• Les Chinois font la fête dans des piscines transformés en discothèque à Wuhan, débarrassée du  par un effort collectif important et la mobilisation de l’ensemble des moyens du pays à la main non pas “du marché” c’est à dire de la dictature de la classe capitaliste mais bien du peuple à travers le Parti Communiste chinois.

    Souvenons-nous de la présentation apocalyptique de la Chine et de ses mesures “liberticides” qu’en faisaient en février les médias des milliardaires en France. Cette France, qui après un confinement lié à une gestion catastrophique de l’épidémie, en est réduite par la nouvelle perte de contrôle de l’épidémie à un très difficile reconfinement. Pour sortir, il faut alors se justifier pour travailler de l’autorisation accordée par son patron, ou se signer une autorisation… Sans garantie d’échapper au Covid-19 d’ailleurs, les recommandations de l’OMS (dépister, soigner, isoler) n’étant toujours pas d’application réelle et organisée. Au lieu de permettre le test massif des personnes, le régime Macron communique pour massifier l’installation d’une application sur téléphone de traçage de chaque personne ! La  à l’aune de ces exemples n’est à l’évidence pas en France capitaliste, mais plutôt en Chine se réclamant du socialisme.

    Et tandis que le régime Macron fait voter – priorité montrant bien ses priorités qui ne sont à l’évidence pas vraiment sanitaires – en urgence une loi pour accroitre la surveillance et l’impunité policière, son premier ministre ne sait pas répondre ce que sont les mesures de son gouvernement pour sortir du reconfinement, déconfiner de façon planifiée pour une vraie sécurité sanitaire, mais il sait affirmer en écho à son maître proclamant sourire aux lèvres le “retour de l’attestation” que “ce n’est pas la fin de l’attestation“. Comment ici ne pas s’interroger – en mettant de coté les questions sanitaires et leur questionnement scientifique inhérent – sur ce que cela révèle de la tendance et de la nature profonde de ce régime et de ce système capitaliste ? la tribune ci-après est une contribution au débat, exposant ce mot d’esprit de Brecht à propos de la “démocratie” selon le capitalisme ” Le  n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise… “


     

    Fin des “Années Molles” et Adieu aux Lumières
    Pandémie sous gestion policière en régime de post-libertés !

     

    Pour qui veut spéculer sur le regard que pourraient porter d’éventuels historiens sur les deux dernières décennies, on peut imaginer que les années 2000 et les “années 10” soient dépeintes comme celles de l’élaboration progressive d’une étouffante atmosphère liberticide. Cette élaboration s’est faite notamment par le biais d’une guerre totale contre l’amour de la raison, du bonheur et du plaisir de vivre.

    Plus encore, une humanité future pourrait retenir les années 2000-2020 comme “Les Années Molles”, transition par laquelle s’est effectuée l’implacable braderie de nos infrastructures stratégiques, en même temps qu’une restriction du champ des libertés, suscitant dans la population un savant mélange d’apathie nihiliste, de confusionnisme idéologique, d’impitoyables luttes des places et, il faut le noter, d’héroïques résistances. Le recul dont nous disposons sur les évènements est bien mince, mais on peut se risquer à émettre l’hypothèse selon laquelle le moment historique que nous traversons est nécessaire à notre classe dominante. Sous l’effet des contradictions du capitalisme mondial, la caste exécutive semble poussée à l’établissement d’un État policier entièrement dévolu aux intérêts matériels de la corporatocratie  (Perkins) transnationale.

    Il peut nous être profitable de nous décentrer du territoire hexagonal, car le monde dans lequel la France est prise se trouve modelé par trois secousses telluriques majeures. D’abord la destruction de l’URSS en 1991, ensuite les métamorphoses du terrorisme intégriste à partir du 11 septembre 2001 et, enfin, l’actuel recul de l’appareil militaro-industriel nord-américain face à la Chine, au terme d’une intense période d’hyperpuissance étasunienne mortifère.

    Entre autres malheurs, ce monde-là se caractérise, dans la sphère européenne, par une fonte  progressive des libertés publiques et individuelles, qui s’est étalée sur une vingtaine d’années, et dont les récents épisodes ne sont qu’une conclusion à visage découvert. Nous assistons à la résurgence désormais institutionnalisée d’un fascisme 2.0, dont le libéralisme-libertaire fut le terreau anthropologique nécessaire. En la matière, il faut rendre hommage aux analyses préfiguratives menées dès les années 1970 par Michel Clouscard, un auteur qui restera désormais, dans l’histoire du marxisme, comme un redoutable psychosociologue.

    Régi par la gouvernance technocratique et la pression des trusts, le capitalisme de notre siècle n’a plus besoin du moindre compromis représentatif, ce qu’il conserve de tradition parlementaire n’est maintenu que par habitude et pour la forme. Parallèlement, la haine qui s’exprime diffusément sur les réseaux sociaux à l’égard de la moindre contradiction peut être analysée, pour employer un vocabulaire marxiste, comme une conséquence superstructurelle (idéologique) de l’évolution infrastructurelle (matérielle).

    En effet, ce dernier aspect des choses se conçoit si on accepte l’idée que les tabous idéologiques et la criminalisation des irrévérences s’accentuent au fur et à mesure où l’économie financiarisée et post-fordiste se heurte à ses propres limites. Formulé autrement, les bouleversements matériels et les drames que suscite une économie instable tendent à radicaliser le discours qu’une société porte sur elle-même, et tout se passe comme si celle-ci désirait finalement faire disparaitre de son langage les contradictions qui la traversent pourtant.

