement des États-Unis est connu pour déployer contre des régimes étrangers, notamment en Europe de l’Est jugés «autoritaires» et hostiles aux intérêts américains. Plutôt que d’utiliser une intervention militaire directe pour effectuer un changement de régime comme en Irak, les révolutions de couleur attaquent un régime étranger en contestant sa légitimité électorale, en organisant des manifestations de masse et des actes de désobéissance civile et en tirant parti des contacts médiatiques pour assurer une couverture favorable à leur programme dans la presse occidentale.


    la Fondation Open Society de George Soros décrit ainsi les manifestations d’Euromaidan:

    Fin novembre 2013, les Ukrainiens sont descendus dans la rue pour protester pacifiquement après que le président de l’époque, Viktor Ianoukovitch, ait choisi de ne pas signer un accord qui aurait intégré le pays plus étroitement à l’Union européenne …

    La Fondation internationale de la Renaissance fait partie de l’Open Society. Un groupe de fondations, qui soutient la société civile ukrainienne depuis 1990. Depuis 25 ans, l’International Renaissance Foundation travaille avec des organisations de la société civile défendant les droits de l’homme et la justice, luttant contre la corruption, soutenant les minorités ukrainiennes, y compris les Tatars et les Roms, poursuivant la réforme de la santé et de l’éducation, et aidant à faciliter l’intégration européenne de l’Ukraine.

    La Fondation internationale pour la renaissance a joué un rôle important en soutenant la société civile pendant les manifestations d’Euromaidan. La fondation a veillé à ce qu’une aide juridique soit mise à la disposition des militants civiques, des manifestants et des journalistes tout au long de la crise; elle a fourni des soins médicaux aux victimes de violence; a permis la solidarité et l’organisation de la société civile; elle a soutenu des chaînes comme Hromadske TV dans des reportages indépendants en direct sur les événements sur le Maidan; et des cas documentés de torture, de passages à tabac et d’abus commis par la police et les tribunaux. [Fondation Open Society]

    Cette description de l’Euromaidan Color Revolution par Steven Pifer, chercheur du Brookings Institute, mérite d’être soulignée:
    Le 21 février a marqué le sixième anniversaire de la fin de la révolution de Maidan en Ukraine. Trois mois de manifestations largement pacifiques se sont soldés par un spasme de violence meurtrière. Le président Victor Ianoukovitch a fui Kiev et plus tard l’Ukraine, ce qui a incité la Rada (le parlement ukrainien) à nommer des dirigeants par intérim en attendant des élections anticipées. [Brookings Institute]

    APRES LA BIELORUSSIE, DEMAIN LE KIRGHIZISTAN

    Demain le 4 octobre, il doit y avoir des élections législatives au Kirghizistan, ce sont les 7èmes depuis l’indépendance. Il n’y a qu’une chambre intitulée Le Conseil suprême, ces élections sont importantes parce que la Kirghizie est une république parlementaire. La vie politique est très animée, il y a eu en 2005 la révolution des Tulipes à partir de laquelle a été enclenché un processus constitutionnel parlementaire. Mais une sorte de tradition a été créée celle de nombreuses manifestations encadrant les scrutins mais aussi les nominations de hauts fonctionnaires. Ce qui prouve un incontestables dynamisme de la société civile.

    Mais à partir des événements en Biélorussie et de la pression exercée par les Etats-Unis, mais aussi la Turquie aux frontières russes si l’on considère également que la République Kirghize a une frontière commune avec la Chine, que la question de la base américaine proche y est devenu sensible, les observateurs notent une activité accrue envers l’opposition des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne visant à saper les relations avec la Russie. Le Kirghistan et la Russie ont traditionnellement des coopérations multiples.

    Cette intervention US n’est pas une nouveauté. On pourrait dire que depuis 30 ans les Etats-Unis ont beaucoup investi dans l’Asie Centrale s’ils n’avaient pas manifesté une pingrerie dans des coopérations États-Unis Khirghizie et laissé à Freedom House (organisation basée aux Etats-Unis) ainsi que de nombreuses autres ONG le soin de distribuer des subsides en les assortissant d’une active propagande contre la Russie et la Chine à travers le portail d’information Caravansérail (contrôlé par l’armée américaine).

    Aujourd’hui, il est assez facile de trouver des exemples concrets de l’Occident interférant dans la politique intérieure du Kirghizistan en ligne. Par exemple, gezitter.org a signalé que le National Endowment for Democracy (fondé au Capitole et considéré comme indésirable en Russie) avait fourni un soutien financier aux groupes d’opposition au Kirghizistan. dans un récent article Vladimir Danilov émet les analyse suivantes:
    https://journal-neo.org/2020/10/01/west-hopes-to-play-its-belarusian-card-in-kyrgyzstan/

    “Selon les médias kirghizes, les diplomates américains ont récemment commencé activement à poursuivre des objectifs similaires, c’est-à-dire d’influencer le climat intérieur au Kirghizistan. Ils ont essayé de profiter de l’évolution de la situation politique dans le pays en vue de rouvrir une installation militaire américaine, qui a été fermée plus tôt pour des raisons politiques. Dans ces objectifs, la secrétaire adjointe par intérim des États-Unis pour l’Asie du Sud et centrale, Alice Wells, s’est rendue en Asie centrale en janvier.

    Néanmoins, il est important de souligner que toutes les tentatives faites par les États-Unis au cours des cinq dernières années pour réaffirmer leur influence au Kirghizistan n’ont pas été très fructueuses malgré tous les efforts déployés par les diplomates américains. Même le renforcement actif de la coopération avec le Tadjikistan (contre le Kirghizistan) n’a pas aidé Washington jusqu’à présent. En effet, toute flambée à la frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan (c’est-à-dire l’un des moyens existants d’escalade des tensions sur le paysage politique kirghize et parmi sa population) est un coup porté au gouvernement kirghize, que le public a de plus en plus souvent accusé d’être inefficace.

    Les ONG étrangères, financées par le gouvernement américain et un certain nombre d’autres pays occidentaux, souhaitent relancer de vieux conflits non résolus afin de déstabiliser la situation déjà turbulente au Kirghizistan née des campagnes électorales. La rivalité politique actuelle s’accompagne d’efforts visant à déstabiliser la situation en dehors du Kirghizistan. Par exemple, on pense que les acteurs extérieurs continuent d’inciter à des conflits le long des frontières kirghize–Tadjikistan et Kirghizistan–Kazakhstan. Ces efforts se poursuivent depuis un certain temps, en fait, ces « agents étrangers » ont payé pour établir des réseaux de collecte d’informations dans la région et pour former de jeunes militants sur place.

    Notamment, une enquête menée par l’Institut républicain international en août (une organisation non partisane à but non lucratif qui collabore avec le département d’État américain et l’USAID) a montré que de nombreux répondants auraient déclaré qu’ils voteraient « contre tous » si l’élection avait lieu à ce moment-là. La communication de ces données a pour même but que la promotion du vote « contre tous », c’est-à-dire clairement d’encourager la population kirghize à considérer le gouvernement au pouvoir comme totalement inutile.

    En plus de l’ingérence des États-Unis, ces derniers mois, l’ambassade britannique est devenue de plus en plus active dans le paysage politique kirghize en essayant d’exercer son influence sur ces processus et en s’immisçant ouvertement avec eux. Par exemple, avant les prochaines élections législatives, Charles Garrett, ambassadeur de Sa Majesté auprès de la République kirghize, a tenté d’unir toutes les forces d’opposition contre l’actuel gouvernement kirghize. Plus tôt, alors que la majorité des habitants étaient occupés à combattre la pandémie de coronavirus en suivant les mesures recommandées, le diplomate britannique a choisi de ne pas isoler et plutôt trier sur le volet des manifestants appropriés. D’avril à août de cette année, Charles Garrett a tenu une série de négociations et de réunions secrètes avec le chef du parti Ata Meken, Omurbek Tekebayev; le chef de la fondation « rogrè », Adil Turdukulov, et les partisans des anciens présidents du Kirghizistan Almazbek Atambayev et Roza Otunbayeva. Le diplomate de haut rang a demandé aux personnes susmentionnées de discréditer et de compromettre la réputation des candidats du gouvernement actuel au Parlement au cours des discussions.

    À l’initiative de Charles Garrett, trois millions de dollars ont été alloués aux forces d’opposition au Kirghizistan au nom du Fonds pour les conflits, la stabilité et la sécurité (supervisé par le Conseil de sécurité nationale du Royaume-Uni) et des Fondations de l’Open Society (OSF, une organisation philanthropique).

    L’opposition au Kirghizistan est actuellement fragmentée, certains membres ayant des opinions pro-occidentales. Par conséquent, il est peu probable qu’un de ces partis soit en mesure de remporter 7 % du décompte national pour obtenir des sièges au Parlement. Dans un tel climat, des médias kirghizes ont fait état d’un plan (conçu par l’opposition à la demande de leurs marionnettistes occidentaux) pour contester les résultats des élections en raison de leur falsification. Après le 4 octobre, ces groupes pourraient également faire appel aux nations occidentales imitant ce qui s’est passé en Biélorussie.

