• Tous ils ont nié la gravité de l’épidémie; tous ils ont traité de “femmelettes“, ou peu s’en faut, les personnes qui prenaient quelques précautions ; tous ils ont joué les surhommes invulnérables et nargué les chefs d’Etat “mauviettes” qui osaient confiner A TEMPS leur population, comme à Cuba, ou les fourbes “dictatures” à la chinoise qui dépistaient à tour de bras et qui isolaient les personnes contagieuses le temps nécessaire.

    Dame, nos grands néolibéraux chefs de file du “monde libre” voulaient absolument privilégier l’ “économie”, entendez “les profits capitalistes” et, comme il était expressément écrit sur les pancartes des manifestants trumpistes (ces nazis qui s’ignorent) contre le confinement “les faibles doivent mourir!”. Bref, le sauvage mot d’ordre “libéral” de toujours “laissez-faire, laissez passer”, se révélait dans toute sa barbarie crue et proprement exterministe : “laissez faire, laisser crever!“. On a vu ce que cela a notamment donné en France avec la gestion des EHPAD, souvent catastrophique d’inhumanité.

    Boris , lui, a failli mourir pour du bon et, apparemment, il en a tiré quelques leçons tardives à propos des mesures-barrières qu’il met désormais en place, bien trop tard, en Grande-Bretagne : mais le mal est fait là-bas car le système public de santé anglais a été détruit de longue date par Thatcher et par son clone social-libéral Anthony Blair. 

    Le libéral-fasciste brésilien déclaré s’en est tiré et se contente, entre deux prières “évangéliques” et deux appels à tuer les communistes, de voir mourir les pauvres entassés dans les favellas, les Etats brésiliens fédérés abandonnés par l’Etat fédéral faisant ce qu’ils peuvent pour protéger les populations. 

    Et voilà maintenant que “l’homme fort” par excellence, l’homme qui racontait encore récemment que le masque était la marque des faibles, le super-beauf à la mèche orange qui déclarait qu’avec le bon air, un peu de sport et quelques injections d’eau de javel le “virus chinois” passerait vite, l’apprenti putschiste qui envoyait ses milices “républicaines” en gilets pare-balle investir les Sénats “démocrates” optant pour le confinement,  suffoque à son tour à l’hôpital dans un état incertain. Du moins a-t-il eu la chance d’être diagnostiqué, transféré de nuit à l’hôpital par un hélicoptère de l’armée, avec désormais une armada de spécialistes à son chevet et un traitement de choc hautement coûteux (et d’ailleurs risqué) que n’auront pas reçu les 200 000 Américains (!!!) qui sont décédés du corona, après avoir subi une agonie particulièrement angoissante, en trois mois.

    Nous ne souhaitons la mort de personne, même pas de celle des salauds car nous sommes marxistes et la devise de Marx, empruntée à Térence, était “Homo sum, et nihil humani a me alienum puto”(1). Mais on nous excusera de réserver notre compassion au million de familles endeuillées de par le monde dont beaucoup n’auront même pas pu assister leurs proches dans leurs derniers moments, ni même les accompagner dans leur dernier voyage. Pas seulement à cause d’un virus inconscient de ses propres effets, mais à cause, sur le fond, de cet immense multiplicateur de mort qu’est en son fond l’euro-mondialisation virale que le PRCF a dénoncé dès le début du mois de mars. Une euro-mondialisation portée par les traités européens supranationaux qui organise la casse austéritaire des systèmes de santé, qui substitue à la planification rationnelle les conflits d’intérêts entre mandarins liés rivaux aux labos privés, et dont l'”économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” (traité de Maastricht) ne laisse le choix à l’humanité qu’entre un confinement généralisé mortifère (avec toutes les mesures liberticides que les gouvernements capitalistes ne se privent pas de prendre par la même occasion), et que des échanges commerciaux uniquement guidés par la course au profit maximal. 

    Georges GASTAUD

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • « Bonjour à toutes et à tous. Vous allez assister à une confrontation inédite. » En ce dimanche 13 septembre, l’animateur du « Grand Débat » de la « Fête de l’Huma autrement » (la pandémie du coronavirus ayant contraint à annuler les traditionnelles festivités annuelles) n’est pas peu fier de présenter une « confrontation » inédite. Jugez plutôt : , secrétaire général de la , se retrouve face à… Geoffroy Roux de Bézieux, le président du MEDEF.

     

    « Inédit », ce type de « débat » l’est assurément : on imagine Benoît Frachon « débattre » à la Fête de l’Huma avec Georges Villiers, premier président du Conseil national du patronat français (CNPF) créé à la Libération pour recycler un patronat massivement impliqué dans la Collaboration avec Vichy – et par la suite nommé président de BusinessEurope, un lobby des patrons de l’industrie au niveau européen ; on imagine Georges Séguy « débattre » avec Paul Huvelin, successeur de Georges Villiers et qui a « recherché essentiellement […] la paix sociale » à travers les accords de Grenelle de mai 1968, tout en ayant été membre du Conseil européen pour le progrès économique et social avant de présider l’union des industries de la Communauté européenne dans les années 1970 ; on imagine aisément Henri Krasucki « débattre » avec Yvon Gattaz, le père de Pierre Gattaz qui exerça les pressions nécessaires pour pousser Mitterrand et le gouvernement Mauroy à opérer le « tournant de la rigueur » en 1982-1983 – « tournant » dont nous ne sommes toujours pas sortis aujourd’hui…

    Mais voilà : Philippe Martinez, qui signe toute honte bue un texte appelant à faire du « dialogue social » l’action prioritaire en plein confinement (texte également signé par la jaune CFDT et le MEDEF) et qui applaudit le « plan de relance » (comprenez : plan de liquidation des conquêtes sociales et démocratiques) Macron-Merkel – et ce après avoir expliqué qu’il refusait toute interférence politique au nom de la charte d’Amiens, lorsque Jean-Luc Mélenchon proposa par exemple l’organisation d’une vaste manifestation sur les Champs-Élysées à l’automne 2017 –, franchit un pas supplémentaire dans la collaboration de classes, sous le regard attendri des organisateurs de la « Fête de l’Huma autrement ». Et voilà que Roux de Bézieux, le patron du MEDEF qui dispose déjà de suffisamment de tribunes médiatiques et politiques en temps normal, devient l’attraction majeure de cette « confrontation inédite » et de ce weekend peu ordinaire. Heureux comme un poisson dans l’eau, l’animateur du débat annonce fièrement que le « débat » va « opposer » des « points de vue qui se situent aux antipodes l’un de l’autre » ; et cela tombe bien car Martinez en « rêvait » (avec un grand sourire) car il « croi[t] beaucoup en ce genre de débat » pour « se forger une idée en toute connaissance de cause » ; avec seulement 1890 vues (dont quatre visionnages de la part du rédacteur du présent article) sous la vidéo YouTube deux semaines après la publication de celle-ci, on peut douter de l’efficacité de la démarche…

    L’analyse du « débat » permet de dégager une analyse plus nuancée que les explications avancées par les eurobéats « contradicteurs » du MEDEF. Naturellement, prétendre que Philippe Martinez et Geoffroy Roux de Bézieux défendent des points de vue exactement similaires relèverait de la malhonnêteté intellectuelle. Fier-à-bras, Roux de Bézieux affirme les fondamentaux de l’exploitation capitaliste : « je ne suis pas complètement à l’aise avec la montée de la démocratie directe » ; à la question de savoir s’il faut « remplacer » le par « un autre mode de fonctionnement de la production » (prononcer le mot « communisme » arracherait la bouche de l’animateur), Roux de Bézieux est bien entendu catégorique : « Je ne vais pas vous surprendre : je ne vais pas vous dire oui » car « les économistes n’ont pas de modèle à plaquer sur cette  » ; en outre, face à la crise, « c’est assez logique que l’État vienne au secours des entreprises, et donc des salariés » (le dernier passage étant certainement ajouté pour flatter le public et Martinez) ; « au MEDEF, on est rarement favorable aux impôts » – et les euro-gouvernements successifs, « socialistes » compris, ont satisfait les desiderata du patronat sur ce sujet ; « je pense que la liberté d’entreprendre permet de la créativité, permet de créer des richesses – et de les partager ensuite » (là encore, ça a dû en coûter à Roux de Bézieux de prononcer une telle formule) ; « les entreprises payent énormément d’impôts », et donc « une aide publique, c’est un morceau d’impôt qu’on vous a pris et qu’on vous rend » (et l’oligarchie capitaliste, bénéficiant du CICE, de la suppression de l’ISF, de la baisse de l’impôt sur le revenu, des baisses de cotisations patronales, etc., peut témoigner des cadeaux fiscaux successifs des euro-gouvernements). Pendant ce temps, Martinez sort des formules classiques plutôt de bon sens, tout en ne parvenant pas à prononcer des mots comme « capitalisme » : dénonciation du « moins-disant social qui génère des délocalisations », des « inégalités qui, à l’échelle de la planète, se creusent », des « actionnaires » privilégiés par rapport à l’investissement productif ; « cette crise, elle a révélé que, heureusement, certains l’appellent un matelas social, nous on parle de modèle social, et bien là on voit dans ces périodes-là, la différence avec des pays comme les États-Unis » (et d’ajouter : « je ne parle pas de la Chine, parce que là… ») ; « le marché ne doit pas tout », etc.

    Mais la suite du « débat » révèle malheureusement que le dirigeant de la CGT se perd dans ses lubies eurobéates classiques, comme lorsqu’il a signé l’appel « Plus jamais ça ! Construisons le jour d’après » défendant notamment « la décision de ne pas utiliser les 750 milliards d’euros de la BCE pour alimenter les marchés financiers mais uniquement pour financer les besoins sociaux et écologiques des populations ». Et voici que Martinez, qui explique à raison qu’« on a besoin de règles » (fiscales, sociales, environnementales) face au marché, affirme : « On peut le faire à l’échelle européenne. Nous on se bat, avec l’ensemble d’ailleurs, enfin une grande partie des syndicats européens, pour qu’il y ait un salaire minimum en Europe, parce qu’il y a du dumping social y compris au sein même de l’Europe ». Et revoilà l’éternel refrain de « l’Europe sociale » porté par un eurobéat qui, de toute évidence, ne semble pas au courant que l’actuel patron de la Confédération européenne des syndicats (CES) n’est autre que Laurent Berger, avec lequel Martinez signe des déclarations pour faire du « dialogue social » l’instrument « privilégié » face au patronat ou pour applaudir des deux mains le « plan de relance » Macron-Merkel.

    Pire : versant dans l’idéalisme béat ignorant les principes mêmes d’une analyse dialectique et matérialiste (peut-on vraiment attendre une telle démarche de la part de Martinez ?), le secrétaire général de la CGT parvient à faire passer Roux de Bézieux pour un homme lucide quant aux rapports de forces géopolitiques et économiques : tandis que Martinez, incapable d’opérer une « analyse concrète de la situation concrète », entonne le refrain de l’« Europe sociale », défend le « SMIC européen » et n’ose pas prononcer le terme de « souveraineté », Roux de Bézieux évoque la question des relocalisations de manière réaliste, expliquant même « qu’il faut retrouver une forme de souveraineté » et qu’« en arrivant au MEDEF, j’ai créé un comité souveraineté, qui avait d’ailleurs un peu toussé si j’ose dire parce que tout de suite on dit souveraineté = souverainisme = protection des frontières = xénophobie. Non, ce n’est pas ça » – à ceci près que le MEDEF lui-même évoque, comme Macron, une « souveraineté européenne ». Et d’ajouter avec lucidité : « le problème c’est qu’au sein de l’Europe, vous le savez, on a des modèles sociaux qui sont encore très différents ; et on a choisi tous collectivement – alors on n’a pas peut-être pas tous voté de la même manière –, mais on a choisi d’unir nos destins sur le plan économique avec la même monnaie. Donc là, c’est beaucoup plus compliqué parce qu’en gros, proposer un SMIC européen, pourquoi pas ? À la limite, je vais vous dire : si je suis très cynique, cela nous avantage parce que globalement, même si on a des usines à l’étranger, on a plus de production en France, donc ça va faire monter les coûts des autres […]. Le problème c’est que, allez dire ça aux patrons polonais » ; ne sachant que répondre, Martinez réplique à Roux de Bézieux « c’est à vous de le faire » pour s’adresser au patronat polonais, avant de réclamer « plus de protections », sans bien entendu se demander si cela est réalisable au sein de l’UE…

    Le même weekend, « Fabien Roussel (PCF), Olivier Faure (PS), Léa Balage El Mariky (EELV) et Adrien Quatennens (FI) ont débattu, ce samedi, à l’Agora de la Fête l’Humanité Autrement » (L’Humanité), ce qui permet d’offrir un nouveau spectacle de la « gauche plurielle » que Quatennens fut le plus prompt à condamner ; quant à Fabien Roussel, cherchant une position d’équilibriste pour une impossible entente avec un faux Parti « socialiste » et des prétendus « écologistes » avant tout portés par le projet européiste (et sans naturellement toucher au capitalisme), son positionnement sur les élections régionales dans les Hauts-de-France est claire : « Pour gagner, il va falloir rassembler largement, très largement, bien au-delà de nos propres rangs, aller convaincre des gens qui n’ont plus envie d’aller voter, qui sont dégoûtés de la politique », avec « toutes les ouvertures qu’il faut ». Et pendant ce temps, Patrick Le Hyaric écrit au Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) pour « contribuer » financièrement à ce weekend, sans inviter ni même proposer un instant de réels débats entre communistes sur des sujets fondamentaux : sortie de l’UE et de l’euro, souveraineté nationale et populaire, retour aux fondamentaux du marxisme-léninisme, etc.

    « La régression sociale ne se négocie pas : elle se combat », proclamait Henri Krasucki. Philippe Martinez opte pour le « débat » avec le MEDEF, grand inspirateur de la régression sociale (et démocratique) touchant la France et la République, les citoyens et les travailleurs, depuis des décennies. Plus que jamais, il est urgent d’œuvrer pour un syndicalisme de classe et de masse – comme le font déjà des syndicalistes de la CGT, refusant l’asservissement au « dialogue social », à l’UE et à la CES – et la renaissance d’un Parti communiste franchement marxiste-léniniste qui porte le Frexit progressiste, la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme exterministe étant la seule perspective d’avenir pour les travailleurs et l’ensemble des classes populaires et moyennes exploitées par le MEDEF européiste.

    Fadi KASSEM

    Source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Subventions d’État au grand Capital licencieur, ou le scandale permanent du capitalisme monopoliste d’État à l’heure de la construction européenne

    Par Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF,

    VOUS AVEZ DIT “LIBÉRALISME”?

    Depuis des décennies, on nous rabâche, du collège à l’Université, sur presque tous les médias, et sur tous les tons, que nous vivons dans une société “libérale” et que le “” est notre lot.  Ceux qui sont un peu plus critiques politiquement, mais qui n’en barbotent pas moins dans l’illusion idéologique, parlerons, pour le condamner, de l’ “ultralibéralisme” ou du “turbo-capitalisme”. En fait, le Traité de Maastricht, relayé par tous les traités européens qui lui ont succédé, définit l’Union européenne comme une “économie de marché ouverte sur le monde où la  est libre et non faussée”. Au nom de cet article inamovible qui forme le cœur de la “construction” européenne et des constructions politico-économiques analogues sur d’autres continents (ALENA, MERCOSUR, ASEAN…), les États nationaux et leur personnel politique dirigeant s’interdisent de nationaliser les grandes banques et les autres entreprises présentant un caractère stratégique pour leurs nations respectives. Interdiction du même coup de planifier scientifiquement et démocratiquement le développement économique, le déploiement du progrès social, la répartition des “gains de productivité”, de stopper les délocalisations industrielles et servicielles ravageuses et, bien entendu, d’interdire les licenciements collectifs relevant de la “loi du marché”.

    Pire, comme on le voit en France depuis au moins 1992 (date où le Traité de Maastricht obtint 5O,8% à un référendum où Chirac et Mitterrand appelaient tous deux à voter Oui), les gouvernements français successifs privatisent à tour de bras les prétendus “monopoles publics” (comme EDF, Gaz de France, la SNCF, France-Télécom, la Poste, Air France, l’Aérospatiale, les autoroutes, etc.)… pour mieux créer, en réalité, des monopoles ou des oligopoles capitalistes privés comme SANOFI, Bolloré, ou ENGIE, alias Suez. Et ce fut encore plus vrai à l’époque du gouvernement Jospin, dit “de la gauche plurielle” et flanqué de ministres “communistes” (Gayssot, Buffet, Demessine) et “verts” (Voynet), qui, entre 1997 et 2002, a privatisé plus vite encore que les gouvernements de droite précédents, le secteur public français, des Caisses d’épargne à France-Télécom en passant par Air-France et la SNECMA. C’est d’ailleurs le “socialiste” Rocard, grand “européen” lui aussi qui avait engagé la privatisation de Renault, en profitant au passage pour décapiter la C.G.T. de l’entreprise et pour fermer Renault-Billancourt, épicentre de la grève de 1968…

    LIBÉRALISME POUR QUI ?

    Il est bien vrai en un sens que cette politique, totalitairement imposée dans toute l’Europe par la Commission de Bruxelles à coups d’amendes et de “sanctions”, est “libérale”; mais pour QUI l’est-elle vraiment, si ce n’est pour les grands groupes capitalistes de taille continentale ou mondiale qui peuvent ainsi en toute “liberté” démolir les conquêtes sociales des salariés, pratiquer le moins-disant environnemental et social à l’échelle transcontinentale, multiplier les juteuses fusions capitalistes nationales (VEOLIA/ENGIE?) et surtout désormais, continentales et transcontinentales tueuses d’emplois (Renault-Nissan, PSA-Chrysler-FIAT, Alstom/Siemens ou Alstom-G.E., etc.): en un mot, piétiner “librement” le monde du travail et l’intérêt national véritable (deux notions qui n’en font qu’une quand cette expression d’ “intérêt national” n’est pas dévoyée dans un sens impérialiste).

    Non seulement l’U.E. permet aux trusts de surexploiter et de déclasser des millions de salariés jugés “trop chers” (délocalisation réelle ou chantage à la délocalisation, c’est tout un), mais elle les aide à écrabouiller de manière ô combien “libérale” les petites entreprises ou à les asservir: car à tout instant plane sur la tête des artisans, des petits industriels, des petits agriculteurs, et plus encore, sur celle des salariés privés de droits de nombre de PME (sans parler de ce patronat fictif que sont les travailleurs ubérisés et autres “auto-entrepreneurs”), une “concurrence” d’extension planétaire dont l’échelle et les règlements volontairement tatillons privilégient les seules entreprises réellement aptes à se livrer à la “concurrence “non faussée”, c’est-à-dire en réalité, les monopoles capitalistes liés aux banques; les petites et moyennes entreprises sont ainsi priées, en toute “liberté d’entreprendre”, d’écraser leurs prix, et avec eux, les  de leurs employés, de ramper pour avoir les marchés, d’entrer en compétition avec des géants internationaux pour la moindre adjudication de ville, de sous-traiter pour des “donneurs d’ordre” tyrannique, notamment pour la grande distribution. Ou, plus simplement, comme il arrive à des centaines de milliers de “patrons” de T.P.M.E. ou d’auto-entrepreneurs… de “gicler” purement et simplement (avec des centaines de suicides à la clé chaque année dans le monde paysan).

    Ne parlons pas du rôle dévolu par ce système “libérateur” aux ex-pays socialistes de l’Est: leur industrie socialiste et leurs acquis sociaux incomparables ont été liquidés, en vertu d’une “thérapie de choc” terrible, en préalable à leur annexion par l’UE (et dans la foulée, par l’OTAN!). Ni du devenir des pays du Sud, quasi-interdits de développement industriel et agricole, si ce n’est de type néocolonial (fixé par les besoins des trusts des pays riches): il est clair qu’une jeune industrie nationale partant de zéro, ou disposant au départ de peu de financement, de technologie et peu de débouchés propres, ne pourra pas sérieusement concurrencer, sans droits de douane nationaux, les mastodontes capitalistes des pays dominants déjà installés sur le marché et préemptant les matières premières, les semences agricoles, etc. Ce n’est pas pour rien qu’en France, pour créer l’industrie, Colbert a dû mettre en place une industrie d’État, réglementer fermement les importations: chacun sait que dans notre pays, il n’y aurait jamais eu d’industrie sans l’intervention planificatrice d’un État et que, contre-épreuve de la même hypothèse, notre industrie nationale s’effondre littéralement depuis que l’État français, esclave volontaire de la “construction” européenne, s’interdit à lui-même de nationaliser, de protéger et de planifier…

    “LIBÉRALISME” INTERNATIONAL ASYMÉTRIQUE ET BLINDÉ DE CRYPTO-

    Notons aussi que, même à ce niveau continental et transcontinental, le prétendu “libre-échange mondial” est une fiction: en réalité, les États capitalistes les plus puissants, et centralement pour ce qui concerne notre pays, les États-Unis d’Amérique et l’Allemagne capitaliste unifiée (vraie maîtresse de l’UE) se sont dotés par mille moyens d’outils crypto-protectionnistes ou ouvertement tels (droits de douanes antichinois de Trump, “sanctions économiques” prétendument destinées à défendre les droits de l’homme à géométrie variable qui frappent les rivaux actuels ou potentiels du grand capital yanqui, notamment la Chine, embargos divers strangulant la Russie, la Chine, l’Iran, le Venezuela, la Biélorussie, et bien entendu, la vilaine et indomptable “bête rouge” cubaine!). On pourrait aussi invoquer les innombrables normes “sanitaires” (et de plus en plus “écologistes”) imposées par l’Oncle Sam pour fermer son territoire aux exportations des pays dominés. À tout prix, il s’agit de filtrer l’entrée des concurrents réels ou potentiels sur leur marché intérieur et de permettre asymétriquement aux trusts des pays-leaders d’envahir les marchés de l’Est et du Sud sans que la réciproque soit possible.

    L’EURO, MONNAIE CRYPTO-PROTECTIONNISTE; L’ENTENTE MONÉTAIRE INTER-IMPÉRIALISTE GERMANO-AMÉRICAINE ET LA CRISE ACTUELLE DE CETTE ENTENTE

    Le principal de ces outils déloyaux permettant la “concurrence” libre (pour les États riches) et systématiquement FAUSSÉE, est le couple monétaire conflictuel: complice (comme deux mafias peuvent à la fois s’allier pour piller une ville tout en s’attrapant périodiquement à la gorge) que forment…

    • d’une part le dollar: une étrange monnaie mondiale non convertible en or et gagée, en réalité sur la puissance sans équivalent (80% des armes mondiales sont américaines! Qui ira jamais sommer l’Oncle Sam de rembourser ses énormes dettes?) de l’US Army; ce qui vaut bien une guerre par an en moyenne pour soutenir la peur, non du gendarme, mais du voleur. D’autant que des projets de monnaie internationale court-circuitant le dollar courent ou ont couru depuis des années (entente entre la Russie et la Chine pour échanger sans passer par le dollar, projet libyen de monnaie africaine autonome – qui a sans doute largement provoqué le renversement et le lynchage “humanitaire” de Khadaffi…),
    • et d’autre part la zone euro-mark cœur de la “construction” européenne centrée sur Berlin. Gagée sur le Deutsche Mark fort, la monnaie unique européenne garantit à la RFA une sorte de marché européen captif permanent, tout en laissant – pour combien de temps encore ? – le dollar plus faible dominer mondialement.

    Ainsi les “vaches” respectives de l’Oncle Sam et de l’Ami Frantz étaient-elles initialement bien gardées. Car de la sorte, les USA et la RFA impérialistes et hégémoniques peuvent-ils se “répartir” mondialement et continentalement les zones d’influence et les marchés. De cette manière, Berlin “tond” sans cesse l’Europe de l’Est (paradis des délocalisations capitalistes, réservoir de main-d’œuvre bien formée et bon marché pour l’Occident) et l’Europe du Sud, transformé en débouché largement passif et impuissante à pénétrer sérieusement le marché industriel de l’Europe du Nord (les soi-disant “États frugaux” attachés à l’Allemagne capitaliste). En outre, en raison du différentiel de monnaie entre euro fort et dollar faible, l’Europe allemande promettait initialement de ne pas envahir le marché américain. Bien entendu, ce compromis crypto-protectionniste entre les deux requins impérialistes que sont à égalité Berlin et Washington (et ce compromis crypto-protectionniste, le P.R.C.F. est seul jusqu’ici à l’avoir repéré et dénoncé) est nécessairement fragile et c’est ce qui explique les tensions actuelles entre Trump et Merkel: à coup d’euro fort, l’Allemagne capitaliste a tué ou asservi les industries plus faibles des pays du Sud, France incluse, et transformé en néo-colonies de main-d’œuvre les ex-pays socialistes de l’Est, Pologne, pays baltes, ex-Tchécoslovaquie et ex-Yougoslavie. Les pays sud-européens ne pouvaient en effet contre-attaquer au moyen de “dévaluations compétitives” comme ils le faisaient quand n’existait pas la monnaie européenne calée sur le mark. Mais ce système est nécessairement voué au déséquilibre et à son autonégation dialectique. Ayant fini par ruiner les pays du sud européen, les prétendus “PIGS” (Portugal, Italy, Greece, Spain), l’Allemagne a changé de braquet; l’euro a été systématiquement affaibli par la BCE et sa politique faisant tourner la “planche à billets”. Et du coup, les Mercedes ont envahi… le marché américain dont la réaction antigermanique et anti-UE, mais aussi anti-chinoise, s’appelle Donald Trump. Bien entendu ces deux méga-prédateurs qui s’auto-baptisent “Communauté internationale” continue de s’entendre comme larrons en foire pour frapper les pays du Sud, protéger le capitalisme mondial, conjurer le retour toujours possible des communistes et des révolutionnaires, voire préparer ensemble une bonne guerre contre la Chine et/ou contre la Russie. Mais, l’idylle USA/Europe allemande sous domination absolue du premier – qui durait depuis l’entre-deux-guerres et plus encore, depuis 1945 et le financement américain de la forteresse Allemagne (contre l’URSS, mais aussi, contre la France, cf les livres d’Annie Lacroix-Riz) est désormais terminée. N’en déduisons pas qu’ils vont se prendre au collet, du moins immédiatement, ils ont trop d’intérêts communs pour cela et peuvent, encore une fois, se réconcilier pour agresser la Russie ou la Chine… tout en continuant ensemble à avancer s’ils le peuvent en Ukraine, en Biélorussie, dans le Caucase, etc.

    “AIDE À L’EMPLOI = AIDE PUBLIQUE AUX LICENCIEMENTS DE MASSE”. Aberration ou effet systémique?

    Mais il faut voir aussi et surtout l’aspect caché de cette politique économique que révèle crûment la multiplication des licenciements dans des entreprises capitalistes gavées d’argent public par Macron et Cie (et avant lui par le CICE sarkozyste et par le Pacte de responsabilité hollandien), et cela sans aucune contrepartie sérieuse du côté patronal. Cette politique de subventionnement massif du profit privé par l’argent public aboutit à une contradiction potentiellement révolutionnaire quand l’argent du contribuable distribué à tire-larigot au titre de l’emploi sert à… délocaliser massivement et à supprimer les emplois industriels restants. Il faudrait aussi parler de la manière dont en 2008 les États bourgeois, et la France sarkozyste a donné l’exemple, ont sauvé les banques privées de la faillite en s’endettant eux-mêmes colossalement… auprès des mêmes banquiers, faisant ensuite payer les peuples (euro-austérité) au nom du “remboursement de la dette”.

    Tout le monde a en tête Airfrance-KLM, Renault, PSA, Auchan, et maintenant Bridgestone-Béthune. Tous ont touché d’énormes magots prélevés sur nos impôts pour, en réalité, mettre à exécution des plans de licenciements massifs qui étaient dans les tuyaux des conseils d’actionnaires bien avant que quiconque eût seulement entendu le mot “coronavirus”…

    Le scandale est énorme et la colère monte de toutes parts car qui ne voit en ce moment que le pouvoir macroniste, même pris “de gauche” par l’escroc politique Xavier Bertrand, ne sait comment justifier le GASPILLAGE énorme d’argent public que constituent ces “aides” au grand patronat sans contrôle public ni “contreparties” en termes d’emploi, d’environnement et de conditions de travail. Chacun voit au contraire qu’il s’agit, sur le plan éthique, d’un ÉNORME DÉTOURNEMENT DE FONDS et que les coffres des capitalistes ressemblent de plus en plus à un nouveau “tonneau des Danaïdes” dont la particularité serait d’être privé de fond à défaut d’être privé de fonds publics! On voit ainsi les mêmes économistes bourgeois qui tonnent contre la “fiscalité confiscatoire” (sous-entendu : sur les riches, Le Point n’a rien contre la TVA payée  par les travailleurs bien davantage que par les capitalistes…) et qui considèrent les fonctionnaires (c’est-à-dire les pompiers, les hospitaliers, les enseignants, les chercheurs du CNRS, etc.) comme des parasites suçant le sang de la bourgeoisie, accepter comme allant de soi que les États et les gouvernements “libéraux” versent des dizaines de milliards (et ce sera pire encore avec l’ “emprunt européen”) aux actionnaires d’entreprises privées qui, d’ordinaire, “justifient” leurs énormes revenus par les prétendus “risques” qu’ils encourent. Mais qui “risque” le plus de dormir sous les ponts, l’actionnaire de Bridgestone ou l’ouvrier de la chimie?

    DERRIÈRE LE “NÉO-LIBÉRALISME”, LES FORMES NOUVELLES DU CAPITALISME MONOPOLISTE D’ÉTAT À L’ÉCHELLE (TRANS)CONTINENTALE

    Seulement voilà, le “scandale” que feignent de dénoncer des Xavier Bertrand, des dirigeants du PS, etc. qui ont fait et qui feront comme Macron s’ils arrivent au pouvoir, ne tient pas à la “naïveté de Macron qui se serait, en somme, fait rouler par les capitalistes… dont il est lui-même une émanation typique (comme Pompidou avant lui, il était une sorte de fondé de pouvoir de Rothschild avant de devenir ministre, puis président).

    Bref, il ne s’agit pas d’une “erreur” (ou alors elle serait diabolique puisque le PCF, alors marxiste, la dénonçait déjà dans les années 1970 en publiant le livre intitulé LE CAPITALISME MONOPOLISTE D’ÉTAT : il y démontrait, dans le prolongement d’études avancées par Marx, puis par Lénine, qu’à notre époque, le capitalisme concurrentiel et libéral plus ou moins “pur” (encore que…) du XIXème siècle a depuis longtemps cédé la place: a) à l’impérialisme, où dominent les monopoles capitalistes, où domine le capital financier et où l’exportation massive de capitaux suraccumulés est la cause permanentes de guerres pour le repartage du monde (thèse classique du léninisme); b) et que, surtout après la crise terrible de 1929 et la réponse keynésienne du New Deal rooseveltien, s’est mis en place partout un “mécanisme unique État bourgeois/monopoles capitalistes” au sein duquel prédomine, en dernière analyse, le grand capital privé. 

