• Histoires d'Images/ Images d'Histoire-par Moïra Chappedelaine-Vautier & René Vautier (Tébéo/Tébésud/TVRennes 21/07/2016)Pierre CAUZIEN, grièvement blessé le 17 avril 1950

    Chaque jeudi à 20h45, Tébéo, Tébésud et TVR 35, les trois TV locales bretonnes, unissent leurs antennes pour proposer un programme inédit sur la Bretagne: documentaires, émissions spéciales ou fictions…Ce jeudi 21 juillet c'est un film documentaire de Moïra Chappedelaine-Vautier et René Vautier intitulé "Histoires d'Images/Images d'Histoire; celles du 17 avril 1950 à Brest.

    En 1950, en pleine reconstruction, les ouvriers de Brest se mettent en grève. Elle durera plus d'un mois et sera sanglante. Edouard Mazé, ouvrier brestois de 26 ans laissera la vie lors de la manifestation du 17 avril, des dizaines de ses camarades seront blessés et l'un d'eux Pierre Cauzien sera amputé cinq jours plus tard. La ville est en état de siège. René Vautier, jeune cinéaste de 20 ans, se rend clandestinement à Brest, à l'appel de la CGT, pour tourner un film sur les raisons de la colère. La trace de ces événements est aujourd'hui ténue et portée par des témoins dont la parole s'éteint petit à petit. Ce film se propose de retrouver les traces de ces événements, recueillir la parole des témoins, fouiller leurs archives personnelles, exhumer les photogrammes oubliés, ouvrir les dossiers officiels protégés jusqu'alors par un délai de non-communicabilité, fouiller au fonds des mémoires individuelles pour comprendre. En 1950, un homme est mort... Qui s'en souvient encore ?

     

     
     
    source:  tebeo.bzh/
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  • La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée (OF.fr-17/07/2016-20 h 14)En 2006, Raymonde Tillon, lors de la remise d'un tableau représentant son mari au lycée Charles Tillon, à Rennes.

    La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée à l'âge de 100 ans, a annoncé ce dimanche l'Elysée, François Hollande saluant cette "femme engagée" qui était "la dernière survivante" des 33 premières femmes élues députées en 1945. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a également rendu hommage à "son esprit de liberté, sa soif de justice et sa lutte contre l'arbitraire sous toutes ses formes".

    « J'écris ton nom, Liberté ». Ce vers d'Éluard est le titre du livre de mémoires qu'a publié en 2002 Raymonde Tillon, l'épouse de l'ancien chef de la résistance communiste et de l'ancien ministre de De Gaulle, Charles Tillon (1897-1993). Mme Tillon, qui était revenue vivre à Rennes où son mari était né, avait à cette occasion rencontré notre confrère Eric Chopin. Voici l'article qu'il avait rédigé à l'époque :

    L'héroïque liberté de Raymonde Tillon

    La perte de ses parents à l'âge de 4 ans, la déportation à Ravensbrück, l'exclusion du PCF au plus fort du stalinisme d'après-guerre : la vie de Raymonde Tillon a été marquée par les épreuves. Et quelles épreuves... Ce destin exceptionnel forgé dans la douleur mais riche de grandes joies, Mme Tillon le raconte dans un livre autobiographique.

    Femme et « fidèle secrétaire » de Charles Tillon, cette grande figure historique née du côté des Lices en 1897, Raymonde Tillon a pris à son tour la plume pour « évoquer sept décennies de luttes et d'espoir » en dénonçant d'entrée de jeu « le stalinisme à la française qui a bien existé ».

    Engagée très jeune dans les Jeunesses communistes puis au sein du PCF, Raymonde Tillon s'est mobilisée sur le front syndical (CGT) entre les deux guerres, au temps du Front Populaire. Avec son premier mari, Charles Nédelec (1907-1944), elle ne ménage pas son énergie au service de la cause ouvrière. Mais la seconde guerre mondiale la met rudement à l'épreuve. Déportée à Ravensbruck en avril 1944, Raymonde Tillon réussit à s'extirper de l'horreur en mai 1945. « Quand je suis revenue à Paris, pesant à peine 35 kg, j'ai appris le décès de mon mari, mort d'épuisement dans la Résistance ».

    « Fraternité brisée »

    Raymonde Tillon met, au lendemain de la Libération, son idéal communiste au service des institutions. Vivant à Marseille, elle devient conseillère générale, puis députée de la Constituante avant d'entrer à l'Assemblée nationale où elle fait la connaissance d'un certain Charles Tillon, député PCF d'Aubervilliers, ancien mutin de la Mer Noire, chef de la Résistance communiste FTP et ministre de De Gaulle de 1944 à 1947.

    Ils unissent leur destin familial (deux enfants naîtront de leur union, qui s'ajoutent aux deux garçons de Charles, lui aussi veuf) et vont faire face ensemble à l'écroulement de leur idéal communiste au début des années 50.