     

    source: https://histoireetsociete.com/

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  • Au moment où les médias occidentaux hurlent à l’hallali contre la Russie qui aurait empoisonné l’opposant Alexeï Navalny, ils font silence – comme il se doit dans la propagande médiatique éhontée à laquelle nous sommes soumis – sur la mort suspecte du philosophe, romancier, réalisateur et journaliste d’investigation pro-soviétique, André Vltchek décédé brutalement en Turquie ce 22 septembre. Il revenait en auto des bords de la Mer Noire vers Istanbul. En arrivant, son épouse n’a pas pu le réveiller. La police turque a déclaré sa mort « suspecte ». Son corps a été transporté à l’hôpital pour des analyses médico-légales.

    André Vltchek avait couvert de nombreuses zones de conflits dans le monde et dénoncé les épouvantables atrocités commises par les « démocraties occidentales », au Vietnam, en Afghanistan et ailleurs. Il a toujours été au plus près des opprimés, des miséreux, de tous ceux que l’Occident écrasent sous son talon de fer, qu’ils soient à Bornéo où les grandes entreprises capitalistes détruisent à la fois la Terre et les hommes, à Cuba, au Venezuela, en Syrie, ces pays qui refusent de céder à la force brutale d’un monde occidental imbu de lui-même, et tellement désireux de contrôler le reste de la planète, qu’il mène partout une véritable politique exterminatrice ! André a dénoncé sans relâche « les mensonges de l’Empire »[i], les « révolutions de couleur », les « printemps » qui ici et là, sous prétexte de « droits de l’homme », sont en réalité téléguidés par les États-Unis et leurs acolytes occidentaux, désireux d’étendre partout leur emprise, quittes à fomenter partout de nouvelles guerres – civiles ou pas – tant ils méprisent la valeur de la vie humaine.  Il écrivait à ce sujet en juin 2018 : « La paix, c’est quand les intérêts commerciaux de l’Occident ne sont pas menacés, même si des dizaines de millions d’êtres humains non blancs disparaissent au cours du processus. La paix, c’est lorsque l’Occident peut contrôler le monde politiquement, économiquement, idéologiquement et « culturellement » sans rencontrer d’opposition. »

    Dans le texte qui suit, l’un des derniers, qui date de juin 2020, André Vltchek, qui s’intéressait de près à l’évolution de la politique chinoise, met en garde les jeunes de  qui n’ont peut-être pas conscience de tout ce que la  – comme l’ex Union soviétique de sa jeunesse – a à leur offrir. Il a raison, « la patrie n’est pas à vendre », comme le disaient les Cubains. La justice et la dignité valent beaucoup plus que le profit. Ces idées sont depuis longtemps présentées en Occident comme obsolètes. Il est temps de les remettre au goût du jour. André n’est plus, mais en plagiant Aragon, on pourrait dire : « Il meurt mais l’ demeure ». 

    Gilda Landini-Guibert pour www.initiative-Communiste.fr

    Comment nous avons vendu l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie pour des sacs de courses en plastique

    traduit du site https://orinocotribune.com/how-we-sold-soviet-union-and-czechoslovakia-for-plastic-shopping-bags-message-to-honk-kong-readers/20 juin 2020.

     André VLTCHEK

    Ça fait des mois que j’ai envie de partager une histoire avec les jeunes lecteurs de Hong Kong. Aujourd’hui, il semble que ce soit le moment le plus approprié alors que la bataille idéologique entre l’Occident et la Chine fait rage et que, par conséquent, Hong Kong et le monde entier en souffrent.

    Je tiens à dire que rien de tout cela n’est nouveau, que l’Occident a déjà déstabilisé tant de pays et de territoires, a fait subir un lavage de cerveau à des dizaines de millions de jeunes.

    Je le sais, parce que dans le passé, j’étais l’un d’entre eux. Si je ne l’étais pas, il serait impossible de comprendre ce qui se passe actuellement à Hong Kong.

    Je suis né à Leningrad, une belle ville de l’Union soviétique. Aujourd’hui, elle s’appelle Saint-Pétersbourg, et le pays est la Russie. Maman est moitié russe, moitié chinoise, artiste et architecte. Mon enfance a été partagée entre Leningrad et Pilsen, une ville industrielle connue pour sa bière, à l’extrémité occidentale de ce qui était autrefois la Tchécoslovaquie. Mon père était un scientifique nucléaire.

    Les deux villes étaient différentes. Toutes deux représentaient quelque chose d’essentiel dans la planification communiste, un système que les propagandistes occidentaux vous ont appris à haïr.

    Leningrad est l’une des villes les plus étonnantes du monde, avec certains des plus grands musées, des théâtres d’opéra et de ballet, des espaces publics. Autrefois, c’était la capitale de la Russie.

    Plzen est minuscule, avec seulement 180 000 habitants. Mais quand j’étais enfant, elle comptait plusieurs excellentes bibliothèques, des cinémas d’art et d’essai, un opéra, des théâtres d’avant-garde, des galeries d’art, un zoo de recherche, avec des choses qui ne pouvaient pas être, comme je l’ai réalisé plus tard ( lorsqu’il était trop tard), trouvées même dans les villes américaines d’un million d’habitants.

    Les deux villes, une grande et une petite, disposaient d’excellents transports publics, de vastes parcs et de forêts à sa périphérie, ainsi que d’élégants cafés. Pilsen disposait d’innombrables installations de tennis, de stades de football, et même de terrains de badminton, gratuits.

    La vie était belle, elle avait un sens. Elle était riche. Pas riche en termes d’argent, mais riche sur le plan culturel, intellectuel et de la santé. Être jeune était amusant, avec des connaissances gratuites et facilement accessibles, avec la culture à tous les coins de rue, et des sports pour tous. Le rythme était lent : il y avait beaucoup de temps pour réfléchir, apprendre, analyser.

    Mais c’était aussi l’apogée de la guerre froide.

    Nous étions jeunes, rebelles et faciles à manipuler. Nous n’étions jamais satisfaits de ce qu’on nous donnait. Nous prenions tout pour acquis. La nuit, nous étions collés à nos récepteurs radio, écoutant la BBC, Voice of America, Radio Free Europe et d’autres services de diffusion visant à discréditer le  et tous les pays qui luttaient contre l’ occidental.

    Les conglomérats industriels socialistes tchèques construisaient, en solidarité, des usines entières, de l’acier aux sucreries, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. Mais nous n’y voyions aucune gloire, car les organes de propagande occidentaux ridiculisaient tout simplement de telles entreprises.

    Nos cinémas montraient des chefs-d’œuvre du cinéma italien, français, soviétique, japonais. Mais on nous a dit d’exiger de la camelote en provenance des États-Unis.

    L’offre musicale était excellente, du direct à l’enregistrement. En fait, presque toute la musique était disponible, bien qu’avec un certain retard, dans les magasins locaux ou même sur scène. Ce qui n’était pas vendu dans nos magasins était de la camelote nihiliste. Mais c’était précisément ce qu’on nous disait de désirer. Et nous l’avons désiré, et nous l’avons copié avec un respect religieux, sur nos magnétophones. Si quelque chose n’était pas disponible, les médias occidentaux criaient que c’était une violation flagrante de la liberté d’expression.

    Ils savaient, et ils savent encore aujourd’hui, comment manipuler les jeunes cerveaux.

    À un moment donné, nous nous sommes transformés en jeunes pessimistes, critiquant tout dans nos pays, sans comparaison, sans même un tout petit peu d’objectivité.

    Cela vous semble familier ?

    On nous disait, et nous le répétions : tout était mauvais en Union soviétique ou en Tchécoslovaquie. Tout à l’Ouest était génial. Oui, c’était comme une religion fondamentaliste ou une folie de masse. Presque personne n’était à l’abri. En fait, nous étions infectés, nous étions malades, transformés en idiots.

    Nous utilisions les installations publiques, socialistes, des bibliothèques aux théâtres, en passant par les cafés subventionnés, pour glorifier l’Occident et salir nos propres nations. C’est ainsi que nous avons été endoctrinés, par les stations de radio et de télévision occidentales, et par des publications introduites clandestinement dans les pays.

    À cette époque, les sacs à provisions en plastique de l’Occident sont devenus les symboles du statut social ! Vous savez, ces sacs que l’on trouve dans certains supermarchés ou grands magasins bon marché. [ndlr lire également ce témoignage ici]

    Quand j’y pense, quelques décennies plus tard, j’ai du mal à y croire : de jeunes garçons et filles éduqués, marchant fièrement dans les rues, exhibant des sacs à provisions en plastique bon marché, pour lesquels ils ont payé une somme d’argent importante. Parce qu’ils venaient de l’Ouest. Parce qu’ils symbolisaient le consumérisme ! Parce qu’on nous disait que le consumérisme est bon.