    Déjà sous De Gaulle et Pompidou, l’État détournait les nationalisations démocratiques effectuées en 1945 par les communistes Marcel Paul, Billoux et Thorez, et il affectait des milliards d’argent public, directement ou indirectement, au grand capital privé fusionnant alors surtout à l’échelle nationale (telle était la base du gaullisme historique dans la haute bourgeoisie). À l’époque, ce capitalisme monopoliste d’État était plus voyant et “revendiqué” qu’aujourd’hui parce qu’il se cachait derrière le patriotisme national (comme si les capitalistes avaient une patrie autre que celle où ils réalisent le profit maximal!) et parce que, force du PCF et de la CGT aidant, le financement des services publics et l’argent allant aux salaires étaient en proportion plus élevés qu’aujourd’hui. Et les gogos des manuels scolaires d’histoire et d’économie de nous expliquer que le “libéralisme” actuel a détruit l’État-Providence”: en réalité, il s’est servi de la fin du camp socialiste mondial et de l’ (auto-)affaiblissement des partis communistes et des syndicats (confondant “modernité” et abandon du combat de classe) pour liquider les services publics destinés à tous et vampiriser comme jamais l’argent des citoyens en le mettant au service des GRANDS capitalistes à une échelle de moins en moins nationale et de plus en plus transnationale.

    Bref, – et même l’économiste “libéral” le plus sot est forcé de le voir aujourd’hui -, le “néolibéralisme” actuel est surtout la liquidation de l’État-“providence” POUR LES SALARIÉS (aucune “providence” là-dedans, mais le résultat de grandes luttes comme celles du Front populaire, de la Libération ou de Mai 68) tout en développant comme jamais l’ÉTAT-PROVIDENCE DES CAPITALISTES; ce que nous, militants franchement communistes, appelons toujours le CAPITALISME MONOPOLISTE D’ÉTAT, avec en particulier ce subventionnement systémique et potentiellement mortel du grand capital qu’est la COURSE AUX ARMEMENTS fauteuse de guerres impérialistes incessantes et de gaspillages énormes en termes de ressources naturelles gâchées, d’argent soustrait aux productions utiles et de détournement mortifère de la recherche scientifique. 

    DIALECTIQUE DE LA FORME ET DE L’ESSENCE. LE C.M.E. ne “disparaît pas”, il se “déplace” et se continentalise de manière encore plus dangereuse !

    Seulement bien sûr, les apparences ne sont trompeuses que pour ceux qui sont incapables de distinguer les FORMES dépassées du capitalisme monopoliste d’État, qui dans les années 1960 étaient encore principalement internes aux États nationaux, et les formes actuelles, de plus en plus euro-régionalisées, continentalisées et trans-continentalisées; “État” n’est pas synonyme d’ “État-NATION”, et l’empire continental germano-européen, si possible emboîté comme une poupée russe dans une future “Union transatlantique” (c’est le vocabulaire du MEDEF qui parle de “besoin d’aire”, on eût dit jadis, en allemand peut-être, “Lebensraum”) étale désormais sa volonté de puissance. Aussi bien D. Stauss-Kahn, du PS, que Bruno Le Maire, exaltent l’un et l’autre ouvertement et publiquement l’ “Empire européen” en construction (avec pour base juridico-économique présente ou future, le CETA, le TAFTA, etc., couronnés par l’OMC et protégé par l’OTAN mondialisé).

    Mais que serait l’ “Europe fédérale” voulue par Macron et flanquée d’une “armée européenne” arrimée à l’OTAN et d’une “diplomatie européenne”, sinon un nouvel État expansivement supranational (après l’Ukraine et si possible la Biélorussie, qui y passera?). Quel abaissement du Q.I. politique moyen que de trouver encore à notre époque des “marxistes internationalistes” qui s’étouffent de rage contre toute idée de patriotisme français, comme si Robespierre, Jaurès ou Politzer n’avaient rien écrit là-dessus, mais qui, comme Arlette Laguiller, se vantent sottement d’être “plus Européens que Français”: comme si le SUPRAnationalisme euro-atlantique n’était pas ENCORE PLUS dangereux que le nationalisme bourgeois de grand-papa! Comme si la phrase ravageuse de Mitterrand s’exclamant “la France est notre patrie, l’Europe est notre avenir” (quasiment un éloge funèbre de la République française!) ne sentait pas à mille lieues cette reconfiguration européenne et “transatlantique” de l’impérialisme que le philosophe ultra-réactionnaire (au moins en politique) qu’était Nietzsche appelait déjà de ses vœux à la fin du XIXème siècle (sous le nom de “grande politique” dévolue à l’élite mondiale).

    Comme l’a établi Losurdo, ce philosophe de l’hyper-prédation heureuse entrait en opposition avec le nationalisme trop “plébéien”, “chrétien”, “national” et “socialisant” d’un Bismarck! Rappelons à ces faux marxistes le mot de Lénine critiquant les rêveries européennes pseudo-internationalistes de Kautsky ou de Trotski: “en régime capitaliste, les États-Unis d’Europe ne peuvent être qu’utopiques ou réactionnaires”…

    Qui pourrait dire froidement, empiriquement, pragmatiquement, en regardant de près ce que l’ “Europe” a apporté aux ouvriers en termes de casse sociale et de déclassement massif, que Lénine s’est trompé dans son diagnostic? En tout cas, les ouvriers ne se trompent pas: en 1992, ils ont voté non à près de 60% des voix dans le bassin minier de Lens, et en 2005, près de 80% des ouvriers français ont dit non à la constitution européenne. Allez-y mille fois, MM. les bourgeois et petit-bourgeois avec votre propagande euro-douçâtre, vous ne convaincrez jamais quelqu’un sur qui l’on crache de s’exclamer: “voici la rosée du matin”!

    L’ÉTAT NE DISPARAÎT PAS, IL SE REDIMENSIONNE A L'ECHELLE CONTI- NENTALE

    Car le C.M.E. “moderne” a besoin, non pas de “moins d’État”, mais de plus d’État bourgeois, de police, d’armée, de prélèvements fiscaux (de préférence par l’impôt indirect qui frappe surtout les “petites gens”), et – ça va dialectiquement de pair, de moins de SERVICES PUBLICS et de protection sociale, pour pouvoir financer l’accumulation du capital; nous vivons en effet à une époque où la baisse tendancielle inéluctable du taux de profit moyen nécessite que l’exploitation classique se surajoutent le sur-pillage des pays pauvres et un subventionnement massif du capital venant de toutes les échelles territoriales de la puissance publique: État-nation encore et toujours tant qu’il reste aux mains de la grande bourgeoisie, mais aussi “Europe” (qu’est-ce que le grand emprunt européen si ce n’est du C.M.E. pratiqué à l’échelle d’un continent?), “grandes régions” (n’est-ce pas M. Bertrand?), “métropoles” et autres “communautés d’agglomération” étouffant les communes et les départements républicains. Encore une fois, la puissance étatique ne disparaît pas: elle se déplace et se transforme de l’échelle nationale aux échelles infra- et supranationales. Et il est triste que l’on trouve encore tant de “marxistes” pour applaudir des deux mains à la mise en place de ces MONSTRES POLITICO-MILITAIRES qui portent en eux la guerre mondiale comme la nuée porte la foudre! 

    Conclusion

    Pour en finir avec le scandale permanent qu’est le subventionnement à fonds perdus du capital privé par la puissance publique, il ne suffit pas de pester contre Macron, ni même d’appeler à le virer, si nécessaire que ce soit AUSSI; car tous les partis ralliés à l’UE et à “l’économie de marché ouverte sur le monde” dite néolibéralisme font, ont fait ou feront ce que fait Macron, que ce soit LAREM, les LR, le RN (qui feint d’être “patriote” mais accepte très officiellement le capitalisme, l’euro, l’OTAN et l’UE) ou le PS flanqué de ses éternels satellites euro-“écologistes”, euro-“communistes”, euro-trotskistes et autres bonimenteurs d’ “Europe sociale”. Pour se débarrasser du scandale permanent que constitue la construction européenne en termes de million d’ouvriers, d’employés et d’ingénieurs flanqués à la porte, de paysans conduits au suicide, mais aussi d’agents publics précarisés et pressurés dans les services publics exsangues, il faut sortir par la voie révolutionnaire, celle des nationalisations-expropriations et de la démocratie populaire en marche, de l’euro, cette austérité continentale faite monnaie, de l’UE, ce dangereux Empire capitaliste en gestation, de l’OTAN, cette machine à mondialiser les guerres US et la course aux armement, et du CAPITALISME lui-même, dont le néolibéralisme et la “construction” euro-atlantique ne sont que les masques actuels. Car, n’en déplaise aux souverainistes de droite, aux nostalgiques du bon vieux libéralisme idéalisé et aux “eurocommunistes” bateleurs d’Europe sociale, l’évolution du mode de production capitaliste est irréversible: on ne peut revenir durablement ni au capitalisme d’État “national” de l’époque gaullienne, ni remettre en place le “capitalisme concurrentiel et libéral” du XIXème siècle, ni reconstituer gentiment les acquis sociaux en s’épargnant la dure tâche de la révolution. Une nation vraiment émancipée, égalitaire et fraternelle ne pourra avoir qu’un contenu socialiste et réciproquement, la marche au socialisme a besoin d’une émancipation complète des nations européennes par rapport au carcan européen, et non de 100 000 arguties pseudo-marxistes contre le  progressiste. “Souverainisme” bourgeois et “euro-gauche plurielle” sont deux impasses symétriques: sortons par la gauche, vers la démocratie populaire, vers le socialisme, sans hésiter à exproprier purement et simplement le grand capital, du mortifère euro, de la prétotalitaire UE, de l’OTAN belliciste et du capitalisme monopoliste et impérialiste !

     

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  • Dans une motion adoptée le 30 septembre 2020 par son secrétariat national, le PRCF a pris position en soutien aux travailleurs de Nouvelle Calédonie. La motion, cosignée par G. Gastaud, secrétaire national, F. Kassem, secrétaire national adjoint et animateur de la commission des relations politiques intérieures, A. Monville, secrétaire de la commission internationale du PRCF et G. de Staërck, secrétaire de la commission J.R.C.F., exprime notamment :

    En application des accords de  entre la France et les différentes parties calédoniennes, et même si cette procédure de consultations populaires à répétition est très atypique, un nouveau référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, que le  souhaite rebaptiser , se tiendra le 4 octobre 2020 sur toutes les îles de l’Archipel.

    (..) La question de principe de la  de ce territoire d’outremer ne fait évidemment pas question, au regard de l’exploitation et des humiliations dont sont victimes les populations locales, les travailleurs en tête. Il est en revanche nécessaire de discuter de deux sujets majeurs pour l’avenir des populations et des travailleurs de Nouvelle-Calédonie : d’une part, la forme de décolonisation, posant la question de la sortie formelle ou pas de la République française ; d’autre part, l’orientation ou pas de l’indépendance kanake vers le socialisme.

    Car si sortie il y a, il faut s’interroger sur les conditions d’une telle sortie pour la viabilité économique du territoire, pour son indépendance réelle par rapport aux puissances impérialistes de la région autres que l’impérialisme français, mais aussi pour les garanties démocratiques à apporter à l’ensemble des populations non kanakes – natifs descendants de métropolitains, mais aussi populations ouvrières d’origines vietnamienne, franco-réunionnaise, malgache ou indienne travaillant dans l’extraction du nickel, et dont bon nombre vote jusqu’ici pour le maintien dans la République française.

    En outre, certaines personnalités de l’archipel, dont le fils de feu Jean-Marie Tjibaou, président-fondateur du FLNKS, ont publié dans Le Monde une tribune, affirmant vouloir sortir d’une confrontation “binaire” entre Caldoches et Mélanésiens et portent l’idée d’une société calédonienne “métissée”, considérant que le colonialisme et donc le processus de décolonisation lui-même n’ont plus les formes qu’ils pouvaient prendre dans les années 1980. Ils rappellent qu’à la suite des accords de Nouméa de 1998, résultats de la lutte et des sacrifices du peuple , des milliards d’euros ont été injectés par la métropole dans les îles où les Kanaks sont majoritaires, que le droit coutumier  y a même été officiellement restauré aux dépens de la loi française. Ils constatent aussi que cette manne financière métropolitaine destinée à contenir l’indépendantisme  a moins produit du développement et de l’égalité que de l’assistanat massif et de la désorientation générale, sans nuire aux intérêts des forces impérialistes de France.

    Tous ces sujets doivent naturellement faire l’objet d’une discussion entre progressistes. (…)

    Le PRCF ne manquera pas à ses devoirs patriotiques et internationalistes, lesquels sont à la fois de…

    • soutenir les forces progressistes et anticoloniales historiques de l’Archipel (principalement le FLNKS), 
    • être attentif aux droits des minorités travailleuses autres que kanakes résidant et travaillant en Calédonie (les prolétaires du Nickel notamment viennent de tout l’Océan pacifique et indien) en cas d'”indépendance kanake”, 
    • ménager les relations futures entre une Kanaky indépendante et une France nouvelle en marche vers le socialisme, de manière à faire face alors en même temps aux contre-attaques des forces impérialistes, notamment étatsuniennes et assimilées, qui sont de plus en plus présentes dans le Pacifique
    • et ne pas poser aux donneurs de leçons “transpacifique” alors que nous, militants du Pôle, sommes à des dizaines de milliers de km de Nouméa et que nous n’avons pas d’organisation communiste locale en capacité de nous conseiller. Au passage, on mesure à nouveau le grave déficit permanent qu’est pour le camp anti-impérialiste mondial, l’absence d’une Internationale communiste implantée mondialement.

    La victoire du « Non » au référendum du 4 octobre, c’est-à-dire le maintien de la Nouvelle Calédonie dans la République française, ferait encore plus obligation au pouvoir français de traiter tous les Kanaks en citoyens français d’égale dignité, ce qui signifie ; développer massivement et égalitairement l’accès à l’éducation, aux soins, aux services publics, aux formations techniques et industrielles, avec, pour base économique du développement de l’Archipel, la nationalisation du nickel et sa gestion démocratique avec une forte représentation kanak dans l’administration et retour principal des revenus du nickel vers le développement productif de l’Archipel et non vers les coffres-forts des monopoles capitalistes. 

    La victoire du « Oui » ferait symétriquement obligation aux Kanaks et à toutes les communautés de l’île de se comporter fraternellement dans la nouvelle situation, de dépasser à marche forcée les clivages “ethniques” hérités du passé au profit d’une citoyenneté commune assumant toute la diversité culturelle de l’Archipel, de tout faire en somme pour que l’ensemble des populations “noires”, “blanches”, “jaunes” et “métissées”, construisent ensemble une Kanaky nouvelle, libre et socialiste, cultivant des liens fraternels, pacifiques avec le peuple de l’ex-métropole comme avec tous les pays de la région, avec le souci de ne pas tomber de Charybde en Scylla en acceptant la mainmise d’un nouvel impérialisme (néo-zélandais, australien, états-unien ou autre) qu’il faudrait inévitablement combattre.

    Le PRCF, dont les précurseurs et fondateurs étaient très engagés dans le soutien à la lutte pour une indépendance kanake et socialiste (la cellule de Lens du PCF qui a lancé le processus de formation de la Coordination communiste du PCF en 1991 s’appelait cellule Eloi Machoro…), est par principe anticolonialiste. Comme tel, il ne peut manquer de reconnaître les torts et les humiliations sans nom que les Kanaks, c’est-à-dire la population mélanésienne indigène, ont subis du fait de la colonisation française et de l’attitude méprisante à leur encontre d’une majorité de “Caldoches” (1). Il faut cependant aussi constater que les précédents référendums organisés depuis les années 1980 ont tous rejeté l’indépendance kanake, mais chaque fois avec des résultats électoraux en hausse pour le camp indépendantiste conduit par le FLNKS.

    Dans ces conditions, le PRCF, qui se bat pour le droit à l’autodétermination et à l’indépendance de toutes les nations, et qui fait de ce principe pour la France même un moteur de sa politique de Frexit progressiste, comprend et partage l’aspiration indépendantiste forte des Kanaks et d’autres Calédoniens à transformer l’Archipel en un véritable pays. Dès lors, et même si nous comprenons aussi les progressistes antiracistes qui considèrent les Kanaks comme des Français à part entière et qui les invitent à bien réfléchir avant de “nous quitter”, il appelle en conséquence les éléments non kanaks de la population à faire preuve d’esprit d’ouverture par rapport à cette aspiration. 

    Sans “donner de consignes” proprement dites, le PRCF soutient le travail des militants qui appellent à voter “Oui” lors du référendum. Le conseil de principe traditionnellement donné par l’Internationale communiste consiste en effet à demander aux communistes du pays colonisateur ou ex-colonisateur de soutenir l’émancipation des colonisés. Cela doit incliner naturellement les communistes français, et même les progressistes “caldoches” politiquement conscients, à voter « Oui » le 4 octobre. Mais le conseil léniniste, c’est aussi, à l’usage des militants progressistes et communistes des pays dominés qui combattent durement l’impérialisme “métropolitain”, de donner un sens internationaliste à leur lutte anticoloniale ; donc de ne jamais cultiver la haine et le ressentiment à l’encontre du peuple de la métropole et de ses descendants locaux POUR PEU que ceux-ci abandonnent leurs complexes de supériorité ridicules et archaïques.

    Nous sommes certains qu’une Kanaky socialiste et se référant au Che comme le faisait Machoro, saurait écarter tous les préjugés raciaux hérités de la période de domination “caldoche”, qu’elle saurait tendre la main à tous les prolétaires et à tous les paysans du pays, qu’ils soient kanaks, “caldoches”, venus de l’ex-métropole pour travailler le nickel comme ingénieurs ou techniciens, ainsi qu’à tous les travailleurs “non indigènes” du pays (en l’occurrence, travailleurs vietnamiens, franco-réunionnais, indiens, malgaches, etc.) qui contribuent à la production de richesses dans leur pays. C’est à ce prix que l’indépendance constituerait un tremplin, et non un frein, pour une Kanaky véritablement libre, fraternelle et socialiste.  


    (1). Les liens fraternels entre Kanaks opprimés et militants ouvriers français persécutés date de la répression qui suivit la mort de la Commune ; cette solidarité entre Kanaks et Communards a même été célébrée par la grande Louise Michel, figure de proue de la Commune exilée en Nouvelle-Calédonie sur ordre d’Adolphe Thiers… 

     

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  • par Pierre PRANCHÈRE, Président de la commission International du Pôle de Renaissance Communiste en France (P.R.C.F.)

    A Vilnius, Macron adoube Tsikhanouskaya

     

    En tant qu’ancien député français respectueux de la Charte de l’O.N.U. qui fait obligation à chaque État de respecter la souveraineté des autres membres des Nations-Unies, en tant qu’ancien maquisard FTPF ayant défendu l’indépendance de notre propre pays durant l’Occupation allemande, en tant qu’ami de l’Union soviétique combattante, et notamment, de la République socialiste soviétique de Biélorussie qui a payé le plus lourd tribut qui soit pour vaincre Hitler et libérer l’, en tant que président de la Commission International du P.R.C.F. , je condamne avec indignation les déclarations arrogantes, irresponsables, méprisantes à l’égard du peuple biélorusse et serviles à l’égard de Washington, d’E. Macron à propos de l’élection présidentielle en Biélorussie.

    M. Macron s’était déjà récemment illustré en sommant les Vénézuéliens de “reconnaître” le président fasciste autoproclamé Juan Guaido en lieu et place du président régulièrement élu, Nicolas Maduro. Le voici maintenant, rampant toujours dans le sillage de Trump, qu’il somme Anatoli Loukachenko, récemment réélu président de Biélorussie à 80% des voix en présence d’observateurs internationaux, de quitter le pouvoir au profit d’une marionnette de l’Occident qui ne représente rien d’autre en Biélorussie que l’espoir d’une annexion de ce pays par l’UE-OTAN, d’une pression militaire atlantique accrue aux frontières russes et d’une privatisation générale de l’industrie et de l’agriculture biélorusses, avec tous les effets terribles que cela comporterait pour les ouvriers et pour les paysans de ce pays.

    Au lieu de contester insolemment la légitimité des autres présidents du monde, Macron le mal élu ferait bien de s’interroger sur la sienne, lui qui n’a été porté au second tour de la présidentielle que par 11% des inscrits, qui n’a été élu à l’issue du second tour que par défaut face à l’incapable Le Pen, et dont la “majorité” parlementaire dite L.R.E.M. repose sur un scrutin législatif de second tour auquel n’ont participé que 44% des inscrits! Si quelqu’un est illégitime, M. Macron, c’est bien vous, tant par la manière dont vous avez préempté l’élection présidentielle française, que par la politique constamment antinationale, antipopulaire et liberticidaire que vous menez dans notre pays en détruisant la protection sociale, les services publics et le produire en France reconstruits par les ministres communistes authentiquement patriotes appliquant le programme du C.N.R.. Quant au peuple de Biélorussie, son héroïsme sans égal durant la Seconde Guerre Mondiale et son engagement sans faille contre l’impérialisme allemand et le fascisme le dispensent d’avoir à recevoir des leçons d’un laquais de Washington et de Berlin dont toutes les initiatives diplomatiques et militaires récentes, de l’Afrique au Liban, ont constitués de ridicules et dangereux fiascos.

    Balayez devant votre porte, M. Macron, elle est loin d’être propre y compris en matière de droits de l’homme, de violences policières et de répression des syndicalistes et des gilets jaunes; et tôt ou tard, la “tempête sociale” que vous prédit votre ancien premier ministre va vous rappeler aux réalités! Quant au peuple biélorusse ami, au nom des vrais patriotes et internationalistes de France, nous tenons à nous excuser auprès de lui pour le comportement irrespectueux, immature et bravache de l’actuel chef de l’État français. Amis biélorusses, ne confondez pas, je vous prie, le peuple français avec le commis de l’UE et de Washington qui siège à l’Élysée!


    Pierre Pranchère,

    Président de la commission International du P.R.C.F., ancien député de la Nation, ancien euro-député, ancien membre du Comité central du P.C.F., Combattant Volontaire de la Résistance au titre des maquis FTPF de Corrèze

     

    Ce communiqué est soutenu par

    • Léon Landini, Président du PRCF, ancien officier des F.T.P.-M.O.I, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de Guerre, Officier de la Légion d’honneur, décoré pour faits de Résistance par l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques
    • Georges Gastaud, Secrétaire national du P.R.C.F., fils de Résistant
    • Fadi Kassem, Secrétaire national adjoint, agrégé d’histoire
    • Aymeric Monville, Secrétaire de la commission International du P.R.C.F.

     

    Source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • RENTRÉE DE(s) CLASSE(s) ou RENTRÉE DE CASSE ?

    Aggravée par l’épidémie et par son traitement gouvernemental calamiteux (incompétence, conflits d’intérêts, pressions des firmes pharmaceutiques qui dominent le monde capitaliste en général et la Macronie en particulier…), la crise de l’Éducation nationale, de l’Université et de la Recherche publique devient explosive. Cela s’opère sur fond de contre-réformes scolaires (liquidation du bac national et chaos organisé au lycée) et universitaires (Parcoursup, LPPR…), d’attaques contre le CNRS (reconstruit par le physicien communiste Joliot-Curie à la Libération, le Centre est comparé à l’Académie des sciences de l’URSS par les antisoviétiques de service !), contre les retraites (la contre-réforme Macron/Berger n’est pas retirée), contre le statut de la Fonction publique qui protège l’emploi et les libertés des fonctionnaires. Sans parler de l’éviction massive des personnels précaires de l’État et du privé alors qu’il y a tant à faire pour redynamiser notre pays en recul généralisé !

     

    À l’avant-plan de ce démantèlement national, la casse du service public, réduit au rôle de garderie pour enfants de salariés, pendant que prospère la sélective école privée. Pour tenir le cap de l’irresponsabilité arrogante, nous avons affaire au pire ministre que le monde enseignant ait subi depuis Claude Allègre (PS, 97/2002). Un Blanquer incapable de donner aux établissements des consignes sanitaires claires, nationales et égalitaires – accompagnées des moyens nécessaires !

    On le voit aussi avec la casse des disciplines scolaires, des maths à la philo (cf pages intérieures), alors que le ministère et tant de manuels scolaires bien-pensants, notamment en histoire, S.E.S., etc., diffusent un prêchi-prêcha abêtissant, anticommuniste et euro-béat qui insulte l’esprit critique des maîtres et des élèves.

    À l’arrière-plan de ce démontage géant, il y a la volonté de Macron et de son aréopage de banquiers d’exploiter la crise sanitaire (largement corrélée à l’euro-casse des systèmes de santé en Europe et à l'”économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” qui définit l’Union européenne) pour injecter sans contrôle des milliards d’argent public dans les poches des capitalistes, privatiser et délocaliser ce qui subsiste de nos industries (EDF, Renault, Alstom, Airbus..), pressurer les conquis de 1936, 45 et 68. Ces objectifs de classe et de casse sont d’ailleurs déclinés en toutes lettres dans Manifeste Besoin d’aire publié par le MEDEF ; “reconfigurer les territoires” et instituer le “pacte girondin” (= substituer à la République une et indivisible, aux communes, aux concours et diplômes nationaux, aux services publics d’État, au Code du travail et aux statuts nationaux, le droit social variable des grandes régions à l’allemande livrées au moins-disant social et environnemental), transférer la souveraineté nationale aux “États-Unis d’Europe” sous hégémonie berlinoise et à l’ “Union transatlantique” soumise à l’OTAN: mauvais temps pour la paix, tant l’Empire US en perte de vitesse attise la russophobie, la course aux armements pour préserver son hégémonie ébranlée par les pays émergents… 

    Il n’est pas jusqu’à la culture – mot de plus en plus banni du vocable de l’oligarchie euro-capitaliste – que le grand capital ne tente d’asservir: en témoigne le rouleau compresseur du tout-anglais que les milieux euro-atlantiques tentent de substituer, de l’école aux grandes entreprises, au français, à l’allemand, à l’italien, à l’espagnol, etc. Langue unique, pensée unique, marché unique, politique unique : telle est la réalité de plus en plus uniformisée, totalitaire et fascisante, de ce monde capitaliste, soi-disant “libre” et de cette UE prétendument “libérale” !

    Ces projets inavouables, nous pouvons les battre pour que renaisse une République souveraine, sociale et fraternelle coopérant avec tous les pays et en marche vers le socialisme. Premier et second degré, Université et Recherche, ripostons ensemble et unissons-nous aux autres travailleurs! Exigeons la démission de Blanquer, l’abrogation des contre-réformes Macron et Blanquer et la fin du gel du point d’indice des fonctionnaires ! Faisons vivre dans des formes neuves les principes universels portés en 1947 par le Plan Langevin-Wallon qui appliquait à l’école les principes du Conseil National de la Résistance !

    Pour cela, refusons le mensonge d’une “Europe sociale” que l’euro et l’UE sont conçus pour enterrer. L’alternative n’est pas du côté du prétendu RN, euro-compatible, xénophobe et porteur de guerre civile ; il faut sortir par la voie de gauche, celle des nationalisations, du “produire en France” éco-compatible et d’une vraie démocratie populaire, de l’euro, cette police des salaires continentale, de l’UE, cette prison des peuples, de l’OTAN, cette machine aux mains du belliqueux empire américain, et du capitalisme, dont le maintien condamnerait au pire la France, la planète et l’humanité. 


    La contre-réforme Blanquer entre pleinement en vigueur avec cette rentrée 2020/2021. Les 5000  de Philosophie vivent depuis quelques jours ce que représente la disparition de la filière L, des autres filières, remplacées par le groupe-classe, les classes à 35 ou près de 35, les 4 heures hebdomadaires par classe, avec un programme de 17 notions, les éventuelles heures supplémentaires obligatoires. Dans les discussions qu’ils ont entre eux, les  de Philosophie ont dit tout le mal qu’ils pensent du Ministère Blanquer, depuis trois ans, de cette contre-réforme globale du Lycée et du Bac, de la disparition de leur filière L. Mais ils ne se sont pas fédérés, ni ne se sont radicalement opposés. C’est ce que des  de Philosophie ont constaté et interrogé, dans un texte-manifeste publié avant l’été, sur le site

    https://pourlaphilosophieenfrance.wordpress.com

    C’est ce qui définit l’Histoire : il y a des changements. Ce que le pouvoir macroniste, zélé missionnaire des exigences de l’UE, a imposé, nous pourrons, nous pouvons, que ce soit dans l’Éducation Nationale, comme pour tous les autres sujets d’importance pour nous qui vivons en France, imposé des changements, dès lors que nous les aurons pensés, que nous le voudrons, si nous parvenons à être nombreux et organisés. Pour l’heure, cette défaite, pour les professeurs de Philosophie, puisque leur matière est affaiblie et clairement mise en danger, s’ajoute aux autres, et repose sur cette inertie française – inertie parce que tant de personnes se sont mobilisées, ces dernières années, face à un pouvoir-mur, sans résultat positif apparent. Dans ce manifeste, les auteurs ont écrit :

     «C’est pourquoi il faut aussi comprendre le monde dans lequel nous vivons pour savoir pourquoi l’enseignement de la Philosophie peut ainsi faire l’objet de contre-mesures «révolutionnaires». En face de nous : qui déteste tellement la pensée critique ? Qui déteste le fait que les citoyens soient plus pensants que moins ? Ensemble, ils forment la Sainte Alliance Réactionnaire : ce sont les pouvoirs conservateurs, les pouvoirs du statu quo (9), «l’ordre», compris, comme le fait de figer ce que sont les relations sociales et économiques. Qui sont ces pouvoirs conservateurs : il y a, à la tête de l’État, celles et ceux qui ont mis la main sur cet État depuis longtemps ; il y a l’UE, qui est une émanation de toutes les classes, nationales, d’Europe, qui se sont associées pour imposer la même politique partout ; il y a également, avec les religions, des dirigeants de celles-ci (nombre de croyants sont sincères, naïfs ou non, sur l’instrumentalisation de leur collectif au service de). Ils sont donc, ensemble, les dirigeants. Ils savent que la pensée réflexive et critique, les identifie, les perce à jour, les connaît et les «comprend», et, en les cernant, les menace. Cette conscience n’est pas récente. Les dirigeants forment leurs successeurs à cette conscience, à la gestion des moyens de cette conscience, transformée en police politique. Ils sont aussi démocrates que le sinistre Jean-Claude Juncker, qui fut longtemps l’incarnation de la honte de cette classe sociale, selon lequel la souveraineté des peuples européens s’arrêtait nécessairement aux frontières des traités signés, lesquels se trouvaient au-dessus de tout, y compris de leur Constitution. Leur volonté divine über alles !  L’UE, et derrière elle, les États-Unis, tiennent tous les pays européens entre leurs fourches caudines, et les professeurs de Philosophie, autant que les autres. Leur existence est menacée, à court terme, et nous le rappelons, les dénégations du pouvoir ne seront pas des négations de ce processus et de cette volonté. Il faut donc savoir ce que nous voulons et ce que nous pouvons, ensemble, pour l’enseignement philosophique, mais aussi pour le présent à venir de la République.»

     :

    Blanquer est le ministre des « vérités alternatives ». Le grand public a pu en faire la cruelle expérience alors qu’il annonçait n’avoir « jamais envisagé la fermeture des établissements scolaires » le matin même de l’annonce historique du confinement général de la population.  Choyé par les médias (LVMH, SFR, Free, Boloré et c’est tout), et trop peu bousculé par les grands syndicats de l’E.N, Blanquer a entrepris une casse systématique et réfléchie de l’Éducation Nationale.

    Pour faire passer l’amertume du poison violent qu’il instille à marche forcée dans les artères de l’École de la République, Blanquer se présente comme le chantre des “fondamentaux” et clame partout qu’il veut rétablir l’enseignement des mathématiques et du français. Il faut dire que cela flatte les élans fascisants de cette bourgeoisie réactionnaire haïssant les prof’ « fainéants,  gauchiasses, syndiqués, politisés (n’en jetons plus)… » et aspirant au retours des « valeurs » (les seules qu’ils connaissent sont celles de leur portefeuille !) et d’un « homme fort » , accélérant ainsi la fascisation En Marche de la société.