    « Le parti nous en a fait voir »

    Le stalinisme fait des ravages. Ils se démarquent des positions du PCF « qu'ils ne comprennent pas ». C'est l'époque des « Procès de Moscou à Paris » », titre d'un des livres de Charles Tillon. « Le Parti nous en a fait voir mais nous avons résisté ». Le couple Tillon s'exile en Provence. La « fraternité est brisée ». Pour avoir protesté contre l'invasion soviétique en Tchécoslovaquie, Charles Tillon est finalement exclu du PCF en 1970. Les enfants ayant grandi, les Tillon reviennent vivre au pays (à La Bouëxière, près de Rennes) avant de repartir pour Marseille où le géant Charles Tillon s'éteint le 13 janvier 1993.

    Raymonde Tillon a choisi en juillet dernier de revenir vivre « là où Charles est né ». C'est à dire à Rennes. Le rapatriement des cendres de son époux est en préparation. Raymonde Tillon est soulagée d'avoir dit « ce qu'elle avait, elle, à dire ». Mais foin de nostalgie. Raymonde Tillon fait « une confiance extraordinaire à la jeunesse ».

    Éric CHOPIN.

    « J'écris ton nom, Liberté », de Raymonde Tillon, aux éditions Du Félin. Collection Résistance-Liberté-Mémoire. 212 pages. Préface de Germaine Tillion. Postface de Charles-Louis Foulon.

    source: ouest-france.fr 17-07-2016 (20 h 14)

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  • Lettre ouverte de la Libre Pensée  à Monsieur Jean-Marc Todeschini,

    Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de la Défense Chargé des Anciens combattants et de la Mémoire.

    Va-t-on interdire la Chanson de Craonne en France ?

    Monsieur le Secrétaire d’Etat,

    L’interdiction de la Chanson de Craonne, que vous avez décidée lors des cérémonies commémoratives de la bataille de la Somme le 1er juillet 2016, a scandalisé non seulement les libres penseurs pacifistes et internationalistes que nous sommes, mais, bien au-delà, elle a interrogé de très nombreux citoyens qui considèrent que ce chant appartient au patrimoine le plus populaire de notre pays et le plus digne de respect, parce qu’il est pour ainsi dire consubstantiel à la guerre de 1914-1918.

    Faut-il rappeler que cette chanson a été en pleine guerre l’objet d’investigations policières, pour en découvrir  alors le parolier et le châtier de façon à lui interdire la récidive, c’est-à-dire en vue de le traduire en Conseil de guerre et d’ obtenir si possible qu’il soit passé par les armes comme « Fusillé pour l’exemple ? »

    Sommes-nous revenus au temps de la Guerre d’Algérie ?

    Vous avez eu des prédécesseurs de triste renommée dans la censure sur le même sujet en pleine guerre d‘Algérie. Quand Stanley Kubrick réalisa son extraordinaire film Les Sentiers de la Gloire, il fut interdit en France pendant des décennies. Y aurait-il un lien inavouable entre l’amnistie des « généraux félons de l’OAS » et l’interdiction de la Chanson de Craonne ? Celui du refus que soit honoré le droit de dire NON à la boucherie ? Celui du refus de la réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale ? Celui du refus de la guerre et des massacres ?

    Faut-il rappeler que cette chanson a connu un immense succès dans les tranchées ?  Cette chanson, vous le savez, n’a rien à voir avec une simple rengaine passée de mode et à laquelle nos contemporains seraient devenus indifférents. Non. Mille fois non. Tout au contraire. Il s’agit d’une chanson pleine d’un sens profond ayant su traduire l’état d’esprit des combattants de la Première guerre mondiale, tant elle est empreinte d’une nostalgie poignante et d’un esprit de révolte contre des ordres absurdes, dont la guerre de 1914-1918 n’a pas manqué, comme la majorité des historiens modernes s’accordent désormais à le dire.

    Cette chanson a bravé le temps et l’oubli. Il n’est pas excessif de dire qu’elle a pris un caractère symbolique et qu’à elle seule, elle exprime l’immense désespoir et l’immense colère de ces centaines de milliers de jeunes hommes voués à sacrifier, qui leur vie, qui leur intégrité physique, qui leur santé mentale, pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs.

    La censure est toujours contre la vérité de l’Histoire

    En conséquence, nous vous demandons si, lors des commémorations de la bataille du Chemin des dames, l’an prochain, vous oserez interdire que soit chantée cette Chanson de Craonne, dont le titre indique précisément un des  lieux les plus mémorables de cette bataille calamiteuse, dite offensive Nivelle, moment effroyable où la chanson devint célèbre. Oserez-vous occulter  la dimension la plus terrible de la condition humaine dans l’histoire de cette guerre atroce pour ne retenir que l’héroïsation de faits d’armes et d’assauts victorieux, loin de la réalité infiniment tragique et révoltante des tranchées où un gigantesque déploiement d’artillerie procédait à sa terrifiante  boucherie de part et d’autre de la ligne de front  ?

    La Chanson de Craonne est une chanson qui appartient à l’Histoire avec une majuscule. On lui doit respect, voire déférence. Elle a marqué à jamais la période et le front où elle fut fredonnée par les « bonshommes », réduits à n’être que de la « chair à canon ». « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » disait Anatole France, comme en écho à ces fortes paroles de la Chanson de Craonne : « Ceux qu’ont l’pognon ceux-là r’viendront /Car c’est pour eux qu’on crève… »

    Telle est la voix de la vérité. Allez-vous l’étouffer une nouvelle fois ou, faisant droit à la raison et au respect de nos aînés, autoriser cette voix à s’exprimer l’an prochain au Chemin des Dames ?