    On nous disait que nous devions désirer la liberté. Une liberté à l’occidentale.

    On nous disait qu’il fallait « lutter pour la liberté ».

    À bien des égards, nous étions beaucoup plus libres que l’Occident. Je m’en suis rendu compte quand je suis arrivé à New York et que j’ai vu à quel point les enfants de mon âge étaient mal éduqués, à quel point leur connaissance du monde était superficielle. Comme il y avait peu de culture dans les villes nord-américaines de taille moyenne.

    Nous voulions, nous exigions des jeans de marque. Au centre de nos disques, nous désirions des labels de musique occidentale. Il ne s’agissait pas de l’essence ou du message. C’était la forme qui primait sur le fond.

    Notre nourriture était plus savoureuse, produite de manière écologique. Mais nous voulions des emballages occidentaux colorés. Nous exigions des produits chimiques.

    Nous étions constamment en colère, agités, conflictuels. Nous mettions nos familles en colère.

    Nous étions jeunes, mais nous nous sentions vieux.

    J’ai publié mon premier recueil de poésie, puis je suis parti, j’ai claqué la porte derrière moi, je suis allé à New York.

    Et peu après, je me suis rendu compte que j’avais été dupé !

    Voici une version très simplifiée de mon histoire. L’espace est limité.

    Mais je suis heureux de pouvoir la partager avec mes lecteurs de Hong Kong, et bien sûr, avec mes jeunes lecteurs de toute la Chine.

    Deux merveilleux pays qui étaient ma maison ont été trahis, littéralement vendus pour rien, pour des paires de jeans de marque et des sacs de courses en plastique.

    L’Occident a fait la fête ! Des mois après l’effondrement du système socialiste, les deux pays ont littéralement été dépouillés de tout par les entreprises occidentales. Les gens ont perdu leur maison et leur emploi, et l’internationalisme a été découragé. De fières entreprises socialistes ont été privatisées et, dans de nombreux cas, liquidées. Les théâtres et les cinémas d’art et d’essai ont été transformés en marchés de vêtements d’occasion bon marché.

    En Russie, l’espérance de vie est tombée au niveau de celle des pays africains subsahariens.

    La Tchécoslovaquie a été divisée en deux parties.

    Aujourd’hui, des décennies plus tard, la Russie et la Tchécoslovaquie sont à nouveau riches. La Russie possède de nombreux éléments d’un système socialiste à planification centrale.

    Mais mes deux pays me manquent, tels qu’ils étaient autrefois, et tous les sondages montrent qu’ils manquent aussi à la majorité des gens qui y vivent. Je me sens également coupable, jour et nuit, de m’être laissé endoctriner, manipuler et, d’une certaine manière, d’avoir trahi.

    Après avoir vu le monde, je comprends que ce qui est arrivé à l’Union soviétique et à la Tchécoslovaquie est également arrivé à de nombreuses autres régions du monde.

    Et en ce moment, l’Occident vise la Chine, en utilisant Hong Kong.

    Chaque fois que je me rends en Chine, chaque fois que je me rends à Hong Kong, je ne cesse de répéter : s’il vous plaît, ne suivez pas notre terrible exemple. Défendez votre nation ! Ne la vendez pas, métaphoriquement, pour quelques sales sacs à provisions en plastique. Ne faites pas quelque chose que vous regretteriez pour le reste de votre vie !


    [i]  « Sur tous les continents, des médias et des universitaires serviles usent de tout leur pouvoir pour garantir qu’une seule version des faits soit autorisée à pénétrer le cerveau de milliards d’individus ». André VLTCHEK« Les mensonges de l’Empire : Comment lutter contre la propagande occidentale », 16 mai 2015.

    illustration par www.initiative-communiste.fr


     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Selon les résultats définitifs, le deuxième scrutin d'autodétermination a vu le NON à l'indépendance de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie l'emporter (53,26%), mais le vote en faveur du maintien dans la France est en net recul par rapport au référendum de 2018.

     
    Kanaky-Nouvelle Calédonie : Le Non à l’indépendance est en tête 53.26 %, mais en recul de trois points
     
    Selon le ministère de l'Outre-mer, avec 100 % des bulletins dépouillés, le NON obtient 53.26 % et le Oui 46,74 %, pour une participation de 85,64 %. L'écart entre le Non et le Oui est passé de 18.000 voix en 2018 à moins de 10.000 en 2020.

     
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  • Un parti, celui de Fidel   (Blog de Danièle Bleitrach 5/10/20)

    Il y a 55 ans était créé le Parti communiste de Cuba. Il y a là une illustration du rôle d’un parti révolutionnaire et de la dictature du prolétariat ou la démocratie de souveraineté populaire comme facteur d’indépendance et de progrès social. S’il y avait un autre parti à Cuba, dans la situation actuelle sa seule fonction serait d’être annexionniste, en revanche tout doit être fait pour améliorer la démocratie au sein du parti et dans la relation du parti avec les citoyens.

    Par opposition, les Etats-Unis ne cessent de renforcer le blocus, le crime contre un peuple et financent des gens qui feignent de proposer la démocratie. Notez la référence aux fondations allemandes qui ont servi de matrices à d’autres comme celles de Soros. Il en est noté deux, mais il y en a une troisième dont le rôle est à étudier pour les nouvelles formes de social-démocratie, la fondation Rosa Luxembourg, qui a joué un rôle évident dans la forme de “mouvements” type Syriza et dans le parti de gauche. Ces canaux par lequel est distribué à flot l’argent du capital sont tout le temps entrain de se recomposer avec des discours attrayant sur les charmes de la démocratie bourgeoise alors même que les USA et autres états capitalistes ne cessent d’accroître leur pression sur la vie, et qui débouchent sur la misère et la soumission.

    L’ennemi demeurent les partis communistes – en tant qu’ils sont la garantie d’un pouvoir non dirigé par les financiers, les militaires, les juges et quelques journalistes appointés. Ils les détruisent de l’intérieur comme dans l’eurocommunisme, en brisant leur capacité d’avant-garde autant que leurs liens avec les couches populaires et donc la résistance populaire. En même temps qu’ils financent la social-démocratie qui pour un temps se substitue à eux. A méditer (note et traduction de Danielle Bleitrach).

    Dans un processus non dépourvu de tensions et contradictions, les trois forces révolutionnaires qui ont contribué à la chute de la dictature ont tissé l’unité qui, avec le leadership et la pédagogie politique de Fidel, a abouti à la proclamation du Comité central du Parti communiste de Cuba, le 3 octobre 1965.


     

    Un parti, celui de Fidel   (Blog de Danièle Bleitrach 5/10/20)

    Auteur: Iroel Sánchez internet@granma.cu

    2 octobre 2020 23:10:43

    « De telle sorte que j’ai la plus profonde conviction que l’existence d’un parti est et devrait être, dans une très longue période historique, dont personne ne peut prédire la durée, la forme d’organisation politique de notre société. »

    «De modo que tengo la más profunda convicción de que la existencia de un partido es y debe ser, en muy largo período histórico que nadie puede predecir hasta cuándo, la forma de organización política de nuestra sociedad».

    Fidel Castro

    L’ancien agent de la CIA Philip Agee a déclaré, en mars 1987, dans une interview donné au magazine Zona Zero, citée par Alfredo Grimaldos à la page 150 de son livre de 2006 La CIA en Espagne, publié à Cuba en 2007 :

    « Dans le programme démocratie, élaboré par l’Agence, une attention particulière a été accordée aux fondations des partis politiques allemands, principalement la fondation Friedrich Ebert du Parti social-démocrate, et la fondation Konrad Adenauer Stiftung des démocrates-chrétiens. Ces fondations avaient été créées par les partis allemands dans les années 1950 et servaient à canaliser l’argent de la CIA vers ces organisations, dans le cadre d’opérations de « construction de la démocratie », après la Seconde Guerre mondiale. Puis, dans les années 1960, les fondations allemandes ont commencé à soutenir les partis frères et d’autres organisations à l’étranger et ont créé de nouveaux canaux pour l’argent de la CIA. En 1980, les fondations allemandes avaient des programmes opérationnels dans une soixantaine de pays et dépensaient près de 150 millions de dollars. Elles ont opéré dans un secret presque total… Les opérations du Friedrich Ebert, du SPD, fascinent les Américains, en particulier ses programmes de formation et les subventions qui ont été déversés sur les sociaux-démocrates de Grèce, d’Espagne et du Portugal, peu de temps avant la chute des dictatures dans ces pays et immédiatement après…

    Au Portugal, par exemple, lorsque le régime de Salazar, qui avait duré 50 ans, a été renversé en 1974, la totalité du Parti socialiste n’aurait même pas été suffisant pour jouer une partie de poker et était situé à Paris, sans partisans au Portugal. Mais avec plus de 10 millions de dollars d’Ebert Stiftung, et quelques autres compléments de la CIA, le Parti socialiste portugais a connu une croissance rapide et est rapidement devenu le parti au pouvoir.