     Cette impossible entreprise névrotique de purification des mots de la Cité est certainement à l’origine du fanatisme diffus que l’on retrouve d’un bout à l’autre du spectre social, sous ces différents masques que sont le politiquement correct, l’identitarisme gauchiste, l’intégrisme religieux, le nationalisme racialiste, le néo-féminisme bourgeois et “l’effondrisme” pseudo-écologiste (que dénoncent notamment des philosophes comme George Gastaud, ou encore Dominique Pagani).

    Cet aspect des choses à l’esprit, il faut également considérer, sur un plan juridico-légal, que la dissolution des libertés paraît désormais suffisamment irrémédiable pour concevoir que les “élites” occidentales aient achevé leur oraison funèbre des droits fondamentaux, et fait leurs adieux à l’humanisme issu des Lumières. Prendre acte de ce basculement, sans mélodramatisme paniqué, consiste à cerner les ressorts du basculement anthropologique actuellement en cours, dans la transmutation du libéralisme-libertaire en puritanisme sécuritaire. 

    Cette introduction générale amène une série de thèses qui peuvent choquer, et même susciter plusieurs interrogations auxquelles on doit accorder une certaine légitimité. D’abord, peut-on sérieusement parler de “néofascisme” à l’endroit d’un gouvernement prétendument centriste comme celui d’Emmanuel Macron ? Ensuite, l’urgence de la situation ne justifie-t-elle pas ces mesures ? Par ailleurs, ne demeurons-nous pas dans un Etat de droit à même de garantir les libertés formelles et les droits de sa population ?  Enfin, n’est-ce pas contradictoire de s’indigner du recul de l’Etat face au marché, pour mieux s’insurger de ses initiatives sanitaires ?

    On essaiera de répondre ici point par point à ces objections. 

    Pour commencer, il nous faut dresser un état des lieux des mesures restrictives issues de ce second confinement, comme du premier. Désormais, sur l’ensemble des communes des Ardennes, l’accès est interdit aux sentiers pédestres, aux chemins de randonnées, aux forêts et aux parcs, sans oublier les berges de canaux, les cours d’eaux, les pistes cyclables et les bases de loisir. En Haute-Savoie, les autorités ont interdit de se déplacer à plus de 100 mètres de dénivelé du domicile. Au premier confinement, hélicoptères et drones ont allègrement patrouillé sur les bois de Boulogne et de Vincennes, également au-dessus de la forêt de Fontainebleau. Ces moyens furent également mobilisés à Saint-Malo, et sur de nombreuses plages méditerranéennes, ou encore à l’île de Ré.

    De façon absurde, des hélicoptères munis de lunettes infrarouges ont également survolé de nuit, en avril dernier, la Loire-Atlantique, épisodes qui eurent également lieu à Nantes, en Haute-Garonne, dans les Vosges et dans les Landes, permettant l’interpellation courageuse de contrevenants alcoolisés, aux frais du contribuable. Pour ce qui relève de la journée, une capture vidéo a mis en scène, au premier confinement, un promeneur solitaire sur le bord de mer, un hélicoptère au-dessus de lui, et dont l’un des occupants vociférait de bruyantes remontrances au moyen d’un mégaphone.

     L’emploi de tels dispositifs laisse songeur sur la réelle capacité de l’appareil répressif à faire régner l’ordre. S’interroger sur cette capacité revient à questionner le sérieux de ses intentions pacificatrices car, en temps de “paix”, sous l’emprise d’une curieuse et inexplicable sélectivité, les commanditaires de la police et de la gendarmerie nationale nous avaient davantage habitués à gouverner le crime qu’à le combattre. Certaines hybridations de la tête de l’appareil policier et des milieux financiers avec le « gratin » du crime organisé pourraient-elles expliquer cette prudence ? Non, non, il s’agit bien plutôt d’un ineffable mystère. Les voies des seigneurs de la guerre et du crime nous sont impénétrables.

    Pendant ce temps, les travailleurs s’entassent dans les RER, comme dans les trains du métro, les bus et les escaliers des grandes villes, on ferme les bars, les restaurants, les théâtres et les salles de sport mais bien entendu pas les hangars où sont exploités à la chaîne les manutentionnaires d’Amazon. Les écoles primaires, les collèges et les lycées voient leurs classes se remplir tandis que les activités périscolaires (pourtant en effectifs réduits) disparaissent, et l’unique liberté qu’on laisse aux travailleurs est d’aller perdre leur vie à la gagner, d’acheter en grande surface, de s’entasser dans les rayons de produits “essentiels”, de se taire et de rentrer chez eux. A domicile, il est encore recommandé de se masquer, et on ne peut approcher ses proches sans un frisson de culpabilité.  

    Sur le plan du contrôle policier, une gigantesque inégalité de traitement s’est manifestée au cours du premier confinement, et le second ne déroge pas à ce traitement inégalitaire des territoires, en exprimant insidieusement une terrible violence de classe. Il suffit d’avoir vécu à Paris lors du premier confinement, lieu où Balzac nous a enseigné comment l’extrême opulence côtoie l’extrême pauvreté, pour constater comment, d’un arrondissement à l’autre, les interpellations musclées, les passages à tabac et les amendes s’abattent ou se retiennent. Mais à présent, sur le plan légal, le reconfinement que nous traversons est une sorte de festival liberticide.