    Le retour « aux fondamentaux » vraiment?

    Pourquoi alors, à la rentrée 2020, 450 postes soit 8100 heures d’enseignements de mathématiques soit l’équivalent de 2025 semaines sont supprimées? Ces 450 postes constituent la moitié des postes supprimées dans le second degré.

    Pourquoi alors,  avoir détruit l’enseignement des mathématiques pour toutes les séries du Lycée général en mettant en place une contre-réforme profondément inégalitaire et socialement discriminatoire qui ferme l’accès à cet enseignement pour les élèves auparavant scolarisés en série L et ES?

    Pourquoi ne réserver, pour l’essentiel, l’ouverture l’enseignement maths expert de Terminal aux seuls  disposant de CPGE (quasiment tous sont des  de centre-ville au public socialement trié)?

    Alors que la France suivant l’impulsion révolutionnaire et progressiste de Monge, est depuis des siècles en pointe dans l’enseignement et la recherche mathématiques, Blanquer entend faire table rase de cette grande conquête humaniste que constitue l’accès de tous au raisonnement mathématique, base fondamentale depuis Thalès du développement démocratique et scientifique.

    Quelle preuve plus ignoble du caractère de classe des politiques ignobles menées par Blanquer au service du Marché européen des compétences décidé à Lisbonne au début de ce nouveau siècle par les dirigeants de l’hydre européenne impérialiste?

    Quand Socrate au travers de l’enseignement du théorème de Pythagore à un jeune esclave démontre le caractère universel et égalitaire de la Raison ? Blanquer, Ménon du XXIe siècle et parfaite caricature du notable mercantile non chevelu,  promeut la marchandisation de l’éducation, Thalès ne doit plus être pour lui qu’un marchand de missiles vecteurs bien connu de la Pax Americana.

    Face à la mise au pas de l’éducation nationale :

    C’était le 11 mai 2020, jour du début du déconfinement annoncé par Macron un mois plus tôt : le ministère de l’(In)Éducation « nationale » de la Jeunesse publiait une fiche sur le site Eduscol, baptisée « Coronavirus et risque de replis communautaristes », retirée au bout de quelques heures puis corrigée de certaines formules trahissant la réelle ambition de la macronie en termes d’instruction, à savoir la traque des élèves dont les propos correspondraient à une « fronde contre les mesures gouvernementales » et traduiraient la montée des « idées radicales du communautarisme », notamment « sociale » et « politique » ; tout ceci, bien entendu, afin de « bâtir une société de la confiance, solidaire, porteuse de sens et offrant aux élèves des chemins vers une socialisation positive ».

    Cette dernière affirmation prête largement à rire (jaune) quand on sait qu’elle émane d’illuminés appliquant avec zèle un néolibéralisme débridé et véhiculant des mythes que ne cessent de démentir toute « analyse concrète d’une situation concrète » (Lénine), que ce soient les mythes de la « mondialisation heureuse », de la « construction européenne » apportant le « bonheur des peuples » et la « paix », des « États-Unis et de l’Occident défenseurs du monde libre » face aux « totalitarismes », du « capitalisme éthique et durable », etc. Autant de slogans répétés à satiété dans des programmes dont disparaissent la dimension critique, notamment dans les sciences sociales telles que l’histoire, la philosophie, les sciences économiques et sociales (SES). Si cette offensive réactionnaire des dirigeants au pouvoir contre les analyses structuraliste, marxiste, etc. (que l’on songe aux incessantes injonctions du MEDEF afin de transformer les SES en vecteur de propagande de « l’économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée ») n’est certes pas nouvelle, elle s’accélère sous Blanquer dont le mépris pour la culture, les connaissances, la réflexion critique, atteignent des sommets, profitant au passage de la complaisance de prétendus « scientifiques » « historiens, « économistes » ou autres ; et voilà que Macron, qui détruit la République une et indivisible en promouvant le « droit à la différenciation des territoires », se présente en célébrateur de la naissance de la Troisième République tout en niant les affrontements de classe sanguinaires survenus à Paris en 1871 lorsque les Versaillais écrasèrent la Commune dans le sang.

    Depuis des années, au nom des « compétences » et d’un « enseignement numérique » qui constitue de plus en plus une fin en soi et non un moyen au service d’une instruction de qualité et ambitieuse, les programmes successifs d’histoire-géographie, de SES, de philosophie (de plus en plus réduite à la portion congrue), de littérature, etc., ne cessent de s’appauvrir conceptuellement pour transformer l’école en succursale de recrutement pour des entreprises désireuses d’avoir à disposition une main d’œuvre employable et corvéable à merci. Ainsi se confirme le rejet croissant de toute réflexion critique et rationnelle à partir de faits matériels précis et de leur mise en contradiction au profit de poncifs caricaturaux : c’est particulièrement flagrant en histoire, où le terme de « Terreur », démonté par la très grande majorité des historiens attachés à leur discipline, continue d’apparaître dans les programmes abordant la Révolution française, tandis que le « totalitarisme » devient une « évidence » qui amalgame insidieusement et mensongèrement nazisme et communisme, au point d’attribuer un « génocide » à l’URSS dans les années 1930… Sur ce dernier point, les adeptes du révisionnisme historique ne se cachent plus : la promulgation d’une résolution par le Parlement européen le 19 septembre 2019 évoquant le seul pacte de non-agression germano-soviétique démontre bien la volonté de mettre au pas les enseignants et les chercheurs, mais également les syndicalistes de combat et les militants progressistes, et plus généralement tous ceux qui sont attachés à une approche scientifique s’appuyant sur l’héritage des Lumières dans un sens progressiste afin d’expliquer le monde dans lequel nous vivons, mais également de proposer des solutions pour améliorer le sort des êtres humains.

    Ce n’est pas en promouvant le « crétinisme digital » (Michel Desmurget) et encore moins en réduisant sans cesse à la portion congrue l’instruction des sciences sociales qu’il sera possible aux êtres humains de s’émanciper, d’autant plus lorsque les politique d’euro-austérité détruisant les conquêtes sociales et démocratiques, démantelant les services publics (à commencer par l’Education nationale), arasant les libertés publiques et contribuant à la fascisation s’appuyant sur l’obscurantisme et les fantasmes, sont appliquées avec zèle par les défenseurs de l’ordre capitaliste euro-atlantique. Ainsi se vérifie de plus en plus le constat que dressait Robespierre en 1788 :

    « La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’Homme, uniquement préoccupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné. » 

    Face à l’asservissement croissant favorisant la servitude volontaire, défendons une ambition scientifique émancipatrice et mettons une bonne fois pour toute fin au saccage des Lumières, à rendre plus que jamais communes.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • La victoire populaire de Valmy, fondatrice de la République ( Gerard Bordes ancien président d'ATTAC dans le Tarn revient dans une vidéo réalisé avec Rachida du PRCF 81 en s'appuyant sur l'histoire socialiste de la révolution française de Jean Jaurès sur ce qu'a été la victoire de Valmy)

    En cette semaine de commémoration de la victoire de Valmy (20 septembre 1792, de la fondation de la Première République (le lendemain) et de la courte défaite au référendum sur l’adoption du traité de Maastricht (20 septembre 1992), le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) et les Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF) se mobilisaient dans le cadre de l’Appel du  pour porter haut et fort le combat pour la sortie de l’euro, de l’, de l’OTAN et du capitalisme mondialisé et exterministe.

    Devant le musée Jean Jaurès de Castres, les camarades du PRCF ont procédé à la lecture publique d’un très beau texte évoquant la victoire de Valmy et tiré de l’Histoire socialiste de la révolution française, ouvrage dans lequel Jaurès se revendique de la Révolution jacobine et de la République une et indivisible, démocratique et sociale, en évoquant justement Robespierre : « sous le soleil de juin 1793 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui, parce qu’il a, à ce moment, toute l’ampleur de la Révolution. » Une belle vidéo a été réalisée pour l’occasion, et nous en remercions les camarades initiateurs de l’événement.

    https://www.youtube.com/embed/AjzYxjUf0V0

    À Paris, le PRCF et les JRCF organisaient un rassemblement dans le cadre de l’Appel du 29 mai, place de la République. Au pied de la statue et des dates des 20 et 21 septembre 1792, mais également des mots « fraternité », « labor » et « pax », sont intervenus Anna Persichini, primo-signataire de l’appel et membre du Front syndical de classe (FSC), afin de dénoncer le « syndicalisme d’accompagnement » et rappeler que les syndicalistes de combat de la CGT s’opposent depuis au moins Maastricht à la funeste UE capitaliste, tout en se situant dans la filiation des combats populaires et patriotiques portés par les sans-culottes en 1792-1794 et des droits sociaux conquis depuis 1793.

    Sont également intervenus Bruno Drweski, membre de l’Association républicaine des Anciens combattants (ARAC), qui a insisté sur le combat en faveur de la paix et la nécessité d’en finir avec l’OTAN et les guerres impérialistes que les Jacobins, derrière Robespierre et Saint-Just, dénonçaient déjà en leurs temps (« Personne n’aime les missionnaires armés ») ; et Jean-Luc Pujo, président des Clubs “Penser la France” qui a dénoncé la destruction du principe même de démocratie et de la République par le Versaillais Macron, descendant des nobles et grands bourgeois antipatriotes et désireux d’écraser la France en collaborant avec les élites oligarchiques allemandes.

    Le PRCF, par l’intermédiaire de son secrétaire national adjoint , a dénoncé le révisionnisme antihistorique de Macron, qui nie la Commune de Paris, ainsi que sa haine de la Révolution et de la Première République mensongèrement assimilée à la Terreur. L’occasion surtout de rappeler que Bastille, Valmy, Maastricht et République s’inscrivent dans un même mouvement : celui du combat d’un peuple pour sa pleine et entière souveraineté, contre tout asservissement dans le cadre du capitalisme euro-atlantique et de ses bras armés (OTAN en tête), nécessitant plus que jamais de porter le Frexit progressiste et de construire un nouveau CNR seul à même de refonder une République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, et ainsi conduire les travailleurs et les citoyens vers de nouveaux Jours heureux !

    Construire le nouveau CNR : les prises de paroles de la célébration de Valmy Place de la République à Paris le 26/09

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Demandez-le aux militants du PRCF, achetez-le, et abonnez-vous. En vous abonnant vous bénéficierez d’informations de qualité et ferez résonner plus fort la voix des travailleurs.

    Au sommaire

    • Pages 4-7 : Ça barde à la C.G.T. ! Entretien exclusif avec Cédric Liechti
    • Pages 8-11 : L’homme le plus populaire de Russie – Un traître se repent
    • Pages 12-15 : Vive l’impôt ! – Le pire ennemi du coronavirus – Préparons les élections
    • Page 16 : Dans les régions
    • Page 17 : Spectacle vivant contre républiques bananières.
    • Pages 18-19 : Entretien exclusif avec le Secrétaire Général du P.C. d’Ukraine.
    • Pages 20-21 : Pas de révolution sans instruction !
    • Page 22 : Vive le sport ! – Les miracles de Parcoursup
    • Pages 23-24 : Questions aux lecteurs – Témoignage d’un nouvel adhérent au P.R.C.F.

     

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  • Omar Mariko, -stand du PRCF à la fête de l’Humanité 2017

    Le président du Bureau Politique du Parti SADI et son président le Dr Oumar Mariko saluent l’action du PRCF pour “sa solidarité à la révolution citoyenne du peuple malien mobilisé dans le M5 RFP contre le pouvoir oligarchique, corrompu et incompétent de Monsieur Ibrahim Boubacar Keita”, et ce alors que le Mali est à une période charnière du combat patriotique. 


     

    Déclaration SADI/PRCF

    Le Parti Sadi (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance) et le Pôle de Renaissance Communiste en France, unis par des liens fraternels de longue date, la fidélité au marxisme-léninisme et la conviction que le socialisme est la seule solution valable pour nos deux peuples, le peuple malien et le peuple français, font la déclaration suivante :

    Le Mali subit depuis plusieurs années une tentative de déstabilisation qui met en danger sa souveraineté, mais aussi celle des pays de l’ensemble de la région.

    Les forces djihadistes menacent de plonger le pays dans le chaos avec, à terme, la constitution d’un régime islamiste dangereux non seulement pour le peuple malien, mais également pour le peuple français. L’impérialisme « français », qui n’est nullement l’expression de la Nation française mais celle de sa couche dirigeante parasitaire atlantiste et anti-populaire, prétend jouer le rôle de pompier au Mali après avoir tenu celui de pyromane en Libye. Politique calamiteuse qui a coûté la vie à de nombreux soldats français et à nombre de patriotes maliens, tout en déstabilisant les structures du Mali.

    La force , sous prétexte d’assurer la sécurité des Maliens, constitue une ingérence néocolonialiste manifeste de l’ancien pays colonisateur dans les affaires maliennes.

    La solution pérenne et viable pour nos deux peuples, jusqu’à ce que le Mali ait retrouvé la capacité militaire d’assurer pleinement sa propre sécurité, passe par le départ de Barkhane, pourvu que les Maliens ne soient pas livrés à eux-mêmes face à la menace djihadiste.

    C’est pourquoi nous optons pour la présence renforcée de soldats de l’ (qui sont à l’heure actuelle 15 000 sur place) en remplacement complet de Barkhane.

    Il s’agit également d’assurer une indépendance pleine et entière de ces forces des Nations unies, libre de toute pression de l’ mais aussi de tout autre impérialisme, en maintenant l’objectif à terme de protection du peuple malien par lui-même.


     

     

    Dr Oumar Mariko, président du parti SADI

    Alors que la transition politique se met en place au Mali, et alors que la France et la CEDEAO continue de faire pression sur le pays avec un blocus criminel, le parti SADI appelle à concrétiser le changement, avec une rupture avec l’ordre ancien.

    DÉCLARATION DU PARTI SADI SUITE À LA DÉSIGNATION DU PRÉSIDENT ET DU VICE-PRÉSIDENT DE LA TRANSITION

    Le Bureau politique du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance) a appris la désignation par le collège, du président et du vice-président de la transition, respectivement, le colonel-major à la retraite Bah N’DAOU et le colonel Assimi GOÏTA.

    Le parti SADI les félicite pour le choix porté sur leur personne et leur souhaite plein succès dans cette exaltante mission. Le Bureau politique espère que ces nominations sont le signe d’une rupture d’avec l’ordre ancien et l’ouverture de nouvelles perspectives pour la nation malienne.

    Notre peuple aspire au changement, à la sécurité pour tous, à la justice, à la lutte sans merci contre la corruption et l’impunité, à des reformes de lois et à des élections libres, transparentes, crédibles et incontestées gages d’une véritable démocratie. Les populations maliennes croupissent sous le poids de la misère et de la pauvreté, malgré les potentialités économiques énormes dont dispose notre pays.

    Bamako, le 21 Septembre 2020

    Pour le Bureau Politique, le Secrétaire Général Mohamed AG AKERATANE

    Source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Motion du Secrétariat National du PRCF (24/09/20)

    Face à la politique sanitaire perverse du pouvoir, défendre à la fois la sécurité sanitaire et les libertés publiques, entendre la colère du peuple français, orienter la “tempête sociale politique qui vient” vers le changement révolutionnaire de société.

    Le secrétariat national du PRCF et la commission exécutive élargie du 26 juin dernier ont déjà condamné plusieurs fois et condamnent de nouveau avec vigueur la politique sanitaire du gouvernement:  elle est illisible pratiquement, inefficace sanitairement, réactionnaire socialement et liberticide politiquement. Comme le dit le professeur Péronne : “Quelle erreur n’ont-ils pas faite?”, à supposer qu’il ne s’agisse là que d'”erreurs”, et non, la plupart du temps, de manigances inavouables…

    Ciblons l’euro-mondialisation virale!

    Certes, le PRCF rejette avec dégoût les dirigeants néolibéraux irresponsables qui, comme Trump, Bolsonaro, Johnson et initialement, Macron, minimisent ou ont initialement minimisé la maladie pour préserver les profits capitalistes en sacrifiant nombre de vies qu’on aurait pu sauver. Et certes, il faut évidemment expliquer et faire appliquer avec rigueur, de manière rationnelle et cohérente, des mesures-barrières adaptées et scientifiquement fondées comme ce fut ou comme c’est encore le cas, non sans succès, en Chine, à Cuba, au Vietnam ou en Corée. Mais comme l’a affirmé le PRCF dès le début de la pandémie (texte “Faire face à l’euro-mondialisation virale”), face à l’inquiétante émergence périodique de nouveaux virus, il ne suffit pas de riposter sur le terrain médical : encore faut-il obligatoirement mettre en cause et en accusation politiquement l’euro-mondialisation capitaliste et son “économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” (Traité de Maastricht) avec ses effets terribles en termes de casse du système de soins, de délocalisation des productions médicamenteuses et de la capacité de produire les biens nécessaires à la nation de façon autonome, planifiée et réactive; sans parler du creusement des inégalités sociales et territoriales et de la mainmise sur la puissance publique – qu’elle soit “nationale”, européenne ou transcontinentale (UE, mais aussi O.M.S.) – qu’exercent de puissants groupes capitalistes du médicament qui pervertissent le débat scientifique et qui dénient même aux médecins le droit de soigner leurs patients en leur âme et conscience (conformément au Serment d’Hippocrate) ; comme chacun s’en scandalise, ces mêmes groupes capitalistes gavés de commandes et d’argent public, se servent même des subventions d’État pour accélérer leurs plans de licenciements et pour délocaliser davantage encore la production (SANOFI)!

    Ne pas laisser bâillonner le mouvement populaire! Suspension sine die, abrogation et enterrement des plans de licenciement et de toutes les contre-réformes !

    C’est pourquoi nous refuserons encore et encore de rallier l’union sacrée derrière une politique gouvernementale qui se sert d’une crise sanitaire bien réelle pour brider les libertés, accélérer les transferts de souveraineté vers Bruxelles et réduire sans fin les conquêtes sociales et démocratiques. Nous redisons que la sécurité sanitaire ne doit pas être prétexte à bâillonner le mouvement ouvrier et démocratique, notamment le droit de réunion, de tractage, d’affichage, de manifestation, de prise de parole sur la voie publique: car nous faisons pleinement confiance au mouvement populaire pour autogérer la protection sanitaire des militants avec le plus grand esprit de responsabilité. Pas question de brider les  droits démocratiques et sociaux élémentaires d’action collective des travailleurs alors que le patronat renforce l’exploitation souvent au mépris de la sécurité sanitaire, le plus grand nombre de foyers de propagation de l’épidémie n’étant pas les manifestations, mais bien les lieux de travail. Pas question donc de laisser des préfets liquider la libre expression populaire alors que Macron et Castex, qui crient “pouce!” au mouvement social, s’engouffrent dans toute “pause” revendicative et civique pour précipiter les contre-réformes (relance annoncée de la “retraite par points” avant la fin du quinquennat), pour laisser faire les licenciements, pour appliquer sans coup férir la contre-réforme du lycée, pour supprimer des postes de fonctionnaires (y compris dans les hôpitaux !!!) et pour tenter de pré-formater entièrement, Marine Le Pen et Xavier Bertrand aidant, l’ “offre” politico-électorale de 2022.

    Au passage, ce gouvernement finit par mettre en cause l’unité territoriale de la France en déléguant d’abord aux préfets et aux collectivités territoriales, voire aux proviseurs des lycées et collèges dont il a la charge, la gestion des décisions sanitaires (avec le risque d’illisibilité générale que cela confère à sa politique sanitaire”), après quoi, sans consulter personne, il décide seul, à partir de l’Élysée, quelles zones territoriales seront pré-confinées. Ce qui donne aussitôt lieu à des frondes d’élus locaux cultivant le régionalisme “antijacobin”, quand ce n’est pas l’appel à faire sécession ! Espérons que les Marseillais et autres Guadeloupéens ne tomberont pas dans le piège de hurler contre “Paris” (elle-même pré-confinée !) et qu’ils verront clair dans ce double jeu du pouvoir qui consiste, pour détruire la nation et ses acquis sociaux, à en appeler au “pacte girondin” cher à Macron, tout en dirigeant en réalité le pays de manière brutalement autoritaire, non pas dans la tradition du jacobinisme véritable (qui défendait un large degré d’autonomie communale) mais dans celle du bonapartisme !

    Par la lutte imposons une alternative sanitaire et politique !

    Tout au contraire, la prise de conscience montante du caractère structurellement incompétent, imprévoyant, irresponsable de ce pouvoir de classe oligarchique – qui tout à la fois stigmatise des populations et des régions françaises entières, insulte tous les Français[i], mais laisse sans protocole sanitaire sérieux les écoles, grands magasins, transports publics, usines, bureaux, etc. – appelle une riposte forte, à l’unisson de la colère populaire qui monte.  Pour ne citer que cet exemple, plus de six mois après le début de l’épidémie  le gouvernement est toujours incapble de permettre à la population d’accéder à un dépistage efficient, faisant le pari perdant de l’initiative privée plutôt que de l’organisation et la planification publiques, le tout au frais de notre Sécurité Sociale. Ne laissons pas opposer sécurité sanitaire et libertés, ne baissons la garde ni sur l’une ni sur l’autre : exigeons par exemple que l’argent affecté au surarmement sur exigence de l’OTAN ou pour maintenir l’ordre néocolonial au Sud de la Méditerranée, soit immédiatement affecté à la construction et à la réouverture d’hôpitaux et de salles de réa, ainsi qu’à la réembauche des personnels enseignants précaires congédiés par l’arrogant Blanquer ! Exigeons la nationalisation sèche de SANOFI (pas d’indemnité aux actionnaires) et de toute firme capitaliste ayant touché de l’argent public au titre de l’emploi et dévoyant l’argent du contribuable pour financer sa délocalisation ! Il y a quelques jours, Édouard Philippe disait publiquement ses craintes d’une “tempête sociale et politique” en France. Pas question pour nous de la contenir sous couvert d’interdits sanitaires ! Que le gouvernement fasse plutôt le nécessaire dans les établissements scolaires, les grands magasins, les transports publics, pour protéger enfin les enfants, les enseignants, les travailleurs et le grand public au lieu de distribuer sans compter l’argent public, prétendument européen, aux maîtres du CAC 40, TOTAL en tête, qui démolissent nos industries. Nationalisation démocratique, sans indemnités pour leurs gros actionnaires, des secteurs-clés de la finance, de l’industrie et de la distribution ! Libertés publiques et individuelles, droits syndicaux, progrès social, souveraineté des peuples et sécurité sanitaires peuvent et doivent marcher du même pas, et pour cela, plus que jamais, appelons à chasser ce pouvoir dangereux et à sortir la France de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme. 

    Exigeons la démocratie et le pluralisme réels dans les médias!

    Pour finir, alors que les pratiques policières du gouvernement sont de plus en plus oppressives à l’encontre du mouvement syndical et politique, nous appelons à une refonte totale des médias. Ceux-ci sont aujourd’hui dévoyés pour applaudir sans fin le pouvoir tout en semant la confusion et le désarroi. Assez de “talk-shaws” ineptes, de désinformation continue, de stigmatisation pour les uns et de tapis rouges pour les autres, assez de mensonges simples ou de mensonges par omission non seulement sur la politique sanitaire de Cuba, de la Chine, du Vietnam, de la Biélorussie, etc., assez d’incitations médiatiques croisées à la panique et à l’irresponsabilité ! Exigeons ensemble un DROIT ÉGAL SUR TOUTES LES CHAINES PUBLIQUES ET PRIVÉES, ET POUR TOUTES LES ORGANISATIONS POLITIQUES et SYNDICALES du pays, parmi lesquelles notre P.R.C.F. victime d’une indigne censure au long cours, d’exposer librement et concurremment leurs propositions pour le pays. Pour cela, ne comptons nullement sur le “C.S.A.” aux ordres, et dans toutes les luttes faisons monter l’exigence démocratique !


    [i] Cf la récente intervention de Sibeth N’diaye au Sénat, ou les propos scandaleux du président “républicain” du Conseil général du Loir-et-Cher, tous deux traitant carrément la masse des Français de parfaits demeurés… 

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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    Face au négationnisme macroniste, poursuivre le combat de la Première

     

     

     « Au nom de la Nation, je jure de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir à mon poste » : tel est le serment prêté par les députés de la Convention nationale après la proclamation de la Première République le 21 septembre 1792, au lendemain de la victoire majeure à contre les troupes réactionnaires et contre-révolutionnaires des Prussiens commandées par Brunswick, l’homme qui menaçait de détruire Paris l’été précédent. Ce 20 septembre 1792 marque un incontestable tournant dans l’histoire de France et du mouvement révolutionnaire : en stoppant la coalition des monarchies absolues d’ contre lesquelles Louis XVI a déclaré la guerre le 20 avril pour perdre (et ainsi écraser les forces révolutionnaires de France à l’aide des armées d’), les révolutionnaires peuvent tourner la page de la monarchie (qui est suspendue depuis la prise du palais des Tuileries le 10 août) et enfin faire de la France une République avec une devise proposée par la Commune insurrectionnelle de Paris :

    « La République une et indivisible : Liberté, égalité, fraternité, ou la mort ».

    Commune de Paris

    Ce rappel est d’autant plus salutaire en ce mois de septembre 2020 que le Tartuffe de la République Macron ose se présenter comme le garant des grands principes de la République, tout en procédant à un révisionnisme historique antirévolutionnaire. En effet, en faisant du 4 septembre 1870 le point de départ de l’histoire de la République lors de son discours du 4 septembre dernier, non seulement Macron jette aux oubliettes les deux premières républiques qu’il assimile – au moins pour la Première – à la « Terreur », mais de plus il passe sous silence l’abject massacre des 30.000 communards lors de la « Semaine sanglante » en mai 1871 ; notons au passage que ce massacre a causé bien plus de morts proportionnellement que la soi-disant « Terreur » (terme rejeté par une grande majorité d’historiens désormais). Quoi de plus surprenant pour un homme qui déclarait à l’été 2015, quand il œuvrait comme ministre de l’Économie du gouvernement Valls : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! » Ou comment annoncer son règne tyrannique avant son élection.

     

    Macron ?

    Il est naturel que le monarque absolu, qui règne avec l’aide de ses serviteurs zélés en se moquant totalement du peuple souverain, voue aux gémonies la Première République. Et pour cause, jugez plutôt le bilan de celle-ci lorsque les montagnards sont au pouvoir : abolition de l’esclavage (4 février 1794), loi du maximum pour lutter contre les spéculateurs et les affameurs en tout genre, éducation universelle, affirmation du français comme « idiome de la liberté » (4 juin 1794), promotion de la Raison et de la Vertu (concept majeur chez Rousseau) par le biais de l’Être suprême (8 juin 1794), etc., et ce dans un double contexte de guerre civile et de guerre internationale provoquée par Louis XVI et les girondins, ces derniers ayant cru pouvoir exporter la Révolution hors de France en dépit de la mise en garde visionnaire de Robespierre formulée le 2 janvier 1792 : « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme des ennemis. […] Avant que les effets de notre révolution se fassent sentir chez les nations étrangères, il faut qu’elle soit consolidée. Vouloir leur donner la liberté avant de l’avoir nous-même conquise, c’est assurer à la fois notre servitude et celle du monde entier. »

    Et pourtant, cela n’empêche pas tous les pourfendeurs de la Révolution jacobine et sans-culottes de toujours véhiculer les mensonges les plus éhontés, notamment proférés par la droite réactionnaire et fascisante dénonçant un prétendu « génocide » en Vendée ; et tant pis si ceux qui ont provoqué volontairement la guerre pour détruire la Révolution ou en croyant pouvoir l’exporter sont les monarchistes dans le premier cas, les girondins dans le second cas ; des girondins, héros d’un Michel Onfray qui passe son temps à falsifier l’histoire en créant une revue honteusement nommée Front populaire et qui manifeste son rejet des Lumières et de la Révolution en assimilant les Jacobins au totalitarisme et au nazisme.

    Restaurer l’esprit de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793

     

    Mais les membres de LREM, RN, LR, PS et autres sympathisants et partisans d’Onfray, qui ne cessent d’assimiler Robespierre et Saint-Just à la « Terreur », la « guillotine », le « génocide », la « tyrannie », et autres fadaises du genre, sont-ils au courant que c’est sous l’impulsion des montagnards (Robespierre et Saint-Just en tête) et des sans-culottes que furent adoptées la constitution la plus démocratique de l’histoire de France et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) le 24 juin 1793 ? Certainement pas, au regard du contenu notamment de ce dernier texte, remettant drastiquement en cause le texte adopté le 26 août 1789 par les aristocrates et les grands bourgeois avant tout préoccupés par la sauvegarde de leurs propriétés dans le contexte de la Grande Peur estivale. Mais il est évident que pour ces antirévolutionnaires patentés, se retrouver face à la DDHC de juin 1793 ne peut que les effrayer, et pour cause au regard de nombreux articles démontrant à la fois :

    • Le primat de l’égalité et du bonheur commun, visible notamment aux articles 1 et 2 : « Article 1. – Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles. » ; « Article 2. – Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » L’égalité, citée en tête de l’article 2, est également présente nommément dans l’article 3.
    • Les restrictions envers une propriété qui n’est désormais plus « inviolable et sacrée » comme en 1789 (sans abolir le salariat) : « Article 16. – Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » ; « Article 18. – Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu’un engagement de soins et de reconnaissance, entre l’homme qui travaille et celui qui l’emploie. »
    • La garantie de services publics au service du peuple, bien loin des politiques d’euro-démantèlement imposées par gouvernements maastrichtiens successifs : « Article 21. – Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. » ; « Article 22. – L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens. » ; « Article 23. – La garantie sociale consiste dans l’action de tous, pour assurer à chacun la jouissance et la conservation de ses droits ; cette garantie repose sur la souveraineté nationale. »
    • La consécration de la souveraineté populaire, y compris dans le cas de la réécriture d’une constitution: « Article 25. – La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable. » ; « Article 26. – Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté. » ; « Article 27. – Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres. » ; « Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. ».
    • Le contrôle et la destitution des représentants du peuple traîtres et corrompus : « Article 30. – Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs. » ; « Article 31. – Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens. » ; « Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    De Valmy à Maastricht, la mort de la République révolutionnaire

    Tous ces éléments n’ont jamais été acceptés par une bourgeoisie revancharde, contrainte d’accepter à contre-cœur que les droits de l’homme de plus en plus sociaux et visant le bonheur commun soient étendus aux sans-culottes, aux exploités, aux ouvriers, à toutes les couches du prolétariat urbain et rural. Dès lors, toute occasion d’écraser les conquêtes démocratiques et sociales est bonne à prendre pour l’oligarchie capitaliste, que ce soit sous le Directoire, sous la Restauration des Bourbons ou sous Vichy, mais également dans la sanglante répression des révolutions de 1830, 1848 et 1871, sans oublier la lutte fanatique contre le Front populaire ou contre les mesures instaurées par le Conseil national de la Résistance (CNR) à la Libération – des « sottises » pour Antoine Pinay, « monsieur rigueur » devenu Président du Conseil en 1952 après avoir reçu la francisque pendant la guerre… Et toujours en sollicitant l’appui des forces réactionnaires européennes, de la Sainte-Alliance de 1815 à la prison des peuples qu’est l’, le traité de Maastricht représentant un tournant majeur dans la mise à mort de la République une et indivisible et de la souveraineté nationale et populaire.

    Or quelle plus belle coïncidence que ce fumeux traité de Maastricht ait été adopté de justesse – et probablement dans des conditions douteuses – 200 ans jour pour jour après la victoire de Valmy. Une très courte défaite (49% d’opposants, avec la majorité des ouvriers et des ruraux votant contre) pour les adversaires d’un traité scélérat, consacrant la primauté de la dictature du capital à la sauce ordo-libérale ouest-allemande sur les souverainetés nationales et populaires, seules en mesure d’adopter des politiques favorables aux intérêts des travailleurs – après avoir naturellement mis en pièce le capitalisme exterministe.