    Dans l’attente de votre réponse, nous vous assurons, Monsieur le Secrétaire d’Etat de notre attachement indéfectible à ce que toute la vérité soit dite sur 1914-1918 et à ce que, notamment lors des cérémonies commémoratives de la bataille du Chemin des Dames, soit entendue enfin la voix authentique des combattants, si présente dans la Chanson de Craonne.

    Paris, le 9 juillet 2016

    Christian Eyschen, vice-Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée

    Pierre Roy, Président de la Fédération nationale laïque des Associations des amis des monuments pacifistes

    source: fnlp.fr

    La chanson de Craonne par Marc Ogeret

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  • Il y 76 ans, le 10 juillet 1940, l'Appel de Maurice THOREZ et de Jacques DUCLOS [video]

     

    Des images de la cérémonie de commémoration de l'Appel du 10 juillet 1940 organisée bd Mortier à Paris 20è le 10 juillet 1977, avec notamment le discours de Gaston Plissonnier.

    Télécharger « 160710-Le texte de l' appel du 10juillet 1940 de M. Thorez & J. Duclos.pdf »

     

    source:  communcommune.com

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  • Discours de Nicole Aurigny, vice-Présidente de  la Libre Pensée

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016

    A l’initiative du Groupe La Barre de la Libre Pensée d’Abbeville, se tient chaque année un rassemblement et une manifestation en hommage au Chevalier de la Barre, assassiné par la réaction cléricalo-monarchiste et brulé en place publique, le 1er juillet 1766. Une centaine de laïques et de libres penseurs étaient présents à Abbeville le 3  juillet 2016.

     

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    «  Citoyennes, citoyens, chers amis, cher camarades,

    Un des attendus du jugement qui a amené le Chevalier de La Barre au bûcher était « d’avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le Dictionnaire philosophique du sieur Voltaire. » Et ce livre, nous le savons, fut brûlé en même temps que le Chevalier.

    Voltaire a publié le « Dictionnaire philosophique » en 1764, et ce dictionnaire « portatif », comme il fut appelé ensuite, eut un grand succès et se répandit rapidement dans la société du XVIIIè siècle. Furieuse, l’Eglise condamna le dictionnaire « au feu » dès 1765, mais elle décida aussi de répondre par un livre qui eut pour titre : Anti-dictionnaire philosophique.

    J’ai eu l’occasion de feuilleter cet ouvrage, et dans la préface de 1775, on peut lire : « Le Parlement de Paris condamna ce livre au feu par son arrêt du 17 mars 1765, comme une satyre scandaleuse des Mystères, de la Morale et de la discipline du Christianisme ; comme un cours complet de Matérialisme, comme un recueil de blasphèmes mille fois répétés par les Impies, et mille fois réfutés depuis dix-huit siècles. Ces illustres magistrats firent plus encore en 1766, lors de l’exécution du Chevalier de la Barre à Abbeville. Ils ordonnèrent que cette production sacrilège serait brûlée sur le corps du jeune criminel qu’elle avait séduit. » En 1775, les religieux ne craignent donc pas de tirer gloire à la fois de la destruction du dictionnaire philosophique et du supplice du Chevalier.

    Mais, 14 ans plus tard,  en 1789, la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirme que  « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. »

    C’est le combat de la Libre Pensée depuis plus de 150 ans, car elle considère que la France n’est pas la « fille aînée de l’Eglise », mais la fille des Lumières, de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, des lois laïques de 1881-1886, de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.

    C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée se félicite du rassemblement du 5 décembre 2015 pour l’abrogation de la loi Debré et la défense de la loi de 1905. Malgré l’état d’urgence, l’interdiction de la manifestation, le rassemblement de plusieurs milliers de laïques s’est tenu. A l’initiative de la Libre Pensée, ont participé à ce rassemblement la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, la Confédération Force Ouvrière, la FERC-CGT, l’Union rationaliste, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité., Laïcité-Liberté. Toutes ces organisations ont pu développer leur point de vue et expliquer pourquoi elles revendiquent l’abrogation de la loi Debré et pourquoi elles défendent la loi de 1905.

    On le voit : le mouvement laïque se restructure autour d’un axe dont la Libre Pensée est une composante importante, parce qu’elle est restée ferme sur la définition de la laïcité, qui n’est ni plurielle, ni ouverte, ni xénophobe, ni communautariste, ni « chrétienne et blanche », et parce qu’elle défend la loi de 1905, se refusant à confondre sphère publique et sphère privée.

    Défendre la loi de 1905, c’est défendre la République contre le communautarisme ; c’est refuser de voir chaque personne s’enfermer dans sa communauté supposée ; c’est refuser de revenir à l’Ancien-Régime où chaque individu appartenait obligatoirement à un Ordre.