    Considérons le tout récent projet de loi n°494, adopté par l’Assemblée Nationale, et qui permet ce qui suit : “ (…) les personnes mises en examen, prévenues et accusées peuvent être affectées dans un établissement pour peine”. De simples personnes accusées peuvent donc être mises en détention provisoire “sans l’accord ou l’avis préalable des autorités judiciaires compétentes” et “être incarcérées ou transférées dans un établissement pénitentiaire à des fins de lutte contre l’épidémie de covid-19”. A cela s’ajoute que le 20 octobre 2020, les députés LREM ont légalisé dans leur proposition de loi de “sécurité globale” la surveillance par drone, tout en interdisant la prise et la diffusion d’images photographiées de policiers en intervention. En revanche, les drones des forces de l’ordre sont à même, pour leur part, d’enregistrer des images en temps réel et, par la reconnaissance faciale, de renseigner les forces de l’ordre sur l’identité des manifestants. Deux poids, deux démesures. Il nous faut également soulever le fait que soit désormais sanctionné de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amendes : “le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé […], dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement”.

     Ajoutons encore à cela la récente discussion médiatique autour du Conseil de Défense, que résume ainsi Jean Mathieu Pernin dans un papier de “fact-checking” publié sur le site de RTL, en rappelant que “Jusqu’en 2015, le conseil de Défense se réunissait 2 à 3 fois par an mais la vague terroriste a provoqué une augmentation du nombre de réunions : on en comptait 10 en 2015, 32 en 2016, 42 en 2017 et plus de 40 depuis le début de l’année 2020. L’utilisation massive de cet outil peut alerter sur une concentration du pouvoir ”.

    On peut saupoudrer l’ensemble de ces éléments de l’article 1 de la loi Blanquer pour l’Education Nationale, article qui peut avoir l’air a priori innocent dans sa formulation mais qui, en fait, produit un énième flicage déguisé du corps professoral (une surveillance qu’il est intéressant de mettre en parallèle à la domination de la pédagogie dite “non directive”).

    En effet, dans cette configuration, l’enseignant est responsable par ses actes, ses propos et ses prises de position,  à l’extérieur du lycée et notamment sur Internet, de la réputation de l’Education Nationale. Notons que c’est bien l’enseignant qui, répétons-le, est responsable par sa conduite, y compris en dehors de ses heures de travail, de la respectabilité de l’institution. Ce n’est pas le proviseur, ni les familles, ni l’Etat, ni les résultats pédagogiques ou le contenu des formations qui fait la respectabilité de l’Education Nationale, mais ce qui séjourne dans l’intime conscience de l’enseignant, et son opinion politique. Quelle pitrerie !

    Certains avancent que le gouvernement est contraint à ces mesures en raison de la dangerosité de l’époque, de la complexité du monde et de l’irresponsabilité des individus. Mais le monde n’a-t-il pas toujours été dangereux et complexe ? Et où réside l’irresponsabilité ?

    A ce sujet, la collaboration pathétique de l’appareil médiatique à la propagande gouvernementale s’est merveilleusement illustrée dans “les Echos”, qui a récemment titré “Covid : deux Français sur trois ne respectent pas les règles du confinement”. On ouvre l’article, que constate-t-on ? Que la réalité est que deux français sur trois ont utilisé au moins une fois une attestation de déplacement pour un autre motif que celui indiqué sur la feuille. Ce qui n’a manifestement rien à voir avec l’idée selon laquelle deux tiers des français en feraient à leur guise dans l’actuelle chienlit sanitaire. Cet argument pitoyable n’est pas neuf, outre la confusion qu’il jette dans le débat public, il se déshonore définitivement en reprochant aux citoyens leur irresponsabilité collective.

     Il est non seulement impardonnable de substituer frauduleusement de la culpabilité à une colère légitime, mais encore dégoûtant d’autoriser notre gouvernement à se rassurer de cette manière, au détriment de ses nombreuses impérities. Culpabiliser, diviser, flatter, surveiller et punir. Le gouvernement de notre appareil d’État est semblable à celui d’une mère toxique vis-à-vis de ses citoyens qui, il faut bien le souligner, ont trop souvent à son égard un comportement d’enfants abusés, tour à tour apeurés, colériques, perdus, déboussolés et capricieux.  

    Passons, le dossier est à charge. Mais faisons nous l’avocat du diable et admettons, même à reculons, cette inquiétante coercivité. On peut encore objecter, même en étant choqué par le déploiement inégal et disproportionné de moyens de surveillance grotesques et obscènes, que cela ne suffit pas à parler de “fascisme”, et donc à extirper d’outre-tombe un vocable aussi lourdement marqué par l’histoire.

    Pour bien répondre à cette dernière objection, il nous faut encore historiciser le contexte actuel, et retracer le fil de ces vingt dernières années de dilution homéopathique de l’autoritarisme policier dans le corps social. A ce titre, il faut rendre hommage aux ouvrages de François Sureau, l’un des derniers mohicans d’une bourgeoisie progressiste révolue, et dont le talent permet à un certain kantisme républicain de sombrer avec élégance.

    De quoi donc nous informe François Sureau dans ses interventions et ses essais d’une précision chirurgicale ?  Dans son bref essai “ Sans la liberté ”, l’auteur démontre que le principe de l’État d’Urgence a, à plusieurs reprises, mis en danger la liberté d’information et de consultation. Analysant la gestion policière des Gilets-Jaunes, il insiste sur le fait que la liberté de manifester a été mise en péril au moyen d’un filtrage individuel des manifestants sur la base de leur dangerosité supposée. L’avocat situe ces éléments dans toute une série de mécanismes, comme la rétention de sûreté, qui permet d’être détenu après l’expiration de sa peine sur la seule base de sa “dangerosité sociale”, thème récurrent et douteux, abondamment porté sous la présidence de Nicolas Sarkozy (un individu qui, peu de temps avant d’atteindre le sommet des fonctions exécutives, se demandait si la pédophilie et le suicide chez certains jeunes n’étaient pas d’origine “génétique”).