     


    Et si ce 20 septembre 1992 est une défaite, le résultat du révèle aussi l’énorme opposition des classes populaires au projet européiste porté par l’oligarchie capitaliste euro-atlantique désireuse de faire sauter toutes les conquêtes sociales et démocratiques arrachées de haute lutte pendant des décennies.

    29 mai 2005, les Français rejettent la Constitution européenne - Archives  vidéo et radio Ina.fr
    Le non l’emporte largement le 29 mai 2005

    La victoire du 29 mai 2005 a consacré le succès de le souveraineté populaire, violée par les « parlementaires » ayant adopté le traité de Lisbonne le 4 février 2008. Depuis, toujours plus décomplexés, les tenants de l’ordre capitaliste euro-atlantique accélèrent l’euro-dissolution de la France et de la République, l’euro-démantèlement des services publics, l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques, l’euro-arasement des libertés publiques servant de véritable carburant à l’euro-fascisation. Il en résulte ainsi l’ensemble des contre-« réformes » successives touchant le code du travail, les retraites par répartition, les hôpitaux, l’(In)Éducation de moins en moins « nationale », la SNCF, la fonction publique, les industries frappées par les fermetures d’usine et les délocalisations au nom de « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », etc., dans le cadre d’une UE se vantant par le biais de ses présidents de Commission successifs (et notamment Jean-Claude Juncker) d’être l’un des inspirateurs des politiques jetant dans la rue syndicalistes de combat et gilets jaunes, lycéen(ne)s et étudiant(e)s,

    Rejoignez le PRCF et l’appel du 29 mai pour construire un nouveau CNR et de nouveaux  !

    Voilà pourquoi le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) et les Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF), s’inscrivant dans l’héritage des révolutionnaires de 1789 ET de 1792-1794, des communards qui voulaient terminer la Révolution française, du Front populaire et du CNR, œuvrent à la fois pour la renaissance d’un Parti communiste franchement marxiste-léniniste – comme le fut le PCF de Cachin, Thorez et Duclos quand il se créa au congrès de Tours en décembre 1920 – et la constitution d’un grand Front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste, seul à même d’en finir avec Macron et ses laquais, le faux « Rassemblement national », les prétendus « Républicains », le MEDEF contre-révolutionnaire et l’UE-prison des peuples.

     

     

    Dans cette optique, le PRCF a initié l’appel du 29 mai 2020 (cliquer ici), en souvenir du quinzième anniversaire de la victoire du NON le 29 mai 2005, et surtout pour rassembler les forces communistes, franchement insoumises et patriotes antifascistes, les gilets jaunes, les syndicalistes de combat, les artistes et intellectuels progressistes en lutte, et plus généralement l’ensemble des citoyens et des travailleurs désireux d’en finir avec l’UE, l’euro, l’OTAN et le capitalisme exterministe. Après le succès du meeting numérique et les rassemblements du 14 juillet 2020 pour une Fête nationale qui soit également révolutionnaire et populaire, le PRCF invite tous les signataires et sympathisants de l’appel du 29 mai 2020 à participer à un nouveau rassemblement SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2020 À 14H, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE.

     

    L’occasion de défendre plus que jamais une République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, face aux forces contre-révolutionnaires. Et ainsi bâtir ce nouveau CNR de plus en plus urgent afin de mener les citoyens et les travailleurs, la France et la République fidèle à l’héritage révolutionnaire vers de nouveaux Jours heureux !

     

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  • Nous avons le plaisir d’annoncer que , philosophe marxiste, spécialiste du matérialisme dialectique et de la critique de l’exterminisme stade suprême de l’impérialisme ouvre son https://georges-gastaud.com/

    ainsi qu’une chaine youtube 

    https://www.youtube.com/channel/UCPh0eQq0osJGMZ3EE_n3CgA

    Georges Gastaud est un militant franchement communiste, responsable d’association internationaliste, résistant linguistique à l’impérialisme du tout-anglais, écrivain, ancien professeur de en Classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques.
    Ce site présentera régulièrement des textes philosophiques inspirés du matérialisme dialectique, notamment des travaux sur l’ontologie matérialiste et sur la dialectique de la nature dans les sciences, des recherches théorico-politiques, des critiques de livres ou des prises de positions sur certains débats théorico-culturels du moment, ainsi que des vidéos sur ces thématiques.

    Rappelons que les éditions Delga viennent de rééditer Lumières communes, le traité de philosophie générale en cinq tomes que l’auteur a entièrement revu à cette occasion. Cet éditeur propose aussi, du même auteur, Le nouveau défi léniniste (2017) et  et universalisme (2015). Au catalogue du Temps des cerises figure toujours Sagesse de la révolution (2011), Lettre ouverte aux ‘bons Français’ qui assassinent la France (2005), ainsi que Patriotisme et internationalisme aux Editions du CISC. Une réédition de Mondialisation capitaliste et projet communiste (1997), initialement paru au TDC, est également envisagée par Delga. 
    Alors que les lumières sont la cible permanente de toutes sortes de réactionnaires, alors que l’enseignement de la philosophie au lycée est asphyxié et dénaturé par Blanquer, il convient de s’opposer à ce que Lukàcs appelait la “destruction de la raison”; et surtout, il faut promouvoir, réactiver et retravailler la philosophie dia-matérialiste du marxisme, y compris dans sa dimension ontologique. C’est nécessaire non seulement pour résister aux nouveaux obscurantismes que porte le capitalisme exterministe de notre temps, mais pour reconstruire, comme y invitait Engels, une conception scientifique du monde. Cette dernière est indispensable pour que renaisse une hégémonie culturelle progressiste cohérente indispensable à la reconstruction d’un parti communiste de combat, à la contre-offensive du monde du travail et à l’émergence d’une Convergence Nationale des Résistances.  

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    Achetez et lisez la revue du PRCF. Après un numéro spécial histoire, retrouvez le numéro 46 avec un dossier spécial :

    • Les bases théoriques :
      • Georges Gastaud : Eurobalkanisation, réaction en chaîne…
      • Aymeric Monville : l’idéologie européenne
    • L’UE en action
      • Fadi Kassem : l’égoïsme de l’oligarchie
      • Michel Cohen : l’Allemagne maîtresse de l’Europe
      • Yvonne Bollmann : entretien sur les menées de l’impérialisme allemand en France
    • En Sortir pour s’en SORTIR !
      • Georges Gastaud et Fadi Kassem : Abrogation des traités

    Egalement au sommaire :

    • Histoire :
      • Aymeric MONVILLE : Retour sur les chiffres du Goulag
      • Aymeric MONVILLE : Le documentaire d’Arte sur Katyn
    • Philosophie :
      • Victor SARKIS : Réponse à Edgar Morin
    • Culture :
      • Françoise CAUBIN : Vuillard, la guerre des pauvres
      • Jean-Pierre COMBE : La petite maison de campagne, Jacque
        Decour
      • Françoise CAUBIN : Gloria Mundi de Guédiguian

    Abonnez vous à Etincelles !

     

    source:  https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Profitant que les travailleurs sont en vacances et du Covid 19 , Hop, Simra, Nokia, Conduent, Airbus, , Air France, mettent en œuvre des PSE “Plan de sauvegarde de l’emploi”.

    L’offensive estivale du contre les travailleurs n’en finit pas de s’allonger. Comme à chaque fois, la « nécessaire adaptation » à la nouvelle donne économique (hier à la « révolution » numérique, aujourd’hui aux conséquences de la crise sanitaire) est invoquée pour expliquer aux travailleurs qu’ils devront faire plus avec moins sous peine d’avoir à rejoindre leurs collègues licenciés et leurs familles sur le carreau.

    Chez TUI, on ne licencie rien moins que 583 salariés sous prétexte d’ du tourisme décimée. L’annonce a pourtant de quoi surprendre chez le numéro 1 mondial du secteur qui détient 30 % de parts de marché et 3 milliards d’euros de capacité financière et dont la direction travaille à la cession de sa filiale française. La société Dérichebourg, elle, ne déroge pas à la répugnante réputation qui la précède puisqu’elle mobilise les aspects les plus réactionnaires des très rétrogrades ordonnances Macron sur les accords de performances collectives. Ainsi, ce sont 163 salariés qu’elle a décidé de licencier car ils refusaient de baisser leurs salaires.

    Néanmoins, les travailleurs se saisissent partout des questions relatives à leurs  et contestent le droit du patronat à régenter leur vie :

    • Les salariés de Monoprix comme ceux de Castorama ne comptent pas être les dindons de la farce de l’épisode confiné où ils s’étaient vu promettre primes, revalorisation et autres reconnaissances sonnantes et trébuchantes et dont ils souhaitent à présent voir la couleur.
    • Ceux de Nokia en appellent à l’union des luttes avec les salariés des équipementiers téléphoniques et ceux des opérateurs pour se défendre contre la voracité d’actionnaires qui perçoivent de l’argent public tout en pratiquant le  à grande échelle.
    • Les salariés de Sanofi se sont joints à ceux de Nokia lors de leur manifestation à Paris pour dénoncer une direction qui ne prend même plus la peine de maquiller les licenciements derrière la crise épidémique puisqu’elle le fait alors même que le chiffre d’affaires du groupe en profite largement.
    • Les salariés de Renault refusent, quant à eux, le chantage patronal à la concurrence inter-sites (Choisy/Flins, Maubeuge/Douai) ou inter- statuts (titulaires, prestataires, intérimaires) et appellent à une mobilisation large de tout le secteur pour défendre l’emploi.

    Pour rouvrir la perspective politique révolutionnaire indispensable aux luttes, le PRCF appelle à dénoncer le capitalisme tout en appelant au FREXIT PROGRESSISTE, car l’UE, si nous n’en sortons pas rapidement par la voie progressiste, c’est nous, la nation laborieuse, qui “y resterons”!

    télécharger, partager, imprimer, diffuser le  de la rentrée 2020 du PRCF

    2020 – 09 TRACT de rentrée

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  • À Lisbonne, le PC montre sa force reportage exclusif au  pour Initiative communiste.

    Notre camarade Aymeric Monville, secrétaire de la commission internationale du PRCF, était reçu ce week-end à Lisbonne par les camarades portugais, pour une fête annuelle, tenue dans des conditions très particulières pour cause de Covid-19, mais dont le déroulement donne une leçon de lutte et de dignité à tous les partis communistes.

    Pour sa 44e édition, le Parti communiste portugais a maintenu sa fête annuelle, la fête de l (du nom de son quotidien). Et ce, malgré des pressions inédites et une campagne de presse anticommuniste furieuse, qui a impliqué jusqu’au président la République. Pendant ce qui ne fut pas seulement un confinement mais un véritable état d’urgence, la bourgeoisie du pays n’avait pas hésité à interdire la grève (phénomène inédit en ) tout en envoyant les travailleurs au casse-pipe au pire de la pandémie, entassés dans les transports. Ce sont évidemment les mêmes qui ont reproché tout l’été au Parti communiste de maintenir cette fête de rentrée pour de prétendues raisons sanitaires. Les autres années, les médias se contentaient de passer cet événement sous silence.

    Malgré les Cassandre et autres prophètes de malheur, la fête s’est évidemment déroulée sans problèmes. Les camarades ont respecté scrupuleusement les règles sanitaires en vigueur et accepté de réduire la participation de 100 000 à 16 000 personnes par jour. Le Parti, qui possède le terrain de la fête depuis 1990 sur la commune de Seixal, au nord de Lisbonne, montre qu’il est maître chez lui et sait s’appliquer à lui-même une discipline toute prolétarienne (l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté, disait Rousseau) quand les circonstances l’exigent.

    On ne pourra donc pas faire la leçon aux camarades, qui sont d’ailleurs les seuls à n’avoir pas bradé la santé dans le pays. Le message est clair : les mesures sanitaires ne peuvent être utilisées comme prétexte à l’arrêt des luttes. En plein état d’urgence, le  avait d’ailleurs maintenu le défilé du 1er-Mai, avec la même dignité et le même sens des responsabilités.

    « Assim se vê a força do PC », ainsi l’on voit la force du PC, comme le dit l’un de ses slogans majeurs. Une preuve et une épreuve de force, donc, contre le retour d’un obscurantisme et d’une stratégie de la peur qui rappelle singulièrement le caractère particulièrement sinistre de la dictature de Salazar, à l’heure où le Portugal, qui s’était maintenu indemne d’un fort mouvement d’extrême droite depuis la révolution du 25 avril 1974, a vu récemment l’apparition des amis de Marine Le Pen, le mouvement « Chega » (« ça suffit »), tandis que le PS ne demandait, n’était la pression du PC, qu’à s’allier avec la droite pour imposer la libéralisation et la destruction du pays.

    Dans son  discours de clôture, le secrétaire général Jerónimo de Sousa a rappelé que tout démontre aujourd’hui qu’il faut compter avec le PC. Celui-ci a joué un rôle incontournable ces dernières années, notamment depuis 2015 où, pour éviter la destruction du pays par la Troïka, il a adopté la stratégie de ne pas participer au gouvernement mais de voter toutes les avancées possibles en faveur des travailleurs et de rejeter tout ce qui leur nuit. On a même vu les salaires augmenter depuis lors. N’ayant jamais renoncé au marxisme-léninisme auquel son dirigeant historique Álvaro Cunhal a apporté une contribution majeure (lire en français : Le Parti en toute transparence, théorie du parti léniniste par Á. Cunhal, aux éditions Delga), le parti n’a nullement abandonné non plus le patriotisme progressiste, typique du mouvement communiste depuis le VIIe congrès du Komintern, et qui a marqué le PCF jusqu’à l’époque du refus du traité de Maastricht. La marée de drapeaux rouges de la fête s’ornait ainsi du drapeau national. Le peuple portugais, volontiers europhile dans les années 80, a désormais compris, grâce à son PC, que l’ ne lui voulait guère de bien.

    C’est aussi dans cet esprit de défense de la souveraineté populaire que Jerónimo de Sousa a appelé dans son discours à la nationalisation de CTT (opérateur postal), Novo Banco (troisième banque portugaise) ainsi que de la TAP (compagnie d’aviation). Et de conclure : « Durant ces trois jours, nous avons retrouvé la joie de vivre. »

    On l’aura compris : par son expérience de lutte, forgée durant la dictature, par son caractère indomptable, partout en Europe, le PCP donne le ton.

    Aymeric Monville, 8 septembre 2020


    Le discours de , secrétaire général du Parti Communiste Portugais

    “Durant ces trois jours, nous avons regagné la joie de vivre”

    Chers invités !
    Chers amis et camarades !

    Salutations chaleureuses à vous tous qui êtes ici avec la force de votre présence. Salutations à tous les constructeurs qui ont participé aux journées de travail avec ce militantisme et cette générosité uniques, à tous les participants et visiteurs de notre Avante ! Festival Avante ! Un salut particulier à la jeunesse et au PJC, toujours avec leur présence massive, leur contribution indispensable pour élever cet espace de liberté et assurer son fonctionnement exemplaire.

    Nous saluons et n’oublions pas tous ceux qui n’ont pas pu être présents mais qui ont contribué à sa tenue, un salut étendu à beaucoup d’autres qui ne sont pas ici, mais avec qui nous avons rendez-vous dans les luttes des temps à venir et dans les Festivals des années à venir.

    Camarades,

    Nous avons construit et organisé notre Festival, ce grand Festival et ce Rassemblement de solidarité, de paix, d’amitié, de démocratie et de socialisme, dans un contexte d’hostilité sans précédent de la part des grands intérêts économiques et des forces les plus réactionnaires et conservatrices, contre lesquels ils ont mené une campagne trompeuse, utilisant leurs puissants moyens médiatiques et enivrant l’opinion publique pour la rendre non viable.

    Ils ont voulu nous faire taire. Ils n’ont pas réussi !

    Oui, nous avons organisé le Festival, en respectant les règles de santé, car sa tenue est avant tout un moyen d’assurer la défense et le fonctionnement de la vie démocratique dans sa plénitude et cela est contraire à leurs souhaits.

    Pour les mêmes raisons qui nous ont conduits auparavant à exprimer notre désaccord avec les solutions qui imposaient des limitations à l’exercice des libertés et du travail collectif et de l’action civique, alors que plusieurs milliers de personnes étaient, dans le silence et le verrouillage, victimes de l’arbitraire du grand capital.

    Pour les mêmes raisons qui nous ont conduits à être là où la vie nous appelait à défendre l’emploi, les salaires, le travail et les droits sociaux, les libertés, en les affirmant et en les exerçant, contrairement à ceux qui, sous le prétexte de l’épidémie, voulaient les limiter et les restreindre avec force, en nourrissant toutes les craintes.

    Oui, ceux qui ont tout fait pour rendre le Festival non viable, ce qu’ils voulaient le plus était de faire taire cette force qui est venue ici et qui est ici.

    Voici la force d’un Parti qui travaille, vit et lutte pour servir les travailleurs et le peuple.

    C’est un collectif puissant et chacun d’entre nous est ici à prendre position, à démontrer un engagement, à transmettre un message qui résonne dans cet immense espace et se projette bien au-delà.

    Nous ne sommes pas ici uniquement pour entendre la parole des discours. Nous sommes ici, chacun d’entre nous, tous, pour dire aux travailleurs, au peuple portugais, qu’ils peuvent compter sur nous, qu’ils peuvent compter sur le PCP à tout moment, dans toutes les situations.

    Nous sommes ici pour garantir les normes de santé, parce que nous avons un engagement envers les travailleurs, pour la réalisation de leur aspiration à travailler avec des droits et pour un salaire valorisé et équitable.

    Nous sommes ici pour réaffirmer notre engagement dans la défense des droits et libertés démocratiques, dans les entreprises, dans la rue, partout où il est nécessaire de les utiliser pour défendre le droit de grève, de protestation, de manifestation, d’action syndicale et civique dans tous les domaines de leur vie.

    Nous sommes ici parce que nous n’accepterons jamais d’être entraînés dans le marécage du conformisme rêvé par ceux qui vivent de l’exploitation, en cette période d’aggravation de tous les problèmes nationaux.

    Nous sommes ici, dans le respect des normes sanitaires, pour réaffirmer que nous n’abandonnerons pas la première ligne de la lutte pour de meilleures conditions de vie de notre peuple, pour son droit aux soins de santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, au logement et à la mobilité, et que nous sommes prêts à construire un Portugal d’avenir.

    Nous sommes ici, et c’est une raison supplémentaire, pour combattre la peur et donner de l’espoir et de la confiance dans la lutte pour l’avenir.

    Camarades,

    L’époque que nous vivons comporte-t-elle des risques et des dangers ? Oui ! Était-il et est-il nécessaire de prendre des mesures pour défendre la santé ? Sans aucun doute ! Nous avons toujours défendu cette nécessité.

    En matière de santé, il faut le dire, le PCP était non seulement, mais est, la force politique la plus cohérente et la plus déterminée dans sa défense et celle du Service national de santé qui l’assure.

    Un parti qui a toujours présenté des solutions, y compris en cette période d’épidémie. Des solutions pour répondre à une éventuelle aggravation de la situation épidémiologique et pour garantir la normalité et l’efficacité des soins fournis aux usagers, comme le défend le Plan d’urgence du SSN, présenté par le PCP en juillet à l’Assemblée de la République.

    Mais pour assurer la santé, il faut garantir de nombreux autres aspects de la situation des personnes. Il est nécessaire de garantir la vie des milliers de personnes qui ont été et continuent d’être confrontées à la cupidité et à l’opportunisme de ceux qui, dans l’ombre de l’épidémie, ont aggravé l’exploitation.

    Pendant cette période, des milliers de travailleurs ont été licenciés, car les mécanismes permettant de licencier les travailleurs, que ce soit à la fin des six mois de la période d’essai, ou le non-renouvellement des contrats, ou les licenciements collectifs, ou les faux travailleurs indépendants, étaient déjà en place. Il suffisait de les activer.

    Des centaines de milliers de personnes ont vu leurs salaires baisser, en particulier celles qui ont été licenciées. Avec les premières difficultés, le capital a cherché à jeter les coûts qui leur incombent sur le dos des travailleurs et sur le budget de l’État, tandis qu’au gouvernement et à l’Assemblée de la République, le PS, le PSD et le CDS ont rejeté les propositions du PCP visant à interdire les licenciements et à garantir le paiement de 100% des salaires.

    Plusieurs milliers de personnes ont vu leur droit aux congés, à des horaires de travail stables, à des composantes variables de la rémunération telles que les indemnités de repas être attaqués, révélant ainsi les déséquilibres des relations de travail qui se sont maintenant aggravés.

    Les micro, petites et moyennes entreprises ont été contraintes de suspendre leur activité et ont vu leurs activités sapées. Et les effets durables qui se font sentir aujourd’hui ne sont pas dus à l’épidémie, mais à la baisse du pouvoir d’achat.

    Mais ce fut aussi le moment de l’aggravation de nombreux autres problèmes. Les jeunes, les enfants et les personnes âgées ont dû faire face à cette situation d’isolement inhabituelle. Un isolement qui n’est pas exempt de conséquences sociales, émotionnelles, psychologiques et sanitaires en général, dans un contexte où des problèmes antérieurs ont été mis en évidence, comme l’inégalité dans la répartition des revenus familiaux et les situations de pauvreté, mais aussi l’accès à l’éducation dans des conditions d’égalité et l’aggravation des situations de marginalisation sociale des personnes âgées. Les droits de toutes ces personnes ne peuvent être suspendus.

    Oui, il est nécessaire de protéger les personnes âgées, mais les protéger ne peut signifier l’abandon ou la stigmatisation, avec des conséquences irréversibles sur l’hypothèque de leur vie et de leur droit à vieillir avec des droits.

    Des temps difficiles aussi pour la culture qui a vu s’aggraver les vieux problèmes de dévaluation systématique de toutes ses activités.

    Permettez-moi de saisir cette occasion pour saluer tous les artistes, techniciens et autres professionnels de la culture qui participent à cet événement unique et, à travers eux, tous les autres à travers le pays qui sont aujourd’hui fortement affectés dans leur vie et leur production. Pour nous, la culture n’est pas jetable !

    Nous sommes une force qui vise l’accomplissement et le bien-être dans toutes les dimensions de la vie humaine.

    Camarades,

    La situation mondiale dépeint brutalement la nature exploitante, oppressive, agressive et prédatrice du capitalisme, en montrant son caractère profondément inhumain, ses énormes responsabilités dans les graves problèmes et fléaux qui affectent l’Humanité.

    Dans le contexte de la crise structurelle du capitalisme, la pandémie de Covid-19 a accéléré la nouvelle crise économique annoncée depuis longtemps, qui met à nu les énormes et inacceptables injustices et inégalités sociales qui marquent la réalité de millions d’êtres humains.

    Le grand capital cherche à utiliser la situation actuelle pour imposer une exploitation encore plus violente des travailleurs, des attaques plus graves contre les droits, les libertés, la démocratie, la souveraineté et l’indépendance des États, une plus grande appropriation privée des ressources naturelles.

    Tentant de contrer son déclin relatif et de sauvegarder sa domination hégémonique dans le monde, les États-Unis d’Amérique, avec le soutien de leurs alliés – à savoir l’OTAN -, intensifient l’action agressive face au droit international, en imposant des sanctions, des blocus économiques, des opérations de déstabilisation et d’agression contre les pays et les peuples qui affirment le droit de décider librement de leur destin.

    75 ans après la victoire sur le nazi-fascisme lors de la Seconde Guerre mondiale, une dénonciation et une action fermes sont nécessaires pour contrer la dérive de plus en plus réactionnaire, autoritaire et fasciste qui est en cours, et pour intensifier la lutte pour la paix et le désarmement, contre la guerre et le militarisme.

    Saluons les délégations étrangères présentes à l’Avante ! le PCP réaffirme sa solidarité avec les travailleurs et les peuples qui défendent leurs droits partout dans le monde, en soulignant les divers objectifs immédiats, ouvrant des possibilités d’avancées démocratiques, progressistes et révolutionnaires.

    La gravité de la situation internationale exige, avec une énorme importance, la convergence de l’action des communistes et des autres démocrates, dans un large front anti-impérialiste pour arrêter l’offensive exploitante et agressive de l’impérialisme et ouvrir la voie à la construction d’un nouvel ordre international, de paix, de souveraineté et de progrès social.

    Convergence entre les forces qui rejettent une Union européenne de plus en plus néolibérale, militariste et fédéraliste, et qui luttent pour une Europe de coopération efficace, de progrès social et de paix, pour une Europe des travailleurs et des peuples.

    Les communistes, tous révolutionnaires, sont confrontés à de grandes exigences pour entreprendre une action résolue pour les droits des travailleurs, pour la liberté, la démocratie et la souveraineté, pour l’avancement de la transformation sociale, pour une société sans exploitation et oppression, pour le socialisme.

    Camarades,

    Le Portugal a longtemps été confronté à de graves problèmes, que l’épidémie a mis à nu dans toute sa dureté. Des déficits structurels chroniques dans plusieurs domaines. Des déficits qui ont fait du Portugal un pays de plus en plus dépendant et fragile, avec des effets extrêmement négatifs sur la croissance économique, sur la balance extérieure et sur la dette extérieure.

    Un pays où persistent de graves inégalités sociales et régionales et de graves problèmes sociaux, où pèsent la précarité du travail, le chômage, une répartition injuste des richesses, une protection sociale faible et insuffisante, et des niveaux inacceptables de pauvreté et d’exclusion sociale.

    Il y a ceux qui s’efforcent de faire croire aux gens, de se soustraire à leurs propres responsabilités et d’éterniser les politiques de désastre du passé, que les problèmes auxquels le pays est confronté aujourd’hui sont essentiellement le résultat de l’épidémie. Ils veulent vraiment nous faire croire qu’après elle, tout ira bien, comme si tout allait bien et que l’avenir du pays et son développement étaient garantis.

    Les causes de notre retard, de nos faiblesses économiques et de nos profondes inégalités ne sont pas d’aujourd’hui, nous les trouvons dans les décennies de politiques de droite mises en œuvre par les gouvernements successifs du PS, du PSD et du CDS, qui ont privatisé des secteurs stratégiques au profit de monopoles, détruit la capacité de production, réduit les investissements publics, affaibli les services publics essentiels, favorisé l’exploitation et le travail sans droits.

    Les causes résident dans cette politique qui a accru la dépendance extérieure, qui a soumis le pays aux diktats de l’Union européenne et de l’Euro pour servir le grand capital transnational et les intérêts du grand capital national et de ses alliés.

    Une politique de soumission du pouvoir politique au pouvoir économique et visant la concentration et la centralisation de la richesse, qui a fermé les yeux sur la corruption que les privatisations ont alimentée et qui a, dans l’exemple de la banque BES, le schéma directeur, le modèle, de cette politique de soumission et de trafic et qui continue aujourd’hui, avec la perte de millions pour la Novo Banco qui aurait dû être nationalisée depuis longtemps.

    Une politique qui a noyé le travail dans les impôts et a soulagé les grandes entreprises. Qui permet l’évasion fiscale des grands groupes économiques les mieux cotés vers les Pays-Bas et d’autres paradis fiscaux.

    Une politique qui n’a jamais manqué d’argent et de facilités pour les capitaux !

    C’est cette politique qui a affaibli le Portugal et, bien sûr, l’épidémie tend à s’aggraver, ajoutant des problèmes aux graves problèmes que le pays connaissait déjà et lorsque de nouveaux signes de recul économique et social se font entendre, avec le grand capital, avec la connivence des forces politiques qui le servent, préparant le terrain à ce recul, en utilisant l’épidémie comme prétexte.

    Ils y freinent l’augmentation générale des salaires et du salaire minimum national. Là, ils remettent en cause l’augmentation des salaires des travailleurs de l’administration publique, en annonçant à l’avance de nouvelles périodes de gel qui s’ajoutent à la décennie au cours de laquelle ils ont perdu des salaires et du pouvoir d’achat.

    Ils y parlent de nouveaux changements dans la législation du travail, à savoir l’introduction de nouvelles lignes d’exploration, par exemple dans la situation du télétravail.

    Ils y perpétuent le mauvais fonctionnement des services publics, de l’assistance dans les unités de soins de santé au guichet, par téléphone ou à un hublot, à l’extension des classes virtuelles ou aux longues files d’attente dans la rue à la Sécurité sociale ou aux services de la Poste.

    Ils y revendiquent de nouvelles réformes structurelles, cet euphémisme qu’ils utilisent pour cacher les mesures qu’ils proposent pour approfondir l’exploitation du travail et la destruction des services publics, pour montrer le répertoire des grandes puissances de l’Union européenne, même si elles n’ont rien à voir avec l’épidémie.

    Des toiles bien tissées qui cherchent à créer une atmosphère propice à l’acceptation de ces mesures, qu’elles poursuivent depuis longtemps et pour lesquelles elles ont maintenant des excuses.

    Oui, nous les avons là pour donner vie aux projets et aux dynamiques de régression sociale et civilisationnelle qui ont marqué le pays au cours des dernières décennies, à savoir pour donner de la force et alimenter l’action des forces et secteurs réactionnaires, dans lesquels s’insèrent le PSD, le CDS et leurs partis mandataires qui cherchent activement à saper le régime démocratique et la Constitution de la République.

    Une action qui tire parti des problèmes créés par le capital lui-même et ses agents, où pèse la promotion et l’instrumentalisation de la violence et du racisme, stimulant la ségrégation sociale et la dérive criminaliste et justicialiste, expressions les plus visibles d’une dimension réactionnaire et fasciste.

    Camarades,

    C’est aussi pour vaincre ces objectifs que le chemin, aujourd’hui comme hier, est de mobiliser ceux qui sont touchés par ces attaques, celui de l’action, de l’intervention et du développement de la lutte pour y faire face.

    Oui, à chaque nouvelle vague d’attaque contre les droits, à chaque offensive, quelle autre arme les travailleurs ont-ils ?

    Face à chaque fermeture de services publics, à chaque médecin en moins dans le Centre de santé, à chaque réduction des horaires de transport, quelle autre réponse la population peut-elle apporter ?

    Les temps sont durs et exigent une détermination à résister au discours de la peur et qu’il n’y a pas d’alternative.

    Mais ces mois ont montré qu’il y a des forces et qu’il y a du courage pour les affronter.

    Ainsi, de cette tribune, nous saluons les nombreuses luttes dans les entreprises et sur les lieux de travail, pour le droit à l’emploi, les salaires, les horaires de travail, les droits.

    D’ici, nous valorisons cette force qui résiste à l’offensive, qui ne se résigne pas aux inévitables que chaque jour veut nous vendre.

    Et d’ici, nous saluons la grande centrale syndicale des travailleurs portugais, la CGTP-IN. Centrale syndicale de classe, unitaire, démocratique, indépendante, solidaire et de masse qui a toujours su, tout au long de ses presque 50 ans d’histoire, que l’on célèbre ce 1er octobre prochain, honorer la force et le prestige que les travailleurs lui confèrent.

    Et, à partir de là, le PCP lance un appel à tous les travailleurs, à tous ceux qui sont touchés par la politique de droite, aux jeunes, aux femmes, à notre peuple, pour qu’ils développent la lutte autour de leurs revendications concrètes et participent, le 26 septembre prochain, dans tout le pays, aux actions appelées par la CGTP-IN.

