• La pluie n’a pas arrêté les quelques membres du Comité des usagers de l’hôpital de Douarnenez mobilisés aux abords des halles samedi. Une nouvelle action menée pour alerter sur le devenir de l’hôpital public et de la santé.

    « Alors, qu’est-ce qu’il y a de nouveau ? L’hôpital encore ? », interroge un passant en se saisissant d’un tract à moitié détrempé. « Rien de vraiment neuf, malheureusement », regrette Yves Jardin, président du Comité des usagers de l’hôpital de Douarnenez. Samedi matin, lui et trois autres membres de la structure fondée en 2002 ont répondu à l’appel lancé par la coordination nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. « Il existe une centaine de comités. Mais je ne dis pas que tous vont se mobiliser », souligne l’ancien prof, posté devant les halles. Lui assure aujourd’hui « le service minimum ». « Nous n’étions pas assez nombreux pour organiser une manifestation d’envergure. Mais on tient à assurer une présence, à montrer qu’on ne laisse pas tomber ».

    L’objectif de cette action menée aux quatre coins de l’Hexagone ? « Dénoncer la situation qui s’aggrave dans les hôpitaux. Plus de cent services d’urgence sont en grève, les personnels sont surmenés, des postes sont supprimés… ». Un discours récurrent depuis que le mouvement a été lancé, il y a trois mois. Et les mesures annoncées par Agnès Buzyn, vendredi, sont loin de faire l’unanimité. « Elle n’a pas lâché grand-chose », balaie Yves Jardin, évoquant les primes promises par la ministre de la Santé. « Ces dernières années, des dizaines de milliers de lits ont été fermées. Ce que demandent les soignants, ce sont des moyens pour travailler correctement ».

    Pour l’ouverture d’un centre de santé

    Plus localement, la conjoncture penn-sardin inquiète. Le manque d’urgentistes - une dizaine environ sur le secteur Douarnenez, Quimper, Concarneau - est au centre des préoccupations. Leur recrutement est l’une des premières revendications du Comité des usagers. Le rétablissement de la ligne de Smur à l’hôpital de Douarnenez 24 h sur 24 compte également parmi les priorités. « Depuis juin 2018, la ligne est ramenée sur Quimper pendant la nuit. Mais maintenant, cela se produit aussi dans la journée, tempête Yves Jardin. Vingt fois entre le 15 avril et le 30 juin. Près de la moitié du temps ! »

    Pour remédier à la pénurie médicale, le comité envisage également la création d’un centre de santé avec des médecins et des professionnels salariés. Un moyen, aussi, de désengorger les urgences. « Nous ne sommes qu’au début de la démarche et cela ne va pas se faire en claquant des doigts », reconnaît le militant. Et d’ajouter, déterminé : « On ne va pas se gonfler les chevilles mais si nous n’avions opposé aucune réaction, la dégradation aurait peut-être été encore plus rapide ».

    "Si nous n’avions opposé aucune réaction, la dégradation aurait peut-être été encore plus rapide"
    Léa GAUMERsource: https://www.letelegramme.fr/
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  • Venezuela-Comprendre la guerre qui vient 4ème Partie  (4/5)-par Romain MIGUS

    4partie : Éléments étrangers de l’armée des ombres (paramilitaires, mercenaires et forces spéciales)

     

    Le 14 mars 2018, Erick Prince, le fondateur de l’entreprise militaire privée Blackwater, réunissait une centaine de personnalités dans son ranch de Virginie. L’invité d’honneur, ce jour-là, n’était autre que Oliver North, figure principale avec Elliott Abrams –l’actuel envoyé spécial des USA pour le Venezuela- de la sale guerre contre le Nicaragua dans les années 80 (1).  Ce retour de Erick Prince sous le feu des projecteurs, après sa mise à l’écart des administrations états-uniennes (tout comme son collègue Abrams), aurait dû être un signal d’alerte. Mais ce n’est qu’un an plus tard que l’on apprendra que le fondateur de Blackwater se disposait à recruter 5000 mercenaires pour le compte de Juan Guaido (2). Ce plan macabre n’aurait, pour l’instant, trouvé ni l’écho de la Maison Blanche, pourtant sensible à l’influence de Prince, ni le financement nécessaire de 40 millions de dollars, somme ridicule si l’on tient compte du vol de plusieurs milliards de dollars appartenant à l’Etat vénézuélien par l’administration étatsunienne.  

    Pourtant, le recrutement de mercenaires a déjà commencé. Le 29 novembre 2018, le président Maduro dénonçait lors d’une allocution télévisée la constitution d’un bataillon de 734 chiens de guerre sur les bases militaires d’Eglin en Floride et de Tolemaida en Colombie. Le 23 mars 2019, le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, annonçait que 48 mercenaires recrutés au Salvador, au Honduras et au Guatemala étaient rentrés sur le territoire vénézuélien, dans le but d’y commettre des attentats contre les hautes autorités du pays, ainsi que des actes de sabotages, et d’opérations sous fausses bannières (3). Selon les services de renseignement du Venezuela, ces mercenaires avaient été recrutés par Roberto Marrero, bras droit de Juan Guaido (4). Que ce soit via Erick Prince ou par d’autres modalités, le recrutement de mercenaires afin de déstabiliser le Venezuela, est une sinistre réalité. 

    Le jour de l’arrestation de Marrero, les services de sécurité vénézuéliens ont capturé Wilfrido Torres Gómez alias Necocli, le chef de la bande narcoparamilitaire colombienne «Los Rastrojos». Comme les mercenaires, les paramilitaires colombiens sont un acteur étranger fondamental de la future armée dont pourrait disposer Guaido. 

    Les paramilitaires sont une excroissance du conflit colombien. D’abord créés par des propriétaires terriens et des militaires, ou dans le sillage des cartels de la drogue, ces groupes chargés des besognes les plus inavouables, se sont rassemblés sous le commandement des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC). De 1997 à 2006, ils firent régner la terreur en déplaçant des populations entières sur le territoire colombien, et se chargeant des exactions que ne voulaient pas assumer les services de l’Etat. Sous le gouvernement d’Alvaro Uribe (2002-2010), les paramilitaires ont acquis une véritable prestance sur la scène politique, en tissant des liens avec des responsables politiques et économiques et allant même jusqu’à financer un tiers des parlementaires de ce pays, comme l’ont montré les documents saisis dans l’ordinateur du chef paramilitaire Jorge 40 (5). Si leur activité principale reste liée au trafic de cocaïne, les paramilitaires agissent comme un Etat parallèle et influent. Dotés d’une autorité acquise au moyen d’une violence extrême et d’une terreur psychologique, ils imposent leurs normes sociales, politiques et économiques sur les territoires qu’ils contrôlent. La «démobilisation» des AUC en 2006 a eu pour conséquence l’implosion en plus petites structures, qui ont gardé le même modus operandi

    Les paramilitaires colombiens arrivent au Venezuela après le coup d’Etat contre Hugo Chávez en 2002. D’abord comme tueurs à gage de certains propriétaires terriens, soucieux d’éliminer les leaders paysans qui revendiquaient l’application de la réforme agraire. Ils commencent alors à investir certains quartiers des grandes villes tout en restant très actifs à la frontière venezolano-colombienne. 

    Ils deviennent connus des vénézuéliens en mai 2004, après que 124 paramilitaires furent arrêtés dans les alentours de Caracas. Ils avaient été amenés par Roberto Alonso, un politicien d’opposition, dans le but d’assassiner Hugo Chávez et de hauts responsables de la Révolution. Au fil des ans, leur présence s’est confortée le long de la frontière (6), ainsi que dans certains quartiers des grandes villes où ils ont constitué plusieurs cellules dormantes. Sans oublier l’axe de communication stratégique menant des Andes à la côte caribéenne, couloir primordial pour la distribution de la cocaïne. C’est sur cette portion de territoire qu’ont d’ailleurs été arrêtés ou abattus la plupart des dirigeants paramilitaires qui se trouvait au Venezuela. C’est aussi sur cet axe que se trouvent, et ce n’est pas un hasard, les villes où ont eu lieu les affrontements les plus rudes lors des guarimbasde 2014 et 2017. 