    Pour revenir à François Sureau, il évoque encore, dans son essai, un rassemblement à la mémoire de Steve Caniço, mort noyé au terme d’une charge policière. Témoin de ce rassemblement, il écrit:

    “Les forces de l’ordre étaient trois fois plus nombreuses que les manifestants (…) elles étaient surtout armées en guerre, le fusil d’assaut barrant la poitrine”. Il poursuit: “Ce fusil était le HK G36 allemand, qui équipe la Bundeswehr depuis 1997 et qui, largement exporté, a servi aux forces déployées au Kosovo, en Afghanistan et en Irak”. Notre juriste augustinien conclut: “Il s’agissait à l’évidence moins d’encadrer que d’intimider, d’exercer une pression de type militaire, comme on le ferait non sur les citoyens de son pays, d’un pays soumis au droit, mais sur les ennemis occupés d’un corps étranger dont on craindrait la révolte, l’embrasement soudain”.

    Aussi, au sujet du bilan de l’État d’urgence sous Hollande, François Sureau expose l’évidence de la dérive autoritaire par une simple exposition des faits : “6 000 perquisitions administratives pour une quarantaine de mises en examen, dont vingt pour des faits d’apologie du terrorisme”.

    Cela suffit-il à parler de néofascisme ? Ce qui est en jeu, ce n’est pas le simple « mussolinisme », expérience historique sanglante et pitoyable. Ce concept vise plus profondément l’ultime recours de la haute bourgeoisie financière face au mur de ses contradictions, son usage d’une force militaro-policière devenant vitale au maintien de la grande propriété privée des moyens de production.

    Il reste encore un point à traiter. Aujourd’hui, est-il raisonnable de reprocher à l’Etat de faire, sinon de son mieux, tout ce qu’il peut au regard de l’étendue de son domaine de compétences, de ses moyens et de ses impératifs budgétaires, alors qu’il fait face à une situation inédite ?

    Ce qu’il faut bien voir, c’est que tout ce fatras législatif, toute cette inflation de décrets et de lois, toute cette intrusion de textes coercitifs, furent le pendant paradoxal d’un sabotage graduel et méthodique des infrastructures étatiques en termes de santé, d’éducation, de transports et d’énergie. Poser une analyse léniniste sur la situation sanitaire, aujourd’hui, nous contraint à mêler indissociablement le combat contre la classe des capitalistes, pour anéantir le régime des classes et organiser une société nouvelle, en même temps qu’une mise à terre de cet appareil d’Etat policier, auquel se mêle une technocratie supranationale, le néo-féodalisme des corporations et des nouvelles technologies laissées à la poigne de fer de la “Main Invisible”.

     En se concentrant sur ce qui est vital et urgent pour la Nation, une avant-garde révolutionnaire n’a pas à compenser son impuissance en s’immisçant dans la vie intime de sa population. Le Covid-19, dont il ne s’agit pas de nier la réalité et la nocivité, n’est toutefois pas une maladie irrémédiablement mortelle. Alors, certes, il faut protéger les plus fragiles d’entre nous vis-à-vis de ce virus, porter un masque pour eux, lorsqu’il s’agit de personnes cardiaques, âgées, de femmes enceintes, ou encore de personnes ayant des complications pulmonaires, ou faisant de l’hypertension artérielle. Mais toute la vie du pays doit-elle pour autant s’arrêter, alors qu’on peut simplement mettre le paquet en termes de moyens et de personnels pour les hôpitaux, d’une part, et simplement confiner les plus fragiles d’entre nous, en attendant un vaccin probant, d’autre part ? En somme, cette gestion du virus ne semble pas s’expliquer par sa gravité, mais par la faiblesse de l’Etat social et des forces d’organisations spontanées de la société civile française.

    Finalement, si on regarde dans l’histoire afin d’essayer de comprendre ce qui se passe actuellement, toutes choses égales par ailleurs, établir un comparatif entre la présente épidémie et celle, par exemple, de 1956 à 1958, de la grippe asiatique, amène de lourdes interrogations. Comment comprendre le degré de légèreté avec lequel fut traitée la grippe asiatique par les autorités sanitaires de l’époque ? On ne peut qu’effleurer le sujet, mais une recherche comparative entre hier et aujourd’hui pourrait être fertile en bien des aspects. Il s’agissait certes d’une époque où le degré de connaissance scientifique, la médiatisation des maladies et les moyens d’actions techniques étaient bien moindres qu’aujourd’hui, mais, outre les dispositions prises par le pouvoir en situation pandémique, la réaction à cette grippe par le corps social ne fut-elle pas décisive ? N’est-ce pas sur le manque de tissus sociaux et de forces politiques qui faisaient vivre autrefois la liberté chère à Sureau, que fleurissent les ravages de la peur, du contrôle et de la contagion ?

    Une anecdote révélatrice pour conclure. J’ai mémoire d’une femme de 87 ans qui m’expliquait récemment comment, en banlieue parisienne, dans l’immédiat après-guerre, la mairie communiste de la ville où elle vivait pouvait organiser des tournées de bus pour chercher, au moins une fois dans le mois, les personnes âgées du coin, afin qu’elles puissent rejoindre les bals où les jeunes aller danser, pour s’amuser et se rencontrer. Outre que ce genre de projets à l’humanisme déplacé ne traverserait même plus la caboche d’un politicard “En Marche”, ce genre d’initiatives révolues est intéressant à mettre en relief avec une seconde anecdote. Encore plus récemment, un proche bénévole au Secours Populaire suggérait à sa direction de livrer à domicile les denrées et les produits des bénéficiaires de l’association, plutôt qu’ils se concentrent en file indienne, augmentant ainsi les risques de contaminations. On lui répondit non. Manque de budget? Déficience de moyens humains ? Pas du tout. Simplement, “si on commence à faire ça, ils risquent de prendre l’habitude”.