    Camarades,

    Le Portugal doit de toute urgence retrouver les niveaux de production, l’emploi, les salaires et les conditions de vie, et inverser une situation déjà marquée par la perspective d’une profonde récession économique, mais il doit en même temps agir sur les causes de notre retard et aller plus loin pour assurer les niveaux de développement qui ont été systématiquement différés et pour améliorer les conditions de vie.

    Mais pour les deux, les prescriptions ne peuvent pas être celles du passé !

    Les politiques proposées ou en cours ne répondent ni aux problèmes du présent, ni à ceux de l’avenir du pays.

    Nous l’avons vu dans le programme dit de stabilisation économique et sociale et dans la proposition de budget supplémentaire du gouvernement qui l’a soutenu, qui a surtout révélé une option claire pour favoriser les intérêts du capital vers lequel sont acheminés des millions et des millions d’euros. Nous le constatons également aujourd’hui lorsque le gouvernement présente la première version du programme qu’il appelle de résilience et de relance avec ses options pour l’avenir.

    L’ampleur des problèmes exige une autre réponse. Le PCP est à la hauteur de ses responsabilités, de son rôle et de ses engagements en faveur des intérêts des travailleurs et de la population.

    Il ne sert à rien de brandir des menaces de crise politique. Ce qu’il faut, c’est profiter de tous les instruments pour empêcher les travailleurs et les gens de voir leur vie plongée dans une crise quotidienne.

    Comme il ne vaut pas la peine que d’autres se précipitent pour condamner que le PCP ne compte pas, qu’il reste en dehors des solutions dont le pays a besoin.

    Et le PCP a déjà prouvé qu’il compte, qu’il compte beaucoup et de manière décisive, comme aucun autre, pour assurer des avancées dans l’intérêt des classes et des couches populaires.

    Le PCP ne sera pas absent, comme il ne l’a jamais été, de toute solution qui répond aux problèmes, il ne gaspillera aucune occasion de garantir des droits et de meilleures conditions de vie.

    C’est sur le concret et non sur de simples mots d’intention que doit reposer l’évaluation de ce qui doit être fait.

    C’est pourquoi, au début des travaux de l’Assemblée de la République, nous présenterons un ensemble de propositions qui répondent aux graves problèmes qui affectent la vie des travailleurs et des personnes.

    Parmi les nombreuses initiatives que nous avons en préparation, nous reprendrons la lutte pour l’augmentation du salaire minimum national à 850 euros ; pour la création d’un supplément de salaire pour les travailleurs des services essentiels et permanents ; pour une allocation de difficulté, de risque et de santé ; pour l’indemnisation et la reconnaissance de la protection sociale pour ceux qui travaillent en équipe et de nuit ; pour l’élargissement de l’accès aux allocations de chômage et l’augmentation de leur montant et de leur durée.

    Nous continuerons à nous battre pour l’élimination des réductions de salaire liées au licenciement, pour l’interdiction de licencier tous ceux qui voient leur emploi menacé et pas seulement dans les entreprises à but lucratif.

    Le budget de l’État pour 2021 doit également s’attaquer aux problèmes les plus immédiats, les plus pressants et les plus inévitables. Il doit aider ceux qui ont perdu leurs revenus par un soutien extraordinaire pour garantir des conditions de vie à ceux dont l’activité est en danger, en particulier en soutenant les micro et petites entreprises. Il doit fournir au NHS tous les moyens nécessaires pour garantir la fourniture de soins de santé, pour garantir la réouverture du réseau de soins de santé primaires, et pour assurer les moyens de diagnostic, de prévention et de traitement non seulement de la COVID, et pour mettre fin à la distribution de l’argent public dont le NHS a besoin aux groupes privés qui considèrent la maladie comme une affaire.

    Mais surtout, ce qu’il faut pour répondre aux problèmes auxquels le pays est confronté, c’est une autre politique et d’autres options, qui n’ont pas toutes une incidence directe sur le budget de l’État, qui créent les conditions du développement du pays.

    Qu’il n’y ait aucun doute.

    Le PCP ne sera pas seulement là, mais il se battra pour trouver des solutions aux problèmes du pays.

    Des solutions avec le PCP, comme l’exigent la valorisation des carrières des travailleurs, l’augmentation générale des salaires, dans le secteur privé et public, et du salaire minimum national à 850 euros.

    Des solutions avec le PCP pour abroger les normes pénibles de la législation du travail, en particulier avec l’élimination de l’expiration des négociations collectives et le rétablissement du traitement plus favorable, et pas seulement ce que certains identifient comme les changements imposés par le gouvernement PSD/CDS laissant intactes les dispositions pénibles que le gouvernement PS avait imposées en 2007.

    Des solutions avec le PCP pour une voie déterminée d’investissement public et d’application des fonds de l’UE en accord avec l’intérêt national et non soumis à l’imposition de l’Union européenne et aux intérêts des groupes monopolistiques.

    Des solutions avec le PCP pour des mesures fiscales qui combattent l’injustice fiscale, déchargent les revenus faibles et moyens et taxent dûment les grands bénéfices, les fortunes et les actifs de grande valeur.

    Des solutions avec le PCP pour étendre la protection sociale, renforcer la protection contre le chômage et la maladie, améliorer les allocations familiales, maintenir et accroître le rythme d’augmentation des pensions, tout en assurant la diversification des sources de financement de la sécurité sociale.

    Des solutions avec le PCP pour poursuivre la création d’un réseau public de garderies et lancer un réseau public de maisons de repos, en profitant des fonds annoncés pour le Portugal.

    Solutions avec le PCP pour inclure le lancement d’un programme de construction de logements d’État et améliorer le plan de tarification des transports, en établissant le régime de soutien tarifaire et en augmentant l’offre.

    Des solutions avec le PCP pour reprendre le contrôle public d’entreprises stratégiques – à commencer par CTT Posts, Novo Banco et TAP – qui sont essentielles pour le développement souverain du pays.

    Les déclarations du PS selon lesquelles il ne veut rien avec le PSD n’ont guère de sens si les options qu’il adopte sont, plus ou moins, celles que le PSD adopterait, sans couper les lignes directrices et les engagements qui ont soutenu la politique de droite. D’autant plus lorsque les convergences entre les deux parties se poursuivent sur des questions pertinentes, dans le cadre d’un processus de réarrangement des forces mis en route, et auquel participe l’actuel président de la République, pour blanchir le PSD en vue de sa réhabilitation politique et d’une coopération plus forte avec le PS, instrument de la politique de droite.

    Il n’y a pas de solution aux problèmes nationaux ni de réponse aux intérêts des travailleurs et du peuple avec les options du gouvernement PS ou avec les projets réactionnaires que le PSD, le CDS et leurs partis mandataires – Initiative libérale et Chega – doivent combattre.

    Le Portugal doit affirmer et matérialiser un projet alternatif de développement souverain, libéré du capital monopolistique, capable de rendre au pays ce qui lui appartient, son économie, ses ressources, la décision sur sa vie et son avenir.

    L’alternative qui ne renonce pas à assurer la libération du pays de la soumission à l’euro, à garantir la renégociation de la dette publique pour libérer les ressources essentielles.

    Il doit avoir les instruments appropriés entre ses mains et décider librement et ne pas dépendre des critères et des décisions des autres.

    Elle doit avoir son propre agenda qui aborde les problèmes du pays sans conditionnalités ni contraintes, garantissant le développement, l’amélioration des conditions de vie et l’équilibre environnemental.

    Le Portugal doit garder à l’esprit et ne pas oublier les leçons importantes qui peuvent être tirées de la situation actuelle et qui ne peuvent être ignorées à l’avenir : l’importance du rôle des travailleurs et la centralité du travail dans la société ; le rôle des services publics ; l’importance de la production nationale et de la prise en charge des secteurs stratégiques par le pays.

    Il faut une politique alternative, patriotique et de gauche, qui favorise le tournant nécessaire dans la vie nationale !

    Camarades,

    Nous avons devant nous de grandes tâches et des luttes importantes qui exigent le renforcement et l’affirmation de ce Parti nécessaire et indispensable.

    Face à une situation difficile et qui s’aggrave, les travailleurs, les retraités, les intellectuels et les cadres techniques, les micro, les petits et moyens entrepreneurs, les petits et moyens agriculteurs, les jeunes, les femmes, les personnes handicapées peuvent compter sur le PCP. Contre le chantage et l’intimidation, hier comme aujourd’hui, nous sommes la force de résistance, d’initiative, de courage et de confiance en l’avenir. Nous disons ce qui doit être dit. Nous faisons ce qui doit être fait. Ici, nous avons ce Festival, ici, nous avons ce rassemblement mémorable pour le prouver.

    Voici notre détermination et l’appel aux travailleurs à s’organiser et à lutter, en développant les actions en cours, sur les lieux de travail, dans les entreprises, dans les secteurs, dans les petites et grandes initiatives d’unité et de convergence. Une lutte pour la défense des intérêts immédiats, une lutte pour l’alternative.

    Voici notre intervention à l’Assemblée de la République, au Parlement européen, dans les Assemblées législatives régionales et dans l’Administration locale, en soulignant les initiatives que nous allons prendre à l’Assemblée de la République, suite à l’intervention sans précédent du PCP, avec ses plus de deux cents initiatives législatives, visant à assurer des améliorations et des avancées dans différents secteurs de la vie nationale.

    Voici notre détermination dans la bataille pour les élections du Président de la République avec une candidature qui assume les droits des travailleurs, les valeurs d’avril et l’engagement du projet que la Constitution de la République portugaise consacre mais qui est très loin d’être réalisé, et dans les élections de l’Assemblée législative de la Région autonome des Açores, pour défendre les intérêts des travailleurs et des citoyens de cette Région autonome.

    Voici notre détermination à renforcer l’organisation du Parti. De ce Parti qui, grâce au militantisme de ses membres, au cours des derniers mois difficiles, n’a pas abandonné les travailleurs et le peuple et a été là où il fallait agir, clarifier, soutenir. Le renforcement de l’organisation avec le militantisme, plus de responsables et plus de cellules d’entreprise et de travail, le développement de l’action locale, l’intensification du travail d’information et de propagande et la diffusion d’Avante ! l’indépendance financière du Parti, notamment avec la concrétisation de la Campagne Nationale de Fonds.

    Renforcement du Parti qui doit s’articuler avec la dynamisation de l’intervention pour des objectifs concrets immédiats, pour l’alternative, pour la démocratie avancée avec les valeurs d’Avril dans l’avenir du Portugal, pour le socialisme.

    Nous entrons dans la troisième et décisive phase de préparation du XXIe Congrès de notre Parti, avec la participation maximale des militants, en fixant des lignes directrices et des mesures pour répondre à la situation, en réaffirmant l’identité communiste, la nature de classe, les buts suprêmes, l’idéologie, les principes de fonctionnement, le patriotisme et l’internationalisme. En utilisant les instruments créés par Marx et Engels, l’expérience léguée par Lénine et la formation collective du PCP avec la contribution unique d’Álvaro Cunhal, nous analyserons la situation portugaise et mondiale et indiquerons les voies de l’avenir.

    Nous organisons notre festival à un moment où nous célébrons les 100 ans de la vie du PCP. Nous sommes un parti qui a toujours refusé de se laisser intimider, quelle que soit l’ampleur des dangers, des adversités, des menaces ou des persécutions.

    Les générations successives de communistes ont dû faire face aux conditions les plus difficiles pour assurer la libération de leur peuple de toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Un Parti dont la mort a été déclarée mille fois et qui a émergé mille fois renouvelé, déterminé et convaincu, dirigeant la lutte des travailleurs et du peuple.

    Le Parti communiste portugais a une histoire glorieuse et combative qui se poursuit et se poursuivra. Dans ses propositions, dans ses objectifs, dans son action, le bien-être du peuple et des travailleurs, la liberté, la démocratie, un Portugal souverain et la construction d’une société plus juste, sans exploités ni exploiteurs, ont toujours été au premier plan.

    Il en a été ainsi et il en est ainsi aujourd’hui, avec nos propositions alternatives à la politique de droite.

    Et c’est donc face à l’épidémie que nous affrontons et combattons, en donnant l’exemple avec toutes les mesures sanitaires de précaution recommandées, en les rendant opérationnelles sur la base de notre Avante ! et dans toutes nos activités politiques, sociales et familiales.

    Les communistes ont tout fait et font tout pour aider à résoudre les problèmes du pays, des travailleurs et du peuple. Ils feront tout dans la vaste lutte contre le COVID-19.

    Mais ils ne cèderont pas à la peur réelle ou instillée par une panique orchestrée qui vise à isoler les gens, à briser la classe et la solidarité sociale, de sorte que les travailleurs acceptent docilement des sacrifices, abdiquent ou acceptent la limitation de leurs droits et de leurs conditions de travail et de vie et même de leur liberté.

    Parce que nous sommes certains que, en luttant vigoureusement contre le virus auquel nous sommes confrontés et contre de nombreuses autres maladies, obstacles et revers, seulement avec une grande confiance dans l’avenir de nos capacités et de celles de notre peuple, et en continuant à vivre avec joie et espoir notre vie sociale et culturelle familiale, nous trouverons la force de continuer sur la voie d’un monde meilleur et plus juste.

    La poursuite de cette voie sera possible si la population, en particulier les travailleurs, ne se laisse pas enfermer dans le “lockdown” dans lequel certains veulent enfermer leurs revendications et leurs luttes.

    Avec l’espoir et la confiance dans les générations actuelles, dans la jeunesse et dans l’avenir, sans négliger notre attention et notre vigilance sur les véritables nuages noirs qui se profilent à l’horizon, nous pouvons également entrevoir que l’humanité n’a jamais eu ou créé autant de potentialités dans son histoire pour concrétiser le rêve d’une société juste, sans exploités ni exploiteurs, comme à l’époque où nous vivons.

    Il nous suffit de ne jamais abandonner et de continuer à lutter pour atteindre cet objectif, car il est possible et nécessaire.

    En cette période de célébration du Centenaire de notre Parti, nous réaffirmons ici la validité de l’idéal et du projet communiste, le rôle nécessaire, indispensable et irremplaçable de ce Parti dont l’histoire, au lieu d’être passée dans le passé, se projette à l’horizon.

    Certains pensaient qu’avec le mensonge et l’affront, nous baisserions les bras. Ils ont vu la réponse. Ce Rallye et ce Festival sont marqués par la capacité, l’organisation, la responsabilité, le courage et la confiance.

    C’est ainsi que le PCP est né !

    C’est ainsi qu’il se bat depuis près de 100 ans !

    C’est ainsi que, honorant l’histoire et les engagements que nous avons toujours eus, nous partons d’ici, conscients des exigences auxquelles nous sommes confrontés, déterminés dans l’action, confiants dans l’avenir.

    Vive la solidarité internationaliste !
    Vive la jeunesse et les JCP !
    Vive la fête de l’Avante !
    Vive le Parti communiste portugais !

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Perspectives politiques et échéances électorales

    Perspectives politiques et échéances électorales.(IC.fr-8/09/20)

     

     

    par Georges Gastaud et  1 septembre 2020 – au nom de la Commission des relations politiques du PRCF (Corpol)

     

    Alors que monte la colère sociale et que notre peuple, frappé sur tous les terrains, est en quête d’alternative politique, alors que la perspective d’un deuxième et dévastateur quinquennat Macron n’est pas écartée et que les “Républicains” et le Rassemblement “national” rivalisent de propos fascisants pour capter les peurs, toutes sortes de manoeuvres politiciennes sont en cours, toutes sortes de “ballons d’essai” médiatiques sont lancés qui ne font qu’obscurcir les conditions d’un vrai changement progressiste pour notre pays..

    “Une ligne claire pour avancer”

    Pour sa part, le PRCF avance sans masque, porteur d’une ligne claire d’union des vrais communistes, des syndicalistes de classe et des patriotes antifascistes; il s’agit de chasser Macron (sans ralliement de second tour à sa politique liberticide sous prétexte de “barrer la route au fascisme”), d’exclure toute banalisation de l’extrême droite (sous couvert d’union “des patriotes des deux rives”), de mettre le monde du travail au centre de la vie nationale en sortant par la gauche de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, d’annuler toutes les mesures de fascisation, de privatisation, de délocalisation, de contre-réformes et d’ingérences néocoloniales du Liban au Mali. De porter, en un mot l’objectif rassembleur d’une République sociale, souveraine et fraternelle affrontant le grand capital et rouvrant à notre peuple la voie du socialisme. Dans ce but, le PRCF diffusera largement aux entreprises son programme franchement communiste et 100% anti-UE; notre camarade Fadi Kassem, secrétaire national adjoint, assisté de G. Gastaud, secrétaire national, sera chargé d’être notre porte-parole dans les luttes sociales, la précampagne et la campagne électorales dans un esprit de clarification politique et de recherche des convergences. 

    La confirmation de l’avancée de l’idée de  progressiste dont le PRCF est l’incontestable pionnier politique dans ce pays et parmi les communistes

    Dans la dernière période, on a assisté à une série de propositions émanant de forces classées à gauche :

    MM. Ruffin et Besancenot ont tenté de lancer un “CNNR” en ignorant la composante communiste (ou pire, en la méprisant) et en contournant la question stratégique du Frexit progressiste. Le PRCF a dit ce qu’il pensait de cette usurpation de la référence au CNR historique: on sait que ce dernier était ancré dans le peuple par la force de la Résistance communiste armée, pour lequel la reconquête de l’indépendance nationale était indissociable du progrès social.

    Comme il l’avait fait l’an dernier à la même époque (où, sans citer le PRCF, il avait repris l’idée des “deux drapeaux” sans lui donner de traduction concrète dans les manifs),  a radicalisé son discours en critiquant plus durement l’UE.

    Malheureusement, M. Roussel n’est pas allé jusqu’à dire qu’il faut SORTIR de cette construction 100% antisociale, impérialiste, anticommuniste, atlantiste et de plus en plus fascisante, ni jusqu’à annoncer la rupture du PCF avec le , cette courroie de transmission stipendiée de Bruxelles, ni jusqu’à revenir sur l’alliance stratégique mortifère du PCF avec le PS maastrichtien (comme on l’a vu aux municipales). Néanmoins le durcissement du discours du chef de file du PCF-PGE sur l’UE n’est pas sans intérêt : il marque l’avancée de l’idée de Frexit progressiste, anticapitaliste et anti-impérialiste dont le PRCF est l’incontestable pionnier politique dans ce pays en général, et dans la mouvance communiste en particulier, même si le mot “PRCF'” brûle la langue à certains. A noter que dans le même temps, des dirigeants syndicaux combatifs de premier plan comme Cédric Liechti (Energie-Paris) ou Laurent Brun (SNCF), sans parler de Jean-Pierre Page, se sont prononcés fortement contre l’UE en prenant le contrepied des orientations euro-béates de la Confédération CGT.

    Nous avons noté aussi avec plaisir le durcissement du ton de Jean-Luc Mélenchon sur la question de la rupture avec le capitalisme, sur l’intérêt d’une planification sociale, sur la nocivité profonde de l’UE, nous avons noté son refus courageux de la russophobie et de l’anti-soviétisme (il a rappelé notamment que l’histoire de l’URSS était historiquement indissociable de la victoire sur le nazisme et de la conquête de l’espace). Cependant nous avions aussi constaté tristement que, après la présidentielle de 2017, le slogan de la “l’UE, on la change ou on la quitte” avait presque disparu de la circulation et que dans la France insoumise, les milieux européistes et sociaux-démocrates typiquement représentés par Manon Aubry ou par Clémentine Autain, avaient pris le dessus sur les partisans d’un indépendantisme de gauche. Il faut que JLM dise clairement avant la présidentielle quel cours politique il choisit, celui de la petite bourgeoisie européiste des “métropoles”, ou celui des classes populaires qui ont montré avec persévérance, du vote sur  au Non à la constitution européenne, qu’elles ne voulaient pas de l’UE du capital, ni d’une alliance avec les politicards maastrichtens, y compris “socialistes”.

    Déjà, nous avons demandé à Jean-Luc Mélenchon d’une part, à Fabien Roussel d’autre part, la mise en place de rencontres politiques permettant de mettre cartes sur table à propos des intentions de chacun. N’ayant eu aucune réponse à nos courriers, nous refaisons cette demande publiquement. Une lettre confirmera cette demande à chaque leader politique concerné . Le PRCF est certes une force encore modeste, mais dont audience croît ; il porte une politique claire, inédite et rassembleuse susceptible de remettre en mouvement, dans les luttes et électoralement, des millions d’ouvriers et d’employés écœurés par le cours politique actuel. Ceux-ci souhaitent qu’émerge une politique nouvelle unissant le drapeau rouge au drapeau tricolore pour rompre sur des bases progressistes avec l’UE supranationale du capital sans frayer aucunement, ni avec le “néolibéralisme” policier de Macron, ni avec le PS maastrichtien, ni avec la droite réactionnaire et xénophobe des Retailleau, Le Pen, Maréchal et Cie. Bref, c’est une politique de Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste (FR.A.P.P.E.) qui s’ancre dans l’ADN du PCF historique (Front populaire, Résistance et Libération notamment) tout en tirant leçon des trahisons répétées du PS au cours des XXème et XXIème siècles. Le PRCF tentera aussi, à la faveur du mouvement social de l’automne, de dialoguer avec les forces représentatives du syndicalisme de classe et avec celles du mouvement, à la fois patriotique et populaire, des Gilets jaunes. 

             “Faire émerger une Convergence Nationale des Résistances”

    D’ores et déjà, le PRCF proposera dans divers départements des débats citoyens à la fin septembre (anniversaires communs de la bataille de Valmy, où l’Armée des Sans Culottes battit l’Europe monarchique… et des 49% de Non à Maastricht dont le PCF et la CGT étaient la force centrale) pour permettre aux forces démocratiques euro-critiques et antifascistes de construire ensemble. Car c’est avant tout en dialoguant et en agissant “en bas” avec les travailleurs et les citoyens qu’émergera la Convergence Nationale des Résistances, socle sociopolitique du changement indispensable.

     

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  • Communiqué de la Commission santé et du Scrétariat national  du Pôle de Renaissance Communiste en France

    Émanation de l’euro mondialisation virale ce pouvoir avance masqué : DÉFENDONS LA SANTÉ PUBLIQUE SANS RECULER SUR LES CONQUÊTES SOCIALES, L’EMPLOI, LES SERVICES PUBLICS ET LES LIBERTÉS! (IC.fr-7/09/20

    Émanation de l’euro mondialisation virale ce pouvoir avance masqué :

    DÉFENDONS LA SANTÉ PUBLIQUE SANS RECULER SUR LES CONQUÊTES SOCIALES, L’EMPLOI, LES SERVICES PUBLICS ET LES LIBERTÉS !

    Disposant désormais d’un recul de plusieurs mois, la commission Santé du PRCF ne peut que confirmer les justes critiques que le PRCF a d’emblée formulées 

    • à l’encontre de l’euro-mondialisation capitaliste et de ses prédations (environnementales et économiques) dans la multiplication et la propagation ultra-rapide des virus, 
    • des effets criminels de l’euro-austérité et de la politique sanitaire des gouvernements maastrichtiens successifs (Chirac, Aubry, Sarkozy, Hollande, …) en matière d’affaiblissement du système de soins, de désertification médicale et de destruction des structures hospitalières,

    • de sous-estimation initiale de la pandémie par les Macron et autre Buzyn qui ont plus que tardé à réagir, ignorant les informations transmises par la Chine, privilégiant le profit capitaliste et  leurs offensives antisociales contre les retraites et la sécurité sociale
    • de l’imprévoyance criminelle et des mensonges du gouvernement et de ses “conseillers scientifiques” à propos des tests de dépistage et du stockage des masques à usage sanitaire;
    • de destruction et de délocalisation massive de l’appareil productif national, de dépendance excessive à l’égard de la production industrielle étrangère en matière médicale comme en tous autres domaines, d’incapacité du pouvoir à réquisitionner, voire à  les équipements industriels nécessaires pour produire les masques et les respirateurs appropriés;

    • de mise en tutelle aveugle et antidémocratique des médecins de ville et hospitaliers traités en mineurs et empêchés de soigner selon leur conscience,
    • de refus et d’impuissance à mettre en place rapidement une politique de dépistage, d’isolement ciblé et de prise en charge médicale des personnes contaminées et potentiellement contagieuses,
    • de colonisation de l’ “État profond” sanitaire français par des cliques mandarinales liées aux labos pharmaceutiques privés;
    • de refus de nationaliser   – sans indemnité pour les grands actionnaires – , qui tout à la fois supprime des postes et privilégie, non pas le service dû aux citoyens français qui ont fait sa fortune, mais les États les “mieux-disants” sur le marché international, ainsi que l’ensemble de l’appareil productif pharmaceutique et médical,
    • d’abandon des EHPAD, dont la sous-médicalisation est flagrante, et de traitements inhumains, voire mortifères à l’égard des personnes âgées dépendantes suspectes de Covid.
    • d‘utilisation perverse de l’épidémie par le gouvernement pour limiter les libertés publiques, tenter d’imposer  la contre-réforme des retraites par le 49/3, raboter le code du travail, parachever la casse du baccalauréat et de l’école publique;
    • du système capitaliste en général, tant il est clair que les pays socialistes, Cuba en tête, ou de tradition socialiste, ont bien mieux géré la pandémie que les pays d’un néo-libéralisme débridé (USA, Grande-Bretagne, Brésil, Inde…) où les soins de qualité sont réservés aux personnes solvables,

    Banderole aux fenêtre à Paris durant le confinement – mars 2020

    • de ruine de la Sécu et du contribuable par l’allocation de subventions sans fin au patronat sans contrepartie d’emploi (Renault, Air-France, Dalkia… et Sanofi n’en licencient pas moins..) et le dégrèvement inconditionnel des cotisations sociales dites patronales, sans distinguer entre TPME et CAC-40,
    • de destruction de la souveraineté nationale et de l’indivisibilité territoriale de la République par l’emprunt européen Merkel- Macron, destiné aux euro-régions (mises en concurrence) et conditionné aux ingérences d’États étrangers et de l’UE elle-même dans la mise en place des contre-réformes en France,
    • de gaspillage belliciste des ressources publiques, les dépenses de surarmement et d’intervention militaire loin du territoire national étant maintenues durant la pandémie sur sommation de l’OTAN ou pour complaire aux profiteurs de la Françafrique néocoloniale.

    Tardivement décidé par Philippe, le confinement du printemps 2020 comportait un évident caractère de classe qui a surexposé inutilement les ouvriers et les employés travaillant dans des secteurs non vitaux; ce confinement, nous en avions alors accepté le principe sinon les modalités par esprit de responsabilité, par solidarité avec le personnels des urgences et parce que sa revendication émanait à juste titre de nombreux syndicalistes, rien de sérieux n’étant prévu dans nombre de services, d’écoles et d’usines pour protéger les personnels. Ce confinement indiscriminé, faute de tests disponibles, n’était toutefois qu’un pis-aller, le pouvoir s’étant révélé incapable de toute anticipation, de toute fourniture massive de masques, en un mot, de toute planification, et tentant même de criminaliser les tentatives des médecins de ville ou hospitaliers pour traiter précocement la  et pour en prévenir au moins les surinfections (seul “traitement” prévu, le doliprane, puis l’intubation dans les cas gravissimes… et dans la limite des équipement disponibles!). En outre, la politique gouvernementale de report des “interventions non urgentes” et de restriction des hospitalisations aux personnes “covidées” (suite aux suppressions massives de lits et d’établissements…) a nui à nombre de personnes atteintes d’autres pathologies qui n’ont pas été soignées à temps , sans compter les effets psychologiques délétères de deux mois d’isolement pour les personnes vivant seules.

    Concernant l’actuel “rebond” de la maladie, nous constatons à la fois que les données actuelles sont délicates à interpréter (l’augmentation des cas dépistés, parmi lesquels de nombreux cas asymptomatiques – mais potentiellement contagieux – témoigne-t-elle d’une véritable recrudescence ou d’un effet statistique lié à l’accroissement des dépistages)? La virulence du  ne s’est-elle pas atténuée de façon circonstancielle, saisonnière voire durable pour des raisons encore non comprises ? Ce sont des points encore scientifiquement disputés). Nous comprenons cependant que le principe de précaution oblige, dans le doute, à faire comme si l’épidémie et ses formes graves pouvaient repartir plus fort avec la rentrée des classes, le retour généralisé vers les entreprises, l’hiver,  etc., menaçant de nouveau de mort des milliers de personnes âgées ou des personnes plus jeunes mais physiquement fragiles ; dans ces conditions, nous demandons à chacun de continuer à respecter les distances interpersonnelles, à faire montre d’une hygiène des mains rigoureuse, à porter le masque dans les lieux de grande concentration humaine, de continuer à éviter les embrassades et les contacts rapprochés avec les personnes à risque tout en évitant absolument d’hystériser les rapports avec les personnes ne le portant pas.

    Qu’on ne compte pas en tout cas sur les communistes du PRCF pour refuser toute forme de réglementation sanitaire, et pas davantage pour soutenir les amateurs de flicage social pour qui la santé publique est le prétexte pour renforcer la fascisation et l’État policier.

    Concernant la mise en place d’un les communistes et les progressistes ne sont évidemment pas contre le principe même de la vaccination, mais nous rejetons à la fois les préventions absurdes contre tout vaccin ne provenant pas de l’aire “occidentale” et le désintérêt flagrant des décideurs pour la recherche et l’examen impartial des modes de traitement curatifs. Et surtout,  comment ne pas faire preuve de doute méthodique à l’encontre des gros labos pharmaceutiques capitalistes qui, depuis des décennies, privilégient le profit au détriment de la santé des gens, avec d’énormes scandales sanitaires à l’appui ?

    En même temps, aucune naïveté, aucune “union sacrée” dite sanitaire n’est admissible à l’égard de ce gouvernement qui, en tous domaines, affiche ses méthodes liberticides et son obsession policière de contrôle social et idéologique. Il faut combattre et dénoncer la propension du pouvoir à dévoyer les “mesures-barrières” pour répandre la peur et la soumission, et surtout, pour briser les luttes sociales dont Macron redoute la jonction, tant est grande la colère populaire et tant la pandémie a révélé le caractère inhumain de l’UE et de son “économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée”.

    En particulier, nous refusons catégoriquement que les prétextes sanitaires soient avancés pour interdire ou pour limiter les tractages, les réunions politiques et syndicales, les prises de parole publiques, les commémorations de la Résistance antifasciste et les manifestations populaires. Bien plus qu’en ce gouvernement incapable et liberticide, nous plaçons notre confiance dans les militants du mouvement populaire pour continuer à défendre le progrès social, la démocratie, la paix, les services publics et l’emploi en faisant montre du plus grand esprit de responsabilité à l’égard des exigences de santé publique. 

    Pour le secrétariat national du PRCF, G. Gastaud et F. Kassem

    Pour la commission santé du PRCF, G. Casadesus et J.C. Houseaux 

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    « Le gouvernement biélorusse n’a pas tremblé ». Entretien exclusif avec (secr. gén. du PC d’Ukraine) pour Initiative communiste

    Piotr Simonenko secrétaire général du

    A l’occasion d’une rencontre avec les camarades ukrainiens à la Fête de l’Avante au Portugal (fête du Parti communiste portugais), notre camarade Aymeric Monville a pu réaliser un entretien avec Piotr Nikolaïevitch Simonenko, secrétaire général du Parti communiste d’Ukraine, pour parler non seulement de la situation dans son pays mais aussi en Biélorussie où il était récemment observateur des élections. L’occasion également de faire le point sur l’infâme répression anticommuniste qui frappe l’ et particulièrement l’ de l’Est.