    On supposerait qu’après la chute d’une dictature ne devrait pas ressurgir la clique qui permettrait aux mêmes forces dominantes puissantes à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère sociale et nationale (Fidel dixit), de s’organiser en partis électoraux, pour poursuivre la même domination par d’autres moyens, comme cela s’est produit non seulement dans les pays d’Europe du Sud mentionnés par Agee, mais dans les « transitions » exemplaires du Chili et d’autres pays d’Amérique latine dans lesquels, après avoir assassiné assez de militants de gauche, les conditions ont été créées pour qu’un projet de véritable démocratie populaire ne redevienne plus jamais gouvernemental, et s’il en devient un et tente quelques réformes du système sans briser ce que Lénine appelait « la machine de l’État bourgeois», il y aura les banquiers, les médias et l’appareil judiciaire pour mettre les choses à leur place, comme cela s’est produit au Brésil, en Équateur et au Paraguay. Et si cela ne suffisait pas, ils sont prêts, comme au Honduras et en Bolivie, avec leur armée et leur police dont les chefs ont été formés dans le Nord, comme le sont également quelques juges et journalistes, les dirigeants d’aujourd’hui lawfare latino-américaine, frappant d’incapacité des politiciens et des partis dont le seul crime est d’avoir une chance de gagner des élections. En Grèce, berceau de la démocratie et de la culture occidentales, le vote populaire n’a servi qu’à faire en sorte que les grandes banques imposent à l’Union européenne une voie opposée à celle choisie aux urnes par les citoyens.

    Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, les résultats des élections sont respectés tant qu’ils ne mettent pas en péril la continuité du capitalisme, sinon le chantage financier, les sanctions économiques et le coup d’État se chargent de remettre les choses en place.

    Le premier tour du cirque dont on parle tant ces jours-ci entre les candidats à la plus haute magistrature américaine entre les deux partis qui contrôlent la politique dans cette société, toujours d’accord sur l’essentiel, que ce soit la préservation du capitalisme ou la nécessité de changer Cuba, n’est qu’une partie du spectacle à travers lequel la négociation des contradictions entre les grands groupes économiques est vendue comme la démocratie, les e-mails des révélations de wikileak dans lequel Michael Froman, cadre supérieur de Citibank, « propose » ceux qui finiraient par occuper tous les postes ministériels de la première administration Obama permettent de savoir comment les choses fonctionnent vraiment. Ce n’est pas le parti de Trump, mais le parti de Biden qui à deux reprises a considéré comme inacceptable un programme comme celui de Sanders pour un capitalisme plus préoccupé du social. En supposant qu’il a été nommé et ait réussi, voyant ce qui s’est passé en Grèce, quelle capacité réelle aurait-il à gouverner?

    La Révolution cubaine n’a pas interdit les partis politiques préexistants pour leur alliance avec le régime batiste ou leur complicité avec les agressions impérialistes, dans les premiers mois de 1959, ils ont perdu toute base populaire et la plupart de leurs dirigeants ont quitté le pays en espérant que les États-Unis les payent en retour. Dans un processus non sans tensions et contradictions, les trois forces révolutionnaires qui ont contribué à la chute de la dictature ont tissé l’unité qui, avec le leadership et la pédagogie politique de Fidel, a abouti à la proclamation du Comité central du Parti communiste de Cuba le 3 octobre 1965.

    Cinquante-cinq ans plus tard, nous continuons à avoir à Cuba un Parti qui n’envoie pas de banquiers, ni des journalistes, des militaires ou des juges formés pour servir des intérêts étrangers. La plupart de ses membres, y compris une grande partie des hommes et des femmes qui le dirigent, sont nés après 1959 et pour y adhérer ont dû être reconnus et approuvés par une assemblée de travailleurs sur leur lieu de travail, d’études ou d’unité militaire, en vertu de l’exigence d’être exemplaire. Certes, au cours de ces années, il y a eu des rangs opportunistes et des simulateurs, mais c’est la loyauté, le sacrifice et la discipline de la grande majorité du militantisme de ce parti qui ont permis à plus de 86% des Cubains d’approuver une Constitution qui lui donne le statut d'”avant-garde organisée de la nation cubaine”. Ce sont eux que nous avons vus ces jours-ci se mettre à la recherche de solutions avec lesquelles Cuba étonne le monde afin que personne ne soit abandonné face aux ouragans et aux pandémies, et ils font partie d’un Parti qui a donné la parole à chaque citoyen dans le débat sur l’avenir du pays, que ce soit sur les Lignes directrices pour la transformation essentielle vers l’efficacité et la durabilité de notre socialisme, ou à propos de la nouvelle Constitution. Quand les démocraties libérales ont-elles fait quelque chose comme ça ?

    Une culture politique profonde, un contact permanent avec la réalité sociale et une forte capacité de mobilisation et de production idéologique, avec une communication sans bureaucratie, sont les revendications d’un scénario de plus en plus diversifié et complexe dans lequel, ce que le président Díaz-Canel a appelé un “essaim annexionniste”, financé par les États-Unis, cherche à articuler un projet politique qui, avec la combinaison du blocus économique et la promotion d’une société civile d’opposition, à travers un système de médias privés, ramènerait le pays au capitalisme. Les fondations dénoncées par Agee sont prêtes à profiter de nos fissures et ont passé leur temps à Cuba lors d’événements financés par des organisations telles que l’Open Society Foudations de George Soros. Là, ils ont offert leur « expérience de transition » dans le style de ceux d’Europe de l’Est, où plus d’un régime qui est revenu à la démocratie libérale et au multipartisme a imposé une interdiction aux partis et symboles communistes.

    Mais une fois de plus, le décisif n’est pas ce que nos ennemis font, mais ce que nous sommes capables de faire. Comme l’a dit le général Raúl Castro, un Parti de plus en plus démocratique, qui dans les nouvelles circonstances continue d’être une garantie du pouvoir politique des travailleurs, forgeant l’unité du peuple autour des postulats de justice sociale, de souveraineté nationale et de solidarité internationaliste dans lesquels Fidel nous a éduqués. Rien d’autre ne sera à la hauteur de ses fondateurs, l’éthique de Marti et l’éthique fidéliste de ses militants et l’héroïsme du peuple avec lequel il a nourri ses rangs.

     

    source: https://histoireetsociete.com/

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  • Le Char et l'olivier, une autre histoire de la Palestine -Projections en finistère et morbihanUn film de Roland Nurier (1h41, 2019, VF)

    L'histoire de la Palestine, de son origine à aujourd'hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens… Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !

     

    Bande-annonce

     

    Projections en Finistère & Morbihan-Octobre 2020

     

    ♦ Vannes: mardi 6 octobre-20h-Garenne, en VF

    12, bis rue A Le Pontois 56000 Vannes 

    Auray: mercredi 7 octobre-20h30-Ti Hanok, en VF

    ZA Porte Océane III-Place de l'Europe 56400 Auray

    Lorient: jeudi 8 octobre-20h- Cinéville, en VF

    4, boulevard Joffre 56100 Lorient

    Ile-de-Groix: vendredi 9 oct-20h30- Cinéma des familles (ex-Korrigans), VF

    3, rue du Gripp 56590 Ile-de-Groix

    Gourin: dimanche 11 octobre-17h45-Cinéma Jeanne d'Arc, en VF

    19, rue Hugo Derville 56110 Gourin

    Quimper: mardi 13 octobre-20h15-Katorza (ex-Quai Dupleix), en VF

    36, boulevard Dupleix 29000 Quimper

     

    Le conseil d'Yves Jardin (AFPS-Cornouaille)
    «Ce film explique l’histoire de la Palestine, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, loin de ce que les médias appellent le conflit-israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations Unies,juristes en droit international, mais aussi témoignages de simples citoyens… Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et des idées reçues.  Bref, un film à voir ou à revoir.»

     

    La critique de Jean-Jacques Corrio

     

    Intéressé par la géopolitique depuis longtemps, Roland Nurier a effectué plusieurs voyages vers la Palestine entre 2014 et 2017, voyages qui lui ont permis de rencontrer des  israéliens et des palestiniens et de constater « de visu » les énormes difficultés rencontrées par les palestiniens dans leur vie quotidienne. L’idée de réaliser un documentaire a alors germé en lui, un documentaire mêlant le passé, l’histoire de la Palestine, et le présent, la situation d’apartheid vécue par la population palestinienne et sa lutte pour l’égalité des droits.

    Synopsis : L’histoire de la Palestine, de son origine à aujourd’hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens… Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !

    Palestine : passé, présent

    Sionisme : « Mouvement dont l’objet fut la constitution, en Palestine, d’un état juif ».  Palestine : « désignation depuis l’antiquité d’une région du Proche-Orient située entre la Méditerranée d’une part, le Jourdain et la Mer Morte d’autre part, recouvrant aujourd’hui l’état d’ et les Territoires palestiniens ». C’est par ces deux définitions données par le Larousse que commence le film de Roland Nuriez. Un film qui, en 100 minutes chrono, très denses et d’une richesse exceptionnelle, explique ce qui s’est passé dans cette région depuis la fin du 19ème siècle, alors qu’elle était une province de l’empire ottoman peuplée de 400 000 habitants, jusqu’à aujourd’hui. Très vite, une citation ne peut que marquer fortement les esprits : « Si j’étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ? ». L’homme qui a prononcé ces mots, cités par le dirigeant sioniste Nahum Goldmann dans son livre « Le paradoxe juif »,  n’est autre que David Ben Gourion, fondateur de l’état d’Israël et premier ministre de ce pays pendant 14 ans.

    On a tous sa petite idée sur ce qu’on a coutume d’appeler le conflit israélo-palestinien, une petite idée issue principalement de deux sources : d’un côté, sa propre sensibilité sur le sort des juifs dans l’histoire de l’humanité et, plus particulièrement, sur le sort fatal pour 6 millions d’entre eux du fait du nazisme, et sa propre sensibilité sur le sort des palestiniens depuis la création de l’état d’Israël ; de l’autre, tout ce que nous apportent les médias sur ce sujet. Des médias qui, eux-mêmes, sont façonnés par divers lobbys qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. En France, le lobby le plus influent est incontestablement le CRIF, Le Conseil représentatif des institutions juives de France, une organisation fondée en 1944, une organisation dont l’objectif était alors le sauvetage des Juifs réfugiés en France et dont l’avocat Théo Klein, un de ses anciens présidents, reconnait qu’elle est, aujourd’hui, devenue l’ambassade bis d’Israël.

    Un film important

    Lorsque l’état d’Israël a vu le jour,  le 14 mai 1948, rares étaient celles et ceux qui, dans les pays occidentaux, n’affichaient pas une sympathie certaine avec les nouveaux habitants et le gouvernement de ce nouvel état : on sortait de la guerre, il y avait eu la Shoah, on ne savait pas ou on faisait semblant de ne pas savoir que 700 000 palestiniens se retrouvaient de ce fait chassés de leur terre  et de leurs domiciles. Petit à petit, cette perception s’est modifiée et, sans oublier, bien au contraire, tout ce que les Juifs ont subi dans le passé, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui sont touchés par le sort des palestiniens et qui remettent en cause la politique de l’état d’Israël, de plus en plus dure, de plus en plus injuste à leur égard. Toutefois, il reste un obstacle majeur à l’expression de cette solidarité avec le peuple palestinien : vous émettez la moindre critique de la politique israélienne,  et vous voilà taxé d’antisémitisme par le CRIF et les lobbys similaires. Comme le rappelle dans le film Christiane Hessel Chabry, son épouse, c’est exactement ce qui est arrivé à Stéphane Hessel, aux origines juives pour moitié et père de 3 enfants juifs, car de mère juive !

    C’est là qu’un film comme Le char et l’olivier a toute son importance : montrer, prouver que critiquer la politique d’Israël n’est en rien faire preuve d’antisémitisme. En effet, le film montre que la création de l’état d’Israël est tout simplement le résultat d’une colonisation qui a commencé à la fin du 19ème siècle, qui a été approuvée et soutenue par les autres pays colonisateurs de l’époque, tels la Grande-Bretagne et la France, qui a été approuvée et soutenue par de nombreux antisémites qui voyaient là un moyen de se débarrasser des juifs d’Europe. Un processus de colonisation qui s’est amplifié avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir et le génocide des juifs organisé par les nazis. C’est principalement par l’intermédiaire de conversations avec deux dizaines de personnalités internationales et de simples citoyens que nous sont narrés l’histoire de la Palestine et le présent de sa population : journalistes, historiens, avocats, diplomates, écrivains, experts de l’ONU, habitants des territoires occupés ou de la bande de Gaza, français (dont Pierre Stambul, le porte-parole de l’Union juive française pour la paix, et une militante de cette même organisation dont les représentants sont très rarement invités par les médias de notre pays), suisses, israéliens, palestiniens, amérindien, africain du sud, tous affichant un grand calme et beaucoup de sérénité pour évoquer : les arguments utilisés pour justifier l’arrivée de colons juifs en Palestine (par exemple, « Nous apportons la civilisation chez des populations barbares ») ; la construction de l’état juif, avec sa banque, son armée, ses syndicats, plusieurs années avant Auschwitz ; la proposition faite à l’ONU en 1947 par le grand-père maternel de Leïla Shahid de créer un état palestinien qui accueillerait les immigrants juifs, importante proposition qu’on ne retrouve dans aucun livre d’histoire ; le refus affiché après la 2ème guerre mondiale par certains pays, dont les Etats-Unis, d’accueillir de nouveaux réfugiés juifs sous prétexte qu’ils avaient dorénavant leur propre pays ; l’extraordinaire moment de manipulation de 1967, cherchant à imposer l’idée qu’Israël n’avait fait que riposter à une attaque qui mettait le pays en danger alors que ce sont les israéliens qui ont pris la décision d’attaquer ; les résolutions de l’ONU qui ne sont jamais suivies d’effet ; l’émergence du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions concernant Israël, sur le modèle du boycott international contre l’apartheid en Afrique du Sud) ;  les 4000 morts parmi la population de Gaza lors des guerres de 2008, 2012 et 2014 ; les tours tueuses de Gaza commandées depuis Tel Aviv et qui tuent aveuglement des populations civiles ; le refus par le Secrétaire général de l’ONU de publier un rapport rédigé suite à la demande de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale de l’ONU et à une enquête approfondie par 2 juristes de renommée mondiale et membres des Nations Unies, et dont la conclusion était « Sur la base d’une recherche académique et de preuves accablantes, ce rapport établit qu’Israël est coupable du crime d’apartheid » ; les points communs entre la situation en Palestine, celle des populations noires d’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et celle que vivent toujours les amérindiens dans leurs réserves ; etc., etc., etc..

    Les enseignements qu’on peut tirer de ce film sont nombreux. Certains, comme Rania Madi, juriste  internationale et déléguée auprès de l’ONU pour les réfugiés, y verront l’espoir qu’un jour la justice sera rendu au peuple palestinien avec la reconnaissance de ses droits, d’autres concluront que la situation d’apartheid ne va faire que croître dans les années à venir et qu’on ne verra jamais la naissance d’un état palestinien à côté de l’état israélien. Nous conclurons en reprenant ce que disent de nombreux palestiniens : « Continuer de vivre, c’est déjà résister » et en affirmant qu’il est important de voir Le char et l’olivier.

    Un film passionnant

    On pourrait se montrer a priori inquiet d’avoir à subir pendant 1 heure 40 le discours de personnes qui se succèdent à l’écran, revenant pour certains à intervalle régulier. Cette inquiétude n’est pas fondée : venant compléter la parole, le film, par ailleurs particulièrement réussi au niveau du montage, propose des images d’archive, des images d’actualité, des cartes, des tableaux et de magnifiques lavis dont les teintes sépia font référence au passé et qui remplacent avantageusement une partie film d’animation que le réalisateur rêvait d’inclure dans Le char et l’olivier mais qu’il a dû abandonner par manque de moyens financiers. Le résultat est un film non seulement historiquement et politiquement important mais aussi passionnant à regarder.

    Conclusion

    La diffusion du film Le char et l’olivier à une heure de grande écoute sur une chaîne de télévision française serait la bienvenue. Ne rêvons pas : il est fort probable que cela n’arrivera jamais. Dans le film, un palestinien nous dit qu’il faut aller en Palestine, qu’il faut aller voir le mur, qu’il faut aller rencontrer les nombreux blessés du fait des exactions israéliennes, qu’il faut aller se rendre compte par soi-même de la situation d’apartheid que vivent les populations palestiniennes, que ce soit en Israël même, dans les territoires occupés ou, pire encore, à Gaza. Il a raison ! Toutefois, pour commencer, il faut aller voir ce film !

