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  • CNE de Ecuador rechaza auditoría al sistema electoral

    Le second tour des élections est prévu pour le 11 avril mais l'intervention du bureau du procureur et de l'inspection dans le Conseil National Electoral (CNE) a mis en évidence la tension politique croissante dans le pays quand, ce mardi, est arrivée à Quito la marche du secteur de la population indigène qui soutient le candidat Yaku Pérez. 

    Mardi, le CNE a refusé l'autorisation de réaliser un audit du système informatique demandée par l'Inspection. 

    La décision a été prise en session plénière du CNE après un débat et une intervention du coordinateur de la technologie Christian Cerda et du directeur national du conseil juridique Enrique Vaca.

    Les fonctionnaires ont souligné les limites techniques et égales de la demande de l'Inspection.

    Celi a demandé que cet audit soit fait avant le second tour pour apporter un suivi aux recommandations faites au cours d'un audit précédent qui a eu lieu le 20 août 2020.

    D'autre part, le candidat Pérez a dénoncé avec insistance une fraude électorale et est décidé à obtenir l'ouverture des urnes pour un nouveau décompte des voix.

     

    source en espagnol :https://www.telesurtv.net/news/ecuador-cne-rechaza-auditoria-situacion-20210223-0017.html

    Source en français (traduction de Françoise Lopez):http://bolivarinfos.over-blog.com/2021/02/equateur-le-cne-rejette-l-audit-du-systeme-electoral.html

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  • Qui construit la doxa du Covid ? -par Laurent MUCCHIELLI (Blog médiapart 21/02/21)La crise de la Covid a été l’occasion d’un processus historiquement inédit de contrôle de l’information à l’échelle mondiale. Quatre types d’acteurs y ont des intérêts convergents : 1) les gouvernements occidentaux libéraux, 2) le tandem que forment l’OMS et son grand financeur Bill Gates, 3) les « géants du numérique » qui contrôlent les réseaux sociaux mais aussi et de plus en plus 4) les médias. 

    Dans les démocraties, la plupart des questions de sociétés font l’objet de débats publics contradictoires plus ou moins intenses et plus ou moins polémiques. Pourtant, si elle monopolise les commentaires dans les médias, la « crise sanitaire » ouverte par l’épidémie de coronavirus au début de l’année 2020 se caractérise par une fermeture inédite du débat public, une absence de véritable débat contradictoire, des phénomènes de censure et d’ostracisation pour le moins inhabituels. En France, tout se passe comme si le discours du gouvernement ne pouvait souffrir aucune contradiction majeure, toute personne se risquant à énoncer de telles contradictions étant renvoyée vers des catégories stigmatisantes dont la principale est le « complotisme » (1). Chose particulièrement étonnante : tandis que les journalistes devraient être les premiers organisateurs de tels débats contradictoires, beaucoup se révèlent au contraire être devenus des sortes de policiers de la pensée traquant les alternatives pour mieux les rejeter hors de l’espace légitime de discussion. Quant à Internet et aux réseaux sociaux, sensés initialement constituer une avancée dans la démocratie d’expression (2), ils accompagnent désormais pleinement ce mouvement de fermeture et illustrent quotidiennement des formes de nouvelles censures. Comment comprendre une telle situation de fait ?

    La fabrique du consentement

    Dans Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, paru en 1988, Noam Chomsky et Edward Herman expliquent comment les principaux médias (radios, télévisions et presse écrite) participent désormais activement à la propagande des élites politiques et économiques dont ils sont devenus très largement dépendants (3). La démonstration des auteurs s’appuie principalement sur l’analyse de la couverture médiatique des mouvements de contestation internes ainsi que des guerres menées par les Etats-Unis durant la seconde moitié du 20ème siècle. Ils montrent la dépendance croissante des journalistes envers des sources gouvernementales qui leur facilitent le travail (communiqués de presse, dépêches, dossiers documentaires, etc.) et leur incapacité à engager de véritables investigations toujours longues et coûteuses. Ils soulignent également que les médias ont perdu peu à peu leur indépendance financière. D’une part, beaucoup appartiennent désormais à des grands groupes industriels et/ou des milliardaires, ou bien ne survivent que grâce aux publicités que ces groupes leur payent. D’autre part, ils reçoivent d’importantes subventions gouvernementales. Dans cette double dépendance, les médias ont perdu toute capacité à représenter un « quatrième pouvoir ». Ils sont, au contraire, structurellement sous influence des puissances économiques et politiques dont ils relayent de fait la vision du monde et les intérêts. Enfin, Herman et Chomsky étudient la manière dont opèrent cette production d’informations et cette diffusion de messages à destination de la population. Ils montrent que si le mécanisme de base est le contrôle de la diffusion des informations à destination des journalistes, une autre dimension majeure consiste à contrôler et utiliser toute une série d’« experts » faussement indépendants, qu’ils soient de simples « consultants », des journalistes spécialisés, des animateurs de think tanks ou même des universitaires dont les recherches sont financées par ailleurs par le gouvernement ou les industriels (4). Ces « experts » se comportent alors comme des « influenceurs » comme l’on dit de nos jours.

    Contrôle des médias et police de la pensée numérique

    La situation française correspond en grande partie à ce modèle de double dépendance des médias. D’un côté, on retrouve des processus de concentration et de rachat qui font que la plupart des journaux, des radios et des télévisions sont aujourd’hui la propriété de quelques milliardaires (Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Claude Perdiel, François Pinault, Xavier Niel…) et autres « grandes familles » (Bouygues, Dassault, Baudecroux, Baylet, Bettencourt, Lagardère…) (5). Ce processus de concentration est tel que dix sociétés contrôlent 90% de la presse écrite, 55% des parts d’audience de la télévision et 40% des parts d’audience de la radio (6). De l’autre côté, outre le maintien d’un ensemble de médias audio-visuel publics (Radio France et France Télévision), l’État finance également les entreprises de presse qui, ainsi, en dépendent. En 2017 (dernière donnée disponible), le ministère de la Culture publiait ces montants d’aides directes à la presse : 8,3 millions d’euros pour Aujourd’hui en France, entre 5 et 6 millions pour Libération, Le Figaro et Le Monde, entre 4 et 5 millions pour La Croix, Ouest-France et L’Humanité et entre 1 et 2 millions pour une petite dizaine de titres de la presse quotidienne régionale ainsi que pour Le Parisien et le Journal du Dimanche (7). Par ailleurs, dans son rapport de 2013, la Cour des comptes proposait un inventaire de ces aides et attirait notamment l’attention sur le cas de l’Agence France Presse (AFP), énorme entreprise de fabrication d’informations à destination de la totalité des médias français et étrangers, qui a un statut juridique d’établissement public autonome et dont l’État est à la fois une des instances dirigeantes et le premier client (assurant environ 40% des recettes de l’agence) (8). On remarque enfin que la presse a été largement bénéficiaire des aides exceptionnelles de l’État liées à la crise actuelle, avec près d’un demi-milliard d’euros annoncés dans le plan de relance en août 2020 (9).

    L’ensemble de ces données dessinent les contours d’un tissu de relations et de liens d’intérêts entre le monde économique (les propriétaires des médias), le monde politique (leur subventionneur) et les rédactions en chef des médias. Nombre de journalistes ont d’ailleurs décrit de l’intérieur ces liens (10). Mais à cela s’ajoute désormais l’entrée en jeu des multinationales du numérique que sont en particulier Google et Facebook.

    Sous la menace d’un lourd redressement fiscal en 2012, Google a eu l’idée de créer l’année suivante un « fonds d’aide au développement de la presse écrite » en France, afin de « soutenir un journalisme de qualité grâce aux technologies et à l’innovation ». C’est ainsi que, en 2019, 21 médias français ont reçu des subventions à hauteur de 6,4 millions d’euros. Ont alors fleuri sur les sites Internet des principaux médias quantités d’infographies, d’analyses de type « big data » ainsi que les rubriques de « fact check », traque des « fake news » et sites « complotistes » (11). Une des réalisations les plus connues en France est le « Decodex » du journal Le Monde, qui prétend établir un classement de la fiabilité de tous les sites Internet d’information.

    Google n’est pas la seule multinationale numérique à exercer cette sorte de police de la pensée sur Internet. Facebook le fait aussi depuis 2017, toujours par le biais de la chasse aux « fake news » (12). « Nous, on travaille pour Facebook, comme un certain nombre de médias en France travaillent pour Facebook. On est rémunéré pour faire le ménage dans les contenus qui circulent », déclare ce journaliste de Libération le 30 décembre 2017 (13). De fait, huit médias français ont ainsi signé un partenariat avec Facebook : les quotidiens Libération, Le Monde et 20 Minutes, l’hebdomadaire l’Express, la chaîne de télévision BFMTV ainsi que l’AFP et le service public de l’audiovisuel à savoir le groupe France Télévisions (inclus France Info qui est à la fois une chaîne de télévision, une radio et un important site Internet) et France médias monde (qui regroupe la chaîne de télévision France 24, Radio France Internationale et détient une participation dans TV5 Monde). Pour les financer, Facebook achète au prix fort des espaces publicitaires, de même qu’il diffuse des contenus vidéos de ces médias via des applications pour smartphones dont Facebook garde le contrôle et partage les profits générés par les publicités (14).