    Aymeric Monville pour Initiative Communiste : Vous vous êtes également rendu récemment en Biélorussie pour observer les élections et la situation qui en découle. Pouvez-vous expliquer au public français comment le Belarus a vécu une « révolution orange », comme pour le en Ukraine ? Quelles sont les différences entre les contextes biélorusse et ukrainien ? Est-ce que tout va revenir à la normale ou est-ce que cela va empirer, comme en Ukraine ?

    Piotr Simonenko : Oui, j’ai effectivement été observateur lors des élections du président de

    Biélorussie et je peux dire qu’elles ont été absolument transparentes et que les autorités de la République ont tout fait pour que les gens puissent voter librement. Mais de la part de ladite opposition, il y a eu des tentatives de créer des obstacles au vote. Des files d’attente ont été créées artificiellement pour les isoloirs, les bureaux de vote ont été soumis à des piquets et les membres des commissions électorales ont été mis sous pression.

    Quant à la “révolution”, nous ne devrions pas parler de la révolution en Biélorussie, mais de la tentative de coup d’État. Le scénario est similaire à celui que les États-Unis ont essayé de mettre en œuvre au Venezuela. Quels que soient les résultats des élections, ils n’auraient pas été reconnus, et le président légalement élu Loukachenko aurait été présenté en usurpateur ayant falsifié l’élection.

     
    Manifestation du parti neo nazi Svoboda en Ukraine – 2014

    La différence entre ce qui se passe actuellement en Biélorussie et les événements de 2014 en Ukraine est, tout d’abord, que la Biélorussie n’a pas de centre de coordination et pas de “réserve” d’émeutiers soutenus par l’ambassade américaine. Deuxièmement, les autorités biélorusses ont bloqué l’accès au pays des partisans et des instigateurs politiques des pays satellites des États-Unis et de l’UE. Il n’y avait pas de “biscuits Nuland” comme en Ukraine [Le 11 décembre 2013, la secrétaire d’Etat assistant pour l’Europe et l’Eurasie Victoria Nuland s’est rendue visite à la place Maïdan à Kiev et s’était adressée aux manifestants, leur offrant des biscuits, des brioches et du pain. Cet événement est l’un des nombreux exemples de l’intervention directe et active des Etats-Unis dans la crise ukrainienne. N.D.T.}. Troisièmement, il n’y a pas de classe d’oligarques en Biélorussie, qui sponsoriseraient les performances des émeutiers.

    Et surtout, le gouvernement n’a pas tremblé et n’a pas honteusement fui le pays comme en Ukraine, ce qui a conduit à la tragédie que connaît notre pays, à la guerre civile dans le Donbass et à la perte de l’intégrité territoriale.

    Et le point commun entre les événements, à l’exception du scénario traditionnel de toutes les révolutions de couleur, est leur objectif. Établir en Biélorussie un régime fantoche similaire à celui de l’Ukraine, fermer l’arc de confrontation entre la Baltique et la mer Noire et la , étendre la tête de pont de l’OTAN sur les frontières avec la .

    Initiative Communiste. Quelles sont les caractéristiques du régime actuel en Biélorussie ? Peut-on parler de régime partiellement socialiste ? Quelle est la différence avec l’Union soviétique ?

    Piotr Simonenko : Je ne comparerais pas le Belarus moderne à l’Union soviétique. Mais ce que nous avons réussi à faire, c’est de ne pas dilapider le potentiel économique hérité de l’URSS, de le préserver et de le multiplier. Nous avons réussi à fournir une médecine et une éducation publiques abordables et de qualité, à préserver la propriété foncière de l’État et à amener les entreprises agricoles collectives à un nouveau niveau de coopération. Préserver le financement public des sciences universitaires et appliquées. Au bon niveau.

    Initiative Communiste. Nous sommes actuellement au congrès du Parti communiste portugais, mais les camarades biélorusses n’ont pas pu venir cette année pour des raisons que nous comprenons très bien. Quelles sont vos relations avec le Parti communiste de Biélorussie ? Comment voient-ils la situation actuelle ?

    Piotr Simonenko : Le Parti communiste d’Ukraine et le Parti communiste de Biélorussie entretiennent des relations étroites et de longue date. Nous soutenons nos compagnons d’armes biélorusses, ils ont apporté l’aide la plus efficace aux communistes d’Ukraine après un coup d’État armé et l’instauration d’un régime pro-fasciste d’oligarques-nazis dans notre pays. Quant à l’absence de camarades biélorusses  à la fête de l’”Avante”, je crois que cela est dû au fait qu’aujourd’hui chaque combattant est important pour protéger la Biélorussie des interférences extérieures, pour protéger les réalisations des travailleurs. Et les communistes sont de véritables combattants pour la cause des travailleurs, pour la liberté et la paix dans leur pays.

    Initiative Communiste. Quel rôle joue la Russie de Poutine en Biélorussie ? 

    Piotr Simonenko : Je ne peux pas être d’accord avec la définition de la “Russie de Poutine”. Et quant aux relations entre la Russie et la Biélorussie, il faut comprendre que dans ce cas, il s’agit de l’État de l’Union de la Biélorussie et de la Russie. Oui, le processus d’unification n’est pas encore achevé. Cela est dû à de nombreux facteurs. Il y a des différences et même des frictions en cours de route, mais pour la formation d’une union politique et économique aussi complexe que l’État de l’Union, c’est naturel. J’espère que ce ne sera pas long et qu’un nouveau sujet de politique internationale apparaîtra sur la carte politique du monde.

    les soutiens des putchistes biélorusses brandissant… le drapeau européen

    Initiative Communiste. On parle beaucoup d’ingérence polonaise et lituanienne, y compris de milices fascistes, qui viennent d’Ukraine pour déstabiliser Loukachenko. Pouvez-vous nous donner plus d’informations ?

    Piotr Simonenko : Oui, je le peux. La Pologne, la Lituanie et l’Ukraine, en tant que satellites de la politique militariste impérialiste américaine, mettent en œuvre le plan de leurs maîtres pour déstabiliser la situation en Biélorussie.

    Initiative Communiste. Que pouvons-nous faire en France pour aider nos camarades biélorusses ?

    Piotr Simonenko : Si nous parlons de Paris officiel, alors ne suivez pas avec les États-Unis et reconnaissez les élections en Biélorussie. Si l’on parle de nos camarades français, les communistes devrait utiliser toutes les réserves disponibles pour faire pression sur le Parlement et le Palais de l’Elysée afin qu’ils reconnaissent les résultats des élections en Biélorussie. Il est nécessaire d’empêcher l’ingérence extérieure de Paris dans les affaires intérieures de la Biélorussie, à l’instar de l’Ukraine. Nous vous rappelons que la France a signé un accord sur le règlement pacifique de la situation à Kiev en 2014, mais n’a pas veillé à son application, ce qui a finalement conduit à la guerre civile et à l’effusion de sang.

    Initiative Communiste. Nous organisons des manifestations en France contre la criminalisation du communisme, car nous constatons que le Parlement européen s’inspire de plus en plus des répressions fascistes en Europe de l’Est. Pouvez-vous nous parler des répressions anticommunistes des autorités en Ukraine et informer le public occidental sur la nature très fascinante de ces répressions ?

    Piotr Simonenko : Nous avons publié à plusieurs reprises des documents sur la terreur du régime au pouvoir en Ukraine contre notre parti et les communistes, informé l’APCE, le Parlement européen et l’ONU des atrocités commises par des bandes néofascistes sous le patronage des fonctionnaires de Kiev.

    Je tiens à vous rappeler que plus de 400 procédures pénales ont été engagées contre des membres de partis pour des condamnations politiques. Plusieurs de nos camarades croupissent en prison depuis plus d’un an et demi sous le régime sans procès, sur la base de fausses accusations. Notre journal “Komunist” a été fermé et la chaîne de télévision “Gamma” a été privée de sa licence.

    Mais surtout, le parti communiste est illégalement interdit d’élections et lors des futures élections des conseils locaux, les communistes ne peuvent pas faire campagne en tant que représentants du parti.

    Entretien réalisé et traduit du russe par Aymeric Monville, secrétaire de la commission internationale du PRCF le 7 septembre 2020

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • 4 septembre 2020, Atalaia, Amora, Seixal
    Ouverture du Festival "Avante ! Festival 2020

    Bienvenue à Atalaia/Quinta do Cabo.

    Salutations aux voisins du Festival, aux jeunes, aux démocrates et aux amis du Festival l'Avante ! .

    Salutations fraternelles aux bâtisseurs du Festival qui, dans des conditions exceptionnelles, l'ont élevé à la main, à tous ceux qui assureront son fonctionnement, en prenant toutes les mesures nécessaires en matière de protection de la santé, - y compris celles qui vont au-delà des normes requises dans tout espace commercial, toute plage, toute activité religieuse ou de rue et autres initiatives - dans un espace de 300 mille mètres carrés avec de la musique, du théâtre, du cinéma, de la culture, en ravivant ici aussi la pulsation et la jouissance de la vie dans ses différentes dimensions.

    Pendant des décennies, à quelques exceptions près, le Festival Avante ! , en particulier les images du niveau de participation aux rassemblements, ont été cachées, censurées, mises de côté, pour conclure que "la chose était faible". Maintenant, de façon surprenante, beaucoup de pièces qui n'ont jamais vu le jour sont jouées et rejouées, pour conclure qu'"il y aura trop de monde" !

    En utilisant un véritable arsenal médiatique, en profitant des inquiétudes légitimes concernant l'épidémie, ce qu'ils voulaient et veulent vraiment, c'est remettre en question les droits politiques constitutionnels.

    Des personnalités de droite, d'anciens responsables gouvernementaux bien connus, comme s'ils avaient changé d'avis sur le mal qu'ils ont fait au droit aux soins de santé des Portugais et au Service national de santé, au réseau public de santé avec la dévalorisation des services, la fermeture de milliers de lits, la réduction du nombre de professionnels, qu'ils ont également sanctionnés dans leurs salaires, dans leurs horaires de travail, dans leurs carrières, se mettent en avant pour invoquer hypocritement des raisons sanitaires pour empêcher le Festival.

    Ils ne veulent pas de la Fête comme ils ne voulaient pas des célébrations du 25 avril, ou de la lutte du 1er mai. Ils n'ont pas voulu, et ne veulent pas du Festival parce qu'ils sont conscients de l'aggravation de la situation économique et sociale dont les secteurs du capital vont profiter pour licencier, réduire les salaires et les droits, accroître les injustices et les inégalités et garder la part du lion du soutien financier.

    Outre le Festival, ils ne veulent pas que les travailleurs se mobilisent et se battent et encore moins que le PCP soit une voix et une force de combat, qu'il donne du courage et de la confiance à tous ceux qui s'inquiètent pour leur vie, un Parti avec une politique alternative, patriotique et de gauche, qui n'abandonne aucune place pour proposer des mesures pour augmenter la valorisation du travail et des travailleurs, en particulier la valorisation des salaires et l'augmentation du Salaire Minimum National et la lutte contre la précarité, des mesures qui tiennent compte de la valorisation des retraites et des pensions et de la protection sociale, qui visent à renforcer les services publics, en particulier les soins de santé et la sécurité sociale, qui fixent comme objectif national de faire produire au pays ce qu'ils nous obligent à acheter à l'étranger, en valorisant le marché intérieur et l'activité des créateurs d'art et de culture, des micro, petites et moyennes entreprises, et des producteurs et agriculteurs.

    Oui, ils veulent que nous restions tranquilles, confinés, silencieux et effrayés, parce qu'ils savent ce qui va arriver. Ils veulent que nous renoncions à ce qu'il y a de plus beau et de plus épanouissant dans la vie, que nous soyons libérés de nos peurs, que nous redécouvrions la socialisation et les amitiés, la culture, les concerts de différents styles de musique, que nous découvrions les levadas de Madère, que nous écoutions le chant de l'Alentejo et le fado, que nous présentions un livre, que nous regardions une pièce de théâtre ou un moment de cinéma, que nous participions à l'un des débats qui rempliront 60 heures pendant les 3 jours du Festival, que nous donnions un sens et une expression concrète à la solidarité internationaliste, à la lutte pour la paix.

    Oui, camarades et amis. Respectons et appliquons toutes les mesures de protection de la santé. Utilisons le masque comme recommandé. Mais ne fermons pas les yeux sur la nécessité de continuer à être et à lutter là où nous avons toujours été - avec les travailleurs, avec le peuple portugais, quelles que soient les circonstances, une lutte inséparable de l'exercice des droits, des libertés et des garanties constitutionnelles.

    Que notre Festival soit une fois de plus un espace et un moment de joie, de tranquillité avec une énergie renouvelée pour faire face aux intempéries.
    Nous déclarons ouverte la 44e édition de l'Avante ! Nous déclarons ouverte la 44ème édition du Festival Avante !

    Vive Avante ! .

    Vive le Parti Communiste Portugais !

     

     

    source en portugais: http://www.pcp.pt/abertura-da-festa-do-avante-2020

    source en français: http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2020/09/message-de-jeronimo-de-sousa-secretaire-general-ouverture-du-festival-avante-2020.html

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  • Sommet du G5 Sahel en décembre 2017 Macron au coté de Merkel – source twitter/Elysée

     

    UN REJET CROISSANT DE LA FRANÇAFRIQUE NÉOCOLONIALE

     

    Une réflexion de Georges Gastaud, auteur notamment de Patriotisme et internationalisme (CISC, 2011) et de Marxisme et universalisme (Delga 2015)-3 septembre 2020.

     

    Le peuple malien fête la démission de IBK

    Du Mali au Liban en passant par la Côte d’Ivoire (en attendant d’autres insurrections populaires africaines?), l’ex-empire colonial français devenu “” néocoloniale subit une crise profonde qu’il fait chèrement payer aux peuples d’Afrique et du Proche-Orient, et aussi, de manière plus indirecte et moins immédiatement sanglante, à notre propre pays. 

    Parfois conduits par des marxistes (comme ceux du Parti SADI à Bamako), voire par des figures de proue du camp anti-impérialiste mondial (comme ce fut le cas de Thomas Sankara au Burkina Faso), sans parler de l’insurrection pacifique qui mobilise l’avant-garde de la jeunesse algérienne (1), les peuples de l’Afrique francophone (ou partiellement francophone) et du pourtour méditerranéen rejettent la mainmise des monopoles capitalistes français (de Total à Bolloré), et peut-être plus encore la tutelle étouffante de pouvoirs locaux qui ne règnent que par la corruption, le népotisme, la répression et la soumission à l’ordre capitaliste mondial. Parfois même la jeunesse africaine en révolte en vient, dans sa colère légitime mais pas toujours éclairée par des partis marxistes et internationalistes de masse, à confondre l’impérialisme français avec “la France”, voire avec la langue française qui est pourtant devenue notre bien  commun: on le voit tristement sur certaines pancartes brandies par des jeunes Africains affichant sans nuance le slogan “Mort à la France!”…

    Pourtant,  l’impérialisme français, c’est-à-dire les monopoles capitalistes d’origine hexagonale, est aussi l’ennemi du peuple travailleur de France: arrimé à la “construction” européenne et devenu depuis longtemps le vassal volontaire des , cet impérialisme d’autant plus agressif qu’il est déclinant économiquement, s’est mué, comme nous l’avons montré dans de nombreux textes antérieurs, le principal destructeur de la nation française elle-même…

     

    Idéaux pseudo-universalistes et pratiques sordides de l’impérialisme français

    Non seulement parce qu’il est le digne héritier d’Henri Alleg (2), héros de la lutte contre l’ “ordre” néocolonial mondial, mais parce qu’il est authentiquement patriote et qu’il défend sincèrement l’avenir et l’honneur du peuple français, le PRCF combat les interventions néocoloniales de la France officielle en Afrique, qu’elles se cachent derrière la défense de la “stabilité” (Centrafrique), le “maintien de l’ Etat de droit” (Côte d’Ivoire, Centrafrique), ou qu’elles invoquent l’ “ingérence humanitaire” (déstabilisation de la Libye par Sarkozy soutenu par Hollande, avec d’énormes effets négatifs sur le Nord et l’Ouest de l’Afrique), la “reconstruction nationale” (Liban), l’ “aide aux démocrates” (Syrie, où les ingérences de Fabius et Cie ont aidé à ouvrir la brèche au monstrueux Daesch), voire, la lutte antiterroriste (Mali), et maintenant, le soutien aux décisions de la CEDEAO (qui appuie l’ex-président corrompu IBK et prétend mettre le Mali en insurrection sous embargo international).

    Quelle que soit la bonne foi de nombre de jeunes militaires français qui croient venir en aide aux peuples africains, l’impérialisme reste l’impérialisme et il ne se peut faire qu’à toutes occasions, il ne préfère ses prédations aux finalités hautement morales affichées par ses porte-parole (par ex. “stopper la sécession du Mali et l’expansion des fanatiques d’AQMI”). Car l’Etat impérialiste n’a rien à refuser aux monopoles pillards, trop souvent bailleurs de fonds de nos “présidentiables” (les riches souscripteurs des Balladur, Sarkozy et autre Macron n’étaient pas tous français…); il est donc impossible qu’au moment décisif, c’est-à-dire quand il y va de la nature de classe du pouvoir dans tel ou tel pays de l’ex-“pré-carré” africain, l’impérialisme français ne prenne pas parti, à l’instar de ses congénères étrangers, pour les cliques contre-révolutionnaires; ainsi a toujours procédé l’impérialisme en Russie (1917), au Vietnam (1945), à Cuba (1959) ou dans les ex-colonies portugaises d’Afrique et d’Asie en 1974. Peu importe à ces méga-prédateurs la misère et l’humiliation desdites populations qui finissent toujours par haïr “la France”, voire par rejeter la langue française (comme ce fut le cas au Ruanda, que Kagamé a officiellement basculé vers l’espace anglophone), alors que parfois, ces mêmes populations africaines semblaient initialement s’enthousiasmer pour les interventions “salvatrices” de l’armée française (accueil triomphal de Hollande à Bamako en 2012…).

     

    L’agitation tous azimuts du nouvel “homme malade” de l’Europe : la France macroniste

    Cependant, ce qui est le plus flagrant dans la période récente, c’est la manière dont Macron – que rejette toute une partie du peuple français et qui veut redorer son blason en se donnant une image de faiseur de paix – se démène littéralement de Bagdad à l’Afrique occidentale en passant par Beyrouth pour tenter de sauver ce qui reste des zones d’influence africaine et proche-orientale de la France: on sait que cette dernière fut longtemps, avec l’Angleterre, la force dominante de l’espace méditerranéen, notamment sur le plan naval. Descendu de son Olympe élyséenne, notre Jupiter itinérant tente même arrogamment, chantage militaro-financier à l’appui, de dicter sa feuille de “mission” au Liban avec l’appui du FMI; c’est oublier le principe élémentaire selon lequel l’émancipation des peuples ne peut être que leur oeuvre propre (“les peuples n’aiment pas les missionnaires armés”, disait Robespierre), autant que possible soutenue par la solidarité des autres peuples contre le capitalisme-impérialisme. Est-ce vraiment de la Patrouille de France sillonnant le ciel de Beyrouth qu’a présentement besoin le peuple libanais soulevé contre l’incurie, le clientélisme et le pillage de ses cliques confessionnelles magouilleuses ? Voilà en tout cas Macron qui, compensant par l’activisme la perte d’influence au long cours de “notre” impérialisme, se multiplie de la Méditerranée orientale à l’Afrique occidentale et qui tente de recoudre tant bien que mal une stabilité régionale que Sarkozy, alors conseillé par l’ignoble B.-H. L., a dynamitée par son intervention calamiteuse en Libye. Nous voici même désormais à deux doigts d’une guerre navale franco-turque avec l’autocrate turc Receipt Erdogan, dont la marine n’hésite pas à mettre en joue des navires de guerre français… et à s’en vanter publiquement. Ce même Erdogan entreprend ouvertement de reconstruire l’ancien espace impérial ottoman (les sultans turcs, qui se disaient chefs des musulmans, régnaient jadis sur la Mer noire et la Méditerranée et ils dominèrent même l’espace algérien avant de se replier et d’être remplacés par les troupes françaises du roi Charles X) en patrouillant dans les eaux grecques et libanaises que l’on sait gorgées d’hydrocarbures; ce qui amène ce nostalgique du sultanat à bousculer sur terre et sur mer l’impérialisme français en difficultés structurelles. Or, ce qui est flagrant dans ces conflits où le néocolonialisme français grimé en Sauveur s’engage tous azimuts, c’est d’abord qu’il dispose de moins en moins des moyens économiques et militaires de ses appétits, si ce n’est de ses rodomontades. C’est ensuite que d’autres concurrents impérialistes ou pré-impérialistes ouvertement rivaux ou prétendument “alliés” de la France s’engouffrent sans vains scrupules dans l’espace fissuré de la “Françafrique” délabrée. C’est enfin que les puissants “alliés” de la France bourgeoise, USA,  et Europe allemande en tête, laissent Macron, sa marine, ses troupes terrestres et sa diplomatie empanachée, bien seuls et isolés face aux risques politiques et militaires encourus. En réalité, “nos braves alliés” de Washington et de Berlin (et leur condominium bruxellois) cachent mal leur plaisir de voir Paris s’embourber militairement au Nord-Mali, se frotter navalement à la Turquie et s’allier à la Grèce sans l’assurance d’un solide appui atlantique (et pour cause: l’OTAN, c’est-à-dire Washington, et l’UE, c’est-à-dire principalement Berlin, ne veulent pas jeter la Turquie dans les bras de Moscou…). Macron prend ainsi le risque de mettre les mains dans un engrenage proche-oriental que le Pentagone lui-même, après avoir subi une déroute en Syrie et en Afghanistan et même en Irak, est désormais contraint de traiter avec plus de prudence, si ce n’est avec plus de respect véritable…

    Bref, comme nous le disions dans un récent article consacré à la Turquie néo-ottomane d’Erdogan ( cliquer ici TURQUIE D’ERDOGAN: TRUBLION OU BELIER DE LA MONDIALISATION CAPITALISTE? ), c’est bien la France impérialiste qui, malgré ses restes de puissance non négligeable, est à son tour devenue “l’homme malade”, ou du moins l’un des hommes malades, de la géopolitique européenne, méditerranéenne et mondiale. En témoignent l’insistance allemande à transformer le siège français au Conseil de sécurité onusien en un “siège européen” (on n’ose pas encore dire “allemand”, mais c’est à quoi cela reviendrait rapidement et dans les faits..) et la manière semi-dédaigneuse dont Berlin regarde les flamboyants projets macronistes d’ “armée européenne”: le “marcheur”, pour ne pas dire le somnambule de l’Elysée rêvait d’en faire l’outil d’une domination militaire française indirecte sur l’Europe étant donné qu’avec le Brexit, la France reste la seule puissance militaro-nucléaire proprement européenne. Mais, à moyen terme au moins, Berlin se rit de tels projets prétendument “-indépendantistes”; et, sans refuser l’idée d’une armée européenne qui donnerait à la Bundeswehr la main sur le nucléaire militaire français, Mme Merkel ne cesse de rappeler qu’aucune armée européenne ne se construira en dehors du commandement intégré de l’OTAN… Le prétendu Axe franco-allemand (qui ressemble de plus en plus à un vecteur orienté Est-Ouest) est d’ailleurs si asymétrique que le Traité germano-français d’Aix-la-Chapelle,  récemment signé par la chancelière fédérale et par le “Prix Charlemagne” Emmanuel Macron, a surtout abouti à la transformation du département de Moselle en “-département” et à la création d’une collectivité unique d’Alsace (pourtant rejetée par référendum par les Alsaciens…) avidement tournée vers l’ “espace rhénan”… Comme l’a encore montré Mme Yvonne Bollmann dans le dernier numéro d’Etincelles (juin 2020, n°46), il y a longtemps que la courroie de transmission entre Berlin et Paris ne tourne guère que dans un sens du point de vue industriel, économique, et de plus en plus, territorial…

     

    Autophobie nationale des élites bourgeoises

    La raison fondamentale de cet affaiblissement généralisé de l’impérialisme français tient à l’énorme contradiction qui caractérise “notre” capitalisme hexagonal, MEDEF et CAC-40 français en tête. Pour des raisons de classe internes (depuis au moins Mai 1968, la grande bourgeoisie française redoute ce peuple français historiquement porté à brandir des bonnets phrygiens, des drapeaux rouges ou, plus récemment, des gilets jaunes), et aussi et surtout parce que “notre” oligarchie a “besoin d’aire” pour déborder l’Hexagone et pour prendre toute sa place dans la course européenne et mondiale aux fusions capitalistes et aux profits maximaux. Dans le manifeste patronal de 2012 intitulé “Besoin d’aire”, le MEDEF alors présidé par Laurence Parisot avouait crûment sa détermination à détricoter la nation française sur laquelle il a pris si longtemps appui et qu’il est de plus en plus enclin à vendre à la découpe. Il s’agit désormais clairement et arrogamment, de dé(maas-)tricoter maille après maille cette République bourgeoise, encore officiellement laïque, sociale, démocratique et indivisible, dont l’histoire révolutionnaire mouvementée de notre pays a tissé la physionomie singulière (appelée avec mépris “exception française”), de 1789 aux conquêtes sociales des ministres communistes de 1945 (statuts, code du travail protecteur, conventions collectives, Sécu, retraites par répartition, nationalisations, etc.) en passant par les insurrections ouvrières-républicaines du XIXème siècle (Trois Glorieuses, février et juin 1848, Commune de Paris…), par la victoire des forces laïco-dreyfusistes en 1905 et par les occupations d’usine de 1936. Tout y passe désormais: le “produire en France” industriel et agricole (qui forme ou formait la base matérielle de la classe ouvrière et de la paysannerie petite et moyenne), la “république une et indivisible” reconfigurée en “grandes régions” à l’allemande, les communes aspirées par de vampiriques “métropoles” rongeant la ruralité et marginalisant les banlieues, les services publics d’Etat asphyxiés ou privatisés, la protection sociale broyée, la souveraineté nationale  – que la constitution déclare inaliénable – transférée à Bruxelles et à Francfort (le MEDEF revendique même officiellement les “Etats-Unis d’Europe” et l’ “Union transatlantique”); jusqu’à la langue française qui se voit sacrifiée au tout-anglais illégalement imposé de l’entreprise à l’Université avec la pleine complicité de l’UE et des gouvernements successifs, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande et par sa ministre des Université, Geneviève Fioraso. Longtemps, l’impérialisme français, héritier partiellement illégitime de la Révolution française (bourgeoise mais démocratique, démocratique mais bourgeoise, basculant de Robespierre à Napoléon…) s’était appuyé sur la construction de l’Etat-nation français (entreprise à tâtons depuis Philippe-Auguste par les Capétiens alliés aux “jurées-communes”) pour légitimer son pouvoir, lui donner une assise de masse, notamment urbaine, puis pour dévoyer les Lumières pré-révolutionnaires et fournir une apparence universaliste à ses prédations européennes (Bonaparte) et/ou africaines et asiatiques (Ferry, etc.). C’est encore cette idéologie passablement contradictoire, le nationalisme assorti à l’idée d’une “mission universelle de la France”, qui avait permis à la nouvelle classe dominante bourgeoise de contenir peu ou prou le bouillant prolétariat français (cf l’ “union sacrée” de 1914-1918 soutenue par le parti socialiste) tout en pillant des peuples étrangers invariablement traités en mineurs (en contradiction avec le respectable discours universaliste républicain, il y avait des citoyens français et des “sujets” français dans l'”Empire” colonial dirigé par la “République” française!). Mais d’une part, l’Empire a été irrévocablement perdu après deux défaites politiques majeures, l’une subie en Indochine, l’autre en Algérie. D’autre part, comme l’ont démontré de nombreux écrits de l’historienne Annie Lacroix-Riz, l’oligarchie française s’est de plus en plus soumise, alternativement ou simultanément, à l’impérialisme allemand (vite reconstruit après-guerre avec l’aide de Washington) et à l’impérialisme américain (qui n’hésitait pas à tirer dans le dos de Paris pour pousser ses propres tentacules en Indochine ou en Afrique…). Mais enfin, la période gaulliste est révolue: il s’agit du moment politico-économique où, d’une part, les monopoles capitalistes français prenaient appui sur l’Etat-nation bourgeois pour fusionner principalement à l’échelle hexagonale (Péchiney(Ugine-Kuhlmann, Schneider-Creusot-Loire, BNP/PAribas, BSN…), et où, d’autre part, Charles de Gaulle tentait de rendre à la France bourgeoise sa liberté de mouvement et son prestige d’antan en naviguant à l’international entre les deux superpuissances militaires de l’époque, Washington et Moscou. C’est alors que Paris reconnaissait la Chine populaire, contestait la “construction européenne” et en refusait l’entrée à Londres, flanqué de son Commonwealth. A l’époque, un général au dos raide osait braver la politique américaine en Extrême-Orient (Discours de Phnom Penh), prenait parti pour les Arabes lors de la Guerre des Six Jours et appuyait les revendications souverainistes du Québec au grand dam du monde anglo-saxon. Depuis le départ forcé du Général en 1969, les “gaullistes” qui lui ont succédé, de Pompidou à Sarkozy en passant par Chirac, ont de plus en plus affiché leur allégeance à l’égard de l’UE et de l’OTAN, dont Sarkozy, approuvé par Hollande, a fini par rallier le commandement intégré. Quant à l’épisode irakien (refus de Chirac de suivre la désastreuse équipée de Bush Junior en Irak en 2003), il a été rapidement effacé par Sarkozy et par Hollande (dont Macron était ministre). Entretemps, le puissant PCF patriote et internationaliste de Maurice Thorez et de Waldeck Rochet, qui ne craignait pas de soutenir publiquement les “aspects positifs de la politique étrangère gaulliste”, s’est mué en un PCF-PGE mutant et “euro-constructif”; enchaîné électoralement au PS maastrichtien depuis les années Mitterrand, ce parti s’est désormais inféodé au Parti de la Gauche Européenne, une officine transnationale financée et politiquement cadrée par Bruxelles. Malgré ses critiques sur les modalités de la construction européenne, le PCF-PGE défend désormais mordicus l’appartenance de principe de la France à l’euro et à l’UE. Ce tableau de la décomposition française et de ses semi-opposants serait incomplet si l’on omettait d’évoquer la nouvelle échelle à laquelle s’effectuent les fusions monopolistes: l’échelle continentale, voire transcontinentale – “transatlantique” dirait Laurence Parisot – comme on le voit avec Renault-Nissan, Siemens-Alstom, Alcatel-Lucent, PSA-Chrysler-FIAT, etc.; bref, l’obsession du grand capital “français” de plus en plus transnationalisé (une enquête du Monde a montré que presque tous les PDG du CAC résident à New York; inutile de se demander quelle langue ils parlent en famille…) est de trouver son “couloir” dans la course euro-mondialisée au profit maximal : quitte pour cela à brader nos usines, notre agriculture et notre langue elle-même, c’est-à-dire à abandonner, après les avoir exploités jusqu’au bout, les ouvriers, paysans, artisans, intellectuels et autres ingénieurs de ce que Jean-Marie MEssier, de Vivendi, appelait son “petit pays exotique”. N’en déplaise à Emmanuel Macron, qui ne cible que le “séparatisme” musulman, cela s’appelle une sécession de classe, voire de caste. C’est cette tendance à la dénationalisation générale que traduit le jeu de mot “besoin d’aire”, qui formait le titre du manifeste patronal de 2012, un intitulé qui, transcrit en allemand dans les années 1930, aurait pu se traduire par Lebensraum, “espace vital”…Mais comment peut-on brader la grande industrie française, liquider la paysannerie laborieuse, stranguler les services publics et l’Education nationale à coups de contre-réformes, fermer tous les casernements proches de la frontière Est de l’Hexagone (ce qu’a fait Sarkozy), ériger l’anglais en “langue de travail” de l’armée française, démolir les acquis sociaux qui, malgré leurs limites, tendaient à faire de la nation bourgeoise une nation bourgeoise… et espérer “en même temps” maintenir sur la durée le “rang” de l’impérialisme français sur les théâtres africain, méditerranéen, européen et mondial? Il est clair par ex. qu’un pays qui, sur le plan industriel, ne produit presque plus rien à domicile ne peut que s’endetter furieusement: c’est fatal quand on importe durablement plus que l’on n’exporte… A quoi se sont ajoutées les règles européennes qui interdisent à la France et aux autres pays (mais cette prescription est douce pour la RFA, commercialement excédentaire, alors qu’elle est dévastatrice pour ceux qui sont déficitaires!) d’emprunter à leurs banques nationales respectives: il faut alors s’endetter auprès des marchés financiers internationaux, qui ne sont pas bénévoles… Enfin, la monnaie unique calée sur le deutsche Mark a prohibé les dévaluations compétitives périodiquement pratiquées par les pays du “Sud” européen… tout en dopant le “made in Germany” adossé aux néo-colonies d’Europe de l’Est (les USA et la RFA ont été les principaux bénéficiaires de la contre-révolution des années 1988/91 qui a détruit l’Europe socialiste en général, et la Yougoslavie fédérale en particulier). L’euro fort imposé à tous a également enchéri  les produits  de l’Europe latine en les rendant inexportables. Au terme de ces contradictions ubuesques, dont la France bourgeoise est l’esclave volontaire, on en arrive à une défense de moins en moins nationale qui ne maîtrise même plus la fabrication de ses fusils, et dont tel chef d’état-major français (le très “patriotique” De Villiers) a tout loisir de prendre une retraite dorée en devenant le conseiller nanti d’une firme nord-américaine…

     

    Fébrilité macroniste et isolement international croissant

    En résumé, la tentative désespérée (macroniste en particulier) de dilater tous azimuts l’impérialisme français tout en bradant son socle national traditionnel (privatisations, délocalisations, américanisation culturelle, etc.) arrive au bout de sa logique: elle alimente le “séparatisme” des élites bourgeoises “françaises” planquant leur fortune dans les paradis fiscaux… et déclassant ainsi directement ou indirectement des dizaines de millions d’ouvriers, de paysans, d’agents publics, mais aussi d’enfants issus des “couches moyennes” et promis à la précarité travestie en “mobilité”.