    Revendiquer l’abrogation de la loi Debré, c’est revendiquer les fonds publics exclusivement à l’Ecole publique. Il convient donc de dénoncer, une fois de plus, le budget en faveur de l’enseignement privé, en hausse en 2016 : plus de dix milliards de fonds publics détournés pour l’école privée à 97 % catholique. La Libre Pensée invite ses Fédérations à établir l’inventaire des fonds publics détournés et à rendre ces chiffres publics.

    Au rassemblement en hommage au Chevalier de la Barre A Abbeville, le 3 Juillet 2016 (FNLP.fr 6/07/2012)

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est aussi exiger l’abrogation du Concordat qui instaure en Alsace-Moselle, non pas un droit local cultuel, mais un régime clérical d’exception. Abandonner cette exigence serait laisser la porte ouverte à ceux qui, comme Bernard Cazeneuve, voudraient intégrer la religion musulmane et éventuellement le culte évangélique avant d’étendre le Concordat à tout le pays.

    Défendre la laïcité de l’Ecole, c’est combattre la loi Peillon, la réforme des rythmes scolaires, la réforme du collège. La « refondation » de l’Ecole inverse, elle aussi, la hiérarchie des normes : la territorialisation, le projet local, l’autonomie vont à l’encontre des programmes, des examens nationaux, à l’encontre de l’égalité, à l’encontre de la laïcité. La FNLP  a appuyé le combat contre ces réformes rejetées massivement par les enseignants et les parents. Elle se félicite que les organisations représentant 80 % des personnels aient exigé l’abandon de la réforme du collège.

    Avec la loi El Khomri, on voit une tentative insidieuse de mettre en place un ordre corporatiste, directement inspiré de la Doctrine sociale de l’Eglise, via l’Europe vaticane. Les salariés ne seraient plus considérés comme une classe sociale, et l’inversion de la hiérarchie des normes aboutirait à leur atomisation.

    Pour parfaire le piège dans lequel on voudrait les enfermer, le Sénat, avec l’accord du gouvernement, vient de réintroduire dans la loi El Khomri la disposition sur l’extension de la « laïcité » dans les entreprises privées. « Le règlement intérieur peut, par accord d’entreprise, contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés, si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

    Comme on le voit, il s’agit de chercher à interdire toute expression d’une conviction religieuse, syndicale, politique. C’est une remise en cause d’un droit démocratique : la liberté d’expression. Dans cette acception, la laïcité n’est plus le système institutionnel qui garantit à tous la  liberté de conscience et d’expression ; elle est ravalée au rang de simple opinion. On tue la laïcité au nom de la « laïcité ».

    En cette année 2016, centenaire des batailles sanglantes de Verdun et de la Somme, je voudrais rappeler un autre combat de la Libre Pensée : pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple. Devant ce monument en hommage au Chevalier de La Barre, nous nous souvenons de tous les efforts qu’il a fallu pour récolter sou après sou les sommes nécessaires à sa réalisation. C’est un exemple et un encouragement pour nous qui avons lancé une souscription nationale pour rendre hommage aux 639 Fusillés  grâce à un monument en pierre sur la ligne de front.

    Depuis un an, les batailles n’ont pas manqué ;

    • Le gouvernement voulait introduire l’état d’urgence dans la Constitution. Il n’a pas réussi.
    • Le gouvernement a voulu interdire les manifestations syndicales. Il n’a pas réussi.
    • Il n’a pas trouvé le consensus qu’il recherchait pour faire aboutir ses contre-réformes.
    • Et contre la loi Travail, la mobilisation continue.

    Nous commémorons aujourd’hui le 250è anniversaire du supplice du Chevalier de La Barre.

    Contre la loi Debré, pour la défense de la loi de 1905« pour l’émancipation intégrale de la pensée humaine » comme le proclame fièrement ce monument, l’union laïque est en marche. »

    source: fnlp.fr/

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  • 7 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE !

     Jamais autant d’avancées sociales n’ont été obtenues d’un seul coup. Congés payés, semaine de 40 heures, convention collective, libre exercice du droit syndical, contrat de travail, augmentation des salaires jusqu’à 15%… « VICTOIRE SUR LA MISÈRE ! », titrait Le Peuple : « 8 MILLIONS DE SALARIÉS OBTIENNENT SATISFACTION ».

    Grâce au combat des nôtres, les « salopards en casquette » comme les appelaient les Gattaz de l’époque, nous bénéficions toujours aujourd’hui des conquêtes sociales remportées grâce aux grèves et aux occupations spontanées du printemps 1936.

    C’est aux législatives du 03 Mai 1936 que le Front Populaire l’a emporté. Mais de peu et avec un programme assez limité. Mais le mouvement social ne s’est pas arrêté là. Une immense vague de grèves spontanées avec occupation s’est imposée en exigeant des réformes sans précédent. Syndicats et partis ont dû suivre cette formidable mobilisation. Le gouvernement d’union de la gauche a dû écouter le mouvement social et transformer les revendications en autant de lois.

    Aujourd’hui c’est l’inverse. Un gouvernement « socialiste » s’emploie à détruire ces acquis en imposant brutalement par la ruse et par la force sa « Loi Travail », combattue depuis trois mois par un vaste mouvement social.