    En France comme dans d’autres pays (notamment aux États-Unis après l’élection de Donald Trump en 2016, marquée par des soupçons d’ingérence de la Russie, faisant trop vite oublier le scandale Cambridge Analytica impliquant directement Facebook [15]), ces opérations ont été activement soutenues par l’État. Dans ses vœux à la presse, en janvier 2018, Emmanuel Macron annonçait une loi pour lutter contre la diffusion des fausses informations sur Internet en période électorale. Ce sera la loi du 22 décembre 2018 « relative à la lutte contre la manipulation de l'information », adoptée malgré l’opposition du Sénat et avec des réserves d’interprétation du Conseil constitutionnel. Cette loi, toutefois, ne concerne pas que l’information en contexte électoral. Elle donne de nouveaux pouvoirs de censure au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) et organise la coopération avec les géants d’Internet (Facebook, Google, YouTube, Twitter) afin de lutter contre toute production d’informations qui serait susceptible de « troubler l’ordre public » (16). Cette nouvelle forme de censure d’Etat, et les dangers potentiels pour la liberté d’expression et d’information qu’elle porte, furent à l’époque critiqués en vain par le Syndicat National des Journalistes (SNJ), Reporters Sans Frontières (RSF), le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL), des associations de défense de la liberté numérique comme la Quadrature du Net et des chercheurs spécialisés (17).

    Remarquons que cette nouvelle avancée dans la société de contrôle de l’information repose sur une justification très fragile car les recherches sociologiques ne confirment pas cette centralité des fake news dans l’évolution d’un débat public, et encore moins d’une élection (18). Le développement majeur de cette façon de faire du journalisme (le fact checking) a donc d’autres raisons. Inventé au départ pour vérifier la véracité des discours politiques (19), ce style de journalisme fait partie d’une tentative de reconquête de crédibilité des médias traditionnels lors même qu’il se situe à l’opposé du journalisme d’investigation puisqu’il permet de s’affranchir de toute démarche d’enquête sur le terrain (les articles pouvant s’écrire entièrement depuis son bureau à l’aide d’un ordinateur et d’un téléphone). Le fake checking est peu coûteux. Subventionné par les géants d’internet, il devient même rentable économiquement.

    Les nouveaux habits de la censure

    La lutte contre la propagande terroriste et les « contenus haineux » d’extrême droite a été au cœur du développement de nombreuses techniques de censure développées par ces géants d’Internet en collaboration avec les Etats. Puis, elle s’est étendue peu à peu à d’autres formes de censure de contenus plus politiques, au point d’exercer une véritable police de la pensée : « les grandes plateformes du web, de par leur position oligopolistique sur le marché de l’information, exercent ce pouvoir à trois niveaux distincts. En mettant à disposition des outils de prise de parole, elles les contraignent en même temps qu’elles les rendent possible, en leur appliquant un format. Leurs algorithmes, ensuite, ordonnent ces prises de parole disparates en distribuant la visibilité dont elles ont besoin pour toucher leur public. Enfin, leurs dispositifs de modération, qui articulent détection automatique et supervision humaine, exercent des fonctions de police en définissant ce qui peut ou non être dit, et en punissant les discours (ou les images) qui contreviennent aux règles » (20).

    Cela étant, la censure n’est que le versant le moins présentable de processus de contrôle de l’information plus globaux. Comme le disait déjà Roland Barthes (Sade, Fourier, Loyola, 1971), « la vraie censure ne consiste pas à interdire (à couper, à retrancher) […] mais à étouffer, engluer dans les stéréotypes […] à ne donner pour toute nourriture que la parole consacrée des autres, la matière répétée de l’opinion courante » (21). Désormais, « la censure ne doit plus être seulement pensée comme le résultat de pressions directes et concrètes exercées sur les différents maillons de la chaîne de sens par les détenteurs identifiés de l’autorité d’État ou d’Église, mais comme le processus toujours et partout à l’œuvre de filtrage des opinions admises. Bien plus, cette ‘nouvelle censure’ […] passerait moins par l’interdit jeté sur la parole dissidente que par la promotion d’une parole conforme aux intérêts des institutions et des groupes qui les dominent » (22). La censure, au sens sociologique large comme au sens juridique réduit, est donc inséparable de la doxa qu’elle sert.

    L’OMS et la Fondation Bill Gates : deux puissances supranationales qui joignent leur influence

    Les géants de l’Internet ne sont pas les seuls à s’immiscer dans le contrôle de l’information par le biais du financement des médias. C’est aussi le cas de la super-puissance que constitue la Fondation Bill & Melinda Gates. Le fondateur de Microsoft et Windows est devenu la personnalité la plus riche du monde au milieu des années 1990 (il a été récemment détrôné par le propriétaire d’Amazon, Jeff Bezos). Avec une fortune personnelle approchant les 100 milliards de dollars, il est plus riche que la plupart des pays du monde et, entre autres investissements, il finance de nombreux médias. En France, il subventionne en particulier Le Monde (2,13 millions de dollars pour l’année 2019) (23). Cette fondation consacre par ailleurs une partie très importante de ses dons (défiscalisés) à la santé, avec un prisme techno-industriel précis : « dans le domaine de la santé, la Fondation mène des actions de grande ampleur contre le sida, la tuberculose et le paludisme, traduisant son obsession pour la technologie par un intérêt tout particulier pour les vaccins, au mépris de solutions moins industrielles et potentiellement tout aussi efficaces » (24). En outre, la fondation de Bill Gates est devenue extrêmement influente au sein de l’OMS dont elle est le premier des contributeurs privés du budget avec 455 millions de dollars en 2019. Dans le classement général des financeurs, la Fondation est encore dépassée de peu par la Grande-Bretagne (464 millions de dollars en 2019) et surtout les États-Unis (853 millions de dollars en 2019) (25). Toutefois, le quatrième financeur dans ce classement (avec 389 millions de dollars en 2019) n’est autre que l’Alliance GAVI (Global Alliance for Vaccines and Immunization), organisation internationale de promotion des vaccins dont la Fondation Gates est également le principal financeur. Enfin, le neuvième et le dixième plus importants financeurs de l’OMS (respectivement 168 et 116 millions de dollars en 2019) sont deux associations caritatives internationales basées aux États-Unis : le Rotary International et le National Philanthropic Trust. Et la Fondation Bill Gates est aussi l’un des premiers financeurs de ces deux associations par le biais des dons défiscalisés. Dès lors, si l’on additionne les principaux quatre financements dans lesquels elle est impliquée (et ce ne sont pas les seuls), il apparait que la Fondation de Bill Gates est devenue en réalité le premier financeur de l’OMS.

    L’OMS a joué un rôle particulièrement actif dans la tentative de maîtriser la communication sur l’épidémie de coronavirus. Depuis le classement de la Covid-19 en « urgence de santé publique internationale » le 30 janvier 2020, son directeur tient des conférences de presse quasi quotidiennes. L’organisation a mis par ailleurs en place tout un système de communication afin de contrer ce qu’elle appelle une « infodémie » qui se caractériserait par la multiplication de « rumeurs et fausses informations ». Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus estimait même que « Notre plus grand ennemi à ce jour, ce n’est pas le virus lui-même. Ce sont les rumeurs, la peur et la stigmatisation » (26). Pour faire prédominer ses messages, l’OMS a mis sur pieds une stratégie de communication mondiale supervisée par Sylvie Briand, directrice du Département des pandémies et épidémies, et pilotée par Andrew Pattison, responsable des « solutions numériques », en lien avec une équipe de six personnes au siège de Genève. Un accord a d’abord été passé avec un partenaire ancien, Google, « pour faire en sorte que les personnes recherchant des informations sur le coronavirus voient les informations de l'OMS en tête de leurs résultats de recherche ». Ensuite, l’équipe de communication s’est assurée le concours des principaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Tencent, Tik Tok) et mêmes de sociétés comme Uber et Airbnb afin qu’ils diffusent les « bons messages » (27). Enfin, l’OMS et ses partenaires ont recruté des « influenceurs » ou relais d’opinion (28), afin de s’assurer du contrôle des réseaux sociaux et de YouTube, leader mondial de la vidéo en ligne (plus de deux milliards d’utilisateurs mensuels en 2020) et propriété de Google (29).

    Conquérir le monopole de l’information légitime

    La crise sanitaire ouverte par l’épidémie de Sars-CoV-2 aura été l’occasion d’une tentative historiquement inédite de contrôle de l’information à l’échelle mondiale, d’autant plus importante à comprendre que cette épidémie a fait l’objet d’une couverture médiatique sans précédent dans l’histoire (30). Dans cet article, nous avons passé en revue les composantes de ce processus international de normalisation éditoriale visant à assurer ce que Bourdieu appelait « le monopole de l’information légitime » (31). Ce système de contrôle est destiné à assurer la prédominance médiatique, et derrière le consentement des populations, à l’égard du contenu d’un message général qui pourrait être résumé ainsi : 1) une pandémie menace la survie de l’humanité entière, 2) il n’existe aucune thérapeutique pour guérir les malades, 3) il faut confiner les populations, 4) la délivrance viendra uniquement d’un vaccin.