    Quitte à vendre son âme pour quelques deniers, le “Monde d’Après” nous est compté, au sous près. 

    BL

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  • L’Arctic National Wildlife Refuge est le plus grand refuge faunique national des États-Unis.
    Le gouvernement de Donald Trump a publié le 9 novembre 2020 le plan américain visant à ouvrir une partie de l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR) en Alaska au développement pétrolier et gazier.
    Le département américain de l’intérieur (DOI) a donné son approbation à un projet permettant la recherche de combustibles fossiles dans la plaine côtière de l’ANWR, une superficie d’environ 600 000 hectares.

    La décision prépare le terrain pour ce qui devrait être une bataille juridique féroce. En plus d’abriter des ours polaires et des caribous, on pense que l’ANWR repose sur des milliards de barils de .

    «Le processus d’examen de l’administration Trump pour sa vente éhontée du Refuge arctique a été une imposture depuis le début. Nous les verrons devant les tribunaux », a déclaré Lena Moffitt, directrice de la campagne Our Wild America (ndlr notre amérique sauvage) du Sierra Club.
    L’avocate du Center for Biological Diversity (CBD), Kristen Monsell, a déclaré qu’il n’y avait pas de bon moment pour ouvrir le plus grand refuge faunique des États-Unis au forage et à la fracturation hydraulique. Elle a également souligné qu’il était dingue de mettre en danger ce bel endroit pendant une surabondance mondiale de pétrole.

    «Cette administration n’a rien fait d’autre que manquer de respect aux peuples autochtones», a déclaré la directrice du comité directeur des Gwich’in, Bernadette Demientieff, expliquant que la plaine côtière est le principal lieu de mise bas d’environ 200 000 caribous .

    Le Congrès américain avait donné le feu vert pour approuver ce plan dès 2017. Un an plus tard, le Bureau of Land Management a déterminé que l’exploration pouvait être menée “sans nuire à la faune”.

     

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  •  est une figure de la Combattant des FTP-MOI (Main d’Oeuvre Immigrée), il est un rescapé parmi ses dizaines de camarades tombés au combat ou sous la torture dans les geôles des nazis et de leurs collaborateurs capitalistes français. Combattant d’hier, c’est un  d’aujourd’hui, lui qui est le président du PRCF, engagé pour rétablir le parti communiste qui fait cruellement défaut à notre pays pour que les travailleurs y reprennent l’offensive pour le progrès social et démocratique.

    Communiste actif, il subit, comme tous les dirigeants du PRCF, une censure quasi totale. Saluons donc le journal municipal de la ville de Bagneux qui lui rend un hommage appuyé.

     Léon landini, Réponse à Michel Onfray et autres textes sur la Résistance et l’engagement

     

    De même que l’association des parents d’élèves des écoles de la ville :

    https://www.facebook.com/fcpePaulLangevin92/posts/125272139344943

     

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

     

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  • Des surfeurs ont été verbalisés à Guissény vendredi 13 novembre 2020 pour avoir pratiqué leur activité sportive durant le confinement.Des surfeurs ont été verbalisés à Guissény vendredi 13 novembre 2020 pour avoir pratiqué leur activité sportive durant le confinement. 

    Profitant de belles vagues et bravant le deuxième confinement du coronavirus, Alexis a fait du surf à Guissény, près de Brest (Finistère) vendredi 13 novembre 2020. À l’arrivée, une amende qu’il a du mal à digérer.

    Son réconfort ? Les messages de soutien de ses copains de fac ou de ses amis surfeur sur son compte Facebook. Alexis, jeune habitant de Brest (Finistère), de 19 ans, a toujours un peu de mal à digérer sa verbalisation du vendredi 13 novembre 2020 au retour d’une sortie surf, pendant le confinement. Avec une patrouille de gendarmes de Lannilis qui l’attendaient sur la plage en guise de comité d’accueil.

    Nageur sauveteur à la SNSM

    Entre cours et révisions, le temps s’étire en longueur pour le jeune étudiant en éco-gestion. Confiné à Guissény, les semaines succèdent aux semaines. « Ce deuxième confinement, c’est vraiment dur à supporter », confie Alexis qui est aussi bénévole l’été, à la SNSM, comme nageur sauveteur en mer.

    Le surf, un mode de vie

    Lorsqu’il a vu les superbes vagues, vendredi 13 novembre 2020, le surfeur avoue qu’il n’a pas résisté… « Je n’ai pas réfléchi. Je savais que c’était interdit, mais le surf c’est un mode de vie depuis que je suis tout petit. J’en fais dès que je peux. Toutes les semaines. »

    Pourquoi les chasseurs ?

    Sur sa planche, il n’est pas conscient d’avoir pris plus de risques qu’ailleurs. « Pas plus que certains chasseurs qui sont autorisés à tirer sur le gibier et peuvent toujours se tordre une cheville dans les bois ! » Ce « deux poids deux mesures » l’agace profondément.

    À l’instar de toute la petite communauté de la glisse, dont les commentaires agitent les réseaux sociaux. Sur Facebook, une pétition lancée il y a moins de 24 heures a déjà recueilli près de 5 500 signatures.