    Politiquement, cette euro-évaporation planifiée de la nation se traduit par une crise aiguë du politique qui place notre pays en situation pré-insurrectionnelle latente (voir la crise explosive et seulement suspendue des Gilets jaunes), avec pour seule “alternative” médiatiquement visible la victoire d’un bloc xénophobe et ultraréactionnaire (que symbolise de plus en plus Marion Maréchal-Le Pen). Car malgré l’apparence, rien n’est plus logique que la conjonction d’une oligarchie euro-mondialiste autophobe et d’un magma droitier confondant le patriotisme, ce sentiment légitime compatible avec le commandement “aime ton prochain comme toi-même”, avec la xénophobie d’Etat et notamment, avec la haine du travailleur musulman et du jeune Beur ghettoïsé : comme l’avait montré Sartre, mépris de soi et haine d’autrui se sont toujours nourris l’un l’autre. Géopolitiquement, ce grand écart de l’impérialisme “français” entre euro-dissolution de la France républicaine et fébrilité diplomatico-militaire à l’extérieur se traduit par une aventureuse fuite en avant de l’impérialisme français vers l’activisme géopolitique alors même que ses puissants “alliés”… et concurrents américains et nord-européens ne manquent pas une occasion de lui maintenir la tête sous l’eau et de lui rappeler ironiquement son rang de puissance moyenne en déclin rapide. 

     

    Le monde du travail seul avenir possible pour la Nation

                                         Le PRCF et les JRCF mobilisés pour la Paix et   
    la solidarité internationale contre l’impérialisme

    Depuis longtemps, le pouvoir oligarchique bourgeois “français” ne peut plus rien apporter, malgré ses sursauts impérialistes et néo-coloniaux sarko-hollando-macronistes, au rayonnement international de notre pays dont il est devenu l’ennemi principal. Devant ce constat, tous ceux qui soutiennent le droit égal de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes, du Liban au Mali en passant par la Centrafrique, doivent dénoncer plus que jamais l’impérialisme français, de plus en plus impérialiste et de moins en moins “français”. Et ils ne doivent pas seulement le faire au nom de l’anti-impérialisme et de l’internationalisme, même si c’est évidemment indispensable, ils doivent le faire aussi au nom de l’avenir du peuple de France, de son honneur, voire de son existence nationale de plus remise en cause. N’en déplaise à Macron, qui voudrait réaliser l’union sacrée derrière sa politique internationale, il y a toujours deux nations dans la nation, celle, prolétarienne et populaire, qui construit la France et qui veut la paix, et celle, oligarchique, qui détruit son pays, qui rampe devant les impérialismes plus puissants et qui joue dérisoirement les gros bras avec les peuples jugés plus faibles. Cela signifie que désormais, seul le monde du travail pourra porter la renaissance nationale et le rayonnement international de notre pays et que, symétriquement, les véritables patriotes progressistes doivent travailler à mettre la classe travailleuse au centre de la vie nationale. C’est pourquoi l’internationalisme prolétarien est l’allié légitime du patriotisme républicain avec lequel il peut et doit affronter à la fois l’euro-mondialisation capitaliste et, son complément réactionnaire, le chauvinisme et la xénophobie.Pour cela, il faudra renverser le mode de production capitaliste en commençant par briser le pacte suicidaire qui unit la nation à la zone euromark, à la prison capitaliste européenne, à l’OTAN et à l’impérialisme français: telle serait la signification d’un  progressiste, antifasciste, antiraciste, anti-impérialiste et tourné vers le socialisme que devraient porter ensemble les avant-gardes politique, associatives, culturelles et syndicales du mouvement populaire. Tant il est vrai, comme le disait Friedrich Engels à propos de l’oppression anglaise sur l’Irlande, qu’ “un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre“. Bref, si l’on aime la France, si l’on refuse le linguicide programmé du français, socle de la nation et ciment d’une Francophonie internationale rénovée, égalitaire et fraternelle, il faut combattre toutes ces laides expressions à “cédilles” qui défigurent jusqu’au nom de notre pays: FrançafriqueFrançamérique, Françarabie, Françallemagne, Franceurope… 

     

    Y compris pour défendre la paix mondiale et la souveraineté des peuples frères d’Afrique, il urge donc de sortir, sous les plis mêlés du drapeau tricolore de la nation souveraine et du drapeau rouge internationaliste des exploités, de l’euro, de l’OTAN, de la Françafrique néocoloniale et de ce turbo-capitalisme obsolescent qui tue la France à petit feu sans cesser d’incendier les peuples frères du Sud.

    Georges Gastaud – 3 septembre 2020


    1) Laquelle, sans regretter la colonisation, vomit les mafieux arrogants qui usurpent le drapeau de l’indépendance depuis des décennies) ou du “printemps” tunisien éjectant l’ubuesque Benali et ses protecteurs français (parmi lesquels Alliot-Marie).

    2) Dirigeant de la Coordination communiste du PCF, puis de la FNARC, Henri Alleg, alors très âgé, était un membre éminent du comité de parrainage du PRCF quand il est décédé. 

    3) Dans le donnant-donnant inter-impérialiste qui a suivi la grève de masse de Mai 1968 et qui a provoqué la grande frousse de la bourgeoisie française, la RFA chrétienne, social-démocrate, constitutionnellement anticommuniste et superficiellement dénazifiée, a hérité du lot principal: la grande industrie et la machine-outil, mère de l’industrie: la France bourgeoise de Giscard s’est rabattue sur la banque, le tourisme international, le transport… et l’armement. 


     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/ 

     

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  • Une « journée d’études » pour une «  du consensus »

    Le 8 juillet dernier,  Alumni, l’association des ancien(ne)s étudiant(e)s ayant fréquenté la rue Saint-Guillaume, annonce la tenue d’une « journée d’études » le 4 septembre 2020, intitulée « 1870-2020 : 150 ans de  »[i]. Outre le titre très orienté, la formule interpelle en cela qu’elle consiste en une « Journée d’études organisée par l’Assemblée nationale et le Comité d’histoire parlementaire et politique, avec le soutien de Sciences Po Alumni, sous le haut patronage de Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ». Ou comment honorer l’« histoire consensuelle » chère aux « historiens » de Sciences Po Paris, habitués à la fréquentation assidue des hommes au pouvoir (« neutres » et « consensuels », probablement).

    D’emblée, le titre de la journée d’études a de quoi surprendre. Bien évidemment, la journée du 4 septembre n’est pas anodine, puisque Gambetta proclama la République en 1870, contraint et forcé par une foule révolutionnaire ; c’est également le 4 septembre 1958 que le général de Gaulle annonça la tenue d’un référendum pour faire approuver la constitution de la Ve République, rédigée alors que de Gaulle exerçait les pleins pouvoirs depuis début juin. Bien évidemment, la tenue d’une telle journée le 21 septembre (jour de proclamation de la Première République) ou le 23 février (jour de proclamation de la Deuxième République) ne peut être envisagée puisqu’il s’agit de fêter 150 ans, chose difficilement réalisable pour les deux premières républiques respectivement proclamées en 1792 et 1848. Mais l’intitulé résume à lui seul la pensée des « historiens » et « politiques » prétendument «  », qui renvoient aux oubliettes de l’histoire la Première et la Deuxième Républiques ; il est vrai que ces deux régimes eurent le tort de naître en pleine révolution sociale et politique, une chose inacceptable pour les tenants de l’« histoire consensuelle » (ou encore « histoire apaisée ») : c’est ainsi que Serge Berstein, spécialiste du parti radical sous la IIIe République, résuma son article intitulé « Les caractéristiques de la culture républicaine) et publié dans les Cahiers français en 2007, par la formule suivante : « Il semble que l’on assiste aujourd’hui à la mise en place d’une culture politique républicaine plus consensuelle » (« il semble » étant le minimum syndical de précaution sémantique critique que l’on puisse prendre).

    Pour les partisans de « l’histoire consensuelle », les deux premières républiques n’obéissent pas à cette logique : épousant les vues de l’école antitotalitaire et anticommuniste incarnée par François Furet, ceux-ci s’engagent dans un vibrant plaidoyer républicaniste selon lequel la Troisième République met un terme définitif à la , cette horreur dévoyée par la (fantasmée) « Terreur » robespierriste – terme désuet et dénoncé par les historiens, à l’image de Jean-Clément Martin récent auteur deLes Échos de la Terreur. Vérités d’un mensonge d’État, 1794-2018 – puis par les « rouges » en 1848. Furet s’extasie dans son ouvrage Penser la Révolution française– aux conséquences désastreuses pour l’histoire critique (cela est implicite quand on pratique réellement la discipline…) – sur la fin de la Révolution française affirmant qu’« avec la fondation de la République sur le suffrage populaire, et non plus sur l’insurrection parisienne, la Révolution française est enfin ‘‘terminée’’ »[ii][(ce que le « premier flic de France » Clemenceau considérait comme faux). Et c’est ainsi que les « spécialistes » de Sciences Po, forcément « neutres », développent les contes pour enfants martelés dans les programmes scolaires depuis des décennies : la « bonne Révolution » (bourgeoise et libérale) de 1789 et la « Terreur » de 1793-1794 ; la « République apaisée » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Christophe Bellon évoquant l’action d’Aristide Briand au sujet de la laïcité (Christophe Bellon est membre correspondant du Centre d’histoire de Sciences Po Paris et a reçu le prix de thèse 2010 de l’Assemblée nationale), et ce après avoir massacré la Commune de Paris ; la « culture républicaine » bien ancrée à partir des années 1880, au point qu’affirmer qu’il y a bien eu trahison des grands industriels, banquiers, technocrates, politiques réactionnaires et fascistes, etc., en 1940 relève du « complotisme » pur et simple (l’historienne Annie Lacroix-Riz peut en témoigner[iii]) ; enfin, « la fin de la guerre froide » consacrant « la fin de l’Histoire », forcément caractérisée par le triomphe de la « démocratie libérale », de « l’économie de marché » et de la « société de consommation », suivant en cela – même inconsciemment – les préceptes des idéologues Walt Rostow, auteur en 1960 des Etapes de la croissance économique : un manifeste anticommuniste (tout un programme !), et Francis Fukuyama, célébrés par la presse aux ordres du monde capitaliste euro-atlantique.

    Le mandarinat au sommet : la symbiose Sciences Po-

    La fréquentation du pouvoir pour les « historiens » et autres spécialistes du genre n’est pas une nouveauté à Sciences Po Paris : depuis des décennies, « sondagiers », « experts » en tout genre, « historiens », « politistes », se succèdent sur les plateaux télés des médiacrates qu’ils connaissent bien et fréquentent assidument. On ne sera pas surpris que : René Rémond, « père de la science politique » et ancien président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP, composante de Sciences Po Paris) ; Pascal Perrineau, président de Sciences Po Alumni, professeur des universités à Sciences Po Paris, pourfendeur des « populismes » … et garant de « l’indépendance » du « Grand débat national » organisé par Macron en 2019 pour étouffer la révolte des gilets jaunes ; Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences Po Paris, également pourfendeur des « populismes » et président de la « Fondation pour l’innovation politique » liée aux faux « Républicains » ; ou encore Olivier Duhamel, professeur des universités à Sciences Po Paris qui célébra la qualification de Macron au second tour de la présidentielle à la Rotonde le 23 avril 2017, exercent une hégémonie totalitaire sur les plateaux télévision et soient si proches du pouvoir. Ces « scientifiques » sont alors amenés à organiser des colloques sur des présidents de la République en compagnie des principaux intéressés : à partir de 2002 fut organisée une série de colloques sur « Les années Giscard » avec l’ancien président « libéral, centriste et européen » (comme se définit Giscard en 1974) par le Centre d’histoire de l’Europe du XXe siècle (CHEVS) et l’Institut pour la démocratie en Europe, deux « organes de recherche » rattachés à Sciences Po Paris ; par la suite, René Rémond, Serge Berstein et Jean-François Sirinelli publièrent, sous la forme de plusieurs ouvrages, les « actes des journées d’études » qui s’étaient déroulées au Palais du Luxembourg, siège du Sénat. C’est cela, la « touche » Sciences Po.

    Mais la « journée d’études » organisée en cette année 2020 franchit un nouveau cap dans l’allégeance totale envers le pouvoir macroniste. En effet, le programme annonce qu’a lieu un « débat » intitulé « Valeurs et pratiques républicaines », avec pour principal intervenant… tout simplement Emmanuel Macron ; et voilà qu’un président de la République en exercice, clivant le pays plus que jamais, est invité par les « historiens consensuels » pour parler des « valeurs et pratiques républicaines ». Bien entendu, le gratin des « historiens » est mobilisé pour l’occasion, à commencer par Jean Garrigues, président du Groupe d’histoire parlementaire et politique et chargé de la « Présentation générale » de la journée d’études, avant de participer à la « discussion » avec un exposé intitulé « Incarner la République ». Naturellement, le grand public ignore que Jean Garrigues a signé la tribune « Des universitaires et chercheurs [qui] appellent à soutenir Emmanuel Macron » dès le premier tour de la présidentielle[iv], et que « l’historien » pratique la propagande à grande échelle sur Twitter[v] : tantôt condamnant « la CGT [qui] organise une grève qui n’a d’autre but que faire parler d’elle. C’est pitoyable ! », « Alors que l’Etat et tous les Français se mobilisent contre le Covid-19 » (30 août) ; tantôt soulagé « d’entendre les propos à la fois pragmatiques et humanistes d’Éric Dupond-Moretti » sur la justice (1erseptembre) ; tantôt regrettant qu’« aussitôt annoncé, le Ségur de la Santé, un plan sans précédent, suscite récriminations et polémiques syndicales » (22 juillet) ; tantôt fustigeant « le commentaire hallucinant et mensonger de Mélenchon sur le combat d’Emmanuel Macron au Sommet européen. Décidément, il est irrécupérable ! », alors qu’« Emmanuel Macron et Angela Merkel se battent au Sommet européen contre les égoïsmes nationaux, et c’est un combat historique pour ceux qui croient en l’Europe » (20 juillet), avant de se réjouir qu’« il est incontestable qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ont remporté une belle victoire pour l’Europe lors du Sommet européen… Et maintenant, on attend les critiques de Mélenchon et des autres, dont c’est la raison d’être ! » (21 juillet). Le niveau d’obséquiosité, de flagornerie et de déférence absolue envers la macronie de la part de cet « historien » atteint des sommets ; mais ce dernier ne peut avoir le temps de pratiquer son métier puisque, au-delà de son rôle de petit télégraphiste qu’il exerce avec passion, Jean Garrigues « commente l’actualité ce soir de 18h à 19h dans« Punchline » sur C-News avec Laurence Ferrari » (25 août) – il est vrai que le « commentaire » n’est pas aussi harassant que le réel travail d’historien passant des jours entiers à consulter et analyser des archives de manière critique.

    Le pedigree des autres intervenants conforte l’exercice de servitude volontaire : le débat auquel participe « Jupiter » est présidé par Jean-Noël Jeanneney, « historien » et ancien ministre, sévissant souvent sur France Culture (qui peut être qualifiée d’officine officielle de la macronie) ; Marcel Gauchet, le « philosophe libéral » vouant aux gémonies Robespierre et soutien initial de Macron – avant de constater qu’il « a échoué sur tout » au sujet des gilets jaunes, est également présent ; tout comme Leïla Slimani, qui soutint Emmanuel Macron au second tour en 2017 « par adhésion », car « la jeunesse, la modernité d’Emmanuel Macron – également fervent défenseur de l’égalité des hommes et des femmes – donneront un nouvel élan à la France, qui est actuellement enlisée dans une forme de grand pessimisme »[vi]puis devient sa représentante personnelle pour la francophonie – avant de prendre des distances.

    Un plaidoyer « républicaniste » pour un monarque antirépublicain

    Les « intellectuels du consensus » n’étant pas à une contradiction près, il ne leur vient pas à l’idée que Macron puisse incarner la droite autoritaire et réactionnaire, détruisant les fondements mêmes de la République sur laquelle ils sont amenés à « réfléchir ». Rappelons simplement que Macron et ses laquais :

    • promeuvent un « pacte girondin » accélérant l’euro-dissolution de la République avec le « droit à la différenciation » des territoires, consacré par un amendement adopté par l’Assemblée nationale le 12 juillet 2018[vii] et prôné par Jean Castex dans son discours du 15 juillet dernier[viii] – ce qui se traduit déjà par l’existence de l’« euro-département » de Moselle et la « Communauté européenne d’Alsace », alors que l’article 1 de la Constitution stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’;égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’;origine, de race ou de religion. » ;
    • accélèrent le « saut fédéral européen » afin de constituer une « souveraineté européenne » totalement antinomique avec l’article 3 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) selon lequel « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » ;
    • « subordonnent la délivrance du diplôme de toute licence, de toute licence professionnelle, de tout DUT et de tout BTS à la présentation d’au moins une certification en langue anglaise, rendant ainsi la maîtrise de la langue anglaise obligatoire pour l’obtention de ces diplômes »[ix], violant ainsi de manière flagrante l’article 2 de la Constitution selon lequel « la langue de la République est le français » ;
    • amplifient l’euro-démantèlement des services publics et l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques pourtant clairement énoncées par la Constitution de 1946[x] et la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) de décembre 1948[xi] – sans même évoquer la DDHC insérée comme préambule de la Constitution du 24 juin 1793[xii], la plus démocratique de l’histoire de France.

    N’attendons pas plus de ces « spécialistes » qu’ils révèlent le caractère et la pratique profondément antirépublicains du monarque Macron, qui donna sa vision de la Révolution française à l’été 2015 : « Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu. »[xiii]. Pourtant, Nicolas Roussellier, qui participe à cette « journée d’études », décrit bien la conception du pouvoir de Macron dans La force de gouverner : « les vieux concepts de pouvoir exécutif, de pouvoir législatif ou bien même encore de régime représentatif sont probablement aujourd’hui dépassés » car « la démocratie exécutive contemporaine représente une forme de réhabilitation de ce “pouvoir personnel”; que des générations de républicains avaient appris à détester au XIXe et au début du XXe siècle. Elle a réussi à légitimer, y compris aux yeux de la gauche, la nécessité de concentrer la presque totalité des pouvoirs au profit d’;un Exécutif puissant et moderne. »[xiv]. Autant d’éléments faisant de Macron un moteur de l’euro-fascisation catastrophique frappant la République[xv] et déroulant un véritable « tapis brun » au prétendu « Rassemblement national ».

    Macron, l’héritier du « Redressement français »

    Gageons que les participants de cette « journée d’études » auront à cœur de se demander à qui comparer Macron : de Gaulle ? Napoléon ? Clemenceau ? Mitterrand ? Ils ne songeront certainement pas Pierre Laval, pourtant plus approprié pour une comparaison comme l’atteste ce discours du 22 juin 1942 : « On parle souvent d’Europe, c’est un mot auquel, en France, on n’est pas encore très habitué. On aime son pays parce qu’on aime son village. Pour moi, Français, je voudrais que demain nous puissions aimer une Europe dans laquelle la France aura une place qui sera digne d’elle. Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Elle doit, avec d’autres, consentir d’immenses sacrifices. Et elle ne ménage pas le sang de sa jeunesse. Pour la jeter dans la bataille, elle va la chercher dans les usines et aux champs. Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s’installerait partout. Ainsi donc, comme je vous le disais le 20 avril dernier, nous voilà placés devant cette alternative : ou bien nous intégrer, notre honneur et nos intérêts étant respectés, dans une Europe nouvelle et pacifiée, ou bien nous résigner à voir disparaître notre civilisation.[xvi]. Une intégration passant par l’inévitable « couple franco-allemand » et la soumission croissante envers l’Allemagne réactionnaire et capitaliste, comme le démontre la signature du traité d’Aix-la-Chapelle (l’Empire carolingien est ressuscité !) le 22 janvier 2019, traité selon lequel « les deux États approfondissent l’intégration de leurs économies afin d’instituer une zone économique franco-allemande dotée de règles communes. Le Conseil économique et financier franco-allemand favorise l’harmonisation bilatérale de leurs législations, notamment dans le domaine du droit des affaires, et coordonne de façon régulière les politiques économiques entre la République française et la République fédérale d’Allemagne afin de favoriser la convergence entre les deux États et d’améliorer la compétitivité de leurs économies » (article 21)[xvii] ; ou comment rallier sans sourciller l’ordo-libéralisme allemand déjà triomphant au sein de l’Union européenne…

    Et quitte à établir une comparaison appropriée pour le « républicain » Macron, évoquons les industriels, banquiers et technocrates du Redressement français fondé en 1925 par le magnat de l’industrie électrique et pétrolière Ernest Mercier, désireux de « rassembler l’élite et éduquer les masses » pour « moderniser » la vie politique française (dans un sens réactionnaire) et en finir avec les « archaïsmes » sociaux (grèves et syndicats). Mercier s’appuie sur le comte Edmond de Fels, auteur de… La Révolution en marcheen 1925 puis d’un Manifeste pour une révolution sociale en 1941 (dont on imagine aisément le contenu), fondateur de la nouvelle version de la Revue de Paris qui présente le Redressement français dans un article publié le 1ermai 1926 (sans doute une coïncidence), à savoir un groupement fondé par des « industriels et des intellectuels inspirés par un sentiment de patriotisme », ayant« pour mission la défense des intérêts généraux de la France » face à la« crise morale, financière et sociale, provoquée par les erreurs de l’Ecole dirigeante » ; ces erreurs seront réparées grâce à « un esprit dégagé de toute passion politique, de toute influence de parti », grâce à « leur compétence de directeurs de grandes affaires, leur habitude du pragmatisme » : « Voilà la nouveauté, voilà l’originalité du Redressement français ». Le but principal ? « Rendre l’État à sa mission véritable, le faire rentrer dans ses limites, réviser ses fonctions et lui reprendre ce que nous n’osons dire qu’il ait usurpé, car nous le lui avons trop souvent abandonné », face aux deux dangers « les plus apparents de l’heure présente, (…) le communisme et la banqueroute ». Le moyen ? Créer des commissions chargées de « mettre au point des projets clairs, positifs, concrets, prêts à l’application immédiate » par les représentants nationaux et les gouvernement[xviii]. Précisons que l’écrasante majorité de ces « élites » technocratiques et économiques collabora massivement avec l’Allemagne nazie et expérimenta les idées corporatistes et « managériales » au sein de « l’Etat français » fasciste.

    « La » République détruite par la servitude volontaire des mandarins

    Cela fait plus de 150 ans que les « mandarins » sont, à juste titre, attaqués pour leurs compromissions avec l’ordre capitaliste et leurs représentants en place, qu’ils soient marxistes-léninistes ou non, de Marx et Engels à Jean-Pierre Chevènement qui publia, sous le pseudonyme de Jacques Mandrin, L’énarchie, ou les mandarins de la société bourgeoise en 1964, de Georges Politzer qui publia les Principes élémentaires de philosophie à Simone de Beauvoir auteure des Mandarinsen 1954, de Paul Nizan condamnant les Chiens de garde à Julien Benda dénonçant La trahison des clercs. Mais ces mandarins indéfectiblement liés au pouvoir et à la recherche des honneurs jouent toujours leur rôle d’idéalistes exprimant des « idées » « créatrices » de la matière – dans le cas présent, « la » République sans aucun contenu socio-économique, politique, etc., incantation divine que Georges Politzer décrit parfaitement en opposition au matérialisme dialectique : « Si l’idéalisme est né de l’ignorance des hommes – et nous verrons comment l’ignorance fut maintenue, entretenue dans l’histoire des sociétés par des forces culturelles et politiques qui partageaient les conceptions idéalistes –, le matérialisme est né de la lutte des sciences contre l’ignorance ou obscurantisme. C’est pourquoi cette philosophie fut tant combattue et c’est pourquoi, sous sa forme moderne (le matérialisme dialectique), elle est peu connue, sinon ignorée ou méconnue du monde universitaire officiel. »[xix]

    Aveuglés par leur discours sans aucune prise matérielle réelle, ces « penseurs » opérant pour la plupart à Sciences Po continuent d’exercer leur magistère universitaire comme bon leur semble et n’ont désormais plus aucune limite dans la servitude volontaire avec la macronie garante de l’ordre capitaliste euro-atlantique réactionnaire et fascisant, tout en détruisant petit à petit la République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, et en présentant l’antirépublicain Macron comme le « garant de la République ». C’est oublier les leçons de l’histoire prodiguées par Marc Bloch dénonçant les traîtres responsables de la débâcle de 1940 – attitude relevant d’un complotisme avéré pour l’« historien » Jean Lopez auteur d’une charge au vitriol contre Annie Lacroix-Riz[xx]. On suggérera toutefois à ces prêcheurs de « la » République de méditer cet extrait d’Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus, dans lequel Ivan Jablonka montre combien la « culture républicaine » des « élites » dirigeantes et administratives est largement surestimée et combien ces derniers, derrière de grands discours célébrant « la » République – Macron, Valls et tant d’autres –, détruisent en réalité progressivement la République héritée des combats et des luttes révolutionnaires par leurs politiques et leurs pratiques antipopulaires et antisociales :

    « Les camps de concentration républicains, destinés aux réfugiés espagnols, allemands ou autrichiens, aux Juifs chassés de toute l’Europe, constituent un vivier où puiseront à l’envi les autorités de Vichy et les nazis. Les décrets-lois de Daladier préparent le terrain à la législation du maréchal Pétain, dirigée contre les naturalisés et les étrangers en juillet-septembre 1940, contre les Juifs à partir d’octobre 1940. A cette date, cela fait plusieurs années que la France discrimine les étrangers et traque les clandestins. […] Sous le Front populaire, le fichier de la Sûreté nationale est géré par un jeune fonctionnaire plein d’avenir, René Bousquet. En 1940, après son évacuation en péniche, le « casier central » de la Préfecture de police est rapatrié à Paris où il est remis en ordre par la direction des étrangers et des affaires juives. […] Bien que la législation des années 1930 ne soit pas expressément antisémite, il y a un « Vichy avant Vichy », et il fermente dans la République. »[xxi]

     


    [i] https://www.sciences-po.asso.fr/gene/main.php?base=01&action=details&id_news=1450

    [ii] François Furet, Penser la Révolution française, Paris, Gallimard, 1978, p. 21.

    [iii] https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/droit-de-reponse-a-gilles-morin-et-ses-appels-a-la-censure-annie-lacroix-riz-retablie-les-faits/

    [iv] http://petiteau-natalie.blogspot.com/2017/04/des-dizaines-duniversitaires-soutiennes.html

    [v] https://twitter.com/jeangarr78

    [vi] https://www.leparisien.fr/week-end/presidentielle-32-personnalites-s-engagent-pour-le-second-tour-28-04-2017-6893280.php

    [vii] https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/macron-la-republique-en-miette-par-fadi-kassem/

    [viii] https://www.macommune.info/castex-droit-a-la-differenciation-nouveaux-fonctionnaires-reserves-aux-departements/

    [ix] https://www.francophonie-avenir.com/fr/Point-d-infos/435-Contre-l-obligation-d-une-certification-en-langue-anglaise-pour-l-obtention-de-toute-licence

    [x] https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946

    [xi]  https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html

    [xii] https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-constitutions-dans-l-histoire/constitution-du-24-juin-1793

    [xiii] https://lelab.europe1.fr/pour-emmanuel-macron-il-manque-un-roi-a-la-france-1365792https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-macron-plus-royaliste-que-socialiste-07-07-2015-1943115_20.php

    [xiv] https://www.nouvelobs.com/politique/20180424.OBS5662/emmanuel-macron-ou-le-retour-du-monarque-republicain.html

    [xv] https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/censure-insultes-injures-attaques-la-fascisation-explose-en-france/Ecouter notamment : https://www.youtube.com/watch?v=tmJEzm5UnH8

    [xvi] Le texte est disponible notamment dans Marc Ferro, Pétain : les leçons de l’histoire, Paris, Texto, 2016, p. 291.

    [xvii] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/allemagne/relations-bilaterales/traite-de-cooperation-et-d-integration-franco-allemand-d-aix-la-chapelle/

    [xviii] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/allemagne/relations-bilaterales/traite-de-cooperation-et-d-integration-franco-allemand-d-aix-la-chapelle/

    [xix] Voir l’instructive fiche Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Redressement_fran%C3%A7ais

    [xx] Georges Politzer, Principes élémentaires de philosophie, Paris, Editions sociales, 1954, p. 22. Disponible aussi aux éditions Delga, publication en 2008.