    Par ailleurs, la doxa n’est pas seulement la pensée dominante et présentée comme légitime par les élites de la société à un moment donné. Elle est aussi une vision du monde qui concourt à protéger l’ordre social et politique établi (32). Elle contient en effet une deuxième prémisse qui consiste à penser en substance que « le gouvernement fait ce qu’il peut », « il n’y a pas grand-chose d’autre à faire », voire même à en déduire que « c’est une obligation morale que de soutenir l’action du gouvernement dans ce moment exceptionnellement difficile ». Et autres variantes. La doxa prend alors la dimension de ce que Bourdieu appelait une sociodicée : « Max Weber disait que les dominants ont toujours besoin d’une ‘théodicée de leur privilège’, ou, mieux, d’une sociodicée, c’est-à-dire d’une justification théorique du fait qu’ils sont privilégiés » (33). En l’occurrence, il s’agit de faire accepter « une philosophie de la compétence selon laquelle ce sont les plus compétents qui gouvernent » (34).

    Pour que la sociodicée fonctionne, il est ainsi crucial de contrôler l’information. Dans cet article, nous avons argumenté l’hypothèse selon laquelle quatre ensembles d’acteurs ont, de fait, des intérêts convergents à organiser ce contrôle et s’assurer du succès du message qu’ils ont choisi de faire passer. Le premier est représenté par le tandem désormais indissociable que forment l’OMS et son nouveau grand financeur la Fondation Bill Gates, dont le programme de vaccination mondiale constitue la pierre angulaire de la pensée sanitaire. Le second ensemble est constitué par la plupart des gouvernements occidentaux de type libéraux, qui ont été incapables de penser une autre stratégie que le confinement général, qui redoutent à présent les conséquences électorales et juridiques de leur gestion de la crise sanitaire et veulent donc s’assurer que leur version de l’histoire ne sera pas fondamentalement remise en question. Le troisième ensemble d’acteurs est constitué par les médias traditionnels qui sont confrontés de façon croissante à une crise de confiance majeure dans les populations (35), et pour qui le contrôle et si possible l’exclusivité de la diffusion de l’information légitime sur la crise sanitaire constitue presque une question de survie. Enfin, le quatrième type d’acteurs sont les « géants du numérique » qui contrôlent de nos jours non seulement les réseaux sociaux mais aussi et de plus en plus les médias traditionnels, et qui profitent de la crise sanitaire pour accroître encore leur emprise sur la vie numérique (36), ainsi que leurs profits publicitaires (37).

    Il resterait cependant à investiguer plus en détail les liens entre ces quatre acteurs, les supposés « experts » dont ils s’entourent et les industries pharmaceutiques, premières concernées financièrement par la gestion de la crise du Covid, et dont les stratégies de lobbying et de trafic d’influence sont connues par ailleurs (38).

    Laurent MUCCHIELLI-Sociologue, directeur de recherches au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie).

     

    Références

    (1) L. Mucchielli, « Le complotisme pour les nuls (à l’occasion d’un récent documentaire) », Mediapart. Le blog, 16 novembre 2020 [en ligne].

    (2) P. Flichy, « Internet et le débat démocratique », Réseaux, 2008, 4, p. 159-185.

    (3) E. Herman, N. Chomsky, La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, Marseille, Agone, 2008.

    (4) Voir aussi D. Frau-Meigs, « Le journalisme aux États-Unis : une profession sous influences », Parlement[s], Revue d'histoire politique, 2004, 2, p. 64-79.

    (5) « Médias français : qui possède quoi ? », Le Monde Diplomatique, décembre 2020.

    (6) A. Rousseaux, « Le pouvoir d’influence des dix milliardaires qui possèdent la presse française », Basta Mag, 7 avril 2017.

    (7) Ministère de la Culture, « Tableaux des titres et groupes de presse aidés en 2017 » [en ligne].

    (8) Voir le rapport de la Cour des comptes, Les aides de l’Etat à la presse écrite, Paris, 2013, p. 45sqq.

    (9) F. Schmitt, « La presse obtient à son tour un plan de relance », Les Echos, 27 août 2020.

    (10) S. Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Paris, Raisons d’Agir, 1997 ; F. Ruffin, Les petits soldats du journalisme, Paris, Les Arènes, 2003 ; P. Merlant, L. Chatel, Médias. La faillite d’un contre-pouvoir, Paris, Fayard, 2009 ; A. Ancelin, Le Monde libre, Paris, Les liens qui libèrent, 2016 ; L. Mauduit, Main basse sur l’information, Paris, Don Quichotte, 2016.

    (11) D.-J. Rahmil, « Google finance les médias et dessine les nouvelles tendances du journalisme », L’ADN, 2 avril 2019.

    (12) G. Pépin, « ‘Fake news’ : Facebook va rémunérer des éditeurs français et fait sa publicité dans la presse », NextInpact, 26 avril 2017 ; voir aussi Le Canard enchaîné, 3 janvier 2018.

    (13) Lors du Journal de 13h de France Inter.

    (14) L’Observatoire du journalisme, « Tout ce que les éditeurs perdent, Facebook et Google le gagnent », 21 janvier 2018 [en ligne : https://www.ojim.fr]. On sait que le modèle économique de Facebook est tout entier basé sur la publicité : cela a représenté 98% de ses recettes en 2019 (R. Badouard, Les nouvelles lois du web, Op.cit., p. 73).

    (15) I. Bokanovski, Internet. Une plongée dans le web de l’influence, Paris, Balland, 2020, p. 61sqq.

    (16) En ce qui concerne le CSA, un exemple de cette nouvelle forme de censure est survenu au tout début du mois de janvier 2021 lorsque cette agence a sanctionné la radio RMC pour avoir invité en août 2020 le professeur Christian Perronne à s’exprimer lors même que « cet invité était le seul membre du corps médical présent en plateau » et que « ces déclarations n’ont pas fait l’objet d’une contradiction suffisante ». « Dès lors, l’éditeur ne peut être regardé comme ayant fait preuve d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information sur la pandémie » (« Le CSA met en demeure RMC pour une émission avec le professeur Perronne », 20 minutes, 6 janvier 2021). On notera toutefois que l’ensemble des médias passent leur temps à inviter des médecins depuis le mois de mars dernier et que le CSA n’a jamais relevé une absence de « contradiction suffisante » lorsque ces médecins expriment des propos qui coïncident avec le discours gouvernemental. Il s’agit d’une part d’un « deux poids, deux mesures » flagrant, et d’autre part d’un acharnement sur un médecin qui venait d’être démis de sa chefferie de service par le directeur de l’AP-HP (AFP, 17 décembre 2020).

    (17) L. Haéri, « Loi contre les fake news : chasse aux fausses informations ou nouvelle censure ? », Le Journal Du Dimanche, 7 juin 2018. L’article interviewe notamment le sociologue Romain Badouard, auteur de Désinformation, rumeur et propagande, Limoges, FYP éditions, 2017.

    (18) Y. Benkler, R. Faris, H. Roberts, Network Propaganda. Manipulation, Disinformation, and Radicalization in American Politics, Oxford, Oxford University Press, 2018.

    (19) L. Bigot, Fact-checking vs fake news. Vérifier pour mieux informer, Paris, INA Éditions, 2019.

    (20) R. Badouard, Les nouvelles lois du web. Modération et censure, Paris, Seuil, 2020, p. 12.

    (21) Cité par P. Roussin, « Liberté d’expression et nouvelles théories de la censure », Communications, 2020, 1, p. 26.

    (22) L. Martin, « Censure répressive et censure structurale : comment penser la censure dans le processus de communication ? », Questions de communication, 2009, 15, p. 71.

    (23) « Le quotidien Le Monde a reçu plus de 4 millions de dollars de la fondation de Bill Gates », Covidinfos, 11 mai 2020 [en ligne : https://covidinfos.net/].

    (24) L. Astruc, L’art de la fausse générosité. La Fondation Bill et Melinda Gates, Arles, Actes Sud, 2020, p. 12.

    (25) https://www.who.int/fr/about/planning-finance-and-accountability/how-who-is-funded

    (26) Cité par I. Mayault, « La rumeur, l’autre épidémie qui préoccupe l’OMS », Le Monde, 6 mars 2020. (27) M. Richtel, « W.H.O. Fights a Pandemic Besides Coronavirus: An ‘Infodemic’ », New York Times, 6 février 2020 ; cf. aussi F. Magnenou, « Comment l’OMS s’efforce de contenir l’infodémie qui entoure l’épidémie », France TV Info, 8 février 2020.

    (28) Parmi ces influenceurs, côté francophone, on peut citer par exemple Lê Nguyên Hoang (près de 200 000 abonnés sur sa chaîne YouTube « Science4All », Thibaud Fiolet (et son site « Quoi dans mon assiette »), le groupe « Osons causer » (près de 300 000 abonnés sur YouTube et près d’un million sur Facebook) ou encore Jérémy Descoux, (98 000 abonnés sur sa chaîne « Asclépios », président du Collectif « FakeMed », un réseau de médecins militants souvent très virulents, qui s’est fait connaître par sa lutte contre l’homéopathie). Certains de ces influenceurs apparaissent dans une vidéo intitulée « Coronavirus : chaque jour compte », postée sur YouTube le 14 mars 2020, et dont la liste des intervenants est en ligne : https://docs.google.com/document/d/1x-euHB-V72ipNttBj1KP6O_aEBGK0qKafqphMRBZK1I/edit#heading=h.3bjrhorulj7v Il est probable que Facebook « sponsorise » certains influenceurs dans sa stratégie de promotion de contre-discours (R. Badouard, les nouvelles lois du web, Op.cit., p. 97), mais on ignore lesquels.