    A la différence du crime organisé « classique », les paramilitaires disposent d’une hiérarchie militaire, d’un appareil de renseignement, d’un armement conséquent, mais surtout agissent en fonction d’une politisation marquée par leur anticommunisme, acquise dès leur genèse dans la lutte contre les guérillas. Ils imposent leur orientation idéologique aux populations qu’ils soumettent. A la différence de la pègre, ils gardent de très bonnes relations avec les élites colombiennes, pour qui ils jouent le rôle d’une armée parallèle. Leur utilisation contre le Venezuela permettrait à la Colombie de ne pas dégarnir les fronts internes que son armée maintient avec la guérilla. 

    A la frontière avec le Venezuela, les paramilitaires contrôlent le trafic de drogue, ainsi que la contrebande d’essence et d’aliments, et joue un rôle non négligeable dans la manipulation éhonté du taux de change du bolívar. Comme nous l’a rappelé Freddy Bernal, préfet de cette région, dans une interview exclusive « La Colombie produit 900 tonnes de cocaïne. Pour produire un kilo, tu as besoin de 36,5 litres d’essence et la Colombie n’en produit pas suffisamment. Les paramilitaires sont chargés d’acheminer par contrebande 36 millions de litres d’essence en provenance du Venezuela et destinés en grande partie à la production de cocaïne » (7), et en retour contrôlent la distribution de drogue dans le pays voisin, par le biais des bandes criminelles vénézuéliennes. 

    Les affrontements de l’Etat bolivarien avec les paramilitaires sont de plus en plus récurrents. Non seulement pour lutter contre leurs multiples trafics mais surtout pour défendre la souveraineté de l’Etat sur le territoire. Selon Freddy Bernal « les paramilitaires jouent le même rôle que celui qu’a tenu Daesh en Irak, en Libye et en Syrie. Ils visent à fragmenter notre territoire. C’est le Daesh d’Amérique Latine » (8). Ils sont un rouage essentiel dans l’atomisation de l’Etat-Nation vénézuélien, un des objectifs majeurs de la guerre qui s’annonce.  

    De Roberto Alonso à Roberto Marrero, il existe de nombreux exemples montrant que les paramilitaires colombiens sont en lien avec l’opposition vénézuélienne. Mais ils répondent aussi aux desseins du Pentagone dans ses actions planifiées contre le Venezuela. Comme nous l’a révélé un document du SouthCom, la force militaire des Etats-Unis responsable de l’Amérique Latine, les stratèges militaires étatsuniens préconisent de « recruter des paramilitaires principalement dans les camps de réfugiés de Cúcuta, La Guajira et le nord de la province de Santander, vastes zones peuplées de citoyens colombiens qui avaient émigré au Venezuela et maintenant rentrent au pays, pour fuir un régime qui a augmenté l’instabilité aux frontières, en mettant à profit l’espace vide laissé par les FARC, l’ELN toujours belligérant, et les activités [paramilitaires] dans la région du cartel du Golfe» (9).

    Comme on peut le voir, les Etats-Unis et leurs alliés latino-américains disposent déjà d’une armée. Celle-ci est composée d’une poignée de déserteurs et de combattants civils vénézuéliens, de membres du crime organisé, de mercenaires étrangers et de paramilitaires colombiens, le tout structuré par des forces spéciales des Etats-Unis, déjà présentes dans la région (10), et de l’appui tactique des armées des pays limitrophes. D’autres acteurs pourraient même s’inviter dans ce conflit. Ce qui expliquerait la présence de plusieurs centaines de militaires israéliens au Brésil et au Honduras (11).

    L’armement de cette force militaire irrégulière est lui aussi en cours. Comme l’a dénoncé le gouvernement russe par la voix de  Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères de ce pays : « les États-Unis et leurs alliés de l'Otan étudient actuellement la possibilité d'acquérir dans un pays d'Europe de l'Est d'un lot important d'armes et de munitions destinés aux opposants vénézuéliens. Il s'agit de mitrailleuses lourdes, de lance-grenades intégrés et automatiques, de missiles sol-air portables, de différentes munitions pour armes à feu et de pièces d'artillerie. Cette cargaison devrait être transportée au Venezuela via le territoire d'un pays voisin à l'aide d'avions-cargos de l’entreprise d’Etat ukrainienne Antonov » (12). Pas besoin d’être un expert militaire pour comprendre que ce type d’arsenal est le même que celui utilisé par les belligérants qui combattent la République Arabe Syrienne. Dans ce cas de figure, les Etats-Unis ou les pays voisins n’auraient même pas à assumer un rôle protagonique de premier plan dans la guerre irrégulière contre le Venezuela. 

    Dans le cas où l’étranglement économique, politique et financier du Venezuela ainsi que les différentes pressions psychologiques et diplomatiques ne parviendraient pas à renverser le président Maduro, alors le scénario que nous décrivons s’appliquera immanquablement. Les différentes composantes du front militaire auront la tâche de morceler le Venezuela, sans forcément répondre à un commandement central, mais avec l’objectif commun de rendre impossible le contrôle du territoire par le pouvoir légitime. Il convient maintenant d’analyser les stratégies pour arriver à de telles fins.  

    5epartie : La stratégie militaire à venir 

    Romain MIGUS

    source: https://www.romainmigus.info/2019/06/comprendre-la-guerre-qui-vient-4e.html

     

    Pour accéder aux 5 articles de l'analyse "Venezuela: comprendre la guerre qui vient", cliquer ici

     

     

    Notes 

    (1) Noah Kirsch, “Inside Erik Prince's Return To Power: Trump, Bolton And The Privatization Of War”, Forbes, 04/04/2018,  https://www.forbes.com/sites/noahkirsch/2018/04/04/blackwater-erik-prince-trump-afghanistan-bolton/#5f0b83c817d7

    (2) Aram Roston, Matt Spetalnick, “Blackwater founder’s latest sales pitch - mercenaries for Venezuela”, Reuters, 30/04/2019,

    https://in.reuters.com/article/venezuela-politics-erikprince/exclusive-blackwater-founders-latest-sales-pitch-mercenaries-for-venezuela-idINKCN1S608C?il=0

    (3) “Gobierno Nacional denunció el ingreso de paramilitares para desestabilizar el país”, Venezolana de Televisión, 23/03/2019, http://vtv.gob.ve/denuncio-ingreso-paramilitares-desestabilizar/

    (4) Multimedio VTV, “Identificados grupos paramilitares que ingresaron a Venezuela con fines terroristas”, Youtube, 23/03/2019, 

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=291&v=Zosm99g50pk

    (5) Romain Migus, “Interpol, la Farc et Chávez : L'ordinateur de Gauche et l'ordinateur de Droite”, Venezuela en Vivo, 17/05/2008, https://www.romainmigus.info/2013/06/interpol-la-farc-et-chavez-lordinateur.html

    (6) Romain Migus, “El Tachira: ¿un estado colombiano?”, Venezuela en Vivo, 03/12/2008, https://www.romainmigus.info/2013/05/el-tachira-un-estado-colombiano.html

    (7) Romain Migus, “Interview exclusive avec Freddy Bernal”, Youtube, 25/05/2019, disponible espagnol sous-titré en français surhttps://www.youtube.com/watch?v=Mq55NuS0ues

    (8) Romain Migus, “Interview exclusive avec Freddy Bernal”, Youtube, 25/05/2019, ibid.