    [xxi] https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/la-france-a-t-elle-ete-trahie-reponse-dannie-lacroix-riz-au-dossier-de-guerres-et-histoire/

     

    source:https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Gilda Landini et Fadi Kassem nous font le point sur les prochains Cafés Marxistes qui sont au programme, et plus largement sur le travail de riposte intellectuelle fourni par le pôle

    Le prochain Café Marxiste -Paris aura lieu le 12 septembre 2020 de 16 à 18h au Café Le Lieu Dit 75020 Paris (Métro Ménilmontant ou Gambetta)

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

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  • « 470 milliards d’euros, c’est plus que le budget annuel de l’Etat ! » : face à l’aréopage habituel des patrons du CAC-40 et du MEDEF,  a réaffirmé le mercredi 26 août 2020 la servitude volontaire traditionnelle de tous les euro-gouvernements qui se succèdent depuis des décennies ; à quoi s’ajoute le « plan de relance » (pas pour les emplois ni pour les salaires) de 100 milliards d’euros tant vanté par la macronie, et dont bien entendu les travailleurs confrontés à une vague de «  » sans précédent (, Air France, Alcatel, Nokia, Renault, Sanofi, etc.) ne verront jamais la couleur. Remarquons d’emblée que la fable selon laquelle « il n’y a pas d’argent », tant serinée à longueur de temps par les chantres du  refusant de consentir à des « dépenses » publiques trop « coûteuses » en temps normal, s’effondre comme un château de cartes lorsqu’il s’agit, sous prétexte de lutte contre le coronavirus, de passer de la pommade aux patrons milliardaires tout heureux de pratiquer continuellement « l’ » et de se servir des « paradis fiscaux » (y compris au sein de l’UE : Belgique, Pays-Bas, Chypre, Luxembourg, Irlande, etc.). Au-delà, le gouvernement Castex peut se targuer d’avoir été bien représenté lors des « débats » ayant émaillé cette « Renaissance des entreprises de France » (comme est désormais nommée cette université d’été) : Olivier Véran, chargé de réaliser un « check-up complet » de la Santé ; Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat à « l’économie sociale et solidaire » chargée de démasquer les « complotistes » et les « tentations populistes » ; Clément Beaune, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé des Affaires européennes et venu plaider pour construire « l’indispensable souveraineté européenne » ; ou encore Elisabeth Borne, « ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion » (autant de fables dans le monde euro-capitaliste promu par la macronie).

    Bien évidemment, les « républicains » et « sociaux »-« écolo »-libéraux collant aux basques de la macronie (derrière une opposition de façade) ne pouvaient manquer ce grand rendez-vous annuel des adeptes des attaques contre les travailleurs. Ainsi auront participé à ces journées de « réflexion » : Sylvie Goulard, ancienne membre du MoDem et éphémère ministre des Armées du gouvernement Philippe (épinglée pour cause d’emploi fictif au sein du Parlement européen) ; l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ; François Baroin, annoncé comme un prétendant à la présidentielle en 2022 et qui a déjà prêté allégeance à Chirac puis Sarkozy ; Henri Guaino, ancien mentor de Sarkozy réfléchissant également à cette « indispensable souveraineté européenne » ; mais également les « socialistes » Anne Hidalgo (âprement soutenue par le « communiste » Ian Brossat à Paris) et Najat Vallaud-Belkacem (qui réfléchit aux conflits de génération), l’ami du patronat Manuel Valls venu parler des « stéréotypes » (lui qui se plaignait qu’il n’y ait pas assez de « blancos » à Evry…), ainsi que le faux « écologiste » Yannick Jadot réfléchissant au « débat » intitulé « L’économie au secours de l’écologie, et vice-versa ? » (et introduit par la ministre de la « Transition écologique », Barbara Pompili...). En somme, une brochette habituelle d’euro-serviles pratiquant l’adoubement au pied d’un MEDEF déguisé en maître à penser pour faire face à la crise du coronavirus.

    Comme d’habitude également, le plateau pouvait se gargariser d’une caution « scientifique » avec la présence d’« intellectuels » et de « journalistes » tout acquis à la triple obédience , Sciences Po Paris occupant, comme toujours, une place de choix dans cet exercice de flagornerie indécente. Ainsi, Angèle Malâtre-Lansac, diplômée de Sciences Po Paris et désormais directrice déléguée à la Santé de l’Institut Montaigne (dirigé par Laurent Bigorgne, ancien directeur des études de… Sciences Po Paris), a-t-elle débattu sur « Le siècle des pandémies », après avoir embrassé une belle carrière atlantiste : lauréate du Harkness Fellowship 2018-2019, elle a travaillé pendant un an à la Harvard Medical School et à la Rand Corporation à Boston sur l’organisation des soins primaires et notamment leur intégration avec les soins de santé mental ; désormais correspondante en France du International Health News Brief du Commonwealth Fund, elle est de surcroît co-auteur, aux côtés de l’inénarrable Olivier Duhamel (professeur à… Sciences Po Paris), du livre Les Primaires pour les Nuls – un titre correspondant parfaitement au pedigree des auteurs. Comment ne pas citer en outre Laurence Nardon, diplômée de… Sciences Po Paris, et responsable du programme Amérique du Nord de l’Institut français des relations internationales (Ifri) tout en étant membre du comité de rédaction des revues Politique étrangèreQuestions internationales et The Washington Quarterly (les revues-phares promues à Sciences Po) ; Pascal Perrineau, professeur des universités à… Sciences Po Paris, et qui apporte sa traditionnelle « expertise » sur le thème « Tous experts : qui croire ? » afin de démonter les « populismes » – et ce en compagnie de Chloé Morin, « politologue à la fondation Jean Jaurès, diplômée de… Sciences Po Paris et conseillère en charge de l’opinion publique au sein des cabinet des Premiers ministres Ayrault Valls ; ou encore Julien Damon, sociologue et professeur associé à… Sciences Po Paris.

    A ce plateau sciences-piste hégémonique s’ajoutent les indispensables laquais de l’ordre capitaliste euro-atlantique, de la « journaliste » de France Info Fanny Guinochet à l’économiste libéral Nicolas Bouzou, de la chroniqueuse et essayiste Céline Pina (contributrice régulière du Figaro et de Causeur, membre du « Printemps républicain » et du « Front populaire » de Michel Onfray, adepte de la seule critique de l’islam(isme) à l’inévitable François Lenglet, « un des journalistes les plus influents du paysage médiatique français » dixit le site du MEDEF. Et pour parachever le tout, outre les représentants du grand patronat industriel et financier qui s’amuse à désindustrialiser massivement – signalons notamment la présence de Paul Hudson, directeur général de Sanofi – se trouvent toujours les idiots utiles de l’ordre établi, pétris de bonnes intentions mais faisant preuve d’une candeur et d’un aveuglement confinant à la bêtise, à l’image du directeur général de Greenpeace France Jean-François Julliard (ancien secrétaire général de Reporters sans frontières…) et de Camille Etienne, étudiante à… Sciences Po Paris, militante pour le climat, porte-parole du mouvement « On Est Prêt » et présentée par le MEDEF comme « « jeune activiste » chez les « décideurs » au Ritz, chez JP Morgan, au Sénat, devant des députés, ou encore à TEDex » (ainsi qu’au Parlement européen aux côtés de Greta Thunberg).

    Une nouvelle fois cette année, le MEDEF aura donc réussi un coup double : d’une part, par le biais du dernier laquais en place Jean Castex, faire passer « l’amour de l’entreprise » et la foi dans la « politique de l’offre » en première page des médias sous le contrôle des grands patrons ; d’autre part, proposer un plateau pléthorique sur le papier et dominé par la seule pensée totalitaire inhérente à l’évènement, celle du capitalisme euro-atlantique recouvert de peinture « verte » et de grandes proclamations de principes sur « l’égalité hommes-femmes », avec la caution des « experts » et « intellectuels » prompts à servir de paillasson au grand patronat.

    Plus que jamais, la véritable Renaissance doit être celle d’un Parti communiste franchement marxiste-léniniste, en rupture totale avec l’euro, l’UE, l’OTAN et le capitalisme pour conduire la France, la République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, l’ensemble des travailleurs et des citoyens vers de « nouveaux Jours heureux ».

     

    Georges Gastaud et Fadi Kassem, secrétaires nationaux du PRCF

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

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  • par Georges GASTAUD & Fadi KASSEM, secrétaires nationaux du PRCF

     

    Censure, insultes, injures, attaques : la fascisation explose en France !- (IC.fr-3/09/20)Depuis des années, le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) ne cesse d’alerter sur la fascisation croissante frappant la France, l’Europe et le reste du monde – au point que même Benoît Hamon, dans un rare élan de lucidité politique, avait déclaré au lendemain de la victoire du fascisant Bolsonaro au Brésil : « L’ombre du fascisme s’étend partout dans le monde ». Et à commencer par la France où, sous couvert de « liberté d’expression » (« Libre parole » proclamait déjà le père de l’antisémitisme en France, Edouard Drumont), de « laïcité », d’« universalisme » et de défense des « Lumières » et de la « République », les forces de droite et d’extrême droite réactionnaire et fascisante se décomplexent de plus en plus dans leur expression politique. Dernier épisode en date : la « fiction » proposée par le torchon fascisant Valeurs actuelles, représentant la députée insoumise Danièle Obono en esclave qui « expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage » ; ou comment pratiquer un ultra-révisionnisme « historique » en rendant les « Africains » (de fait, des chefs de guerre et d’empires avides) responsables de la traite transatlantique…

    Cet épisode n’est malheureusement que l’une des nombreuses manifestations de cette fascisation décomplexée se drapant des oripeaux humanistes et révolutionnaires que les contre-révolutionnaires de tout poil ont toujours combattu – Lumières, bien commun, universalisme, etc., autant d’éléments malheureusement abandonnés par une partie de la « gauche » militant davantage pour le « droit à la différence » (théorisé par les néo-païens comme Alain de Benoist, ce « concept » a été accaparé par le prétendu « Rassemblement national » et se rapproche furieusement du « droit à la différenciation » macroniste…). Car les violences, injures et insultes à l’encontre des forces communistes, syndicales et progressistes se multiplient, dans une indifférence quasi généralisée, à commencer par celle des soi-disant contempteurs des « violences » et de l’« insécurité » : entendez-vous ces derniers condamner les ignobles tags fascistes ayant recouvert la permanence du PCF du Tarn ? Les entendez-vous dénoncer la formation de milices d’extrême droite à Lyon, nouvelle capitale du fascisme identitaire, patrouiller dans les rues et opérer des tabassages de rue ? Les entendez-vous s’émouvoir de la multiplication des procès à l’encontre des syndicalistes de combat, qui osent affronter un patronat tout autant décomplexé (rappelons que le patron du , Geoffroy Roux de Bézieux, avait invité Marion Maréchal- aux Universités d’été du MEDEF de 2019… avant de rétropédaler) et combattre les actionnaires rapaces accélérant la désindustrialisation et la soumission des travailleurs de France aux intérêts du capitalisme euro-atlantique ? Les entendez-vous s’émouvoir de la fascisation galopante touchant l’Europe de Berlin à Kiev, de Madrid à Stockholm, de Rome à Varsovie ?

    Cette fascisation est d’autant plus galopante qu’elle est clairement cautionnée par la macronie, honteusement présentée comme un « barrage antifasciste » le 7 mai 2017 par nombre de personnes de « gauche » qui ne savent plus comment stopper la bête immonde qui s’avance. Cette macronie qui protège toutes les violences perpétrées par des « forces de l’ordre » envers des avocats, des pompiers, des syndicalistes de combat, des retraités, des étudiants et des lycéens, des gilets jaunes, des forces progressistes, etc. Cette macronie qui fait des appels du pied au RN afin de préparer un faux « duel » et vrai duo pour 2022, en jouant sur le clivage artificiellement fabriqué entre (réels) supranationalistes et mensongers « souverainistes » ou « patriotes » – quand on sait que le RN ne veut sortir ni de l’euro, ni de l’UE, ni du capitalisme, et propose par le biais de sa tête d’affiche que la Russie intègre l’OTAN ! Que l’on n’oublie le long entretien accordé par le Tartuffe  à… Valeurs actuelles, pour parler principalement d’immigration et d’identité… Que l’on n’oublie pas non plus le ralliement de membres de la liste LREM à celle de Louis Aliot pour le second tour des municipales à Perpignan en juin dernier. Dernier épisode en date : le 23 août 2020, la préfète de Corrèze a interdit la cérémonie commémorative en hommage aux victimes du nazisme et du pétainisme au lieu-dit Auchères de la commune de Rosiers d’Égletons… deux jours après que le mémorial ait été vandalisé par des forces fascistes ; pourtant, sa majesté Jupiter n’a eu aucun mal à accorder une dérogation au Vendéen de Villiers pour organiser un spectacle de plusieurs milliers de personnes au Puy-du-Fou…

    L’air fétide est puissamment entretenu par les éditocrates et les « journalistes » passant leur temps à évoquer les questions d’« identités », d’« insécurité », d’« immigration », sans jamais relier aux questions sociales, économiques, géopolitiques, etc., et sans jamais évoquer toutes les formes d’identités séparatistes (quid de Sens commun ? des séparatistes régionalistes ? du sécessionnisme de l’oligarchie capitaliste vivant dans son océan de richesses soustraites à la nation par le biais de la fallacieuse « optimisation fiscale » ?) et de violences – à commencer par « la violence des riches ». Le plus saugrenu étant que les Eric Zemmour, Eugénie Bastié, Charlotte d’Ornellas, Pascal Praud, William-Gilles Goldnadel, etc., ainsi que celles et ceux collant de plus en plus à leurs basques, disposent d’un temps d’antenne infiniment supérieur aux forces qu’ils combattent sans relâche… tout en indiquant être victimes de « censure ». Pourtant, si la censure existe, elle frappe avant tout les militants révolutionnaires de combat, à commencer par les militants du PRCF ; pendant ce temps, C-News songe à transformer Maréchal-Le Pen en chroniqueuse commentant « l’actualité » …

    Cette peste brune à la croissance exponentielle profite en outre des turpitudes d’une partie de la « gauche », à commencer par le faux «  » et ses amis d’Europe « Ecologie »-les Verts, absolument pas gênés d’approuver la honteuse résolution adoptée par le Parlement européen le 19 septembre 2019 assimilant le communisme au nazisme, l’UE étant également un vecteur majeur de la fascisation du continent. Elle se nourrit également des positions inacceptables des adeptes des « camps décoloniaux » ou des réunions excluant les « mâles blancs », du déboulonnage des statues de Colbert sans aucune approche historique critique plutôt que de s’indigner de la « débolchevisation » des noms de rues et de places par les maires réactionnaires et fascisants (à l’image du pécressiste Laurent Jeanne décidé à débaptiser la place Lénine à Champigny-sur-Marne) et de réclamer des statues pour des combattant(e)s révolutionnaires français et étrangers, ou encore de la profanation du monument aux morts et de la chapelle au sommet du col de l’Echelle érigés en hommage au bataillon résistant Berthier recouvert de messages « ACAB » et « Fuck France » (en globish, tant qu’on y est…). Les identitarismes de quelque nature qu’ils soient (religieux, ethnique, de genre, régionalistes… et de classe), portés par la droite racialiste et fascisante mais aussi une partie d’une « gauche » promouvant toujours plus les divisions communautaristes, non seulement détruisent la République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, mais de plus déroulent un véritable tapis brun à une extrême droite toujours plus décomplexée.

    En ce sens, la responsabilité incombe de lutter contre les principales menaces en mesure de parvenir au pouvoir, à savoir de nouveau la macronie fascisante et le faux « Rassemblement national », ce dernier pouvant de surcroît compter sur les projets confusionnistes de rassemblement des « souverainistes/patriotes des deux rives », à l’image de l’antijacobin et anticommuniste maladif Michel Onfray qui, toute honte bue, n’hésite pas à baptiser sa revue « Front populaire » – crachant ainsi au visage à l’essence profonde du Front populaire de 1936, patriotique ET internationaliste, souverain ET antifasciste, républicain ET anticapitaliste. Et ce, sans sourciller le moins du monde devant les attaques abjectes dont sont objectivement victimes nombre de concitoyens et de travailleurs étrangers du fait de leur religion (surtout « les musulmans », comme si ceux-ci formaient une entité unique !) ou de leur couleur de peau – bien au contraire : Michel Onfray n’a-t-il pas affirmé au sujet d’Éric Zemmour que ce dernier est « un interlocuteur avec lequel ce qui faisait le génie français, je pense aux débats dans les salons littéraires d’avant 1789, est encore possible » ? On appréciera le niveau des (anti-)« Lumières » de salon…

    Le combat contre toutes les formes de racismes, de discriminations et d’intolérances ne saurait s’accommoder de la moindre compromission avec tous les fauteurs de troubles identitaires. Mais il ne saurait encore moins être question de laisser se développer, par un silence assourdissant et coupable, la fascisation ultra-galopante touchant la France et minant toujours davantage le mouvement populaire et les combattants de classe. 

    Le PRCF agira plus que jamais contre ces forces semant la haine et le chaos, dans un sens franchement antifasciste, patriotique, populaire et anticapitaliste.

    Georges GASTAUD & Fadi KASSEM, secrétaires nationaux du PRCF

    source: https://www.initiative-communiste.fr/  

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  • photo emmanuel macron visitant le port dévasté de beyrouth, le 6 août 2020. © thibault camus / reuters Emmanuel Macron, le 6 août à Beyrouth

    Ce 1er septembre, après avoir envoyé ses ordres par écrit, se déplace au … tel un chef colonial en visite en son protectorat. A-t-il seulement, lui qui croit que la Guyane est une île, conscience que le devrait être un état désormais indépendant ?..

    Profitant du désastre provoqué par l’explosion du port de et de la profonde crise économique aggravée par le régime de sanctions internationales frappant la Syrie voisine, les impérialismes occidentaux entendent bien mettre la main sur le pays du Cèdre, ses richesses et sa position commerciale stratégique. Ce n’est pas des humanitaires que l’Elysée a envoyés à Beyrouth, mais des navires de guerre et des soldats ! Si une manifestation est appelée dans les rue de Beyrouth pour dénoncer le potentat que prétend affirmer l’ex banquier installé à l’Elysée, gageons qu’il n’en sera pas fait écho dans les médias détenus par l’Etat ou les milliardaires en France.
    Dans ce contexte, Initiative Communiste est honoré de pouvoir, une nouvelle fois, publier une analyse et les propositions communistes de Marie Debs, figure du Parti communiste libanais qui éclaire la situation.

    Cent ans d’un régime de quotes-partsÇa suffit comme ça !!!

    par Marie Nassif-Debs

    Nous ne savons plus par où commencer pour énumérer les catastrophes et les tragédies résultant du régime « des quotas confessionnels » établi depuis cent ans dans notre pays. Un régime qui ressemble à l’hydre à plusieurs tètes des légendes de notre enfance, que nos parents appelaient à la rescousse pour nous empêcher de faire les malins et, surtout, pour arrêter net des réclamations qu’ils n’étaient pas prêts à satisfaire… Cependant, je dois préciser, avant de poursuivre, que je ne fais nullement un parallèle entre les parents et les représentants du régime libanais, parce que le rôle que nos parents ont joué pour nous éduquer – même en usant parfois de moyens pas très éducatifs – est à l’opposé des corrompus et des criminels qui nous gouvernent et qui ont eu recours à toutes les abominations possibles et imaginables pour nous rendre la vie difficile.

    D’aucuns diront que ce n’est pas la première fois que nous haussons le ton et que, durant ces cent ans, nos voix se sont presque éteintes à force de crier ; cependant, n’en déplaise à ceux-là, nos voix sont toujours aussi claires et nos revendications aussi puissantes, ce qui veut dire que nous allons continuer à manifester jusqu’à ce que tous les tyrans et les corrompus soient jugés pour les crimes commis contre le peuple.

    Jugez par vous –mêmes.

    Aujourd’hui, et tandis que la majorité des Libanais ne trouve plus le moyens de joindre les deux bouts, après qu’ils aient volé notre argent épargné pour faciliter notre vieillesse et qu’ils aient ouvert nos frontières devant le Covid 19, dans le but de mettre fin à notre mouvement revendicatif, mais surtout à la suite de l’explosion meurtrière qui a déchiré Beyrouth et des centaines de nos enfants, laissant des centaines de milliers d’entre nous sans le moindre abri et détruisant tout sur son passage, le pouvoir exécutif libanais (dont le gouvernement sortant) a trouvé que la priorité actuelle est de rappeler la société internationale Lazare, suivie de la société Marsal et Alvares, pour discuter avec les experts des deux sociétés comment, et surtout où, devrions-nous céder aux exigences des puissances capitalistes représenté, comme il se doit, par le FMI, afin que ces puissances nous avancent quelques milliards de dollars en contrepartie des richesses nationales visées, dont le pétrole et le gaz, bien que les banques de ces puissances regorgent de plusieurs centaines de milliards de deniers publics libanais cachés au frais dans leurs coffres forts et à portée de leurs mains.

    Et, c’est ainsi qu’au lieu de mettre au point un plan de reconstruction de la capitale détruite et de restructuration de l’économie en crise grave, nous sommes revenus au tourbillon des réunions entre le ministère des finances, la banque centrale et l’association des banques privées, ainsi que leurs conseillers libanais et internationaux, afin de voir comment le « hair cut » demandé sera mis en exécution (contre les petits et moyens épargnants bien entendu, puisque les grosses fortunes sont maintenant en Amérique du nord et en Europe occidentale). Tout cela à un moment où le gouverneur de la Banque centrale Riad Salameh parle de l’impossibilité de poursuivre le soutien de l’Etat aux produits de première nécessité – farine et essence – et où les différents médias nous ont communiqué d’autres déclarations stipulant que les médicaments vont renchérir à nouveau. En d’autres termes, les émirs des confessions au pouvoir au Liban poursuivent la voie menant à la mort une partie des Libanais, le restant sera miné par les maladies et la famine. Merci qui ???

    En même temps, et puisque les nababs du régime politico-économique libanais ont décidé de préserver par tous les moyens possibles et imaginables leur emprise sur le pays, les voilà aujourd’hui qui accaparent la plus grosse part des aides matérielles et financières qui nous arrivent tant des émigrés libanais que des peuples et de certains gouvernements arabes et internationaux, et cela par le truchement de certaines ONG qu’ils avaient créées auparavant pour palier à de telles circonstances ; par contre, ils n’ont rien fait concernant le traitement des séquelles de l’explosion ou la mise en lumière des responsables de ce crime bien qu’ils nous avaient « promis » que ce sera fait en cinq jours pas plus… mais les promesses furent oubliées, et les cinq jours furent suivis de cinq autres puis de cinq nouveaux dans l’attente de la décision du tribunal de La Haye sur l’assassinat de l’ex premier ministre Rafic Hariri puis dans celle des pourparlers entre les groupes politiques et des réunions tenues dans la demeure du président du parlement à Ain Tineh et visant à retrouver les facteurs communs afin de décider de la forme du nouveau gouvernement qui remplacerait celui de M. Hassan Diab… Tout cela accompagné du bruit des tambours de la discorde qui, sous l’instigation des « hommes de Dieu », battent le rassemblement confessionnel, mais aussi de chuchotements que la guerre civile peut éclater à tout moment.

    Et, afin de ne pas trop nous étendre sur les « on dit », allant du complot universel étasunien appelé « le projet du Moyen Orient nouveau » à d’autres projets économiques et politiques prévus par les trois grandes puissances régionales, à savoir la Turquie, l’entité israélienne et l’Iran, nous résumons la situation du peuple libanais par ces quelques mots : le peuple libanais, ou plutôt ceux qui en restent, ne peut plus garder les bras croisés devant la destruction planifiée par les représentants de la classe politique, au pouvoir depuis au moins trente ans pour certains et une centaines d’années pour certains autres ; de plus, les tentatives et les manœuvres des gouvernements internationaux et régionaux afin de défendre « l’originalité » du pouvoir libanais, basée sur la distribution de ce pouvoir entre les différentes minorités confessionnelles, sont désormais vouées à l’échec dans le contexte des convoitises suscitées par la découverte des gisements pétroliers et gaziers dans les eaux territoriales libanaises mais aussi de celui, plus vaste, d’une nouvelle redistribution des richesses que recèle le Monde arabe dans ses deux parties orientales et occidentales, allant de la Palestine occupée et du Liban vers l’Algérie et la Libye, mais aussi vers la Syrie, l’Irak et le Golfe arabique…

    Comment résoudre tous ces problèmes ? En reprenant l’initiative visant à regrouper les forces démocratiques non confessionnalisées afin de préparer la résistance à l’offensive ou, plutôt, aux différentes offensives qui se préparent tant des l’intérieur que de l’extérieur. Parce que l’important aujourd’hui est, à nouveau, comme en 1958 ou encore en 1975 et en 1982, la sauvegarde de la patrie qui est plus importante que toutes les formes de pouvoir. Et parce que c’est le peuple qui est à la base de la formation des patries et à qui incombent leur sauvegarde et leur développement.

    Voilà la leçon que nous avons apprise dans le livre de lutte de ceux qui nous ont précédés, mais surtout des leçons de l’Histoire que nous avons vécue il n’y a pas longtemps…

    Marie Nassif – Debs

    Beyrouth, le 24 aout 2020

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  • Par Georges Gastaud et Fadi Kassem, secrétaires nationaux du PRCF – 29 août 2020

    Dans le cadre de sa campagne permanente pour la xénophobie et la réhabilitation des “valeurs” néo-coloniales, la rédaction de a franchi un nouveau seuil en représentant la députée Danielle sous la forme d’une esclave enchaînée. 

    La banalisation du n’est plus seulement le fait de l’extrême droite classique

    La banalisation du racisme dans notre pays n’est plus seulement le fait de l’extrême droite classique, derrière les cris d’indignation hypocrites du ministre LAREM de l’Intérieur, cette banalisation est portée par le pouvoir lui-même : il y a quelques mois, le président de la République cautionnait ouvertement Valeurs Actuelles en lui accordant un long entretien politique.

    Quant aux , de Viotti à Retailleau, ils ne cessent de surenchérir sur les thématiques haineuses du RN. 

    En arrière plan de l’organisation de la montée du racisme la fascisation galopante de l’UE

    À l’arrière-plan de cette montée organisée du racisme, on trouve aussi la fascisation galopante de l’UE, qui fraie officiellement avec des gouvernements néonazis (Ukraine, États baltes, etc.) et qui, avec le soutien de TOUS les eurodéputés français (sauf les Insoumis) a voté une résolution scélérate de chasse aux sorcières mettant sur un pied d’égalité le Troisième Reich génocidaire et son principal vainqueur, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. 

    En France même, le racisme diviseur accompagne les campagnes de haine et d’appels peu discrets à la violence du journal LE POINT contre la CGT, le mouvement ouvrier et les fonctionnaires.

    La meilleure réponse, développer le mouvement populaire pour une République Sociale indépendante et fraternelle en rupture avec l’UE, OTAN, en marche vers le socialisme

    Ce climat de réaction généralisée est une honte et un énorme danger pour la France. Il importe que tous les patriotes antifascistes, Internationalistes et autres anti-impérialistes véritables condamnent cette radicalisation ultradroitière à base de racisme, d’anticommunisme, d’antisovietisme recuit, de guerre idéologique contre les pays qui déplaisent à l’UE et à son belliqueux superviseur yanqui. La meilleure réponse est dans le développement du mouvement populaire contre l’ensemble des contre réformes maastrichtiennes, contre les lois liberticides, pour une nouvelle République sociale, indépendante et fraternelle en rupture avec l’UE-OTAN du capital et en marche vers le socialisme.

     

    Georges Gastaud & Fadi Kassem, secrétaires nationaux du PRCF, lé 29/08/20

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Communiqué du PRCF 81

    (Albi le 31/08/20)

    La section du  du Pole de Renaissance Communiste en France, apporte son soutien aux communiste de la fédération du  81 suite au tags d’ opposé sur la façade de leur siège. Nous condamnons d’autant plus que, depuis l’élection de Macron à la tête de l’état, et les répressions sanglantes contre les manifestations des gilets jaunes et syndicales, nous avions interpeller les citoyens et les appeler à faire barrage aux contre-reformes maastrichtiennes, à la fascisation de moins en moins galopante de notre pays et à l’irresponsabilité sanitaire et sociale d’un gouvernement entièrement aux mains du MEDEF et de l’UE supranationale qui ouvre la voie aux offensives de l’ fascisante et fasciste dans l’ensemble du continent (et au-delà). Outre en Ukraine, l’ est au pouvoir en Autriche, en Italie avec Salvini, en Hongrie avec Orban ou en Pologne, tandis que l’AFD a envoyé des dizaines de députés au Bundestag allemand, que l’ proteste contre l’exhumation de la dépouille de Franco en Espagne (et que Vox accède au pouvoir en Andalousie) et que les néo-nazis montent en puissance en Suède. Aux quatre coins de l’Europe, on assiste à une fascisation déjà à l’œuvre depuis des années et qui s’accélère du fait d’un anticommunisme total et viscéral pour faire taire ceux qui défendent les intérêts des travailleurs.


    La facade du local du PCF a Albi attaquée par l’extrême droite

    Des croix celtiques signatures des néos nazis ont été taguées sur la façade du siège du PCF à Albi.

    Une attaque qui évidemment inquiète et contre laquelle les communistes appellent à la mobilisation antifasciste :

    “Les communistes ne céderont à aucune intimidation, leur colère est immense, leur détermination à combattre le fascisme se renforce, ils resteront debout et ils continueront de porter leurs valeurs pour la construction d’une société plus humaine, solidaire et écologique.

    Nous invitons toutes les forces démocratiques, progressistes et syndicales du département, à un rassemblement le mardi 1er septembre à 17h30 devant le siège de la Fédération, 53, Boulevard Montebello à Albi.”

    Fédération du PRCF 81

    Une plainte a été déposée.

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Lettre ouverte à la préfète de Corrèze: Pierre Pranchère dénonce l’interdiction de l’hommage aux victimes du nazisme et pétainisme à Égletons… quelques jours après la profanation fasciste du mémorial d’Oradour !

    Le 23 aout 2020 la préfète de  a, sous prétexte de covid, interdit la cérémonie commémorative aux victimes du nazisme et du pétainisme à Auchères. Pierre Pranchère, vice président du PRCF, résistant FTPF, secrétaire général des Maquis de  a vivement condamné, dans une lettre ouverte adressé à cette préfète, cette décision scandaleuse.


    Pierre Pranchère – juin 2019

    Le 23 août dernier, une cérémonie commémorative devait rendre hommage, au lieu-dit Auchères de la commune de Rosiers d’Égletons, à des victimes du nazisme et du pétainisme. En ce lieu, des centaines de travailleurs étrangers, pour beaucoup des Espagnols qui avaient défendu la République du Frente Popular contre le coup d’État fasciste de Franco, ont été internés, maltraités, déportés pour nombre d’entre eux.
    Au nom des mesures sanitaires, cette cérémonie, prévue en plein air, a été annulée. Quel message la préfète de la Corrèze, représentante du gouvernement, pense-t-elle envoyer par cette annulation ? Que l’hommage à des victimes de la Seconde Guerre mondiale, qui furent aussi des combattants antifascistes, est dispensable alors même que, deux jours plus tôt, le centre de la Mémoire d’-sur-Glane était profané par des négationnistes ? Faire vivre la mémoire des crimes du nazisme et du pétainisme dans un pays où resurgissent de toutes parts les hydres du  et du racisme est aussi nécessaire à la survie de notre société que le respect de la vigilance sanitaire qui n’aurait fait aucun doute dans cette commémoration.
    Annuler un hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale en Corrèze, lorsqu’en Vendée, avec la bénédiction du président de la République, le parc d’attractions réactionnaire d’un pétainiste virulent fait chaque jour le plein de milliers de spectateurs, c’est affirmer les priorités de ce gouvernement qui n’a, face aux profanations du village martyr d’Oradour, que des larmes de crocodiles et des indignations de circonstance.

    Pierre Pranchère
    Combattant volontaire de la  (2346e compagnie FTPF)
    Ancien député de la Corrèze
    Député honoraire au Parlement européen
    Secrétaire général et cofondateur du Collectif Maquis de Corrèze
    Vice-Président du Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF)


    Il y a 80 ans, les camps oubliés de Pétain en Limousin

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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