    (29) Sur ce phénomène typique des années 2010-2020, cf. D. Frau-Meigs, « Les youtubeurs : les nouveaux influenceurs ! », Nectart, 2017, 5 (2), p. 126-136.

    (30) A. Bayet, N. Hervé, « Information à la télé et coronavirus : l’INA a mesuré le temps d’antenne historique consacré au Covid 19 », INA. La revue des médias, 24 mars 2020 [en ligne] ; N. Hervé, « Coronavirus. Etude de l’intensité médiatique », Working paper, 30 juin 2020 [en ligne : http://www.herve.name/coronavirus].

    (31) P. Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Seuil, 1996, p. 82.

    (32) P. Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979, p. 549-550.

    (33) P. Bourdieu, « Le mythe de la ‘mondialisation’ et l’Etat social européen », repris dans Contre-feux, Paris, Raisons d’agir, 1998, p. 49.

    (34) Ibid., p. 48.

    (35) De la dernière enquête Kantar/La Croix, il ressort un niveau inégalé de défiance vis-à-vis des journalistes, 68 % des personnes interrogées considérant qu’ils ne sont pas assez indépendants des pouvoirs politiques, et 61 % qu’ils ne sont pas assez indépendants vis-à-vis des « pressions de l’argent » (A. Carasco, « Baromètre médias : pourquoi 4 Français sur 10 boudent l’information », La Croix, 15 janvier 2020).

    (36) S. Zuboff, L’âge du capitalisme de surveillance, Paris, Zulma, 2020. Sur la banalisation des technologies de surveillance de masse pendant la « crise sanitaire », cf. O. Tesquet, Etat d’urgence technologique. Comment l’économie de la surveillance tire parti de la pandémie, Paris, Premier Parallèle, 2021.

    (37) R. Vitt, « Vacciné contre la Covid-19, Google bat tous les records en 2020 », Presse Citron, 27 décembre 2020 ; « En pleine crise, les GAFA affichent des profits flamboyants », Frenchweb, 30 octobre 2020 en ligne]

    (38) L. Mucchielli, « Trafic d'influence : le rôle de l'industrie pharmaceutique dans la controverse sur le traitement médical de la Covid », Les Cahiers du CEDIMES, 2021, 16, p.76-86.

     

    source: https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/

            

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  • Cher(e)s concitoyen(ne)s,
    Sur proposition de Léon Landini et de Pierre Pranchère, présidents du PRCF et figures de la Résistance antinazie, et de Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, le Comité central du Pôle de Renaissance en France m’a désigné à l’unanimité pour animer sa pré-campagne présidentielle et législative pour une alternative rouge et tricolore à Macron/MEDEF et à la dictatoriale Union européenne du grand capital.
    Étroitement lié à vos luttes, mon engagement sur un programme franche-ment communiste portera l’exigence d’une nouvelle République française souveraine et indépendante, sociale, centrée sur le monde du travail et la jeunesse, une République populaire et , laïque, écologiste, et .

    CREPUSCULE FRANÇAIS ?

    Comme l’a crûment révélé l’épidémie (manque initial de masques, in-capacité à traiter et à produire un vaccin, engorgement des hôpitaux détruits par l’euro-austérité…), notre pays est au bord de l’effondrement sur tous les plans : industrie, services publics – notamment système de Santé, école… – et il est gros d’une explosion sociale tant notre peuple et sa classe ouvrière sont dessaisis de leur souveraineté, de leurs conquêtes sociales (retraites, indemnisation du chômage, code du travail, statuts, tout y passe !), de leurs services publics (hôpital public, Education nationale, Université et CNRS, EDF, Equipement, SNCF , ONF, Poste, tout est désossé par les privatisations et/ou l’euro-austérité), du « produire en France » industriel et agricole, voire de notre langue, le français étant de plus en plus souvent sacrifié au tout-anglais des traités « transatlantiques ». Avec les Sarkozy (LR), Hollande (PS), Macron (LREM), il n’y en a plus que pour la « construction européenne », qui dissout la République, plus que pour l’OTAN, qui pousse à un surarmement ruineux, plus que pour le MEDEF qui rafle l’argent public et délocalise à tout-va. Oui, il faut changer la société en profondeur en prenant aux grands capitalistes pour que vivent mieux les travailleurs salariés, mais aussi, les travailleurs indépendants, qui font vivre notre pays ! Mais com-ment faire pour que vivent ces « Jours heureux » qu’appelait de ses vœux en 1945 le Conseil National de la Résistance ?

    FAUSSES ALTERNATIVES :

    Pour y parvenir, il faut dégager Macron, mais aussi ses semblables, les Xavier Bertrand, Bruno Retailleau et autre Valérie Pécresse qui n’ont jamais roulé que pour le capital. Ne tombons pas de mal en pis en soutenant l’extrême droite lepéniste qui ne nous sortirait même pas de l’UE et dont la haine xénophobe ferait le jeu du terrorisme islamiste en attisant la guerre civile. Et comment croire encore ces « socialistes » qui, flanqués de faux écolos euro-formatés et d’ex-communistes décaféinés, ont appli-qué, avec l’aide de la droite, cette « constitution européenne » que notre peuple avait pourtant refusée par référendum ?

     

    POUR LE VRAI CHANGE-MENT, FREXIT PROGRESSISTE et NATIONALISATIONS DEMOCRATIQUES !

    Car ceux qui promettent de bâtir « l’Europe des patries » (Le Pen) ou l’« Europe sociale » (fausse gauche) dans le cadre de l’UE, nous mentent. Se définissant elle-même comme « économie de marché ou-verte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », l’UE est irréformable : conçue de A à Z pour museler les nations et araser le progrès social, l’UE comprime les salaires, pousse aux privatisations, favorise les délocalisations et interdit toute marche au socialisme. C’est pourquoi, avec le PRCF, je porterai dans les luttes ce que ne propose aucun autre candidat du système : la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN par la porte à gauche, pour une large démocratie populaire et pour la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie. Si notre peuple ne veut pas « y rester », il lui faut sortir de l’UE, cette prison des peuples, sortir de l’euro, ce carcan austéritaire aligné sur le Mark, sortir de l’OTAN, cette machine au service des faucons US, et sortir du capitalisme qui n’offre plus à l’humanité qu’un avenir d’exploitation, de guerre, de chocs environnementaux et sanitaires !

    POUR UNE ALTERNATIVE ROUGE ET TRICOLORE orientée vers le socialisme :

    C’est pourquoi, le PRCF propose d’unir le drapeau de la nation au drapeau des travailleurs pour rompre avec la dictature euro-atlantique du Capital, remettre le monde du travail au centre de la vie politique, suspendre toutes les contre-réformes « en marche » (retraites, chômage, sécu, lycée, EDF, SNCF, hôpital, Université, Code du travail, statuts, police des salaires, délocalisations, privatisations, licenciements etc.). Pour rouvrir à la France la voie du socialisme-communisme, c’est-à-dire celle du pouvoir des travail-leurs construisant une société sans classes, nous voulons rebâtir un parti communiste de combat, soutenir le syndicalisme de classe, travailler au Tous ensemble et en même temps contre les injustices, construire une Convergence Nationale des Résistances ouverte à tout patriote progressiste.
    Le sens de notre entrée en lice, c’est de porter une franche insoumission à l’UE pour une rupture révolutionnaire avec le capitalisme. C’est aussi, d’agir pour briser l’étau qui broie la France entre le banquier euro-soumis Macron et l’alternative mortifère et pseudo-nationale du lepénisme !
    Alors, agissons ensemble pour qu’émerge enfin, quelle qu’en soit la forme finale, une candidature franchement insoumise à l’UE et au capitalisme. C’est vital pour notre pays, pour les travailleurs et pour sa jeunesse !


    CRISE SANITAIRE DERRIERE LA COVID 19, L’EURO- VIRALE !

    Répandue comme une traînée de poudre par l’euro-mondialisation capitaliste, la covid 19 sévit avec son cortège de décès, de « réas » en flux tendus, de malades gardant des séquelles, mais aussi de paralysie de la vie économique, culturelle et sociale. Mais derrière le virus, les forces du grand capital, l’UE et Macron à leur service en profitent pour brider la liberté de réunion et de manifestation, pour accélérer les contre-réformes (retraites, indemnités chômage, casse du bac national…) et… pour gaver le grand capital d’argent public !

    Dans le même temps, les fermetures de lit d’hôpital continuent sous la houlette de Bruxelles qui, depuis 2011, a sommé 62 fois la France de « réduire ses dépenses de santé » ! C’est cela, « l’Europe protectrice » ?
    Alors, oui, respectons scrupuleusement les gestes-barrières tels qu’ils sont demandés par les soignants, mais ne soyons pas dupes :

    il n’y a pas qu’un virus à combattre, mais deux, le ET l’euro-mondialisation virale qui détruit les systèmes de santé et qui traite honteusement la pandémie comme un « marché » mondial juteux !