    HOLLANDE, VALLS, MACRON, TROIS IMPOSTURES PAR JOUR

    Pour cet anniversaire du Front Populaire, leurs conseillers en com’ se sont surmenés mais c’est encore raté :

    - grève partout contre la Loi Travail, notamment à la SNCF à quelques jours de l’Euro de foot. Au journal La Voix du Nord, le 07 juin, François Hollande cite le leader communiste de 1936, Maurice Thorez, « IL FAUT SAVOIR ARRÊTER UNE GRÈVE ». Mais Hollande oublie de citer la suite : « DÈS QUE LA SATISFACTION A ÉTÉ OBTENUE ».

    - Manuel Valls, acharné à imposer la Loi Travail en déployant une répression policière brutale, célèbre avec lyrisme les accords Matignon le 07 juin, tout en faisant tout ce qu’il peut pour en détruire l’essentiel.

    - Emmanuel Macron inaugure un timbre poste à la mémoire du Front Populaire. Il choisit judicieusement la poste de Montreuil (93) dont le maire communiste Patrick Bessac refuse de le recevoir. Huées, sifflets. Malgré les forces policières qui l’entourent, il se prend un œuf sur la tête.

    LES ACCORDS MATIGNON

    « Nous avions pour nous la force et nous pouvions parler haut », dit Benoît FRACHON (CGT) face à Alfred LAMBERT-RIBOT, du Comité des Forges, dans ce document d’anthologie !

    Extrait de l’émission PANORAMA du 15 juillet 1966 : « Il y a 30 ans, le Front populaire » :

     07 JUIN 36, VICTOIRE DES SALOPARDS EN CASQUETTE ! par Là-bas si j'y suis

     source: a-bas.org/la-bas-magazine/

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    Résistance. À la jeunesse de reprendre le flambeau (LT 28/05/2016)

    La journée nationale de la Résistance célébrée à la stèle des fusillés à Mousterlin

    C'est à la pointe de Mousterlin à Fouesnant, où furent fusillés 17 résistants, qu'a été célébrée, hier, la troisième journée de la Résistance. Elle commémore la première réunion, le 27 mai 1943 à Paris, du Conseil national de la Résistance.

    Le 15 mai 1994, 17 résistants, torturés à la prison Saint-Charles de Quimper, étaient fusillés et enterrées dans les dunes de Mousterlin. C'est sur les lieux même de leur exécution qu'a été célébrée, hier matin, la journée mondiale de la Résistance. 73 ans plus tôt, à Paris, Jean Moulin parvenait à accomplir la mission que lui avait confiée le général de Gaulle, celle d'unir la Résistance intérieure. La cérémonie a réuni autour de la stèle du souvenir des anciens combattants, de nombreux élus, des représentants des autorités civiles et militaires. Le message commun des représentants de la Résistance du Finistère a été lu par Aldric Parent, Chloé Alvez Da Costa et Clémence Prévet, élèves au collège Kervihan de Fouesnant. Prêtant ainsi sa voix à Alexis Le Gall, président de l'amicale des anciens de la 1r e Division de la France Libre, le jeune collégien a rappelé que « la Résistance commença quand, de Londres et sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle signifia son refus de l'armistice (...) Rares, très rares, furent ceux qui le rejoignirent dans la lutte ».

    Des jeunes épris de liberté

    Le texte d'Anne Friant, présidente départementale de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (Anacr), lu par les deux jeunes filles, a souligné le rôle de la Résistance intérieure dans la libération de la France. « Jeunesse de ce pays, entretenez la flamme de la Résistance, donnez-lui à votre tour, tout son éclat. Continuez l'oeuvre de vos aînés », l'a-t-elle exhortée. La teneur du message ministériel lu par le préfet Jean-Luc Videlaine, représentant de l'État, visait également à transmettre aux nouvelles générations cette « flamme de la Résistance » qui animait les combattants de l'ombre, quelles que soient leurs origines sociales. «Ensemble, ils édifièrent le programme politique et social du CNR pour une République plus ouverte, plus généreuse, plus démocratique ». Ce programme, adopté le 15 mars 1944, comportait notamment le socle de notre modèle social avec, entre autres, la création de la Sécurité sociale, la retraite, le réajustement des salaires pour que chaque travailleur puisse vivre dignement. La fin du message ministériel a voulu s'en revendiquer : « Aujourd'hui, nous devons continuer à moderniser l'État pour le rendre plus juste en conservant l'esprit de bienveillance du CNR ».
     
    Cathy Tymen
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  • Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

    A l'occasion de la victoire à l'Eurovision de la chanson de Jamala "1944" officiellement consacrée à la déportation des tatars de Crimée par le pouvoir soviétique, j'ai trouvé surprenant de voir de longs passages consacrés à leurs souffrances, mais rien sur les raisons de cet acte. Comme s'il ne s'agissait que d'un pur caprice de Staline. Dont l'évocation du seul nom est suffisante en Occident pour se passer de "pourquoi".
     
    Et lorsque l'on regarde ce "pourquoi" de plus près, il n'est pas forcément une bonne chose que l'Ukraine noire-brune lève le voile que le pouvoir soviétique de toutes ses forces avait déposé sur les crimes ignobles commis massivement par les tatars de Crimée lors de la Seconde Guerre Mondiale. Si beaucoup ont péri lors de leur déportation, ils auraient tous été massacrés par la population locale après le départ des nazis. 
     