    (9) Kurt W. Tidd, “Plan to overthrow the Venezuelan Dictatorship –“Masterstroke”, disponible sur https://www.voltairenet.org/article201100.html

    (10) “Declaración del Gobierno Revolucionario de Cuba: Urge detener la aventura militar imperialista contra Venezuela”, Granma, 13/02/2019, http://www.granma.cu/cuba/2019-02-13/declaracion-del-gobierno-revolucionario-13-02-2019-21-02-39    

    (11) “Tratado militar : 1000 soldados de Israel a un paso de llegar a Honduras”, El Heraldo, 06/05/2019, https://www.elheraldo.hn/pais/1281719-466/tratado-militar-1000-soldados-de-israel-a-un-paso-de-llegar-a

    (12) Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 22 février 2019, http://www.mid.ru/fr/web/guest/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3540526

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    Chers camarades insoumis, cher citoyen Jean-Luc Mélenchon,

     

    Nous nous adressons à vous à la suite du résultat des récentes élections européennes pour lesquelles le Pôle de Renaissance  en France (PRCF), fidèle à sa stratégie de  progressiste exigeant la sortie de l’Union européenne, de l’euro, de l’OTAN et du capitalisme, a appelé à l’abstention citoyenne et fait campagne dans cette optique en mobilisant l’ensemble de ses militants afin de délégitimer au maximum cette « prison des peuples » qu’est l’UE.

    Vous avez décidé de présenter une liste électorale pour cette occasion. Cette divergence stratégique avec nous ne saurait faire oublier que vous avez défendu lors de la dernière élection présidentielle une position allant dans le bon sens à nos yeux en posant la dialectique suivante : « L’UE, on la change ou on la quitte ». C’est pourquoi nous avions décidé de soutenir de manière critique (notamment lorsque la dialectique exprimée paraissait moins ferme sur l’alternative de sortie de l’UE) mais sincère la candidature de la  que vous avez portée, cher citoyen Jean-Luc Mélenchon, considérant qu’il s’agissait d’une option permettant d’engager le bras de fer avec l’UE sur des bases de rupture reprenant en partie notre ligne  et pour affronter les forces du grand capital.

                Nous ne vous écrivons pas pour commenter les résultats des élections européennes qui parlent d’eux-mêmes. À l’évidence, la dialectique que vous portiez vis-à-vis de l’UE a été sérieusement édulcorée, pour ne pas dire a disparu au cours de cette campagne, ce que nous regrettons pour notre part, au regard du contexte politique et social secouant le pays depuis plusieurs mois. En effet, outre le fait que les classes populaires, qui avaient rejeté le Traité établissant une constitution pour l’Europe (TCE) à 80% le 29 mai 2005, se sont une nouvelle fois massivement abstenues (au même titre que les jeunes), l’appel à un référendum anti-Macron a incontestablement favorisé, à notre plus grand regret comme certainement au vôtre, le fascisant « Rassemblement national », tout heureux d’être présenté par les médias complaisants comme la fausse et mensongère « alternative » à la « République en Marche », et alors que de plus en plus de Gilets jaunes n’ont cessé de défendre le message de « Frexit » dans les manifestations de ces derniers mois. En ce sens, reprendre le mot d’ordre d’une « autre Europe », d’une « Europe sociale », d’une « Europe des citoyens » ou d’une « Europe des gens », comme l’ont notamment fait Ian Brossat pour le PCF-PGE et hélas, Manon Aubry, ne pouvait que mener à nos yeux à un nouvel échec.

                Depuis ce résultat, vous réfléchissez probablement à la stratégie politique générale, et à votre positionnement vis-à-vis de l’UE en particulier. Or se développe justement une fronde en votre sein que nous n’avons nullement à commenter – nous sommes suffisamment attachés à notre souveraineté et notre indépendance organisationnelles pour ne pas nous ingérer dans les affaires politiques internes qui sont les vôtres –, mais qui met de nouveau à l’ordre du jour la question de l’UE. De ce point de vue, l’offensive enclenchée par Clémentine Autain – dont, de fait, la ligne s’est incarnée dans la campagne de Manon Aubry – en faveur d’un « big bang de la gauche radicale » (reprenant au passage une formule de… Michel Rocard en 1993 ! ») et d’un énième rassemblement d’« insoumis, communistes, anticapitalistes, socialistes et écologistes décidés à rompre avec le néolibéralisme », autrement dit autant de forces malheureusement euro-compatibles et eurobéates dont le positionnement va totalement à l’encontre et des intérêts et du positionnement politique de la grande majorité des classes populaires (à commencer par la classe ouvrière et par un nombre croissant de Gilets jaunes), nous paraît dangereux pour l’avenir d’une gauche patriotique et populaire en France.

                En effet, les Gilets jaunes, au même titre que des centaines de milliers de travailleurs, se trouvent de plus en plus confrontés à la désindustrialisation et aux délocalisations qui se démultiplient dans le cadre de la « construction européenne » – en fait, une vaste entreprise de pulvérisation de toutes les conquêtes sociales et démocratiques ainsi que de l’indépendance voire de l’existence même de la République et de la France – et de la mondialisation néolibérale capitaliste. Comment interpréter autrement le démantèlement de la SNCF, la fermeture de l’usine Whirpool à Amiens, la mise à mort du site Alstom à Belfort ou encore la destruction programmée d’emplois chez Renault, pour ne prendre que les exemples les plus récents (et cela sans même évoquer la privatisation programmée des Aéroports de Paris et de la Française des Jeux) ? Autant d’éléments nécessitant, de notre point de vue, une rupture totale et définitive avec l’UE capitaliste, vassalisée à l’impérialisme états-unien et qui accélère la fascisation rampante du continent, afin de mettre en œuvre notamment et de manière urgente un vaste programme de nationalisations dans de nombreux domaines (banques et assurances, énergies, transports, usines et entreprises saccagées par le grand capital…). Cette remarque vaut également pour une cause qui vous tient autant à cœur qu’à nous, à savoir la sauvegarde et la protection de la Terre et de ses ressources condamnées par le capitalisme et ses déclinaisons continentales comme l’UE.

                À nos yeux, la France Insoumise est à la croisée des chemins politiques. Ou bien la ligne faussement euro-critique et franchement eurobéate et euro-compatible persiste comme elle s’est manifestée lors des dernières élections européennes, avec le résultat que l’on sait et le risque de toujours plus servir la soupe aux éternelles forces appelant à des messages incantatoires et utopiques sur la « réforme » et la « réorientation » de l’UE – ouvrant dès lors un véritable boulevard au « Rassemblement national » pourtant lui aussi parfaitement compatible avec l’UE, l’euro, l’OTAN et le capitalisme. Ou bien s’affirme une France FRANCHEMENT Insoumise (FFI), remettant clairement au goût du jour la dialectique développée en 2017 et qui a permis de rassembler plus de 19,5% des électeurs, à savoir l’option de quitter l’UE, l’euro et l’OTAN en cas d’impossibilité de renégocier les traités européens – chose courue d’avance pour nous puisqu’il faut l’accord de l’UNANIMITÉ des chefs d’État et de gouvernement puis des Parlements nationaux. Seule cette orientation est en mesure de placer le camp des travailleurs au cœur d’une vraie alternative politique face à la fausse opposition « progressistes »-« nationalistes » (le RN et LREM représentant de fait les deux faces d’une même pièce européiste et capitaliste), à savoir ce que nous appelons un Fr.A.P.P.E., un Front antifasciste, patriotique, populaire et écologiste en mesure de rassembler toutes les forces progressistes, patriotiques et populaires tout en plaçant les travailleurs au cœur des nombreux combats à venir. Et cela sans contourner la question urgente des nationalisations démocratiques, indispensables si nous voulons sauver ce qui reste de notre industrie et articuler par la suite, de manière démocratiquement planifiée, la transition écologique et la réindustrialisation vitale de notre pays.