     

    Télécharger, partager, imprimer et diffuser le tract : cliquer ici

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  • Dans ces deux entretiens, Bruno Drweski montre tout la singularité, historique et géopolitique, d’un pays qui résiste à l’arasement néolibéral appelé “mondialisation”.
    Bruno Drweski, maître de conférences à l’INALCO, auteur d’un Que sais-je? sur la Biélorussie et préfacier du livre “La Dernière République . La Biélorussie une oasis sociale, économique et politique en ?” de Stewart Parker (Editions  2019)

     

     

     

     

     

    https://editionsdelga.fr/produit/la-derniere-republique-sovietique/

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  • « Le vrai révolutionnaire, c’est celui qui est disposé à tout donner en échange de rien »      Jacobo Arenas

     

    Les 22, 23 et 24 janvier s’est tenu parmi les défis qu’impose la virtualité de la seconde Assemblée Extraordinaire Nationale, l’instance supérieure de décision de la Force Alternative Révolutionnaire du « Común », parti né de la signature des Accords de Paix avec le soutien solidaire des forces politiques progressistes de la  et d’.

    Après avoir délibéré sur les principes statutaires, nous avons fait part aux femmes et aux hommes membres du Parti, aux sympathisants, aux citoyens et à l’opinion publique de la déclaration suivante :

    Alors que le monde te l’Amérique Latine fait face aux menaces de la droitisation aux couleurs fascistes, la prolifération de la pandémie a rendu plus évidents les effets dévastateurs du système politique, économique et social dominant. Des millions d’êtres humains se sont vus dépourvus de garanties pour l’exercice de leurs droits fondamentaux et la nature les a avertis de leurs limites. Ce qui exige la reformulation du contrat social et le rapport de l’humanité à la nature.

    La démocratie mondiale a été intimement liée aux circonstances de la démocratie dans les Etats Unis d’Amérique sans fausses illusions, l’échec du fascisme de Trump nous évitera des actions extrêmement dangereuses contre l’humanité. En même temps, nous rejetons l’offensive impérialiste qui ne respecte pas les normes et les traités internationaux, qui affecte la souveraineté des peuples, spécialement les infamies dirigées contre Cuba, les tentatives d’invasion au Vénézuela et l’ingérence permanente dans d’autres pays.

    En Colombie ceux qui gouvernent, avec l’aide de ceux qui ignorent la guerre, mettent en échec la chance historique que nous avons en tant que société de fermer le cycle de la violence, de diminuer les brèches de pauvreté et d’enraciner la paix. Des rapports comme celui de la Mission de vérification de l’ONU, l’Institut Kroc, le CINEP, les différents rapports des procureurs généraux rendent compte que l’implantation des Accords de Paix est victime d’une infame et trompeuse simulation qui nous a permis de réduire les brèches sociales et économiques entre la campagne et la ville, de jouir de garanties pour l’exercice de la politique, d’attaquer les causes structurelles qui font que proligère le narcotrafic, et accueillir des mesures qui mettent un frein à la violence sur tout le territoire.

    Selon les statistiques officielles, en Colombie 46% des 11 millions de la population rurale vit dans l’extrême pauvreté due aux limites d’accès à la terre, à la santé, aux canaux de commercialisation de leurs produits, à l’assistance technique, à l’irrigation, au crédit, aux biens et services publics. La configuration de la campagne colombienne est l’une des plus injustes du monde, c’est l’héritage qu’elle nous a laissé depuis la colonie, la violence exercée d’en haut contre les pauvres et dans les dernières décennies l’augmentation du paramilitarisme d’Etat.

    Des milliers d’hectares arrachés, usurpés durant des années de violence et concentrés sur une poignée de propriétaires de la terre, « latifundistes », et beaucoup de pauvres gens sans terre, ou avec une terre insuffisante. Ceci est une vérité effrayante que nous chercherons à dépasser et ce, en unissant nos forces collectives parmi toutes celles et ceux qui luttons pour une Colombie différente et la justice sociale.

    La possibilité réelle d’avancer vers la solution d’une problématique si complexe et variée a été saisie d’une manière vérifiée, sur ce qui était convenu dans les points 1 et 4 des accords de Paix, accords atteints avec l’énorme contribution et la formidable détermination des organisations rurales colombiennes.

    Les objectifs recherchés, lors de la signature des accords de Paix étaient de transformer la réalité des habitants ruraux, grâce au dépassement des conditions qui ont déclenché et alimenté le conflit armé et la guerre interne au moyen de 4 piliers fondamentaux.

    1. Accès et usage de la terre qui inclut son fonds de terre, la formalisation de la propriété rurale, grâce à un cadastre multi propos, la fermeture de la frontière agricole et la zonification de surfaces d’intérêt environnemental.
    2. Programmes de développement avec focalisation territoriale. (PDET).
    3. Plans nationaux sectoriels
    4. Un système de sécurité alimentaire et nutritionnel.

    Or, tout cela a été progressivement anéanti et frustré par le manque de volonté politique de l’Etat, de ce gouvernement, et de ceux qui veulent perpétuer la guerre pour conserver leurs privilèges et s’enrichir par l’exercice du pouvoir. Des acteurs qui font partie non seulement d’une culture de la violence, une vraie bande de personnes liées à la corruption et au banditisme qui ont main mise sur l’Etat en lui offrant une manœuvre de propriété privée et en lui permettant d’adopter les méthodes et les valeurs de la culture mafieuse.

    Vers la fin des années 80, notre agriculture produisait des aliments nécessaires pour fournir la demande de l’ensemble de la population colombienne, en 2019, nous avons importé 14 millions de tonnes d’aliments qui peuvent être produits ici comme la pomme de terre, le maïs, le riz, le lait, le blé etcétéra…

    En termes de logement, seul 13% de la population peut y avoir accès, en matière d’expropriation des terres, tout reste à fairePeu à peuon légalise la dépossession de plus de 8 millions d’hectares volés à la paysannerie.

    Nous dénonçons devant l’opinion publique nationale et internationale le Plan National de Développement, Pacte Colombia pacte pour l’équité, qui n’applique pas délibérément les accords finaux de paix, du fait qu’ils ne sont pas inclus en tant que cadre de développement dans l’accord final qui met un terme au conflit armé qui est d’obligatoire mise en vigueur par l’Etat colombien, et qui ne le reconnait pas au moyen de ses politiques publiques et du maniérisme législatif et judiciaire à son service.

    L’heure est venue de créer une grande coalition de forces avec tous les démocrates de ce pays, de construire en dehors de tous les extrêmes, un front qui finisse de consolider les accords de Paix, et donne satisfaction à toutes les victimes, à tous les déracinés, et de ce fait pouvoir avancer vers la construction d’une Colombie juste et démocratique. Nous devons tendre tous les ponts vers l’unité de tous les secteurs qui luttent pour le changement, construire un Front Unique contre l’Autoritarisme et pour la vraie égalité devant la loi et les droits des citoyens, faire que les citoyens s’approprient l’idée qu’ils ont l’art et la manière en matière de démocratie et doivent faire valoir son maintien et son ancrage.

    La crise provoquée par la pandémie du Covid-19, non seulement a coûté la vie à plus de 50 mille colombiennes et colombiens, mais a révélé le caractère informel et les conditions de travail laborieuses presque esclavagisantes qui accentuent l’extrême paupérisation de milliers de personnes dans notre pays. Le gouvernement indifférent a été incapable d’affronter la crise dans laquelle le minimum vital pour notre peuple est une priorité, qui a non seulement besoin du processus transparent d’immunisation totale, mais à la fois, qu’on garantisse au peuple une rente de base pour assouvir les effets économiques et sociaux de la pandémie.

    Nous rendons responsable le gouvernement du Président Iván Duque de la vague de violence systématique et généralisée sur tout le territoire national et qui s’en est pris à la vie de 500 dirigeants et de plus de 250 signataires des accords. Le gouvernement national doit agir avec détermination face aux structures paramilitaires et organisations criminelles qui répandent la terreur et taisent la voix de ceux qui construisent un nouveau pays depuis leurs territoires.

    Nous envoyons nos fraternelles salutations à tous les militants du Parti et les signataires des accords qui luttent jour après jour pour faire que notre rêve d’une Colombie nouvelle se fasse réalité, comme nous envoyons un salut fraternel d’unité et de camaraderie, nous savons et comprenons que toutes les discussions qui se font à l’intérieur de notre organisation nous fortifient, et que nous pouvons dépasser les obstacles et les différences que nous affrontons.

    Nous fermons toute possibilité à ceux qui veulent en finir avec nous, nous continuerons à montrer l’exemple avec honneur, humilité, fraternité et la camaraderie qui nous a caractérisé.

    A la société colombienne, nous lui ratifions notre engagement pour la Paix. Malgré les difficultés, nous n’allons pas défaillir, et nous vous invitons à la célébration d’un Pacte Politique National Intégral, multisectoriel, participatif et démocratique qui exclue pour toujours les armes de la politique colombienne, le dit Pacte devra être promu depuis les régions, en particulier les plus affectés par la violence.