    « J’ai été verbalisé parce que j’étais tout seul. J’ai payé pour l’exemple », estime Alexis qui cite des manifestations de surfeurs en Bretagne, dans le pays basque, en Méditerranée. Reste qu’il a compris la leçon et ne va prendre le risque d’une « trop chère » deuxième verbalisation.

    Sabine NICLOT-BARON.

    source: https://www.ouest-france.fr/

     

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  • Ce mardi 17 novembre 2020, plus d’une trentaine de sapeurs-pompiers professionnels de la caserne de Vannes ont débrayé devant leur centre de secours entre 8 h 30 et 9 h 30 pour pointer du doigt leur surcotisation.Ce mardi 17 novembre 2020, plus d’une trentaine de sapeurs-pompiers professionnels de la caserne de Vannes ont débrayé devant leur centre de secours entre 8 h 30 et 9 h 30 pour pointer du doigt leur surcotisation.

    C’est un mouvement national auquel six centres de secours et d’incendie du Morbihan ont répondu ce mardi 17 novembre 2020, à 8 h 30. À Vannes, une trentaine de sapeurs-pompiers ont débrayé une heure pour réclamer la fin de leur surcotisation, mais aussi rappeler à la direction qu’ils surveillent l’étude capacitaire en cours comme le lait sur le feu.

    Les pompiers professionnels voient rouge. Au point de se mobiliser, ce mardi, pour dénoncer une « injustice » visible sur leur bulletin de paie. Ils ont débrayé entre 8 h 30 et 9 h 30 à l’appel de la CGT et FO dans six centres d’incendie et de secours du Morbihan pour réclamer la fin de la surcotisation prime de feu. À savoir, Vannes, Lorient, Hennebont, Ploemeur, Ploërmel et Pontivy

    À Vannes, plus d’une trentaine d’entre eux a répondu présent pour dénoncer cette ancienne mesure. « Celle-ci a été mise en place en 1991 afin que la prime de feu soit intégrée dans nos retraites, même pour ceux qui n’avaient pas cotisé avant », expliquent Yann Hillion et Jérôme Presse, représentants syndicaux de la CGT à Vannes. Cette surcotisation salariale et patronale aurait dû s’arrêter en 2003 selon leur calcul.

    Un manque d’équité

    Le hic ? Elle n’a jamais été supprimée. « La partie patronale l’a été tout récemment, mais nous, on continue de payer. » Ce qui n’est pas du goût de ces pompiers professionnels. Ils pointent du doigt un manque d’équité. « C’est une question de principe face à une injustice qui perdure depuis 2003. Et là, la part patronale vient d’être supprimée ! Pourquoi continuer de prélever la part salariale ? »

     

    Même incompréhension au syndicat Force ouvrière. « Les sapeurs-pompiers ont l’impression d’être un laboratoire. Et notre bulletin de paie est une éprouvette. On expérimente en retirant seulement la cotisation patronale. Il y a un manque l’équité », explique Sylvain Masson du syndicat.

     
    Mobilisation des sapeurs-pompiers professionnels à Pontivy ce mardi 17 novembre 2020. 
     

    Une inégalité que les sénateurs semblent avoir entendue. Un amendement a été validé la semaine dernière par les parlementaires. Ce mardi, c’était au tour des députés d’acter la fin de la surcotisation pour les pompiers.

    Mobilisation des sapeurs-pompiers professionnels à Ploemeur ce mardi 17 novembre 2020 pour dénoncer la surcotisation. 

    Raviver les flammes

    A Vannes, les affichent dénonçant cette ancienne mesure côtoyaient celles de l’étude capacitaire. Après un violent bras de fer de six mois, entre mars et septembre 2019, pompiers professionnels et direction du Service d’incendie et de secours du Morbihan avaient enterré la hache de guerre. Le lancement d’une étude capacitaire avait scellé l’accord. « On en profite pour faire une piqûre de rappel à la direction », précisent les représentants syndicaux de la CGT.

     

    Mobilisation des sapeurs-pompiers professionnels à Ploërmel ce mardi 17 novembre 2020. 
     

    Surveillée comme le lait sur le feu, cette étude ne se passerait pas comme prévu. « Ça ne donne rien. On nous annonce d’emblée qu’elle sera à budget et effectif constant, avec un arbitrage de la direction dès les premières réunions », confient ces représentants. De quoi raviver de nouveau les flammes. « On a du monde mobilisé et mobilisable dans les centres de secours et si le mouvement doit repartir, il repartira. »

    De son côté, le président du Sdis du Morbihan Gilles Dufeigneux estime qu’il ne faut pas «faire d’amalgame» entre ce débrayage qui « avait comme sujet une question salariale, qui dépend de l’Etat» et l’étude capacitaire. «C’est un sujet complexe, interne et en cours [...] Je ne commenterai pas son évolution.»

    Il assure que «tout est à ce stade respecté, sur la forme et le calendrier. Certains auront intérêt à troubler ce travail sérieux et collectif. Je ne peux que prôner la plus grande prudence sur le sujet. Une fois le processus achevé, des propositions seront faites à l’exécutif qui décidera des suites à donner. Alors, les uns et les autres pourront juger.»

     

     

    Mélanie BÉCOGNÉE

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • Naval Group a recruté 400 apprentis depuis le début de l’année.Naval Group a recruté 400 apprentis depuis le début de l’année. 

    L’alternance pérennise les compétences de pointe de Naval Group, à Lorient (Morbihan), en particulier au sein des métiers de conception et de production.