                Chers camarades insoumis, cher citoyen Jean-Luc Mélenchon, le PRCF, franchement communiste, est disposé à discuter de manière fraternelle et constructive sur des bases franchement insoumises pour mener à bien un projet qui, de notre point de vue, est le seul en mesure de vaincre Macron, Merkel, Le Pen, les faux « Républicains » et « Patriotes », et bien entendu la mortifère UE appuyée par une fausse gauche eurobéate et en réalité social-libérale, et ainsi de conduire la République sociale, démocratique, laïque, une et indivisible, la France et tous les travailleurs vers de nouveaux « Jours heureux » !

    Salutations citoyennes et communistes,

    Pour le PRCF,

    • Léon Landini, président, ancien FTP-MOI,
    • Georges Gastaud, secrétaire national
    • Fadi Kassem, secrétaire national adjoint
    • Gilliatt de Staërck, responsable des Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF)

     

    source:  https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Le débat de la semaine à Quimper. Soutien inconditionnel aux urgences (LT.fr-14/06/19-19h30)Lors de la plus récente mobilisation des personnels des urgences quimpéroises mardi dernier. 

     

    Bon, c’est vrai, le débat de la semaine n’est pas vraiment un débat puisque tout le monde est d’accord. Le manque de moyens humains et matériels aux urgences en général et à Quimper en particulier a beaucoup fait réagir les lecteurs sur nos réseaux sociaux.

    « Soutien total à mes anciens et anciennes collègues soignants qui se démènent de toutes leurs forces 24 h/24 h et ce 365 jours par an. Il est grand temps que les usagers les soutiennent, même si l’hôpital n’est pas un bon souvenir, ce sont eux les soignants qui ont fait, malgré tout, de leur mieux pour que ce soit moins difficile… », affirme Marie ??bøß?.

    À l’occasion de leur dernier débrayage, mardi, les personnels en grève avaient demandé que la population les rejoigne dans la lutte. « L’info arrive un peu tard pour venir les soutenir ! Mais j’y serai la prochaine ! Et tous les citoyens de Quimper et des environs devraient se mobiliser ! Un jour ou l’autre si ce n’est déjà fait, nous avons besoin d’eux ! », assure Morgane Le Moal. « Les pauvres, ils sont bien seuls et pourtant c’est le problème de chacun… Une honte de ne pas avoir de soutien », s’indigne Lylie Lysiane.

    « 6 heures pour une entorse »

    Charlotte Evrard considère qu’il « faut faire comme les gilets jaunes, manifester pour arriver a quelque chose ». Jusqu’à présent, précisément, les seuls citoyens à avoir rejoint le mouvement des urgentistes par solidarité sont des membres du collectif quimpérois des Gilets jaunes.

    Certains font part de leurs expériences : « Oui ! 6 heures pour une entorse ! », relate Muriel Friau. D’autres n’osent même pas se lancer dans la description : « Je ne préfère même pas parler de mes vécus aux urgences !!! Effectivement il y a… URGENCE ! », émet Annie Gelly. « C’est une catastrophe », assure encore Gaelle Ceccarelli.

    "Comme aux États-Unis, pauvre tu crèves riche tu survis !"

    Ils sont un certain nombre à alerter sur le sentiment d’une médecine à deux vitesses. « Comme aux États-Unis, pauvre tu crèves riche tu survis », déplore Steph-Eric Rubis Le Roux. « Il devient malheureusement très difficile de se soigner avec confiance, d’autant qu’une médecine à deux vitesses naît de manière scandaleuse et odieuse », constate Michel Ange. Il souligne « le regard indifférent de nos politiques et malheureusement déconnectés de la réalité du terrain, de manière irrespectueuse, immorale et inhumaine pour le moins ! »

    « On a tué la médecine de ville » 

    Pour Roland le Floch, « en médecine il n’y a pas d’urgence, il n’y a que des gens pressés ». Il ouvre le débat sur la médecine de ville qui serait, selon lui, une des causes de cette situation déplorable et déplorée. « Lorsqu’on voit des maisons médicales pourvues de six médecins, où il faut prendre rendez-vous 15 jours à l’avance (avant d’être sûr d’être malade). On téléphone en cas de besoins imprévus, réponse : pas de place, il faut prendre rendez-vous. On a tué la médecine de ville où les médecins sont devenus des pseudo-fonctionnaires nantis encouragés à ne pas soigner les patients et les gens pressés vont envahir les urgences de l’hôpital dont la bobologie devrait être l’exception », commente-t-il.

    Le mot de la fin revient au fataliste mais réaliste Jean Baptiste : « en général, l’humain va mal… chez eux aussi, mais pas que ».

     
     
    réactions
    •  RAYMOND BIGER 15 Juin 2019 à 15h21

      Je signale que le 11 juin 2019, à partir de 14 heures, des retraité-es syndiqué-es à Solidaires sont venu-e-s apporter leur soutien au mouvement des personnels hospitaliers de Quimper. Elles et Ils étaient visibles avec leur drapeau spécifique. Parmi elles/eux des anciens salarié-es de la Santé et du secteur public, toutes et tous usagers de l'hôpital public. Elles / ils se sont exprimé, lors du dialogue initié par les hospitalier-es en débrayage : a été souligné les temps d'attente plus que conséquents (6 heures, 7 heures voire plus) pour être réellement pris en charge , que subissent les patients venus à l'hôpital avec une lettre de leur médecin traitant ou y étant dirigé par une autre structure de santé, tel un Ehpad. Il suffit de venir en fin de week-end aux Urgences, pour s'apercevoir que le service est débordé. Les patients affluent de tout le Sud - Cornouaille, l'hôpital de Quimper assurant seul la permanence des soins. Nous posons également les questions suivantes. Combien de médecins à Quimper consultent encore sans rendez-vous ? Comment font les patients quand leur médecin traitant part à la retraite sans repreneur du cabinet médical et qu'ils se voient opposé plusieurs refus successifs de prise en charge par des médecins généralistes en activité différents ? Car c'est cela la réalité. Qu'en pensent et que font...

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  • Venezuela -Comprendre la Guerre qui vient -par Romain MINGUS (3/5)

    3partie : les combattants vénézuéliens (Déserteurs, civils et criminels)

     

    Le storytelling occidental laisse entrevoir la situation au Venezuela comme un conflit interne où s’opposent deux armées, deux légitimités, deux présidents. D’un coté, les «défenseurs de la démocratie» de l’autre, les tenants de la «dictature maduriste», défendue par une armée en lambeaux et une garde prétorienne russo-cubaine (1). Ce récit médiatique permet de passer sous silence la robustesse des forces armées bolivariennes et le soutien non négligeable dont bénéficie le chavisme au sein de la population. Qui plus est, il élude complètement les enjeux géopolitiques et les ingérences prédatrices des Etats-Unis et de leurs complices internationaux. 

    Déserteurs et civils 

    C’est dans cette optique qu’il convient de présenter une armée composée de vénézuéliens. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil caribéen où d’anciens membres des forces de sécurité publique et de défense ont déjà pris les armes contre leur Patrie. Depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, l’histoire de la Révolution Bolivarienne a toujours été ponctuée de défections et de complots militaires. Du coup d’Etat d’avril 2002 à celui du 30 avril 2019, en passant par celui de l’ex colonel Palomo (2019), ou encore par les conspirations des généraux Baduel (2007) ou Rodrigues Torres (2018), par l’Opération Jericho (2015) ou par les actes terroristes perpétrés par d’ex militaires (2003), et par le commando de l’ancien policier Oscar Perez (2017), il a toujours existé – et existe encore certainement- des militaires et des policiers prêts à en découdre avec le pouvoir légitime du Venezuela (2). 

    S’il est évident que les déserteurs, même peu nombreux, constitueront le cœur visible de cette force militaire, ils auront certainement, de par leur expérience de combat, la tâche d’encadrer et de former des civils qui les rejoindront une fois démarré le tragique engrenage de la guerre. 