    Pour l’ensemble des forces militantes du Parti, la liberté de ceux qui ont signé les accords et qui sont encore en prison, reste un de nos principaux drapeaux de lutte. Nous n’allons pas économiser des énergies afin que nos camarades soient libres et parmi nous, sur le chemin de la réintégration politique, économique et sociale, et sans hésitation, nous allons poursuivre en menant tous les efforts politiques et juridiques pour garantir le rapatriement humanitaire et la liberté immédiate des camarades Simón Trinidad et Iván Vargas qui se trouvent privés de liberté dans les prisons des Etats Unis.

    Nous associons le pays et le monde au fait que cette assemblée a eu un consensus lors d’un débat démocratique :

    1. Changer le nom du Parti Force Alternative Révolutionnaire du Común, par Comunes.
    2. Maintenir le logo de la rose comme symbole et emblème de notre parti en introduisant quelques améliorations dans sa présentation.
    3. Nous développons notre plateforme politique comme la proposition de construction du pays et d’une Colombie démocratique et en Paix.
    4. Nous avons choisi comme nouveau représentant légal de notre Parti…

    L’Assemblée Nationale Extraordinaire du Parti Force Alternative Révolutionnaire du Común

    24 Janvier 2021

     

    Traduction intégrale : Antoine LUCI Pôle Hispanique – Commission Relations Internationales – PRCF pour Initiative Communiste.

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  • I – L’éloge passéiste de la cité antique

    Omniprésente dans les manuels scolaires, Hannah Arendt passe pour une grande philosophe, et on ne compte plus les livres, articles et documentaires qui chantent ses louanges. Phare de la pensée politique moderne, elle aurait tout compris : la démocratie et le , la cité antique et la société moderne, le mensonge et la violence, la Révolution et les droits de l’homme. Portée aux nues par la doxa universitaire, elle figure au panthéon philosophique de l’Occident démocratique. Elle passe pour une référence obligée, un point de passage incontournable destiné à tous ceux qui veulent comprendre le monde contemporain, ses contradictions et ses impasses. Le problème, c’est qu’Hannah Arendt représente elle-même une impasse théorique et politique. Il suffit d’ailleurs de la lire avec un peu d’attention pour s’en apercevoir : non seulement sa lecture de l’histoire moderne est erratique, mais sa vision de la démocratie est passéiste et réactionnaire.

    Des preuves ? Elles sont légion. Ne pouvant tout examiner en une fois, on s’intéressera à sa conception de la démocratie. Dans Condition de l’homme moderne (1951), Hannah Arendt explique que la seule égalité légitime est celle qui règne entre les citoyens, et non entre les hommes. L’égalité dans la cité antique, à ses yeux, est sans commune mesure avec l’égalité qui prévaut dans les sociétés modernes. Tandis que la cité grecque est une remarquable aristocratie politique, la démocratie moderne est le théâtre d’un conformisme généralisé, où l’esprit de compétition s’est dilué dans l’égalitarisme et la médiocrité ambiante.

    Cet éloge passéiste de la cité antique s’articule à une analyse particulière de l’agir humain. Si Arendt distingue le travail et l’action comme modalités de l’activité humaine, c’est pour dévaloriser le premier, qu’elle attribue à « l’homme-animal social ». Le travail est soumission à la nécessité naturelle, tandis que l’action, à l’autre extrémité, représente la noble dimension de l’activité politique. C’est pourquoi il faut parler d’un « animal laborans » pour désigner le travailleur, lequel « n’est jamais qu’une espèce, la plus haute si l’on veut, parmi les espèces animales qui peuplent la terre ».

    La politique visant à l’émancipation des travailleurs, poursuit Arendt, n’a donc abouti qu’à « courber toute l’humanité, pour la première fois, sous le joug de la nécessité ». Le travail productif n’étant que l’asservissement à la nécessité, « les hommes ne pouvaient se libérer qu’en dominant ceux qu’ils soumettaient à la nécessité ». Pour que les citoyens puissent s’adonner à l’exercice du pouvoir, il fallait que la production de leurs conditions d’existence fût assurée par une classe subalterne. Mais pour Arendt, cet état de fait est intangible, et vouloir transformer la condition des travailleurs n’a aucun sens. La sublimation du citoyen appelé à incarner les vertus nécessite, de tout temps, le travail manuel de l’animal laborans.

    Cette idée-force, elle ne cessera de la marteler. Se demandant, dans son Essai sur l’insurrection hongroise publié en 1956, s’il est possible de faire marcher des usines dont les ouvriers seraient les propriétaires, la philosophe répond sans détour : « En réalité, il n’est pas sûr du tout que les principes politiques d’égalité et d’autonomie puissent s’appliquer à la sphère de la vie économique. Après tout, la théorie politique des Anciens n’avait peut-être pas tort lorsqu’elle affirmait que l’économie, liée aux nécessités de la vie, requérait pour fonctionner la domination des maîtres ».

    La lutte contre la pauvreté ? Inutile d’y penser. Ignorant superbement la lutte des classes, Arendt estime que « la vie humaine s’est trouvée en proie à la pauvreté depuis des temps immémoriaux » et qu’« une révolution n’a jamais résolu la question sociale ni libéré des hommes du fléau du besoin ». Alors que les démocraties modernes, par leur obsession du social, ruinent les chances d’une véritable aristocratie des égaux, la cité antique avait compris que l’esclavage était le prix à payer pour l’exercice héroïque des vertus civiques. « Toute souveraineté tient sa source première, la plus légitime, du désir qu’a l’homme de s’émanciper de la nécessité vitale, et les hommes parvinrent à cette libération par la violence, en forçant d’autres à porter à leur place le fardeau de la vie ». on ne saurait être plus clair, et la conclusion s’impose : « Rien, pourrions-nous dire aujourd’hui, ne saurait être plus obsolète que d’essayer de libérer le genre humain de la pauvreté par des voies publiques ; rien ne saurait être plus futile ni plus dangereux », écrit-elle dans son essai De la Révolution publié en 1963.

    Mais ce n’est pas tout. Cette conception aristocratique de la vie politique conduit Hannah Arendt à nier l’universalité humaine, quitte à pulvériser un concept-clé hérité de la philosophie des Lumières : « La distinction entre l’homme et l’animal recoupe le genre humain lui-même : seuls les meilleurs, aristoi, qui constamment s’affirment les meilleurs et préfèrent l’immortelle renommée aux choses mortelles, sont réellement humains ». Reprenant explicitement la critique réactionnaire des droits de l’homme formulée par Edmund Burke, Arendt récuse l’universalité des droits humains. A ses yeux, c’est un principe funeste qui aurait pour effet de « réduire les nations civilisées au rang des sauvages », de « ces gens sans-droits, qui apparaissent comme les premiers signes d’une possible régression par rapport à la civilisation ».

    Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’Arendt voue une admiration sans bornes à la Révolution américaine, menée par des propriétaires d’esclaves, et qu’elle rejette la Révolution française, qui abolit l’esclavage colonial. De même que, dans les années 1960, elle refuse toute portée politique aux revendications des Afro-Américains pour les droits civiques et relègue au second plan ce qu’elle appelle dédaigneusement la Negro question. Toute philosophie est sous-tendue par une certaine idée de l’homme et de la société. Celle que défend Hannah Arendt participe d’une idéologie qui habille son conservatisme des oripeaux de la cité antique, justifie rétrospectivement l’esclavage et congédie le progrès social comme une dangereuse utopie. Ses détracteurs lui reprochent ses équivoques, l’indétermination de ses concepts, le mouvement erratique de sa pensée. Ce qui pose problème, c’est plutôt l’obscure clarté de ses anathèmes contre les idées progressistes et le compendium avarié de ses présupposés anti-humanistes. Exit Hannah Arendt.

    II – La mystification du système

    Absorbant toutes les activités humaines pour leur donner une signification univoque, le totalitarisme, pour Hannah Arendt, est un système qui transcende ses incarnations particulières. Peu importent alors les différences concrètes entre communisme et nazisme. L’abstraction du concept de totalitarisme, chez la philosophe, l’exonère d’une analyse proprement historique du phénomène. Appareil destructeur livré à sa propre démesure, le totalitarisme y revêt les traits d’une entité abstraite et homogène. Déconnectée de l’histoire réelle, l’idéologie paraît se suffire à elle-même, exercer ses effets en toute autonomie, modeler le cours des événements à son image : c’est la « logique d’une idée ».

    Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le spectre du totalitarisme, chez Arendt, plane au-dessus de l’histoire réelle et de ses affrontements de classe. Occultant la genèse historique des deux mouvements, cette théorisation ignore l’opposition irréductible entre communisme et nazisme. Elle fait comme si la mystique de la race et l’idéal prolétarien étaient de même nature. Elle passe résolument sous silence la relation structurelle entre nazisme et . Mais il y a pire : en élevant le concept de totalitarisme à la dignité d’un principe explicatif, elle occulte la visée exterminatrice qui caractérise l’entreprise nazie, le racisme structurel qui organise sa vision du monde, son acharnement meurtrier contre les populations civiles.