      En 1944, le pouvoir soviétique décide de déporter les petits peuples qui ont collaborés avec les nazis. Je dis bien les "petits", car remarquez que les ukrainiens de l'ouest ont pu rester sur place et l'on y trouve les racines de la résurgeance des héros nazis aujourd'hui. Donc, les tatars sont déportés, dans des conditions inhumaines. Dans des wagons, où certains périront. Mais rappelons-nous un petit détail: nous sommes en 1944, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, où l'URSS a mis toutes ses forces, à payé un prix considérable, a vu des milliers de villes et de villages détruits, a vu bombarder son infrastructure, ses usines. Toute la population vit dans des conditions inhumaine. C'est la guerre, ce n'est pas Nuit Debout. 
     
    Un excellent article vient d'être publié en Russie sur le sujet, un article qui remet les points sur les i à ceux qui auraient la tentation de faire remonter à la surface ce qu'ils ne pourraient pas maîtriser. Je vous en propose les grandes lignes, mais vous pouvez le lire en entier ici sur le blog de Pavel Shipilin.
     
    Le pouvoir soviétique gouvernait un territoire multiculturel, multiethnique. Il maîtrisait déjà l'art de la globalisation et de l'internationalisme, découlant naturellement de ses origines révolutionnaires. Dans ce contexte, il ne pouvait se permettre de monter un peuple contre l'autre. Les crimes commis par les tatars de Crimée, par les divisions ukrainiennes de l'UPA, furent délicatement posés sur le dos des SS, les documents stockés et conservés sous le sceau secret-défense. 
     
    Mais si l'on peut faire taire des papiers, l'on ne peut pas faire taire les gens. Et les habitants de Crimée, ou de Pologne, se souviennent parfaitement des crimes des uns et des autres. La frontière entre l'Ukraine et la Pologne devait permettre de gérer le conflit potentiel, mais il n'y avait pas de frontière à l'intérieur de la Crimée. Les ukrainiens de l'ouest sont restés, les tatars déportés.
     
    L'auteur de l'article donne les liens vers les informations concernant ces crimes. Par exemple, ici, sur les tatars de Crimée qui ont servis dans les rangs nazis. Photo d'époque:
     

    Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

     
    En 1939, ils constituaient moins de 20% des populations de la presqu'île. Lors de la guerre, ils furent appelés, comme chaque citoyen soviétique, à servir dans les rangs de l'armée rouge, mais la désertion revêtait un caractère massif chez eux, presque la totalité a déserté dès 1941. Les allemands surent utiliser ce trait de caractère. Ils aidèrent à "protéger" les villes de Crimée avec les nazis contre les "attaques des partisans". Et l'armée allemande en avait besoin car comme l'écrivait le feld maréchal Von Manstein, un important mouvement de partisans s'est immédiatement formé en Crimée dès l'occupation nazie, car à part les tatars, il y avait aussi des russes. Tout est dit. Leur loyauté au Führer fut constante et sans défaut jusqu'à la défaite de l'Allemagne, comme le montre les différents documents des réunions des comités de tatars.
     

    Eurovision suite...Au fait, pourquoi les tatars de Crimée ont-ils été déportés ? -par Karine Bechet-Kolovko -19/05/2016

     
    Mais non seulement, les tatars "protégeaient" la population contre les partisans, mais ils ont également commis des crimes atroces justement contre cette population, leurs voisins. Prenons un exemple, la destruction totale du village criméen de Laki. Vous ne le trouverez plus sur la carte, il a été rayé avec sa population par les tatars de Crimée, alors qu'il était un des plus vieux village de la région, les premières traces remontant au VIe siècle. Le 23 mars 1942, les SS aidés de leur contingent local tatare, ont détruit tous les bâtiments, l'école, les magasins, les maisons, et brûlé les habitants. 16 femmes, les personnes âgées et les enfants. Une balle dans la tête, puis les corps ont été mis dans une fosse, arrosés d'essence et brûlés.
     
    L'on peut donner d'autres exemples de cruauté, ils sont nombreux, mais la situation est claire. Alors maintenant imaginez ce que va faire la population lorsque les allemands partent? Dès que le pouvoir soviétique tournera la tête. Sans faire le tri entre les coupables et les innocents, ce sont tous les tatars de Crimée qui étaient en danger. Et dans un pays multiethnique, ce n'est pas possible, sauf à faire exploser le pays. Car, il y aura aussi la haine des polonais contre les ukrainiens pour, notamment, les crimes commis contre la population polonaise dans le village de Lipniki. Ce village avait été pris par les polonais aux ukrainiens dans les années 20-30, tout d'abord, et avaient renvoyé la population ukrainienne. Lorsque les ukrainiens de l'UPA, accompagnant l'armée nazie, avaient repris le village, ils ont massacré, dépecé, démembré, brûlé, torturé les polonais qui y vivaient. Le futur cosmonaute polonais y a perdu 12 membres de sa famille, son grand frère lui a raconté ce qui s'était passé. 
     