    A la différence de la guerre en Syrie et de son Armée Syrienne Libre, il n’existe pas au Venezuela de conflits interethniques, interreligieux ou régionaux significatifs qui puissent servir de catalyseur dans la création d’une armée « rebelle ». En revanche, d’autres dimensions -politiques, identitaires, émotionnelles- ne manqueront pas d’être mises à profit pour grossir les troupes de cette armée de l’ombre. La polarisation politique, la construction dans le temps d’une véritable identité chaviste et de son corollaire contrerévolutionnaire, les visions du monde qui en découlent, les sentiments de haine savamment entretenus par un appareil médiatique aux mains des groupes privés, la perte certaine d’une qualité de vie -acquise durant les premières années de la Révolution bolivarienne- due au blocus économique et aux multiples sabotages des services publics, devraient certainement avoir pour conséquence d’attirer de nombreux civils vénézuéliens dans une aventure guerrière. Sans compter sur ceux à qui on ne laissera pas le choix, et où le refus de combattre dans une zone contrôlée par l’opposition pourrait s’apparenter à une complicité avec le pouvoir légitime chaviste. 

    Nous avons pu avoir un rapide aperçu de ce type de mobilisations durant les guarimbas, ces épisodes insurrectionnels qu’a connus le Venezuela au cours des années 2014 et 2017. Nous reviendrons plus loin sur ces évènements, car à la lumière des faits récents, l’analyse des guarimbasacquiert une nouvelle dimension. 

    Ces combattants vénézuéliens recevront sans aucun doute l’appui de certains de leurs compatriotes : les bandes criminelles qui luttent déjà contre l’Etat pour le contrôle de couloirs stratégiques. 

    Implication des bandes criminelles vénézuéliennes

    Si le noms d’El Picure, du Tren de Aragua, d’El Coporo, El Topo ou encore de la Guardia Territorial Pemon ne doivent pas dire grand'chose à nos lecteurs, ils s’agit pourtant de quelques unes des bandes criminelles qui opèrent –ou ont opéré- sur le territoire vénézuélien. Ces bandes armées se livrent à la vente de stupéfiants, au racket, aux kidnappings, ainsi qu’aux meurtres à gages. Mais surtout, elles effectuent un strict contrôle territorial et font régner la terreur dans les zones qu’elles contrôlent. 

    Ces organisations criminelles sont principalement installées dans les régions centrales du Venezuela (Aragua, Carabobo, Guárico), dans certains quartiers populaires des grandes villes, et dans le riche Etat du Bolivar, situé à la frontière brésilienne.  

    Les Etats de Guárico, Aragua et Carabobo sont les zones territoriales où transitent la plupart des marchandises produites au Venezuela et de nombreux biens importés soit depuis la Colombie, soit par voie maritime via le port de Puerto Cabello, situé dans l’Etat de Carabobo.

    Par ailleurs, la présence de ces bandes criminelles dans ces Etats centraux leur confère une position stratégique sur les couloirs par lesquels s’achemine la drogue provenant de Colombie et destinés à sa revente au Venezuela. Par ce commerce illégal, les bandes criminelles vénézuéliennes entrent d’ailleurs en relation avec les narco-paramilitaires colombiens, un autre acteur de cette armée de l’ombre. 

    Il en est de même dans l’Etat du Bolivar, frontalier avec le Brésil. Le contrôle de ce territoire est stratégique en raison de sa richesse exceptionnelle en minerais mais aussi en production d’énergie. On y trouve les deuxièmes réserves d’or au monde, ainsi que la ceinture pétrolifère riche en hydrocarbure. Ajoutons à cela que les sous-sols regorgent de bauxite, de coltan, de thorium, de fer et d’autres minerais essentiels. L’Etat du Bolivar détient aussi 82% des réserves d’eau douce superficielles du pays (3), grâce notamment au fleuve de l’Orénoque (le deuxième plus important d’Amérique Latine après l’Amazone) et de son affluent principal la rivière Caroni. C’est sur cette dernière que sont construits les trois barrages qui alimentent à 70% le Venezuela en électricité (4). L’Etat du Bolivar a de quoi attiser les appétits prédateurs, tant de la puissance impériale que de la pègre locale. 

    Plusieurs groupes armés prétendent d’ailleurs s’arroger le contrôle de ce territoire, et se battent déjà contre l’Etat vénézuélien, pas disposé à laisser ces bandes criminelles se livrer au trafic d’or et d’autres minerais, au racket ou aux enlèvements. 

    Enfin, les organisations mafieuses des grandes villes, qui s’adonnent principalement à la distribution de la drogue, à la prostitution, au trafic d’armes, au vol de voitures et autres délits. Comme leurs « collègues » des champs, les malfrats des villes sont fortement installés dans certains quartiers populaires, les transformant en zone de « leur droit ». Lorsque la structure pyramidale d’une bande criminelle est déployée dans un barrio, le contrôle territorial est total, et la police locale repoussée hors du territoire. A Caracas, des bandes criminelles ont ainsi gagné le contrôle de certaines zones dans les barrios de Jose Felix Ribas, de la Cota 905, de Boquerón, del Valle et del Cementerio. De par leurs implantations dans les quartiers périphériques populaires, les bandes criminelles exercent ainsi un contrôle sur les voies d’entrée et de sortie des grandes villes, ainsi que sur certaines zones stratégiques à l’intérieur de métropoles. 

    Ces groupes criminels constituent un bataillon de réserve de poids, qui ne manquera pas de venir grossir les rangs de cette armée de l’ombre qui s’apprête à déferler sur le Venezuela. D’une part, elle est déjà en guerre avec l’Etat vénézuélien. Ce dernier ne se résout pas, à l’inverse de son voisin colombien, à céder des portions de son territoire. D’autre part, les autorités vénézuéliennes ont maintes fois dénoncé les liens qui unissent l’opposition politique à certaines bandes criminelles. 

    Lors des épisodes insurrectionnels des guarimbas, en 2014 et 2017, les barricades les plus exposées sont constituées par ces délinquants, qui n’hésitent pas à racketter tous ceux qui veulent franchir leurs barricades pour aller travailler ou rentrer chez eux (5).

    Les bandes criminelles sont un des acteurs de la guerre qui vient. Leur présence dans les régions centrales et dans le bassin minier en font des alliés militaires de poids pour couper l’Etat vénézuélien de la gestion de ses richesses, et empêcher l’approvisionnement des grandes villes. La présence de membres de ces organisations dans les coups d’éclats les plus violents de l’opposition montre que certains comptent déjà sur leur collaboration, leurs troupes et leur arsenal pour renforcer la lutte militaire contre le gouvernement bolivarien. 

    Militaires déserteurs, militants de l’opposition, citoyen lambda pris entre deux feux, membres de la pègre… Il existe un vivier important de vénézuéliens prêts à en découdre militairement avec le pouvoir légitime de Nicolas Maduro. Ils constituent la force de frappe vénézuélienne des troupes de l’opposition, celle qui permettra de construire l’image d’un conflit interne que seule une ingérence étrangère pourrait arrêter. A cette façade vénézuélienne ne manqueront pas de s’ajouter de nombreux éléments étrangers, disposés à semer le chaos dans le pays bolivarien.