    L’inexactitude des analyses de Hannah Arendt, cependant, ne porte pas seulement sur l’idéologie respective des deux régimes. Sa théorie du système concentrationnaire se déploie en dehors de toute description factuelle. Elle soumet aux mêmes catégories apparemment rationnelles deux institutions radicalement différentes. Contrairement aux camps nazis, le système carcéral soviétique n’obéissait pas à une logique d’extermination, mais de punition et de rééducation. Le nombre des victimes du régime nazi est incommensurable à celui d’un système répressif soviétique dont 90 % des détenus étaient de droit commun, et dont la plupart sont revenus vivants.

    L’impuissance du modèle à rendre compte du réel est aussi flagrante lorsque la philosophe attribue au système totalitaire une politique étrangère agressive, ouvertement vouée à la conquête du monde. « Comme un conquérant étranger, le dictateur totalitaire considère les richesses naturelles et industrielles de chaque pays, y compris le sien, comme une source de pillage et un moyen de préparer la prochaine étape de l’expansion agressive », écrit-elle dans Le système totalitaire (1949). En décrivant comme une propriété intrinsèque du totalitarisme ce qui constitue la pratique constante des puissances occidentales, Hannah Arendt se livre à une singulière manipulation. Si la conquête et le pillage sont des pratiques totalitaires, pourquoi ne pas en déduire le caractère totalitaire de ces démocraties qui possèdent un empire colonial ?

    Le mythe des « jumeaux totalitaires » accrédité par Hannah Arendt a beau défier le bon sens, il n’en a pas moins procuré un répertoire inépuisable à la réécriture de l’histoire. Il a permis à l’idéologie dominante de tirer un trait sur la réalité d’un conflit où l’Armée rouge a payé le prix fort pour liquider la machine de guerre hitlérienne. Une interprétation fallacieuse des événements qui est illustrée, à nouveau, lorsque la philosophe écrit en 1966, dans une note ajoutée au même ouvrage, que « contrairement à certaines légendes de l’après-guerre, Hitler n’eut jamais l’intention de défendre l’Occident contre le bolchevisme, mais resta toujours prêt à s’allier aux Rouges pour la destruction de l’Occident, même au plus fort de la lutte contre l’Union soviétique ».

    Affirmation totalement absurde, mais peu importe : la matérialité des faits a l’obligeance de s’effacer devant les exigences d’une démonstration dont les prémisses sont erronées. Nazisme et stalinisme représentant deux variantes d’un même modèle, ils ne pouvaient pas s’engager dans une lutte à mort. Ainsi Hitler est-il censé être l’allié naturel de Staline. Mais si Hitler envisageait de s’allier aux Rouges, comment expliquer l’extrême brutalité de la guerre menée par les nazis contre l’URSS, laquelle tranche avec leur attitude, beaucoup plus respectueuse des usages de la guerre, sur le front de l’Ouest ?

    « Idéologie et terreur », selon Hannah Arendt, sont les deux caractéristiques du régime totalitaire. Le problème, c’est qu’elles définissent parfaitement la domination impitoyable infligée par les puissances européennes aux peuples colonisés. Si l’on fonde la thèse de la gémellité des régimes totalitaires sur l’usage de la terreur, que faut-il déduire de son usage massif sous le régime colonial ? Comment ignorer la relation entre une idéologie justifiant la déshumanisation des « races inférieures » et la violence meurtrière qui est l’essence même du colonialisme ? En exemptant les puissances démocratiques des abominations qu’elles commettent, Arendt exclut subrepticement le génocide colonial de la dignité du concept de totalitarisme.

    Si un tel concept désigne une réalité, il faut donc admettre qu’elle n’est ni une nouveauté ni une exception. L’inconvénient de la pensée de Hannah Arendt, c’est qu’après avoir éliminé les faits qui démentent son interprétation, elle enfile les abstractions comme on enfile des perles. Mais ces prouesses conceptuelles laissent la pensée orpheline d’une matière historique qu’elle a décidé d’ignorer. A l’évidence, le succès de sa doctrine ne tient pas à sa valeur heuristique, mais à l’idéologie de guerre froide adoptée par la philosophe au lendemain de son exil américain. Cet opportunisme lui a valu une consécration académique et une promotion médiatique dont l’inscription au fronton de l’institution scolaire, en France même, est l’illustration saisissante. Aussi demeurons-nous comme ligaturés par les biais cognitifs d’une pensée que nous devrions plutôt abandonner, comme dirait Marx, à la critique rongeuse des souris.

    Bruno GUIGUE

    source: https://www.initiative-communiste.fr/

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  • Des tas de fumier et des déchets végétaux ont été déposés devant l’entrée de l’hyper Carrefour.Des tas de fumier et des déchets végétaux ont été déposés devant l’entrée de l’hyper Carrefour

    Tags inscrits au sol, déchets agricoles ou fumier déposés sur le parking… Les Jeunes agriculteurs ont mené une action dans la nuit de mardi à mercredi devant des grandes surfaces de Vannes et Pontivy.

    Ce mercredi 24 février, les salariés du centre commercial Carrefour de Vannes ont découvert plusieurs tags sur le sol, devant l’entrée du magasin, et signés des Jeunes agriculteurs. Du fumier a également été déposé devant le centre commercial vannetais aux alentours de 22 h hier soir. D’après les messages laissés, les agriculteurs réclameraient une meilleure rémunération de leur travail.

    Des grandes surfaces de Pontivy ont aussi été visées par des actions similaires. Mardi soir, aux alentours de 22 h 15, des agriculteurs ont déversé des déchets agricoles de type remblai, pailles et pneus usagés, devant les entrées du Leclerc et d’Intermarché. Il y avait six tracteurs avec remorque et une vingtaine de personnes, dont le président régional et départemental des JA56. Aucune dégradation n’a été constatée par les gendarmes, présents sur place.

     

    source: https://www.letelegramme.fr/

    Alire également dans Ouest-France (24/02/21-10h20): Morbihan. Des agriculteurs ont déversé des déchets devant des supermarchés de Vannes et Pontivy

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  • Bâtie en 1864, la gare de Pontivy n’accueille plus de voyageurs régulièrement depuis 1987.Bâtie en 1864, la gare de Pontivy n’accueille plus de voyageurs régulièrement depuis 1987

    Centre-Bretagne en train veut revoir des voyageurs en gare de Pontivy : le collectif appelle à s’y rassembler le mardi 16 mars pour demander la réouverture de la ligne Saint-Brieuc - Auray, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.

    Le vent balaye les herbes qui poussent entre les rails de la gare de Pontivy, vide. C’est sur cette scène un brin désolée que s’ouvre la vidéo du collectif Centre-Bretagne en train, publiée le 15 février sur les réseaux sociaux, accompagnée des mots « Une gare qui ferme, c’est un territoire qui meurt ». Leur but ? Rassembler un maximum de monde devant la gare rayée de briques rouges, le mardi 16 mars, pour demander la réouverture de l’axe Saint-Brieuc - Loudéac - Pontivy -Auray aux trains de voyageurs. 

    « C’est surtout une question de gros sous : environ 150 à 200 millions d’euros pour les 120 km de voies », estime Simon Brunet, secrétaire de la CGT cheminot à Saint-Brieuc et membre de Centre-Bretagne en train. « On pourrait relancer le trafic voyageur pour moins que ça, au moins sur la partie sud. Comme il n’y a pas d’achat de foncier à faire, ce ne serait pas compliqué de moderniser la ligne », embraye celui qui met en avant l’aspect écologique du projet. Selon lui, « la SNCF y est favorable, mais ça coince au niveau politique ». C’est pourquoi le collectif passe à la vitesse supérieure en prévision des élections régionales et départementales de juin 2021.
    À Pontivy, le sujet est devenu un serpent de mer, mais aucune étude n’a encore été réalisée. Si la partie nord de la voie est en piteux état (il faut déraciner des arbres, refaire les rails, le ballast, les traverses et la signalisation), la portion Pontivy - Auray est, elle, bien entretenue pour le fret, véhiculant même 200 000 tonnes de marchandise par an.

    « Du potentiel »

    « Pontivy est la deuxième gare de Bretagne sur le fret ! » s’exclame Jean-Philippe Van Walleghem, propriétaire de la gare historique qu’il rénove depuis 2017. Lui aussi membre de Centre-Bretagne en train, il voit un « fort potentiel » dans le rétablissement de la ligne Saint-Brieuc - Auray, soulignant les centaines de milliers de voyageurs « qui s’entassent dans les cars Vannes-Pontivy », les jeunes qui s’installent le long de la ligne « car la côte est trop chère » et le développement de la banlieue de Saint-Brieuc.

    « Il y a des lignes qui ne méritent pas d’être ouvertes, mais celle-là, on a fait les comptes et c’est jouable », estime l’entrepreneur, qui s’interroge : « Si les 7 000 habitants de Carhaix ont droit à des trains, pourquoi pas Pontivy et Loudéac avec 14 000 et 9 000 habitants ? » Le philanthrope veut voir dans le projet de train touristique « Napoléon express », qui circulera bientôt entre Pontivy et Lambel-Camors avec des locomotives de collection, « un pied dans la porte » qui ouvrirait la voie aux trains de voyageurs. Mais la partie est loin d’être gagnée.