    Le pouvoir soviétique a donc déporté le peuple tatar. Oui, par là même lui a laissé la vie sauve. Après, ce que ce peuple en a fait, c'est de sa responsabilité. Mais les tatars qui ont combattu l'ennemi ont été décorés comme héros de l'Union soviétique, et ils ne purent rentrer sur leurs terres, car les crimes commis par les autres tatars les auraient mis en danger.
     
    Pourquoi Jamala n'en parle pas? Pour citer cet article:
    "Mais comment faire pour que l'Ukraine ne se retrouve pas confrontée à un autre problème, à la rencontre de la volonté de polonais de restaurer publiquement la justice historique. Puisque l'Eurovision s'est définitivement transformé en un lieu où se règle la grande politique des petits états, c'est donc tout à fait possible."
    Un groupe polonais a sorti une chanson qui devrait avoir, en ce sens, toutes ses chances à l'Eurovision 2017 - l'Ukraine devant se poser en héraut de la vérité historique. Il s'agit du groupe de rap Basti avec sa chanson Wroga Krew (le sang ennemi), dont voici les premières lignes:
     
    "Le sang ukrainien est le sang de l'ennemi. Je suis né polonais.
    Aucun des ukrainiens dans la vie ne deveviendra jamais mon frère.
    Conformément à l'histoire, et pas l'inverse,
    Je crois en la vérité, aucune propagande ne m'arrêtera."
     
    L'Ukraine s'est engagée dans une voie dangereuse. C'est une chose sensible et très aléatoire la vérité historique. Surtout que nous avons une furieuse tendance à la simplifier pour la faire correspondre aux besoins du moment. Alors que sa complexité dépasse notre vision politique.
     
    En 2014, lors du rattachement de la Crimée à la Russie, symboliquement, le Président V. Poutine a adopté un oukase sur la réhabilitation des tatars de Crimée. Le 18 mai devient le jour commémorant la tragédie tatare. Sa déportation. La page est tournée. Il faut vivre en paix, sans oublier et sans insister.  La paix est à ce prix, un équilibre précaire. A chacun sa voie, l'Ukraine en a choisie une autre, dangereuse pour elle-même.
     
    Karine BECHET-GOLOVKO-le 19 mai 2016
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  • Mai 1936, Mai 1945 … Mai 2016 ? la stratégie gagnante du Front Antifasciste Populaire Patriotique et Ecologique! (IC.fr-12/05/2016)

    Quelles leçons pour aujourd’hui ?

    Le affirme aujourd’hui que le choix stratégique fondamental du VIIe Congrès de l’Internationale Communiste, éclairé par le grand meeting du le 14 juillet 1935 à Paris, fut le bon et qu’il reste d’une totale actualité. Le choix du Front Antifasciste, Patriotique et Populaire*.

    Choix confirmé, en d’autres circonstances, durant la Seconde Guerre Mondiale par le Mouvement communiste international et par la de l’Union soviétique prenant la tête d’une large Coalition antifasciste mondiale.
    Ce choix permit au mouvement ouvrier de prendre la tête à la fois du combat pour l’émancipation sociale et pour l’indépendance nationale. La classe ouvrière devenait la classe nationale selon la formule de Marx.

    En 1936 chez nous le Front populaire permit de barrer la route au fascisme et de faire avancer les conquêtes sociales en s’appuyant sur le mouvement revendicatif de lutte des masses ouvrières et paysannes alliées à la petite-bourgeoisie. Partout il aguerrit le mouvement ouvrier et son avant-garde, lui permettant de porter la lutte révolutionnaire en élargissant et en intégrant celle-ci à l’histoire longue du mouvement populaire et aux traditions révolutionnaires. Le parti communiste se renforce en se faisant l’héritier de la Révolution française, en unissant drapeau tricolore et drapeau rouge, Marseillaise et Internationale, en prenant en même temps la tête des luttes sociales.

    En 1945, le Front populaire et patriotique forgé dans la Résistance permet de donner une puissance exceptionnelle aux Partis communistes qui furent dans tous les pays occupés en Europe par le nazisme-fascisme, en Asie par le militarisme fasciste, la force principale de la lutte pour la libération nationale et sociale. Cette puissance combinée à celle de l’URSS, est mise au service d’une grande politique sociale qui marque la vie nationale pendant des décennies. Aujourd’hui encore ce sont les conquêtes des Fronts Populaires et Patriotiques de 1936 et de 1945 qui sont la cible de la grande bourgeoisie et de ses fondés de pouvoir.

    Mai 1936, Mai 1945 … Mai 2016 ? la stratégie gagnante du Front Antifasciste Populaire Patriotique et Ecologique! (IC.fr-12/05/2016)Face à la situation actuelle du mouvement ouvrier et populaire le PRCF estime que la stratégie gagnante est encore celle d’un Front Antifasciste Populaire Patriotique et Écologique( FR.APPE !) car évidemment, à notre époque, la dimension d’une lutte contre la destruction de l’environnement par le tout-profit capitaliste intéresse la survie même de l’humanité.