    En dépit de la crise sanitaire, Naval Group a recruté plus d’apprentis en 2020 que les années précédentes. : 400 contre 350 en 2019. Et cette 400e apprentie intervient sur le site de Lorient (Morbihan).

    « J’aime travailler de mes mains »

    Laëtitia Guégan a rejoint le département Production et Composites le 20 octobre 2020. Âgée de 40 ans, elle a entamé une démarche de reconversion professionnelle en 2019, après des expériences variées. « Je souhaitais me diriger vers une activité manuelle, car j’aime travailler de mes mains. Après beaucoup de recherches et de réflexions, j’ai choisi le milieu du composite. J’ai suivi une formation de mouleur des matériaux composite et j’ai rapidement su que j’avais fait le bon choix ! », explique-t-elle.

    « J’ai trouvé un métier concret »

    Après s’être formée à l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), elle souhaitait se perfectionner. L’alternance lui a semblé une option intéressante : « J’ai trouvé à Naval Group un métier concret qui demande de la polyvalence et l’aspect humain avec le travail en équipe. Chaque semaine, je rejoins une équipe différente. »

    Pour anticiper les besoins de demain, « il est nécessaire de former dès aujourd’hui de futurs collaborateurs. Certains métiers sont en tension, par exemple les charpentiers-tôliers, les soudeurs de coque ou les tuyauteurs, les électroniciens ou encore les chargés de cybersécurité ».

     

    source:  https://www.ouest-france.fr/

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  • Bob Le Fannic, Eric Bienfait, Laurence Rouillon, Jean-Louis Massebœuf et Alain Guichard ont été reçus, ce mardi 17 novembre 2020, à la sous-préfecture de Lorient.Bob Le Fannic, Eric Bienfait, Laurence Rouillon, Jean-Louis Massebœuf et Alain Guichard ont été reçus, ce mardi 17 novembre 2020, à la sous-préfecture de Lorient. 

    Ce mardi 17 novembre 2020, la CGT, FSU, FGR Fonction publique, Solidaires, FO et LSR appelaient à une journée d’action. Confinement oblige, les représentants ont été reçus à la sous-préfecture de Lorient (Morbihan).

    Ce mardi 17 novembre 2020, cinq représentants des six syndicats appelant à se mobiliser ont été reçus à la sous-préfecture de Lorient (Morbihan). « Nous portons les revendications des retraités, expliquent-ils. Et nous demandons d’abord une revalorisation immédiate de nos retraites d’au moins 100 €. » Leurs calculs font état d’une perte de 20 à 25 % de leur pouvoir d’achat au fil des années.

    Financement de la perte d’autonomie

    L’autre cheval de bataille et non des moindres, le financement de la perte d’autonomie. « Le projet du gouvernement est très inquiétant. C’est la plus mauvaise réponse : créer une cinquième branche et la financer par la caisse nationale de solidarité et de l’autonomie, que seuls les retraités alimentent. »

    Principe de solidarité

    Cela revient à détricoter le système sur lequel est basée la Sécurité sociale, le principe de solidarité intergénérationnelle, dénoncent les militants. « On marche sur la tête, la Sécurité sociale est un pilier de notre société. Si la France a tenu face à ces nombreuses crises, c’est grâce à elle. La perte d’autonomie ne concerne pas que les retraités, elle peut toucher à tout âge. »

     

    source: https://www.ouest-france.fr/

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  • C'est une page d'histoire assez méconnue en France.

    De janvier 1918 à mai 1919, l'Allemagne connait des grèves insurrectionnelles, des mutineries, la révolte spartakiste de Berlin et d'éphémères Républiques des soviets rapidement réprimées par des forces coalisées allant des sociaux démocrates à ceux qui seront le bras armés des nazis quelques années plus tard (les corps francs).

    En Alsace-Lorraine, une République des soviets est proclamée. Le 13 novembre le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg.

    Du 10 novembre au 22 novembre 1918 (date de l'entrée des troupes françaises dans cette région), la République des soviets prendra des décrets pour la liberté d'expression, l'augmentation des salaires, l'amélioration des conditions de travail, et la libération des prisonniers politiques.

    Les autorités françaises, appelées en urgence par la bourgeoisie locale, démantèleront toutes les avancées obtenues.

     
    En novembre 1918 était constituée la République des soviets d'Alsace-Lorraine
     
    Avant la signature de l'armistice du 11 novembre 1918 qui met fin à la Première Guerre mondiale, les principales villes d'Alsace-Lorraine connaissent une agitation politique forte. Des Soviets d'ouvriers et de soldats (Soldaten und Arbeiterräte) sur le modèle russe se forment à Mulhouse le 9 novembre, puis à Strasbourg, Colmar et ensuite Metz à partir du 10.

    La Révolution allemande

    Dans l'Empire Allemande la processus est identique. Les Mutineries des marins de la Hochseeflotte (flotte militaire de Haute mer) et des ouvriers de Kiel le 5 novembre 1918 lance une insurrection régionale qui aboutira à l'abdication du Kaiser Guillaume II et marquent le début de la Révolution allemande de 1918-1919.

    Les Soviets de soldats des différents secteurs de Kiel formèrent un Haut-Conseil regroupant les délégués de toutes les unités. Cette insurrection soviétique gagna d'autres villes portuaires de l'Allemagne, puis même les grands centres ouvriers de la Ruhr et de Bavière (avec une Bayerische Räterepublik ou Münchner Räterepublik et une seconde République des soviets sera proclamée le 7 avril 1919 et écrasée militairement le 3 mai 1919).