    Romain MIGUS 

     

    Notes:

    (1) Exactement de la même manière, au début de la guerre en Syrie en 2011, les médias internationaux nous expliquaient que le président Assad ne restait au pouvoir uniquement grâce à sa garde prétorienne alaouite. 8 ans plus tard, on mesure le ridicule du mensonge. Mais celui-ci revient intact au Venezuela. Voir George Malbrunot, “60.000 centurions alaouites protègent le camp Assad”, Le Figaro, 01/08/2011. http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/31/01003-20110731ARTFIG00201-60000-centurions-alaouites-protegent-le-clan-assad.php?redirect_premium

    (2) En 2015, un projet de coup d’Etat est contré par les services de renseignement. Un groupe de militaires s’apprêtait à bombarder plusieurs endroits stratégiques dont le Palais Présidentiel et la chaine de télévision Telesur, c’est l’opération Jéricho. En janvier 2018, l’ancien policier Oscar Perez et son commando furent abattus lors d’un affrontement avec des militaires et policiers vénézuéliens dans les environs de Caracas. Au cours de l’année 2017, ces hommes avaient bombardé le Tribunal Suprême de Justice et attaqué un poste militaire à San Pedro de Los Altos pour y voler des armes. Plus récemment, en janvier 2019, l’ex colonel Oswaldo Palomo fut capturé par les services de renseignement de Caracas. Cet ancien militaire avait participé à la tentative d’attentat contre le président Maduro et les responsables des pouvoirs publics en août 2018, et préparait une tentative de coup d’Etat, prévue pour coïncider avec l’autoproclamation de Juan Guaido comme président.

    (3) Ernesto José González, María Leny Matos, Eduardo Buroz, José Ochoa-Iturbe, Antonio Machado-Allison, Róger Martínez y Ramón Montero, “Agua urbana en Venezuela”, in  Desafíos del agua urbana en las Américas, Paris: ed. Unesco, page 578. Disponible sur https://ianas.org/docs/books/Desafios_Agua.html.

    (4) Il s’agit des barrages du Guri, de Caruachi, et de Macagua, où opèrent les trois principales centrales hydroélectriques du pays. Ce sont ces centrales qui ont été hackées lors du sabotage du 7 mars 2019.

    (5)Voir Romain Migus, “2016 et 2017, le calme après la tempête (chronique d’en bas nº2), Venezuela en Vivo, 21/07/2018, https://www.romainmigus.info/2018/07/2016-et-2017-le-calme-apres-la-tempete.html

     

    source: https://www.romainmigus.info/

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  • Ça y est la procédure de recueil des signatures pour obliger le gouvernement à organiser un referendum d’initiative partagé, conformément à la Constitution, afin d’interdire la  de  est lancé. Objectif recueillir en 9 mois 4,7 millions de signatures soutenant la proposition de loi référendaire déposée par 248 députés et sénateurs (sur 925) de tous bords politiques pour «affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris».

    Référendum contre la privatisation de Aéroport de Paris, le recueil des 4,7 millions de signatures est lancé ! SIGNEZ ! #ADP #RIP

    Cette loi, c’est la réponse à la privatisation, votée par le Parlement début avril, d’une partie du groupe . Celui-ci réunit Charles-de-Gaulle, Orly, Le Bourget, une dizaine d’aérodromes, des centres commerciaux, une filiale dans la téléphonie (Hub One) et des parts dans le capital de nombreux aéroports internationaux. Cette privatisation résulte des directives européennes libéralisant le “”, qui ont déjà conduit à la privatisation de Air France, puis des principaux aéroports de province (Nice, Lyon, Toulouse….). Rappelons que la privatisation de l’aéroport de Marseille est également lancée. Pourtant les conclusions des rapports de la Cour des Comptes sont sans appel sur le bilan catastrophique des privatisations déjà réalisées et que la justice a mis en cause celle de l’Aéroport de Toulouse Blagnac..

    Chaque citoyen inscrit sur les listes électorales peut soutenir la proposition de loi imposant l’organisation d’un referendum

    soit en s’inscrivant en ligne :

    https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

    soit en s’inscrivant via des points d’accès à internet, situés «au moins dans la commune la plus peuplée de chaque canton (…) et dans les consulats» ; ou encore via un formulaire papier à déposer auprès d’un agent de la commune ou du consulat.

     

    Retrouvez le dossier spécial  et aéroport d’Initiative Communiste

    L’appel du PRCF : pour stopper la privatisation des aéroports et des services publics, brisons les chaines de l’Union Européenne !

    Profondément unitaire dès lors qu’il s’agit de défendre l’intérêt des travailleurs et de la France, le PRCF sera présent dans toutes les mobilisations pour défendre ADP et empêcher l’euro-privatisation des aéroports voulue par Macron.

    Pour autant, on ne peut qu’être irrité par le fait que, comme à l’ordinaire, l’appel reproduit ci-dessous fait totalement silence sur l’écrasante responsabilité de l’UE dans le processus de privatisation, non seulement des aéroports, mais de la SNCF, d’EDF, de la Poste et de tout ce qui subsiste de notre secteur public industriel et de services. On ne peut pas combattre efficacement l’ennemi quand on refuse de le nommer ou lorsqu’on ment par omission à son sujet.

    Référendum contre la privatisation de Aéroport de Paris, le recueil des 4,7 millions de signatures est lancé ! SIGNEZ ! #ADP #RIP

    Unitaire donc, et présent au côté de tous ceux qui résistent, mais pleinement indépendant pour porter son message franchement communiste, 100% anti-Maastricht et anticapitaliste, le PRCF fera entendre la voix des militants franchement communistes dans cette bataille. NON À TOUTE PRIVATISATION EN FRANCE, nationalisation des banques et de tous les secteurs-clés de l’économie, et pour cela, plus que jamais, militons pour le FREXIT PROGRESSISTE et pour le socialisme !

    Jo Hernandez, secrétaire de la commission luttes, Georges Gastaud, secrétaire national, Fadi Kassem secrétaire national adjoint du PRCF


     

    L’appel lancé avec Ruffin et publié par le Monde

    Tribune. C’est maintenant à portée de main : un , enfin. Un  sur la vente de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Un  pour ne pas laisser ce trésor à Vinci, qui a déjà emporté nos autoroutes. Un , surtout, sur l’avenir : l’avenir que nous refusons, l’avenir que nous désirons.

    D’emblée, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est étranglé : « Cela pose un vrai et grave problème démocratique ! […] Cela créerait une situation dangereuse ! » Ils suffoquent, lui, les autres. Car ce n’est pas la question, seulement, des aéroports de Roissy, d’Orly, qui est soulevée. Cela va bien au-delà. C’est l’occasion d’un coup d’arrêt, d’un « non » franc et massif, d’un désaveu géant : nous ne voulons plus du monde qu’ils incarnent, qu’ils promeuvent.

    Des mots cadavres

    « Concurrence », « croissance », « compétition », « déficit », « mondialisation »… Ces mots nous sont répétés pour vendre les aéroports. Ces mots nous sont répétés depuis quarante ans pour vendre à la découpe le gaz, l’électricité, la santé et bientôt les retraites. Ces mots nous sont répétés comme des mantras, pour guider la société et nos existences. Ces mots sont désormais des mots cadavres. Nous n’y croyons plus. Nous n’en voulons plus : ils creusent notre tombe écologique. Nous aspirons au contraire à la coopération, à l’entraide, à placer les humains et la planète avant les chiffres, il en va de notre survie commune.

    « Pour nous, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun »

    Car le premier ministre a bien raison : c’est la « démocratie » qui est en jeu. Pour lui, pour eux, la démocratie, c’est quand ils s’arrangent en famille, quand ils confient les bijoux de l’Etat à leurs amis, et qu’ils en retirent des prébendes et des dividendes. La voilà, la démocratie qu’ils apprécient : la démocratie sans le peuple ! Ni dans la rue, ni sur les ronds-points, ni dans les urnes. Ou alors, une fois tous les cinq ans. Et entre-temps, circulez, braves gens ! Pour nous, au contraire, la démocratie, c’est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit : alors allons-y par le bitume des aéroports de Paris. Avant de passer à nos écoles, nos champs, nos hôpitaux, nos tribunaux, nos forêts…

    Maintenant, une bataille est engagée. Nous, nous signons. Surtout, nous ferons signer, parmi nos collègues, dans les bureaux, dans les associations, dans les usines, dans les facultés, à la Fête de la musique et à la Fête des voisins, dans les vestiaires du club de foot et dans les colloques universitaires. Et cette belle bataille, populaire, démocratique, nous invitons à la mener ensemble, tous ensemble, par-delà les chapelles et les querelles, les « avec gilet » et les « sans gilet », les encartés et les non-encartés, les syndiqués et les non-syndiqués, unis dans une action. Unis pour produire une contagion de signatures, une épidémie de pétitions, et qu’on parvienne aux 4,7 millions. Aux stylos, citoyens ! Marchons ! Signons !