    Rassembler les forces anti-monopolistes, républicaines et patriotiques est le seul axe stratégique permettant d’isoler et vaincre le grand capital, son UE, son euro, la fascisation et les droites (PS, LR,FN). Contre l’opportunisme collabo et la trahison du PGE, contre le solo sectaire et funèbre de la classe ouvrière qu’affectionnent les sectaires et les gauchistes, le Front antifasciste populaire patriotique du XXIe siècle permettra à la vraie gauche, ouvrière et populaire, de reprendre l’offensive.

     

    Par , fils de Résistants communistes.

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  • Un nouveau rôle dévolu à l’État, une façon différente de faire de la politique, l’émancipation de la classe ouvrière, des décisions sociales historiques ont marqué ce passage de la gauche au pouvoir.

    1936-ce que le Front Populaire a révolutionné (entretien ace Danielle Tartakovsky-OF 3/05/2016)


    1936-ce que le Front Populaire a révolutionné (entretien ace Danielle Tartakovsky-OF 3/05/2016)

     

    Entretien

    Danielle Tartakowsky,

    historienne, présidente de l’Université Paris VIII.

    Le 3 mai 1936, le Front populaire gagne les législatives avec 376 députés. Qu’est-ce qui a permis cette victoire ?

    D’abord, la mobilisation collective engagée dès 1934 contre les fascistes et les ligues d’extrême droite. Au défilé du 14 Juillet 1935, on a chanté L’Internationale et La Marseillaise, c’était inédit. De même que ce rassemblement populaire des socialistes, des communistes et des radicaux pour « le pain, la paix et la liberté ». Ce pacte d’unité fonde une nouvelle culture politique : elle se définit comme une culture de classes et une culture républicaine, qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

    Le 5 juin, Léon Blum, leader de la SFIO, est nommé président du Conseil. En pleines grèves massives et joyeuses…

    La base et les militants « poussent » à l’action. 1936 révolutionne les manières de faire de la politique : on défile, on cesse de travailler, on se syndique. Les fêtes dans les usines et ailleurs sont des moments de plaisir, de lutte aussi. Tout le monde s’exprime : les femmes, les jeunes ou ces immigrés d’Europe de l’Est, d’Allemagne et d’Italie qui joueront un rôle essentiel dans la Résistance.

    En quoi cette période fut-elle capitale pour la classe ouvrière ?

    Elle a vérifié que la lutte collective paye. Et, comme le notait la philosophe Simone Weil, « si on avait obtenu tout cela sans faire grève, on aurait été moins contents ». La gauche est au pouvoir et La vie est à nous, pour citer le titre prémonitoire du film de Jean Renoir, en janvier 1936. En France, ces avancées majeures ont été conquises. Alors qu’aux ÉtatsUnis, elles ont été concédées.

    Comment la scène politique française s’est-elle modifiée ?

    Le Front populaire l’a révolutionnée. En modifiant les structures du gouvernement, en renforçant l’exécutif. En innovant, avec trois femmes (pas ministres puisqu’elles ne pouvaient pas voter), mais sous-secrétaires d’État, et deux tiers des ministres jeunes et novices, ce qui constitue une rupture absolue avec le passé. Par ailleurs, l’État est devenu le garant de la protection sociale, ce qui légitime ses interventions dans les secteurs du travail, de la santé, de la culture. 1936-1946 ou l’ébauche de l’État social à la française.

    Mais le Front populaire n’a duré qu’un an et demi…

    Et c’est remarquable qu’il ait tenu autant ! Souvenez-vous : Hitler au pouvoir ; en France, la fuite des capitaux, la déflation, le patronat qui veut casser le rapport de forces instauré lors des grèves, et les radicaux hostiles à toute réforme de structures. Le moindre basculement d’alliance faisait chuter le gouvernement. Il fallait donc maintenir un compromis fragile pour demeurer au pouvoir et continuer à agir.

    Pour vous, quels sont les échecs du Front populaire ?

    Je ne vois pas « d’échecs ». Disons plutôt des « angles morts » : le vote des femmes (il faudra attendre 1944), et la question coloniale que la volonté d’éviter d’affaiblir les démocraties dans leur lutte contre le fascisme contribue, sans doute, à expliquer.

    La non-intervention en Espagne pour lutter contre les franquistes n’est-elle pas un échec ?

    Non, car Blum n’avait pas le choix. Les radicaux auraient cassé l’alliance. Mais la France est le pays qui, « sous le manteau », a envoyé des armes et le plus grand nombre de combattants pour soutenir les républicains espagnols.

    « 36 », cela nous parle encore ?

    Oui, même si on se réfère plus facilement à 1968 ou 1995 (mouvement social contre le gouvernement Juppé). Un héritage est constamment réécrit. Il y a trente ans, des partis politiques venaient me demander si une stratégie de programme commun était encore possible. Il y a vingt ans, c’était des comités d’entreprises et des syndicats. Il y a dix ans, des gens de la culture en quête de films et photos d’alors. Et aujourd’hui, des journalistes (Sourire). Dans la bataille actuelle contre la loi El Khomri, personne ne s’est approprié fortement « 36 », alors qu’il s’agit de conventions collectives, d’enjeux et de la fin d’un cycle qui avait commencé sous le Front populaire.

     

    Recueilli par Colette DAVID.

    Source : Ouest-France  3 mai 2016

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