    Le 6 novembre, tout le nord-ouest de l'Allemagne s'organise et crée des Soviets ouvriers ;
    Le 7 novembre, Kurt Eisner (SPD) proclame la république des soviets en Bavière ;
    Le 8 novembre, la révolution gagne la Saxe, la Hesse, La Franconie et le Wurtemberg, poussant les princes à l'abdication ;
    Le 9 novembre, le Kaiser Guillaume II abdique, la "première République de Weimar" depuis le balcon du Reichstag par Philipp Scheidemann (SPD) et Karl Liebknecht proclame en parallèle la "République Libre Socialiste". Ce même jour, le Soviet de Strasbourg proclame la "Republik Elsaß-Lothringen".

    La révolte des spartakistes sera réprimée dans le sang par le ministre de la Reichswehr, Gustav Noske (SPD). Les sociaux-démocrates s’appuieront sur les Corps francs (des unités paramilitaires) qui serviront de base à la constitution du parti Nazi. Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg seront victimes de cette répression des sociaux-démocrates.

    En novembre 1918 était constituée la République des soviets d'Alsace-Lorraine
    République soviétique alsacienne


    15.000 marins et ouvriers d'Alsace et de Lorraine rentrent de Kiel et propagent les idées révolutionnaires dans cette partie occidentale de l'Empire Allemand. Des milliers de Strasbourgeois vont lancer une insurrection contre la garnison de la ville et créer un soviet de soldats et d’ouvriers.

    Les murs de la ville sont couverts d’affiches qui proclament : "Nous n’avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d’ordre est : ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé". Le 13 novembre le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg.

    Durant la même semaine, le Soviet ouvrier et militaire de Metz prend forme, et rejoint celui de Strasbourg, Colmar, et autres. Du 10 au 20 novembre, un comité révolutionnaire de 13 membres (élu par les Soviets d'ouvriers et de soldats) siège au Palais de Justice de Strasbourg. Il est dirigé par le syndicaliste Rebholz.

    Cet exécutif des conseils crée la liberté d'expression, permet l'augmentation des salaires, l'amélioration des conditions de travail, et la libération des prisonniers politiques.

    le drapeau rouge sur la cathédrale de Strasbourg
    le drapeau rouge sur la cathédrale de Strasbourg
     
    La bourgeoise s'organise pour bloquer l'insurrection ouvrière en Alsace

    En même temps, "un Conseil national (Nationalrat) d'Alsace-Lorraine" est constitué sous l'impulsion des notables fait appel aux troupes françaises pour qu’elles mettent fin au soviet. Un slogan court les quartiers bourgeois : "Plutôt français que rouges !". Les socialistes, traîtres parmi les traîtres, proclament "la République Française" par Jacques Peirotes (SPD), élu maire de Strasbourg devant la statue du général Kléber.

    Ce même Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de "hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique".

    Les troupes françaises entrent en Alsace-Lorraine à partir du 17 novembre et sont accueillies par la bourgeoisie triomphalement. La première décision du commandement militaire français est l’abrogation des décrets des soviets et la dissolution de ces derniers.

    Les autorités françaises mirent en place une politique d'épuration et de fichage des populations. 112 000 résidents alsaciens et lorrains, décrétés "Allemands" ou insuffisamment francophiles seront expulsés.

    La République française s'emparait ainsi de l'Alsace-Lorraine.
     
    Nicolas MAURY
     
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  • Le président bolivien Luis Arce a renouvelé l'ensemble du haut commandement militaire et a souligné que les forces armées ont la tâche de regagner la confiance du peuple suite à la participation de l'armée au coup d'État contre le gouvernement d'Evo Morales, et à la répression des manifestations contre le coup d'État.

    Article et traduction Nico Maury

     
     
    Le président bolivien Luis Arce limoge l'ensemble du haut commandement militaire
     
    Lors d'une cérémonie tenue à la Casa Grande del Pueblo, quartier général de l'exécutif, le nouveau commandant en chef des forces armées de l'État plurinational de Bolivie, le général Jaime Zabala, et son chef d'état-major, le général Miguel Contreras, ont prêté serment. Tout comme les nouveaux commandements, les généraux Genaro Ramos (armée de terre), Moisés Vallejo (armée de l'air), et le contre-amiral Javier Torrico (marine).

    "Nous désignons le nouveau commandement militaire de l'État plurinational de Bolivie, il a la grande responsabilité de remettre les forces armées dans le cadre institutionnel établi par la Constitution de l'État, au service du peuple bolivien" déclare Luis Arce lors de la cérémonie de nomination.

    Arce a appelé les Forces Armées à s'unir au peuple, à œuvrer pour l'unité des Bolivien.ne.s, à défendre la démocratie, la paix sociale et à garantir la stabilité du gouvernement, élu par la volonté souveraine du peuple.

    Jaime Zabala a promis au chef de l'Etat de "travailler sans relâche" pour le développement, la réforme institutionnelle de la sécurité et à la défense globale de l'Etat.

    Le nouveau commandant en chef des forces armées a demandé au gouvernement une réforme de l'armée pour en chasser les éléments mauvais.

    Même scénario avec la Police.

    "Aujourd'hui, un nouveau cycle de réinstitutionnalisation de notre police bolivienne commence, sous trois axes; discipline, dignité et respect des institutions".

    Le président Bolivien explique "que la police doit toujours être, quoi qu'il arrive, aux côtés de son peuple et du mandat populaire exprimé lors des élections. L'institution de police a pour tâche fondamentale de regagner la confiance du peuple." Un avertissement envoyé en direction de cette force de sécurité qui a joué un rôle central dans lors du coup d'état contre Evo Moralès.
     
     
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