     

    source:  https://www.critique-film.fr/

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  • https://es.wikipedia.org/wiki/Evo_Morales#/media/Archivo:Conferencia_de_Prensa_de_Evo_Morales_en_el_Museo_de_la_Ciudad_de_M%C3%A9xico_2.jpg

    En novembre 2019, un coup d’État ébranlait la Bolivie et mettait fin à treize ans de pouvoir du Mouvement vers le socialisme (MAS). Le Vent Se Lève a suivi de près ces événements, qui ont vu un gouvernement libéral et pro-américain, contenant des éléments d’extrême-droite, prendre la main sur le pays. Dans cet entretien avec Evo Morales, nous revenons sur la situation dans laquelle se trouve la Bolivie depuis le coup d’État, ses causes et sa genèse, ainsi que sur les perspectives pour l’opposition. Nous avons souhaité inscrire ces enjeux dans l’histoire longue de la Bolivie, caractérisée par d’intenses conflits sociaux et un incessant combat pour l’indépendance nationale, sur lesquels l’ex-syndicaliste devenu président est revenu en détail. Entretien réalisé par Denis Rogatyuk et Bruno Sommer. Traduit par Nubia Rodríguez, Marine Lion, Maïlys Baron, Rachel Rudloff et Adria Sisternes.


    LVSL – La Bolivie possède une longue histoire de luttes sociales, auxquelles vous avez participé en tant que syndicaliste, avant d’être élu président. Il y a vingt ans, à l’époque de la « guerre de l’eau » et de la « guerre du gaz », vous étiez l’un des dirigeants syndicaux opposés aux gouvernements boliviens successifs. Quelle continuité peut-on tracer entre vos luttes en tant que syndicaliste et votre action politique en tant que président ?

    [On désigne par « guerre de l’eau » et « guerre du gaz » les violents affrontements qui ont opposé dans les années 2000 les gouvernements boliviens – qui tentaient de privatiser ces ressources, sous l’égide de la Banque mondiale – aux mouvements sociaux, ndlr]

    Evo Morales – Depuis 1995, il y a eu différentes formes de lutte dont je me souviens parfaitement. Auparavant, les coups d’État se succédaient. En 1978, lorsque j’étais soldat, trois présidents se sont succédé : le premier était Hugo Banzer, mais au milieu de l’année un coup d’État l’a remplacé par Juan Pereda Asbún. En novembre, tandis que j’intégrais la police militaire, le général David Padilla Arancibia est devenu président du jour au lendemain. L’année suivante, un autre coup d’État a eu lieu, dirigé par le Colonel Alberto Natusch Busch et soutenu par tous les partis de droite.

    [En 1978, un coup d’État a renversé le gouvernement dictatorial de Hugo Banzer, célèbre pour avoir mené une féroce répression de l’opposition avec l’appui de l’ancien nazi Klaus Barbie. Ce renversement inaugure une période d’instabilité. Banzer revient au pouvoir en 2001 en tant que président, suite à des élections, ndlr]

    En à peine deux semaines, il a provoqué la mort de plus de 200 Boliviens. Nous avons tenté de reconquérir la démocratie : le Front paysan et la Centrale ouvrière bolivienne (COB) ont organisé des barrages routiers et une grève générale illimitée. À partir de 1985, avec l’arrivée du modèle économique néolibéral, de nombreux enseignants se sont battus pour faire échouer la privatisation de l’éducation. Enfin, la guerre de l’eau, du gaz, et de la feuille de coca ont fait leur apparition. Cette dernière a une importance significative car la feuille de coca assurait non seulement le fonctionnement de l’économie bolivienne, mais symbolisait aussi la dignité des Boliviens. Sous le prétexte de lutter contre le trafic de drogue, on a installé une base militaire américaine à Chimore, manifestation des intérêts géopolitiques et de l’ambition de contrôler le territoire. Depuis, de nombreux anciens agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) ont dénoncé cette fausse guerre contre la drogue.

    L’ambassadeur des États-Unis, Manuel Roche, a dit dans ce contexte : « Evo Morales est le Ben Laden des Andes, les producteurs de coca sont des talibans ». J’ai réagi en disant que Manuel Roche était le meilleur directeur de campagne que je puisse imaginer.

    Il faut souligner que depuis la fin des années 80, de jeunes leaders paysans et indigènes ont pris conscience de la façon dont s’exerce le pouvoir. Ils se sont demandé : combien de temps vont-ils nous gouverner d’en haut, et de l’extérieur ? Combien de temps devons-nous supporter les plans du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ? Pourquoi ne pas laisser les Boliviens décider de leur politique ?

    La Bolivie a toujours exercé un contre-pouvoir social, syndical et communal, mais lorsque nous nous sommes demandé comment nationaliser nos ressources naturelles et nos services de base avec ces pouvoirs, nous n’avons pas trouvé la réponse. Il était important de promouvoir un instrument politique à partir du mouvement paysan, des Quechua, des Aymara. Nous avons décidé d’organiser un instrument politique de libération, du peuple et pour le peuple.

    Gardez à l’esprit que nous avons dû affronter la doctrine du système capitaliste qui dominait la Bolivie, dans laquelle les syndicalistes étaient considérés comme des terroristes et n’avaient pas le droit de faire de la politique. Nous ne nous sommes donc pas contentés d’être syndicalistes, nous avons voulu des changements profonds, et une transformation des politiques publiques. Nous avons éprouvé des difficultés car les travailleurs qui avaient une appartenance syndicale étaient interdits d’action politique.

    Avec l’arrivée du gouvernement d’Hugo Banzer et Jorge Fernando Quiroga [en 2001 et 2002, ndlr], l’électricité et les télécommunications ont été privatisées. Nos ressources naturelles, telles que le gaz, ont été cédées aux firmes transnationales. Conjointement avec les dirigeants de la COB (Centrale ouvrière bolivienne) et les confédérations paysannes, nous avons essayé de peser en faveur de la nationalisation, alors que des gouvernements libéraux étaient au pouvoir. Ils ont rejeté l’idée en affirmant que le gaz n’appartenait plus aux Boliviens, mais aux propriétaires qui avaient acquis les droits sur les puits. Il n’y avait aucun contrôle de l’État sur la production. Des millions de mètres cubes par jour ont été gaspillés. Les compagnies pétrolières bénéficiaient de 82 % des revenus, et les Boliviens seulement de 18 %.

    Lors des élections de 2005, nous avons proposé des réformes économiques, politiques et sociales essentielles, via un agenda de nationalisation, de refondation de la Bolivie et de redistribution des richesses. Lors de l’Assemblée constituante, les groupes conservateurs ont refusé de transformer l’État colonial [le concept qu’emploie la gauche bolivienne pour désigner l’État bolivien avant 2005, ndlr] en un État plurinational. Nous avons dû nous battre pendant trois ans et endurer plusieurs tentatives de coup d’État. Ils ont essayé de diviser la Bolivie, mais le peuple est resté uni.

    [Pour une mise en contexte des tentatives de déstabilisation du gouvernement bolivien qui ont fait suite à l’élection d’Evo Morales en 2005, lire sur LVSL l’article de Tristan Waag : « Aux origines du coup d’État en Bolivie »]

    Quant aux nationalisations, j’ai signé le décret le 1er mai 2006. La première condition que nous avons imposée était de travailler avec les compagnies pétrolières en tant que partenaires, et non en tant que propriétaires de nos ressources naturelles. Ensuite, nous avons changé les règles : les entreprises obtenaient désormais 18 % des revenus et l’État 82 %, et non plus l’inverse. L’investissement privé, qu’il soit national ou international, est garanti par la Constitution, mais soumis aux règles que fixe l’État bolivien. À partir de ce moment, la situation économique du pays a changé. Il ne s’agissait pas de faire aboutir telle ou telle lutte particulière, comme celle de l’eau, mais de mener à bien une série de combats pour les revendications les plus importantes – comme celle de mettre fin à l’influence nord-américaine.

    LVSL – Lors des élections présidentielles de 2002, vous avez été battu par Gonzalo Sánchez de Lozada, suite à une campagne médiatique très dure contre le MAS [Movimiento al socialismo, le parti d’Evo Morales, ndlr]. À l’heure actuelle, nous observons un alignement similaire des médias contre ce même parti. Quelles leçons tirez-vous pour le présent, si vous mettez cette campagne électorale de 2002 en perspective ?

    EM – En 1997, on m’a proposé d’être candidat à la présidence. J’ai été la cible de nombreuses accusations et de diffamations de la part du gouvernement de Sánchez de Lozada. J’ai retiré ma candidature. « Comment un trafiquant de drogue, un meurtrier, pourrait-il devenir le président ? », disait-on alors.

    En 2002 il y avait un consensus pour que je sois candidat. J’avais beaucoup de doutes sur le fait de pouvoir obtenir un bon résultat. Un seul média de la presse internationale proclamait que le MAS pouvait obtenir 8 % des voix, tous les autres sondages nous cantonnaient à 3-4 %. Gonzalo Sánchez de Lozada s’est allié avec le Mouvement de la Bolivie Libre, qui auparavant se trouvait dans une coalition avec des sociaux-démocrates, et dont l’argent venait d’Europe en transitant par des ONG.

    L’ambassadeur des États-Unis, Manuel Roche, a dit dans ce contexte : « Evo Morales est le Ben Laden des Andes, les producteurs de coca sont des talibans ». J’ai réagi en disant que Manuel Roche était le meilleur directeur de campagne que je puisse imaginer. Résultat : le MAS a récolté plus de 20 % des voix.