    Les 16 premiers signataires : Daniel Bertone, secrétaire général CGT d’ADP ; François Boulo, avocat « gilets jaunes » ; Dominique Bourg, philosophe ; Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba ; David Cormand, secrétaire national de EELV ; Anny Duperey, comédienne ; Annie Ernaux, écrivaine ; Sébastien Jumel, député PCF ; Guillaume Meurice, humoriste ; Claire Monod, coordinatrice nationale de Génération.s ; Claire Nouvian, cofondatrice de Place publique ; Michel Onfray, philosophe ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste ; François Ruffin, député LFI ; Marie Toussaint, eurodéputée EELV, initiatrice de « L’Affaire du siècle » ; Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac.

    Pour accéder à la liste complète des signataires, cliquer sur ce lien: www.nous-signons.org


    TOUS MOBILISES pour empécher MACRON UE MEDEF de voler nos aéroports.

    AdP c’est 2 milliards d’euros de bénéfices chaque années, ADP, comme la SNCF, comme les routes et autoroutes, les ports, Voies Navigables de France, EDF, ses centrales et ses barrages, c’est à nous les travailleurs. C’est le bien commun de la Nation !

    les affiches mises à disposition 

     

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  • Océane Tommeray a décidé de photographier les Gilets jaunes du pays de Concarneau, qui se réunissent toujours ponctuellement, à proximité du rond-point de la Boissière. 

     

    Tirer le portrait de Gilets jaunes concarnois et mettre en place une petite exposition de photos, là où ils se retrouvent régulièrement, à la Boissière. Telle est l’idée lancée par Océane Tommeray, qui a commencé sa série de clichés, mercredi soir.

    « Je suis Gilet jaune, pour vivre et pas pour survivre »… «Pour une meilleure justice sociale »… «Pour notre avenir »… Chaque personne engagée dans ce mouvement au long cours est invitée à inscrire, sur un petit tableau blanc, les raisons de qui l’ont poussée à endosser un gilet jaune. Un mouvement qu’Océane Tommeray a rejoint dès le début, et qu’elle continue d’accompagner. « L’idée de ce projet photographique est née à partir de projets identiques qui ont vu le jour ailleurs », explique la jeune femme, qui pratique la photo depuis des années. Son objectif étant ensuite d’exposer des tirages de ces photos sur le terre-plein situé à côté du rond-point de la Boissière.

    C’est en effet sur ce terre-plein, sur la D70, à deux pas de la voie express, qu’un groupe de Gilets jaunes de Concarneau et sa région continue à faire de la résistance. Un noyau dur d’une quinzaine de personnes, qui installe ponctuellement tente, table et chaises, et qui s’étoffe lors de certains événements, comme lors des repas organisés chaque 17 du mois, pour célébrer le lancement du mouvement, le 17 novembre 2018.

    Pour faire grandir sa collection de photos-portraits, Océane Tommeray invite toutes celles et tous ceux qui soutiennent le mouvement à rejoindre le site, plusieurs séances étant programmées. Un site où les Gilets jaunes se retrouvent, au minimum, chaque mercredi, samedi et dimanche.

    source:  https://www.letelegramme.fr/

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  • 2ème Partie: Constitution d’une armée parallèle 

    Venezuela: comprendre la guerre qui vient : 2e partie (2/5)-par  Romain MINGUS

    L’alliance civico-militaire est un des piliers de la Révolution Bolivarienne. Elle puise ses sources dans l’histoire de l’indépendance du Venezuela, et amène les forces armées à jouer un rôle primordial dans la vie politique de la Nation. Les appels du pied de l’opposition aux militaires pour tenter de renverser Hugo Chávez, puis Nicolas Maduro, ont été récurrents depuis l’avènement de la Révolution bolivarienne en 1999. L’armée est l’objet de toutes les attentions et de toutes les convoitises. 

    Depuis 2002, de nombreux ex militaires, généralement corrompus, ont pu être captés par l’opposition ou se sont soustraits à la justice de leur pays en devenant des informateurs des Etats-Unis (1). Avec l’autoproclamation de Juan Guaido comme président, les soldats vénézuéliens sont devenus une cible prioritaire des Etats-Unis. A quel commandant en chef les forces armées vont-elle se rallier dès lors qu’il y a, en apparence, deux présidents de la République ?

    Dès le 18 janvier 2019, l’opposition lance l’opération Amnistie. L’Assemblée nationale, en outrage judiciaire et dont les décisions sont nulles et non avenues, approuve une loi d’amnistie pour les militaires qui reconnaitraient Juan Guaido comme président. Les autres s’exposeraient à des représailles judiciaires, et aux sanctions de Washington. Les militants de l’opposition et les médias privés se rendent aux portes des garnisons pour harceler les soldats vénézuéliens. Peine perdue. 

    C’est le 23 février 2019 que va se jouer un tour de force contre les membres des forces armées. Cette date avait été retenue par les Etats-Unis et leurs alliés vénézuéliens pour faire passer en force un convoi « d’aide humanitaire ». Les 20 tonnes proposées étaient dérisoires si on les compare aux importations de nourriture et de médicaments réalisés par le gouvernement vénézuélien. Mais le but de l’opération était autre. Il s’agissait de tester la loyauté des forces armées.

    L’armée est la garante de la défense de la souveraineté du territoire. La frontière ayant été fermée par le gouvernement bolivarien, l’entrée des «convois humanitaires» aurait signifié le refus des militaires d’obéir à leur commandant en chef, le président Nicolas Maduro. A la fin de la journée, les ennemis du Venezuela bolivarien ne pouvaient que constater que l’ensemble des militaires était resté fidèle à la Constitution et au gouvernement légitime. Ce qui ne manquera pas de provoquer l’ire de Mike Pence, le vice président des Etats-Unis contre Juan Guaido (2).

    Pour appuyer cette offensive, l’opposition a fait circuler de nombreux appels à la désertion, promettant même 20.000 dollars à chaque soldat qui abandonnerait le gouvernement légitime. La récompense augmentant selon le grade. Cette opération avait un but précis : construire médiatiquement l’image d’une armée de vénézuéliens prête à en découdre avec le président Maduro. Une sorte «d’Armée Vénézuélienne Libre», construite sur le modèle déjà testé en Syrie. 

    Selon les chiffres les plus optimistes de l’opposition, à peine 0,2% des forces publiques de sécurité et de défense a déserté (3). Il n’y a eu aucune désertion collective, aucun commandant de troupes avec son bataillon n’a répondu positivement à l’appel de Juan Guaido. Ces désertions individuelles ont toutes été motivés par l’appât du gain et non par la volonté politique de renverser le gouvernement bolivarien ; encore moins par le désir de mettre son pays à feu et à sang. En effet, la plupart des militaires qui pourraient revenir se battre sur le sol de leur Patrie ne sont pas nombreux, et ont fuit le Venezuela depuis longtemps (4). Mais l’objectif recherché tient plus à la construction médiatique d’une armée vénézuélienne luttant pour la «liberté dans son pays» qu’à sa réelle constitution. Cette armée fantoche permettrait d’accréditer la thèse d’une «guerre civile», et rendrait légitimes de possibles ingérences militaires étrangères, à la demande de ces «militaires vénézuéliens». 