    « On n’a pas eu de demande sur le sujet », tranche Sophie Rousselle-Danet, de la SNCF. « On ne sera pas un frein à ce projet, mais il doit être envisagé collectivement et en fonction de l’usage ». Pour la responsable des stratégies fret et voyageurs en Bretagne, la dynamique n’est pas encore là : « Il faut faire des réunions, une étude prospective pour quantifier le besoin », un travail qui doit être lancé par « les collectivités, les communautés de communes, les EPCI (1), les services de l’État, la région… »

    Contactée, la région aussi botte en touche, rappelant n’avoir «aucune compétence en matière d’infrastructure ferroviaire.» Selon son service communication, «ces infrastructures appartiennent à SNCF Réseau. La question du devenir de la ligne ferroviaire Loudéac-Pontivy-Auray est donc à adresser à SNCF Réseau.»

    Malgré ce dialogue de sourd, Centre-Bretagne en train espère que le rendez-vous du 16 mars à la gare de Pontivy, dont le vestibule sera ouvert pour l’occasion, pourra enfin mettre le projet sur de bons rails.

    (1) EPCI : établissement publics de coopération intercommunale, structure administrative qui regroupe plusieurs communes.

    Riwan Marhic

    source: https://www.letelegramme.fr

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  • Geoffrey Le Guilcher sort son premier roman, « La Pierre Jaune », une fiction réaliste, post-catastrophe nucléaire dont l’action se situe à Saint-Gildas-de-Rhuys et sur la presqu’île.Geoffrey Le Guilcher sort son premier roman, « La Pierre Jaune », une fiction réaliste, post-catastrophe nucléaire dont l’action se situe à Saint-Gildas-de-Rhuys et sur la presqu’île. 

    Geoffrey Le Guilcher sort un roman post-catastrophe nucléaire dont l’action se déroule sur la presqu’île de Rhuys (Morbihan). Une fiction réaliste sur les effets d’une explosion à La Hague : « Ce serait au moins sept fois Tchernobyl ».

    Après une biographie sur Luc Besson et une enquête sur les abattoirs ( Steak machine ) La Pierre Jaune est votre troisième livre mais votre premier roman, pourquoi ce format littéraire ?

    J’ai la conviction que la fiction permet de rendre plus puissantes certaines histoires. J’avais envie de raconter une histoire avec des personnages contemporains forts ; d’une fiction qui stimule l’imaginaire.

    En racontant la survie post-nucléaire en Bretagne d’un petit groupe, à la suite d’un attentat à l’usine nucléaire de La Hague (Manche), est-on autant que cela dans la fiction ?

    Pas vraiment. J’avais fait une première enquête de 6-7 pages sur La Hague, il y a dix ans, quand j’étais journaliste aux Inrocks. Après cela, j’étais fasciné que l’hypothèse basse en cas de catastrophe sur ce site, ce soit sept fois Tchernobyl. C’est dingue ! Cette usine récupère le combustible usé des centrales pour séparer le plutonium, l’uranium… Elle a dans ses piscines environ 10 000 tonnes de combustibles irradiés, le double des 56 réacteurs des 18 centrales nucléaires de l’Hexagone. J’ai ensuite beaucoup lu sur Tchernobyl, Hiroshima, Fukushima… Dans La Pierre Jaune, je donne un nombre de morts, de déplacés, mais bien sûr certains éléments dépendraient de la quantité libérée dans l’atmosphère au moment de l’explosion, de la météo, des vents, etc. Les brûlures, les pluies acides, les plantes qui changent de couleur, des coquillages qui deviennent fluorescents la nuit, les meutes de chiens comme à Tchernobyl : j’ai gardé des choses qui m’avaient marqué, pour que mes recherches servent mon imaginaire.

    Au-delà de la catastrophe, vous parlez aussi surtout de ceux qui restent…

    Je me suis documenté sur les gens de ces territoires qui décident malgré tout de rester sur place. J’ai lu La supplication de Svetlana Alexjevitch [Nobel de littérature] sur l’après-Tchernobyl ou les récits forts du journaliste John Hersey [prix Pulitzer] qui a rencontré sept survivants d’Hiroshima pour son reportage paru dans le New Yorker. J’ai aussi lu le roman Malevil de Robert Merle. Quand on s’intéresse à ces personnes qui restent ou qui choisissent d’aller en zone contaminée, on se rend compte qu’on est comme plongé dans un film catastrophe : on ne peut plus boire, plus manger les radis du jardin. Tout leur monde est transformé. C’est un des risques du nucléaire : il n’a pas droit à l’accident. Que l’accident vienne d’une erreur, d’une guerre, d’un séisme… les conséquences sont les mêmes.

    Vous situez toute l’action à Saint-Gildas-de-Rhuys et sur la presqu’île de Rhuys… ça n’est pas tout à fait un hasard ?

    Non. Déjà, je pense que si la moitié de la France devait être évacuée comme dans le livre, il y aurait des Bretons qui ne voudraient pas partir ! Surtout je viens ici depuis mes 3 ans, et j’en ai 35 ! On y allait en vacances avec mes grands-parents et mes parents (mon père est de Pleubian) qui ont une résidence à Kercambre. La petite plage de la Pierre Jaune, la pinède où on allait se réfugier quand il pleuvait, ce sont des lieux qui ont imprimé mon enfance et mon adolescence. J’adore cet endroit car la côte y est restée sauvage, il y a peu de maisons, des landes… Je vis à Paris et je viens maintenant régulièrement à Saint-Gildas, j’y ai des amis et j’y ai écrit une partie du roman. C’est un lieu presque mythique pour moi : il est rattaché à la France mais c’est une presqu’île… avec des dolmens de 3500 ans avant Jésus-Christ, et peuplée à 75 % de gens ne vivant pas là à l’année ou de retraités. C’est un beau lieu pour la retraite, et ce n’est pas une critique pour moi de dire cela. Saint-Gildas-de-Rhuys est l’un des personnages principaux de ce roman.

    Le roman se situe en 2024, pour mieux l’ancrer dans le réel. D’ailleurs ici la catastrophe est nucléaire, mais avec des similitudes avec la crise actuelle (ruée sur certains produits, confinement)… ?

    C’est vrai. Je n’étais ni pro ni anti-nucléaire quand j’ai commencé ce livre il y a 3 ans, juste un peu fasciné de réaliser le danger que cette industrie peut faire peser. Lors du confinement « dur » du printemps 2020, le roman était entre les mains de relecteurs qui m’ont dit que ça prenait une autre dimension avec la crise sanitaire. Un renversement de situation paraît moins impossible depuis le Covid. On est confronté à un vécu hors-normes. Comme après une catastrophe nucléaire, on apprend à vivre avec. Dans la Pierre jaune, Emmanuel Macron est toujours président en 2024 et j’ai même gardé son « Nous sommes en guerre » parce que le parallèle est dingue !

    On pourrait s’attendre à la constitution d’un groupe de survivants comme dans Walking dead, or on suit une communauté existant déjà avant l’attentat, pourquoi ?

    J’avais envie de personnages qui puissent exister maintenant. Choisir des néo-zadistes, avec une « zone à défendre », c’était assez cohérent. Ce sont des personnages déjà en alerte sur certaines dérives, très informés. C’était crédible qu’ils restent dans ce monde apocalyptique.

    Le narrateur est un policier infiltré dans ce groupe, un clin d’œil à votre expérience d’infiltré en abattoir pour le précédent livre ?

    L’infiltré permet d’avoir un œil naïf et qui découvre les autres, l’endroit. Il est en fait surtout inspiré de Mark Kennedy, un policier anglais infiltré dans les milieux gauchistes radicaux anarchistes pendant 7 ans. Moi je n’avais passé qu’un mois et demi dans un abattoir ! Cétait déjà une expérience bizarroïde et j’étais mal à l’aise avec cette position où les relations sont un peu faussées dès le départ.

    Êtes-vous toujours journaliste ?

    J’ai travaillé 3 ans aux Inrocks et même si l’écriture me prend actuellement davantage de temps, je suis toujours journaliste indépendant pour Le Canard Enchaîné, Médiapart, Le Monde, Les Jours, la Revue 21, plutôt spécialisé sur les investigations politico-financières, les histoires sociétales fortes. J’ai été coauteur de la BD enquête Sarko Kadhafi et je travaille en ce moment comme scénariste sur une BD de Camille Royer sur les corneilles, le deuxième animal le plus intelligent après l’homme.

    Question subsidiaire qui nous turlupine : dans le roman on apprend qu’Ouest-France a dû délocaliser son siège de Chantepie à Paris. Mais après, quand même Paris doit être évacuée, on va où ?

    Ah ah, peut-être Strasbourg, ou Marseille ! J’ai intégré Ouest-France dans l’histoire parce que le journal aurait un rôle à jouer dans une telle crise. J’y ai d’ailleurs fait deux mois de remplacement d’été il y a dix ans, à Vannes. Vu le maillage de ce quotidien, une partie des histoires qui remonterait du terrain viendrait d’Ouest-France !

     

    En quelques dates

    20 mai 1986, naissance à Créteil. 

    1989: premier été à Saint-Gildas-de-Rhuys.

    2011: enquête sur La Hague.

    2017: sortie du livre Steak machine

    Février 2020 : sortie de La Pierre Jaune (éditions de la Goutte d’or).

     

    entretien réalisé par Sylvie RIBOT.

    source: https://www.ouest-france.fr/

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