    Jusqu’à ce moment-là, je n’étais pas si sûr que je puisse accéder à la présidence de Bolivie. Mais dès lors, je savais que je pourrais l’être à tout moment. Nous devions nous préparer. Un groupe de professionnels a commencé à travailler sur un programme sérieux pour l’État et le peuple bolivien.

    La droite recourt toujours à des consultants étasuniens pour faire ses campagnes. Je vais vous raconter un souvenir : en 2002 je suis arrivé à La Paz à deux heures du matin après de longues heures de marche, et j’ai dormi jusqu’à cinq heures car à ce moment-là je devais voyager à nouveau. À huit heures du matin, on assistait à un rassemblement dans la province de Loayza, dans une municipalité appelée Sapahaqui. J’y suis arrivé à huit heures pile. Les gens n’étaient pas concentrés, j’étais fatigué, et j’ai demandé à mes collègues de prendre une chambre pour me reposer. Il y avait un petit hôtel, nous nous en sommes rapprochés.

    L’hôtel était entouré de voitures de luxe. Bizarrement, tout l’hôtel était occupé. Ils nous ont dit que Gonzalo Sánchez Lozada, mon opposant, y était, et discutait avec des gringos. Nous avons envoyé nos agents de renseignement pour savoir ce qu’ils faisaient là-bas. On a demandé aux femmes de ménage. Elles nous ont dit qu’ils étaient en huis clos depuis deux jours, qu’elles ne comprenaient rien puisqu’ils parlaient en anglais. Nous avons approché le propriétaire de l’hôtel, qui nous a dit : « c’est Gonzalo Sánchez Lozada, avec un groupe de conseillers nord-américains, qui s’occupent du programme gouvernemental pour les élections ».

    LVSL – Lors des « guerres du gaz », qui ont constitué un tournant, des organisations sociales ont commencé à se structurer politiquement, principalement dans le secteur d’El Alto. Quels parallèles pouvez-vous établir entre ce moment historique de la lutte sociale à El Alto, et les mouvements populaires qui s’y organisent aujourd’hui, et quel rôle pensez-vous qu’ils joueront dans le processus de retour à la souveraineté populaire que vous réclamez ?

    [El Alto, troisième ville de Bolivie, se situe dans le département de la Paz, et constitue l’une des zones les plus pauvres du pays. Elle a été l’un des hauts lieux de la lutte des syndicalistes boliviens contre la privatisation du gaz, ndlr]

    EM – Il faut savoir que le Front paysan (Frente Campesino) a pris en compte l’importance de lutter non seulement pour des demandes sectorielles ou régionales, mais aussi nationales. Nous l’avons fait avec de nombreuses confédérations du Frente Campesino indigène, mais aussi de la région du tropique de Cochabamba, par exemple. Nous disions qu’il fallait mélanger la feuille de coca avec de l’huile. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Défendre la feuille de coca, qui est une ressource naturelle renouvelable, aux côtés des ressources non renouvelables comme le pétrole, les hydrocarbures, etc.

    En vingt ans de néolibéralisme, de 1985 à 2005, la rente pétrolière était d’à peine trois milliards de dollars. Suite à la nationalisation des ressources du pays le 22 janvier 2006, nous avons amassé 38 milliards de dollars grâce à la rente pétrolière.

    Nous nous battions sur le plan social et syndical, mais aussi sur le plan électoral et politique. Avec les luttes, nous pouvions obtenir satisfaction à nos demandes, mais pas de changements structurels.

    Là encore je veux rappeler que lorsque je suis arrivé au Chapare, dans le tropique de Cochabamba, nous avons proposé des changements structurels au pays. Les représentants des gouvernements néolibéraux ont répondu en disant « vous faites de la politique, la politique avec vous est un crime et un péché », ou encore « la politique du paysan est une hache et une machette ».

    Puis la guerre du gaz est arrivée, un combat qui s’est concentré dans la ville d’El Alto. Elle s’est déclenchée en réaction à la décision de l’État bolivien de confier l’exploitation du gaz à des entreprises privées, pour l’extraire directement vers la Californie, aux États-Unis.

    Je salue aujourd’hui la population d’El Alto, qui, organisée en mouvements de paysans et de mineurs, a commencé le combat. Les conseils de quartier qu’ils forment sont une force nationaliste et anti-impérialiste.

    Le nouveau gouvernement veut en revenir aux privatisations. Le décret suprême 4272 du 24 juin 2020 envisage un retour à l’économie du passé et à un État minimal comme le souhaite le Fonds monétaire international. Ce décret signe le retour vers un État seulement régulateur et non investisseur – et vous savez qu’un État qui n’investit pas ne génère pas de devises pour répondre aux demandes de la population. Toute les recettes du FMI se trouvent dans ce décret du 24 juin – privatiser l’électricité, les télécommunications, la santé et l’éducation. La privatisation de l’éducation a déjà commencé puisque, cette année, aucun budget n’était destiné à la création de nouveaux sites. La privatisation de l’énergie à Cochabamba a commencé le 14 septembre dernier. Le procureur de l’État plurinational nommé par Jeanine Áñez a démissionné car ce décret de privatisation était anticonstitutionnel. Les prestations de base sont en effet un droit humain et ils ne peuvent relever du commerce privé. La santé ne peut être une marchandise. L’éducation est centrale dans la libération d’un peuple. Áñez a donc nommé un nouveau procureur illégalement, de manière anticonstitutionnelle.

    Par conséquent, les privatisations des prestations de base et la libéralisation de l’appareil productif paralysent l’économie et le gouvernement. Nous sommes convaincus que nous surmonterons tous ces problèmes par la lutte du peuple.

    LVSL – Quelles sont les mesures politiques clés que vous recommanderiez pour résoudre la crise économique que subit actuellement la Bolivie ?

    EM – En vingt ans de néolibéralisme, de 1985 à 2005, la rente pétrolière était d’à peine trois milliards de dollars. Suite à la nationalisation des ressources du pays le 22 janvier 2006, nous avons amassé 38 milliards de dollars grâce à la rente pétrolière.

    En 2005, notre PIB était de 9 500 millions de dollars – un triste héritage légué par les gouvernements boliviens successifs, après 180 années d’indépendance formelle. En janvier de l’année dernière, nous avons laissé derrière nous 42 milliards de dollars de PIB pour l’année 2019. Prenez la mesure de la profondeur du changement. Il établit l’importance d’un agenda nationaliste et anti-impérialiste face à l’impérialisme et aux privatisations qu’il entraîne. Et à partir de ce moment, ça a changé.

    Avant mon élection, la Bolivie était le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Les six premières années des treize de mes mandats de président, nous étions les premiers en croissance économique en Amérique du Sud. Lorsque je me rendais aux forums internationaux, aux sommets des chefs d’État, ces derniers me demandaient quelle allait être la croissance économique. Je leur répondais qu’elle serait de 4 ou 5 %. Ils me demandaient alors ce que j’avais fait pour arriver à ce résultat.

    Il faut nationaliser nos ressources naturelles. Nous avons le devoir de défendre la nationalisation et de développer l’industrialisation. C’est l’objectif que nous nous sommes fixé pour poursuivre la croissance économique. Mais avant cela, nous devons d’abord restaurer la démocratie et la patrie.

    LVSL – Depuis la prise de pouvoir par le gouvernement issu du coup d’État, nous avons assisté à une persécution des militants du MAS et à plusieurs déclarations racistes de la part de dirigeants. Quelle est la nature du nouveau pouvoir bolivien ?

    EM – Il semblerait que la Bolivie soit victime d’un retour aux temps de l’Inquisition. La droite raciste utilise la Bible pour attiser la haine contre le prochain. Ils l’utilisent pour justifier le vol, le meurtre et l’économicide. Ils l’utilisent pour discriminer, pour brûler des wiphalas [drapeau multicolore symbolisant la diversité ethnique de la Bolivie, reconnu depuis 2009 comme second drapeau officiel du pays, ndlr], pour faire battre les gens humbles.

    [Lire sur LVSL le reportage de Baptiste Mongis sur la Bolivie de l’après-coup d’État : « Bolivie : la chute, le peuple, le sang et le brouillard »] 

    Les groupes racistes, généreusement financés, ont fomenté cette mentalité. Richard Black, sénateur républicain, a reconnu en décembre dernier que le coup d’État a été planifié aux États-Unis. Le 24 juillet dernier, le chef de l’entreprise de voitures électriques Tesla, a lui aussi sous-entendu sa participation à la réalisation du coup d’État.