    Les récents déserteurs ont pu expérimenter à leurs dépens cette stratégie. Alors qu’on leur avait promis monts et merveilles s’ils trahissaient leur Patrie, ceux-ci se retrouvèrent très vite abandonnés à leur sort dans la zone frontalière colombienne, allant même jusqu’à exiger le gite et le couvert à leur «président» Guaido. Pour les politiciens d’opposition, il ne s’agit ni d’un oubli ni d’une faute politique.  

    En les abandonnant à une misère certaine, avec l’impossibilité de retourner dans leur pays, l’opposition les précipite dans les rangs des nombreux groupes paramilitaires présents le long de la frontière, et auxquels les déserteurs commencent déjà à monnayer leur connaissance (5). La désobéissance dans ces structures d’extrême droite étant punie par la mort, ils n’auront d’autre choix que d’être la face vénézuélienne de ces bataillons criminelles (6). 

    Le fiasco du coup d’Etat du 30 avril 2019 a finalement participé à cette même stratégie. De nombreuses fake news originaire du Pentagone ont laissé croire que des hauts gradés bolivariens étaient en négociation avec l’opposition. En réalité, il est apparu que Washington et ses sbires vénézuéliens ont été dupés. Mais qu’importe, par le truchement du système médiatique international, cette défaite patente a finalement servi pour laisser croire que l’armée vénézuélienne compterait de nombreux déserteurs potentiels dans ses rangs.

    Le nombre de désertions augmentera certainement au fur et à mesure que les menaces ou les hostilités des Etats-Unis grandiront. Sans pour autant fracturer l’armée bolivarienne. L’étape suivante sera alors de grossir artificiellement, via le réseau d’ONGs de l’opposition (7), le nombre de ces désertions afin de légitimer dans l’opinion publique internationale l’existence d’une armée vénézuélienne aux ordres de Juan Guaido, et de transformer une guerre d’agression étrangère contre le Venezuela en un conflit interne. Cette construction d’une armée parallèle entre dans une stratégie de conflit institutionnel, et de substitution des pouvoirs politiques légitimes. 

    Dès juillet 2017, en toute illégalité, l’opposition a créé un Tribunal Suprême de Justice «en exil» basé au Panama, ainsi qu’un poste de Procureur Général de la Nation «en exil» à Bogota. Depuis le 23 janvier, l’opposition a même constitué une présidence parallèle, avec à sa tête Juan Guaido. Ces instances fantoches essaient depuis de se substituer aux pouvoirs légitimes vénézuéliens. La lutte institutionnelle rejoint désormais le terrain militaire. Jusqu’à maintenant l’armée vénézuélienne ne s’est pas fissurée car une des ses préoccupations principales est d’éviter une confrontation interne et une guerre civile. Ce qui nous amène à nous demander qui donc formera le gros des troupes de «l’armée de Guaido» ?  

    Romain MIGUS

     

    Notes:

    (1) Citons quelques uns des militaires vénézuéliens qui ont trahi leur Patrie depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez. Cette liste de généraux ou de hauts gradés est très loin d’être exhaustive: Nestor Gonzalez, Manuel Rosendo, Hector Ramirez, Giussepe Piliery, Raphael Isea, Raul Baduel, Hugo Carvajal, Cliver Alcala, Miguel Rodriguez Torres, Oswaldo Perdomo, Leasmy Salazar, etc.

    (2) “Mike Pence recrimina a Guaidó por su fracaso en Venezuela”, Telesur, 28/02/2019, https://www.telesurtv.net/news/mike-pence-reclamo-juan-guaido-fallo-intervencion-militar-venezuela-20190228-0023.html

    (3) Le calcul est fait à partir des 1000 déserteurs revendiqués par l’opposition en fonction des 235.000 militaires et 190.000 policiers actifs. Ce chiffre baisse considérablement si l’on incorpore dans les calculs les 2.000.000 de miliciens bolivariens.  

    (4) Nous pensons ici aux militaires qui se sont opposés d’entrée au projet politique d’Hugo Chávez, ainsi que des éléments qui n’ont pas hésité à commettre des attentats terroristes sur le sol vénézuélien. Néanmoins, ces militaires contrerévolutionnaires radicaux ont quitté l’armée et le pays il y a plusieurs années. 

    (5) Voir L’interview de Efren Fernandez, porte parole des déserteurs vénézuéliens en Colombie réalisé par Audrey Carrillo pour W Radio, 16/04/2019, https://twitter.com/AudreyCarrillo/status/1118174563865636870   

    (6) Jorge Chavez Morales, “Offensive paramilitaire au Venezuela”, Ultimas Noticias, 12/07/06, pp. 34-35. Disponible en français sur http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=32272,%20%7BBellaciao.org%7D

    (7) Dans la myriade d’ONGs liés aux différents clans de l’opposition (et en grande majorité financé par les Etats-Unis), ce rôle reviendra certainement à l’ONG Control Ciudadano, qui s’est spécialisé dans le “contrôle citoyen des forces armées”. En réalité, cette ONG est chargée de propager des rumeurs, ou de révéler des documents confidentiels. Elle est l’unique source pour la plupart des ONGs et des médias internationaux qui relaient sans aucune vérification les fake news de Control Ciudadano.

     

    source: https://www.romainmigus.info/2019/05/comprendre-la-guerre-qui-vient-2e.html

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  • Saint-Nazaire. Le député Ruffin au chevet des urgences  (OF.fr-12/06/19-19h59)Le parlementaire France insoumise est resté deux heures dans l’établissement. Il a rencontré des salariés, des usagers et la direction.

     

    À Saint-Nazaire, ce mercredi 12 juin, François Ruffin est venu écouter personnels et patients de l’hôpital en grève.

    Le député France insoumise François Ruffin était, ce mercredi 12 juin, à l’hôpital de Saint-Nazaire pour tenter d’attirer la lumière sur la situation des urgences, en grève depuis le 10 mai. Pendant plus d’une heure, le parlementaire a réuni une cinquantaine de personnes dans une salle de l’établissement, dans le cadre d’une « commission d’enquête officieuse et décentralisée ». Pourquoi Saint

    -Nazaire ? « J’ai été alerté par le courrier d’un médecin urgentiste de Saint-Nazaire qui m’expliquait que les services craquent, que les soignants sont usés et que c’est partout le même discours sur les impératifs budgétaires. »

    Dans ce courrier lu à voix haute, les mots de l’auteur ont été rappelés : « Nous n’avons pas d’oreillers pour nos patients nonagénaires qui restent 24 à 48 heures sur un brancard. La médecine à deux vitesses avec les bons patients qui rapportent des sous en clinique et ceux dont personne ne veut, à l’hôpital public, on y est. »

    Des heures sur un brancard

    L’ancien journaliste a ensuite donné la parole aux usagers, infirmiers, représentants syndicaux, spécialistes, chefs de service. Les urgences de Saint-Nazaire accueillent, chaque année, 67 000 patients qui se retrouvent souvent à dormir des heures sur un brancard, en attendant d’être pris en charge. « Nous sommes un goulot d’étranglement entre la médecine de ville et l’hôpital qui est lui-même saturé », a expliqué le chef des urgences.

    La raison ? « Tout sauf la bobologie comme on l’entend parfois, car ce n’est pas ce qui sature les urgences. » Il préfère évoquer « le vieillissement de la population, les conséquences du maintien à domicile, devenu difficile, et les pathologies chroniques comme le diabète, les insuffisances respiratoires, les suivis de cancer… »

    François Ruffin a pris des notes, expliquant « être une oreille ici, avant de devenir une voix ailleurs. » Le partenariat public-privé, qui a permis la construction de l’hôpital de Saint-Nazaire, il y a sept ans, a été fermement dénoncé. « À terme, il faudra payer trois fois le prix au bénéfice d’Eiffage. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que le gouvernement prévoit pour Aéroport de Paris. » Une privatisation sur lequel le député venait ensuite débattre à Nantes dans la soirée.

    Thierry HAMEAU

    source: https://www.ouest-france.fr/

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