    Ce coup d’État visait nos ressources naturelles, notre lithium. Nous avions décidé d’industrialiser le lithium. Nous avions signé des contrats avec l’Europe et la Chine. Nous avions décidé que les Etats-Unis ne feraient pas partie de notre marché pour le lithium. Nous avions consigné dans l’agenda patriotique du Bicentenaire quarante-et-une usines, plus de quinze pour le chlorure de potassium, le carbonate de lithium, l’hydroxyde de lithium et trois pour la création de batteries au lithium. Les autres usines étaient destinées à des intrants mais aussi à des sous-produits alimentaires et des médicaments. Ainsi, nous avions décidé que les États-Unis ne feraient pas partie de notre marché de lithium, et ce fut notre crime.

    [Lire sur LVSL l’entretien avec Luis Arce Catacora, candidat à la présidentielle bolivienne : « Nous devons garantir la souveraineté de la Bolivie sur le lithium »] 

    Par conséquent, il est important de préparer un plan de relance de notre économie. Nous avons un avantage : en 2005, ils nous ont laissé un État détruit, avec un président comme Carlos Mesa qui demandait des aides pour payer ne serait-ce que les salaires. Aujourd’hui, et grâce à seulement quatorze ans de transformations, nous pouvons prouver que la Bolivie a un grand avenir.

    Ce que l’on appelle la doctrine Monroe doit cesser. Les États-Unis pensent qu’ils ont été élus par Dieu pour dominer le monde, que la souveraineté est leur monopole, et que lorsqu’un peuple se libère ils sont légitimes à déployer bases militaires, interventions armées et coups d’État.

    Le coup d’État a également été fomenté contre notre modèle économique. Nous avons érigé un modèle sans l’aide du Fonds monétaire international, qui se base sur une croissance viable, une réduction de la pauvreté et des inégalités.

    Notre mouvement utilise le socialisme comme instrument politique pour la souveraineté des peuples. C’est un mouvement inédit car depuis l’époque de la colonisation les indigènes de notre pays ont été constamment menacés d’extermination. Ils n’ont pas seulement vécu sous la menace du racisme ou de la discrimination, mais bien de l’extermination. Dans certains pays d’Amérique du Sud, il n’y a pas de mouvement de lutte indigène, ou alors il n’y en a plus. Mais en Bolivie, au Pérou, en Équateur, au Guatemala ou au Mexique, ils ont mené et mènent de dures batailles.

    À l’anniversaire des 500 ans de la colonisation de l’Amérique, en 1992, nous avons enclenché un mouvement de résistance au pouvoir en Bolivie. En 2005 nous accédions au pouvoir et nous prouvions que nous étions capables de nous gouverner nous-mêmes. C’est alors que commencent les tentatives de coups d’État. C’est notre réalité, et c’est pourquoi nous voulons en finir avec ce racisme.

    Nous devons affronter nos différences idéologiques, mais sans violence.

    LVSL – Lorsque vous étiez président, vous avez plaidé pour la construction d’un monde unipolaire face à l’hégémonie nord-américaine. Depuis le coup d’État, nous assistons à un réalignement de la Bolivie sur les États-Unis. Quelle serait, dans le futur, la manière de restaurer la place de la Bolivie sur la scène internationale ?

    [Pour une analyse du réalignement de La Paz sur Washington, lire sur LVSL l’article de Guillaume Long : « Le tournant à 180 degrés de la politique étrangère bolivienne depuis le coup d’État »] 

    EM – Lorsque j’étais dirigeant syndical, j’ai participé à certaines réunions de chefs d’État, par exemple à propos de la lutte contre le narcotrafic. Avant mon élection, la doctrine bolivienne en la matière était alignée sur celle des États-Unis : on n’entendait jamais autre chose que « je m’associe aux propositions des États-Unis », ou « je soutiens les propositions des États Unis ». La Bolivie n’avait jamais de politique qui lui soit propre.

    Quand nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons fait une proposition aux Nations unies : l’eau doit être un droit fondamental pour l’être humain, et ne peut faire l’objet d’un commerce privé. Nous l’avons faite approuver, et il n’y a que les États-Unis et Israël qui se sont abstenus.

    Du temps de Chávez, de Lula, de Kirchner, nous développions de grands processus d’intégration, comme l’Unasur, la Celac. Obama a tenté de les briser avec l’Alliance du Pacifique. L’actuel président des États-Unis a pris sa suite en créant le groupe de Lima pour affronter le Venezuela. Face à cela, nous avons besoin d’une plus forte unité, de réflexions profondes au sein du groupe de Puebla et de l’ALBA-TPC.

    Nous ne sommes pas seuls, et j’ai beaucoup d’espoir pour nos peuples. Nos mouvements sociaux vont récupérer la démocratie. Au Chili il y a un référendum, nous voudrions une Amérique plurinationale, car nous sommes divers. Il serait bon que l’Europe et les autres continents reconnaissent cette diversité, qu’elle soit reconnue par les Constitutions et les organismes internationaux. Qu’ils reconnaissent qu’en Bolivie, nous sommes divers, que cette diversité culturelle constitue la richesse de notre identité, qu’elle fonde notre dignité. Et à la base de cette dignité se trouve la lutte pour la liberté et pour l’égalité.

    Ce que l’on appelle la doctrine Monroe doit cesser. Les États-Unis pensent qu’ils ont été élus par Dieu pour dominer le monde, que la souveraineté est leur monopole, et que lorsqu’un peuple se libère ils sont légitimes à déployer bases militaires, interventions armées et coups d’État. La lutte se résume à qui contrôle les ressources naturelles : les peuples par le moyen de leurs États populaires, ou des entreprises privées multinationales ? C’est le grand combat que connaît l’humanité. Dans ce contexte, nous libérer démocratiquement est notre tâche la plus urgente.

    LVSL – Pourquoi avoir pris la décision de quitter le territoire bolivien en novembre dernier, lors du coup d’État ? 

    EM – Je ne voulais pas abandonner la Bolivie. Pour moi, c’est la patrie ou la mort. Mais mon entourage m’a fait entendre que pour sauver ce qui pouvait l’être du processus de transformation, encore fallait-il que je sois vivant. De plus le 10 novembre, avant ma démission, les mouvements sociaux se sont concertés pour récupérer la place Murillo avec la police mutinée des 8 et 9 novembre. Si je ne pensais pas à démissionner à ce moment-là, le jour suivant, pour éviter un massacre, j’ai préféré le faire, parce qu’après tout nous défendons d’abord la vie.

    Jusqu’à cette date il y a eu de nombreux conflits, depuis la grève de Potosi à celle de Santa Cruz, durant lesquels nous avons évité des morts, où l’on me demandait déjà de « militariser », de déclarer un état de siège ; je n’ai pas cédé. Lors de nombreuses réunions avec les autorités militaires et policières, je maintenais que je ne pouvais pas utiliser des armes contre le peuple, que ces armes étaient là uniquement pour défendre le territoire.

    On me reproche ma démission, mais je l’ai fait pour éviter un massacre et maintenir la paix tant que possible. Au passage, je suis convaincu que la lutte pour la paix est une lutte contre le capitalisme et pour la justice sociale.

    C’est ainsi que j’ai quitté la Bolivie le 11 novembre. Pour faire vite, le territoire sud-américain était contrôlé par les États-Unis, ils n’ont pas laissé entrer l’avion en provenance du Mexique qui devait venir me chercher, et nous avons étudié toute la journée un plan de secours. Il n’y avait que deux possibilités qui s’offraient à moi : la mort, ou l’extradition aux États-Unis. Alors que j’étais encore dans la ville d’El Alto, certaines voix s’élevaient au sein de l’armée pour réclamer mon extradition aux États-Unis – d’autres pour comparer ce coup d’État à celui du Chili.

    [Evo Morales a fini par trouver refuge au Mexique, puis en Argentine, ndlr]

     

    Le mouvement indigène, traditionnellement, est anticolonialiste et anti-impérialiste. On a démembré le chef rebelle aymara Tupac Katari à l’époque coloniale. Aujourd’hui, à l’époque républicaine, on veut nous démembrer, fusiller notre mouvement politique, interdire le MAS, m’interdire. Tout cela est soutenu par les États-Unis, qui ont clairement fait entendre que « le MAS ne reviendra pas au gouvernement, ni Evo en Bolivie ». Depuis lors je travaille sur la campagne du MAS, et je suis sûr que le peuple bolivien retrouvera sa liberté.

     

    source: https://lvsl.fr/

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  • 1ère Partie: La justice au service du régime de Lenin Moreno (1/2)
     

    Dans cette série vidéo de 5 épisodes, j'explique la situation pré-électorale de l'Équateur. Dans cet épisode, nous revenons sur les embuches posées par le régime de Lenin Moreno pour empêcher les partisans de Rafael Correa de disposer d'un parti politique, et donc d'un instrument électoral pour offir aux Équatoriens une option politique alternative. Une plongée dans le lawfare équatorien où les dénis de démocratie sont légions sans que cela ne scandalise les médias dominants ou la plupart des ONG. 

     

    source: https://www.youtube.com/watch?v=NKhzy5JtBmM&feature=youtu.be

     
     
     
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